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Celui à qui je donnerai un baiser, arrêtez-le!

Léonie Nastal — «J’ai cru à l’Amour»

Qui a jamais pensé reprendre ces paroles que l’apôtre Judas adressait au Sanhédrin en vue de lui livrer Jésus? Avec Léonie Nastal, c’est Jésus lui-même qui les reprend, les transforme en sens mystique et leur donne un sens nouveau. «Il est facile d’arrêter Jésus parce qu’il est devenu l’esclave de l’amour.» Combien de baisers — d’actes d’amour — recevra Jésus durant ce temps de Carême? Bels exercices en perspective!

«Dis à toutes les facultés de ton âme: Celui à qui je donnerai un baiser, arrêtez-le (cf. Mt 26,48). Je désire être arrêté par toutes les facultés de ton âme. Je me rendrai à toi tout volontiers, comme jadis je me suis rendu à Gethsémani entre les mains des bourreaux. Si tu me cherches, me voici (cf. Jn 18,8). Permets à toutes les créatures, à toutes les pensées étrangères de se retirer, n’en retiens aucune, car lorsque sans égard pour moi, tu t’occuperas de quelque chose d’autre, moi, je m’en irai. Chaque acte d’amour est un baiser qui adoucit les plaies de mon amour. Dis par ta vie à tout ton entourage: celui à qui je donnerai un baiser, arrêtez-le. Dis aux âmes timides et vacillantes qu’il est tout facile d’arrêter Jésus parce qu’il est devenu l’esclave de l’amour. Que les âmes ne me traitent pourtant pas comme un prisonnier, mais comme leur roi, car je suis vraiment Roi. Qu’elles me permettent de m’installer dans leur âme de façon royale. Or, je désire que chaque âme soit mon royaume personnel, car il m’appartient, tel l’héritage qui m’est donné par le Père éternel, comme héritage acquis par ma Passion et mon Sang.
Les âmes qui me chassent, préparent dans leur cœur un trône à Satan, hélas, elles laissent entrer dans leur intérieur un tyran qui les tourmentera aussi bien maintenant sur la terre qu’un jour, de toute éternité. Par contre, les âmes qui me reconnaîtront pour leur Roi, vont un jour régner avec moi.
Tu es ma fleur dans le calice où je me cache afin de boire l’amour, si soigneusement gardé pour moi. En vertu de ton offrande totale à mon Cœur divin, tu peux sauver les âmes par chaque acte de renoncement à soi, même le plus petit. Profite donc bien de ce privilège, sauve les âmes qui se perdent par elles-mêmes.
Parfois, je suis triste parmi vous. La joie que vous me faites, souvent je dois la payer par une longue attente. J’ai compris que Jésus me parlait de mes sœurs. Par toi – a ajouté Jésus – je désire renouveler la ferveur de l’amour, par toi je désire tout spécialement demeurer dans ta congrégation.
A présent, je te laisserai goûter au calice d’amertumes, j’arrêterai ma voix pour ne pas la rendre dépendante des mortifications qui te sont permises. Mes grâces, je les donne à qui je veux, quand je veux et autant que je veux.
Mon Jésus, ai-je ajouté, si tu vas te taire, dis-moi encore maintenant quels sont tes souhaits envers moi pour ce temps de silence? Je désire la même chose que le confesseur: l’humilité – celle de l’esprit, du cœur et de la volonté. Obéis aveuglément et sache bien que la vraie sagesse, c’est l’amour de Dieu et que c’est moi qui en suis la Source.
Jésus se tait une fois de plus, me laissant la paix la plus profonde, nullement perturbée, de mon âme, il m’éprouve simultanément par l’aridité comme par la souffrance spirituelle, très douloureuse. Je ne savais guère qu’on pouvait souffrir si durement en esprit. Il est bien que Jésus ait suscité en moi d’abord le désir de la souffrance, seulement après il me l’a donnée, autrement elle me serait insoutenable.
Une fois, j’entendis dans le silence une voix intérieure: «J’augmenterai encore tes souffrances, mais en même temps le désir de souffrir pour le salut des âmes. Si je te parlais, tu cesserais de souffrir, or ce silence est nécessaire pour détruire en toi toutes les imperfections que tu n’aperçois pas toi-même, mais la sainteté de Dieu les voit. Cet état d’aridité et de déréliction intérieure persistera jusqu’à la solennité de Noël. Et après, mon Jésus? – ai-je demandé. Ne t’en fais pas, ma bonté pense à l’avenir.»
J’ai supplié Jésus de me faire connaître les vices que je n’aperçois pas en moi et que la sainteté de Dieu voit. Jésus m’a répondu: «Tu te complais dans les dons de Dieu que tu reçois, il faut les apprécier et en remercier Dieu, mais notre moi doit être écarté le plus loin possible. N’oublie pas que tu n’es qu’un canal de grâce et n’importe qui aurait pu être à ta place. Les grâces divines, tu ne les reçois pas pour toi, mais pour d’autres, pour le bien des âmes que j’aime et auxquelles je veux dire par toi que je les aime, que je cache pour elles dans mon Cœur les grâces qu’elles peuvent recevoir à tout instant, pourvu qu’elles viennent en toute confiance puiser aux sources du Sauveur.
Tu comptes sur tes propres forces. Avant de commencer à prier, tu penses quelle tournure prendra ta prière, comment tu seras accueillie par moi. Il faut aller prier pour louer Dieu, il faut me consacrer toutes les facultés de l’âme pour que je puisse m’en servir librement, tout remettre à moi. Je ne trouve pas bien non plus que tu regardes l’avenir avec peur. Pourquoi ne te confies-tu pas totalement à moi?
Je vais te découvrir toute ta misère, mais pour l’instant tu ne supporterais pas sa vision. Dans les tentations, demande conseil à ton confesseur et dirige-toi suivant ses indications. Les tentations, c’est autant de grâces qui donnent à l’âme un champs de bataille.
Dis à ton confesseur que les prêtres parlent trop peu aux enfants de la présence de Dieu dans les âmes; cela mérite autant d’en parler aux enfants qu’on leur parle de ma présence eucharistique. Ils ont, en effet, dans leur âme la Sainte-Trinité et ils ne le savent pas. Rien d’étonnant qu’ils se comportent parfois comme si Dieu n’existait pas. J’ai hésité, me demandant si je devais en parler, alors Jésus a ajouté avec insistance: J’exige que tu le dises.»

J’ai cru à l’Amour, pages 38-40

 

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