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«Un Rosaire pour l’âme de la France, avec le roi Saint Louis»

Le nouveau livret de prière
de Bernard Balayn

 

 

La genèse de la France chrétienne

Par une élection venue libéralement de Dieu, la Nation française a été choisie de toute éternité, avant même la déclaration du pape Etienne II instituant notre pays comme «Fille aînée de l’Eglise» (754), pour être effectivement une terre privilégiée dans le concert des nations naissantes. Ne cherchons pas d’explication à la conduite divine: «Mes voies ne sont pas vos voies»; ne cherchons pas nos mérites historiques quand nous en avons; Dieu savait aussi que la France aurait ses faiblesses et même ses chutes!

Il faut dire qu’au VIIIe siècle, sous le fondateur carolingien Pépin le Bref, le royaume était une construction qui commençait à tenir debout: issu du démembrement romain, émergeant des grandes invasions, il remplaçait politiquement la décadence péninsulaire, comme le sacre de Charlemagne à Rome allait le confirmer. Et le père de l’empereur, Pépin, le premier roi sacré, celui qui était à l’origine de la donation franque envers le Siège de Pierre, était comme le fer de lance du christianisme en Europe. Son consécrateur Etienne II ne faisait que ratifier le choix de Dieu et avaliser une situation de fait évidente.

Etre Fille aînée de l’Eglise était un privilège impliquant les devoirs correspondants: d’abord, remercier Dieu en étant fidèle à son choix. Le royaume devait ensuite – à travers son souverain et ses institutions en marche, ainsi que son Eglise déjà bien implantée – montrer l’exemple d’un pays éminemment chrétien, à l’heure où, il ne faut pas l’oublier, il suppléait sa «sœur aînée», l’infortunée nation biblique, renégate du Christ. Redoutable héritage, à assumer avec la grâce corollaire. L’Eglise franque a continué son ascension, la valeur de ses évêques, l’extension du monachisme, et ses œuvres aidant; la monarchie, étroitement associée à elle (on dira plus tard: l’alliance du trône et de l’autel), s’efforçait, cahin-caha, de la suivre, en un temps où la force (le système féodal) le disputait à la paix. De sorte qu’en l’an mil, avec l’apparition des Capétiens, la royauté s’apprêtait à cheminer vers les sommets.

 

Saint Louis, modèle du chef d’Etat chrétien,donne une âme à la France

Alors que les croisades s’enlisaient, mais que les cathédrales s’élevaient, Philippe II Auguste, en affirmant l’autorité de l’Etat au-dedans et au-dehors, préparait les voies à son petit-fils, Louis IX. Par la grâce du sacre, son respect de l’Eglise et sa collaboration avec elle, par ses vertus propres et celles données d’En-Haut, il réussit à hisser le royaume de France à une hauteur inégalée. Non par le «temporel», mais par ce qui le transcendera toujours la pré-éminence des valeurs spirituelles et morales sur les contingences et les fragilités profanes. Heureuse époque où un chef d’Etat n’avait pas honte de cultiver la sainteté et d’inciter chaque sujet, seigneur ou manant, à aller dans ces voies dont il ne pouvait sortir qu’un bien général.

D’où l’équilibre et la prospérité sans égale de la royauté forgée par les convictions, la virilité, la piété et les mortifications de celui que, peu après, le pape Boniface VIII reconnut comme saint. Le seul chef d’Etat de notre histoire. Le plus grand. Le phare de nos trois dynasties. Le modèle de tout homme d’Etat, qui mériterait d’être nommé «Patron secondaire de la France», puisqu’on a connu des «pères de la patrie», tel saint Vincent de Paul.

Après saint Louis, la France n’a plus été la même, quelles que soient ses grandeurs intermittentes. Elle n’a jamais retrouvé cet équilibre et ces hauteurs spirituelles, qui l’avaient rendue unique et digne de la vocation évangélisatrice qui lui avait été confiée et de la mission civilisatrice concédée. Son histoire a connu des alternances de périodes heureuses et d’effondrements vertigineux, dont la Révolution de 1789 et les deux guerres mondiales demeurent les dramatiques témoins.

 

Recourir aux grands saints pour sauver la Nation

Aujourd’hui, il serait hélas trop aisé de gloser sur le déclin avancé de la France.

Objet de dérision pour certains, peine profonde pour ses fidèles, beaucoup déplorent son état et espèrent en son relèvement, car les vrais patriotes sont affligés de la voir faire eau de toutes parts.

En effet, comme dans les pires moments de ses dérélictions, il existe un génie de la Patrie, une sourde mais incoercible certitude que la France est capable, en reconnaissant ses errements, de redresser la barre, de redéployer ses voiles gonflées au vent de l’Esprit, bref, de retrouver les énergies capables d’assurer sa résurrection, pour redevenir ce qu’elle aurait toujours dû être: le flambeau de la foi, le modèle des valeurs éthiques, la championne des équilibres, trois caractéristiques fondamentales de l’âme française.

Cette âme privilégiée, don suprême de Dieu, peut être altérée par l’Adversaire, mais pas tuée, car le Seigneur en sera toujours l’inspirateur, le guide, le maître. La France peut d’autant moins périr, l’Eternel ne reprenant jamais les faveurs octroyées. C’est là qu’il faut Lui faire confiance, reprendre Sa main et se laisser docilement conduire par Lui. Plus l’âme est soumise, plus elle montera. Si la France le veut, elle gravira de nouveaux sommets. Il n’y a pas de bornes à l’espérance, la sainteté, l’infini. Mais seule, que peut-elle en l’état actuel des choses? (1)

Pour se redresser, elle doit absolument reprendre confiance en elle-même, en faisant d’abord le point, en se repentant, afin de voir clair et de retrouver le chemin perdu.

Il s’agit ensuite d’imiter les exemples de sainteté des grandes figures nationales qui ont assuré la gloire du pays, au premier rang desquelles figurent le roi saint Louis et sainte Jeanne d’Arc. Il y a cinq ans, nous avions commencé par implorer Jeanne, la plus populaire et la plus vaillante des Français, objet d’une vénération universelle et pérenne (2). Aujourd’hui, la «grand’pitié» de la France est telle, qu’à côté de notre héroïne, il convient d’implorer les autres géants de la foi nationale, et, en premier lieu, saint Louis, car si Jeanne a été le bras restaurateur de la France, Louis IX est le modèle du chef d’Etat chrétien dont le pays a absolument besoin pour être bien dirigé, s’il demeure dans le Cœur de Dieu. Le saint roi reste en effet plus que jamais l’idéal du comportement chrétien, politique et humain, de l’authentique chef d’Etat nécessaire à un véritable relèvement (3), et ce, dans la durée. Notre histoire indique de manière remarquable que le génie politique peut se manifester en tout temps. Et si la France se repent de ses fautes, elle ne doit pas s’en montrer accablée. Car notre Dieu est un Dieu de pardon et de lumière. Nous lisons dans la Bible que s’il a décidé de châtier Salomon à cause de ses infidélités, il tient compte des mérites de son père David pour atténuer ses foudres (qui sont miséricorde (4). Et il est vrai qu’en vertu des mérites évoqués plus haut, Dieu tient grand compte de ceux de nos générations antérieures, de leurs cruelles épreuves (conflits, épidémies, misère…), des mérites de nos grands hommes, a fortiori d’un saint Louis, et donc de leur grande puissance d’intercession.

La troisième condition est de prier, avec une foi consciente, éclairée, forte, qui puisse toucher le Cœur divin. Il faut le redire: il n’y a de faute qui ne puisse être pardonnée. La «petite» Thérèse, autre génie de la foi, docteur de l’Eglise, nous l’a si bien montré! Le relèvement du pays dépend de ces trois séries de conditions simultanées. En n’oubliant pas que Marie, Reine de France, saint Michel, notre Patron tutélaire, et l’armée de nos saints protecteurs, anges ou âmes de nos valeureux ancêtres, sont à l’œuvre dans cette gigantesque entreprise.

 

Méditer la vie de saint Louis pour mieux imiter le Christ

Le présent livret prend donc la suite des précédents (5), selon les mêmes principes de composition, pagination et illustrations. Nous avons suivi pas à pas le saint monarque dans sa démarche conjuguée de roi et d’homme chrétiens, en fonction de ses mérites d’imitateur inconditionnel de son Maître le Serviteur souffrant; en fonction de l’accomplissement rigoureux de ses devoirs régaliens auprès de l’Etat et de son peuple, devoirs dont il savait qu’il aurait des comptes à rendre devant Dieu. Ainsi, depuis son enfance, guidée par son intrépide mère Blanche de Castille, jusqu’à sa sainte mort à Carthage, on suit la vie d’un témoin de la foi en calque de celle du Christ, avec son obsession du témoignage que doit donner tout chrétien, surtout si Dieu l’a placé au sommet et à la vue de tous, avec obligation sacrée de ne pas se dérober, en raison même de ce mandat assigné par Lui. Jésus a agi en roi; Louis IX estima devoir faire de même. C’est pourquoi son acquisition de la sainte Couronne d’épines en est le symbole le plus éloquent. On y reviendra.

A partir de la parole évangélique adaptée à chaque mystère, il s’agit donc d’un corps de méditations suivies, à la fois spirituelles et concrètes, dans lesquelles le priant est invité à entrer pour emprunter le chemin parcouru par le saint roi en vue, avec lui, de mieux s’incorporer à la Vie sanctifiante et rédemptrice du Christ, souverain, suprême et unique Modèle de l’univers humain que Louis IX a si bien approché, compris et imité. Et la prière du saint Rosaire nous a paru la plus appropriée à cet exercice spirituel parce qu’avec le roi, nous sommes en plein XIIIe siècle, celui de la grande dévotion populaire française à Marie, celui qui a édifié la cathédrale dédiée à Notre-Dame, dont la présence maternelle s’étend à toute la France et jusqu’à ses domaines les plus éloignés de l’outre-mer, comme un manteau royal.

Les intentions qui con-cluent les textes, s’efforcent d’embrasser tous les besoins de l’âme française qu’il faut sauver.

En considérant l’urgence de remédier au sombre – mais non désespéré – état de la France actuelle, on conviendra qu’il n’est pas de trop d’implorer – avec ardeur et confiance – Jeanne et Louis IX en leurs saints exemples d’immolation, afin que revive notre France immortelle. Leurs statues en parallèle au fronton de la Basilique de Montmartre, semblant enflammer la Nation, sont le gage de leur force d’intercession et nous invitent à les invoquer. Merci de nous aider en faisant connaître au maximum ces deux livrets. Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières.

Bernard Balayn 

 

Notes:
(1) 
C’est ce que disait un jour Jésus à Ste Marguerite-Marie: «Ta supérieure seule ne peut rien, avec Moi, elle peut tout.»
(2) Cf. notre livret: Un Rosaire pour la France, avec sainte Jeanne d’Arc (2007).
(3) De fait, après nos rois, la France a eu des chefs d’Etat pour la plupart de tradition chrétienne.
(4) I R 11, 4-13
(5) «Un Rosaire pour le monde avec le pape Jean Paul II» (2011); «Un Rosaire pour l’Eglise avec le saint Curé d’Ars» (2011).

 

 

Littérature: