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Le Père Derobert est parti rejoindre Padre Pio

A force de bien parler du Ciel, 
il devait bien finir par y aller lui aussi!

Beaucoup connaissaient le Père Jean Derobert à travers ses livres, notamment Padre Pio, transparent de Dieu.
Ses obsèques ont eu lieu le mercredi 29 mai 2013 à la basilique du Sacré-Cœur de Marseille. Le Père Raphaël Vincent a donné l’homélie que nous reportons:
Il est bien évident que les mots que nous dirons maintenant ne pourront jamais totalement cerner la personne que nous avons connue et aimée. Chaque anecdote, chaque mot, chaque ligne, chaque virgule et chaque point ne suffiront pas à cerner un fils prêtre aimé de Dieu.
Cette homélie n’est pas là pour faire un éloge du défunt. Traditionnellement, l’Eglise ne le souhaite pas. Et c’est normal.
Cependant, nous avons eu la chance de rencontrer un homme qui échappait aux conventions humaines. Qui plus est, Jésus nous a appris à travers ses paraboles à remarquer les talents des uns et des autres et à les mettre en valeur lorsque ces talents fructifient au service de l’amour incommensurable de Dieu.
Que dire d’un homme dont nous avons fêté il y a quelques mois 50 ans de fidélité au sacerdoce, d’un prêtre qui a servi le Seigneur auprès d’une paroisse pauvre de la banlieue nord de Paris, d’un prêtre proche des jeunes, d’un prêtre Serviteur du Sacré-Cœur, d’un prêtre écrivain, amoureux de la Terre Sainte qui faisait rire les pèlerins lorsqu’il chantait: «que je l’aime Seigneur cette terre», mais aussi d’un prêtre polyglotte et globe-trotter au service de l’Evangile, d’un prêtre imposant prédicateur et sérieux conférencier, d’un prêtre humble confesseur. Et j’en oublie encore. Nous le savons tous.
Cependant, je voudrais dire un mot sur ce que vous ne savez pas de lui ou alors très peu.
Grand, costaud et forte tête, il cachait un cœur bien délicat. Lui qui confessait des heures et des heures, qui «en avait entendu des vertes et des pas mûres» comme il aimait bien le dire. Il avait un secret. Lorsque la faute était grande, il soulignait toujours la gravité, mais donnait toujours une petite pénitence, légère et facile à faire. Le pénitent pouvait ainsi se relever facilement et avoir la certitude d’être vraiment pardonné. Il savait mettre à l’aise et les gens l’appréciaient. Mais n’était-ce pas trop facile de faire ainsi? Les théologiens moralistes n’apprécient guère ce genre de légèreté. Non! La réalité était plus complexe. Certes, il donnait de petites pénitences, mais personne ne savait qu’il se chargeait après de réaliser lui-même la partie la plus lourde de la pénitence. Sans rien dire, le Père Jean voulait porter et offrir la peine de ses frères et sœurs au Christ Rédempteur.
Il avait appris ça d’un capucin italien qui avait changé sa vie dans sa jeunesse. Un humble capucin italien du Sud qui s’est dévoué à le soutenir dans les moments les plus compliqués de son ministère. En remerciement, le Père Jean n’a jamais cessé que de vouloir montrer le vrai visage du saint Padre Pio. C’est-à-dire pour le Père Jean, d’abord un Père, un humble prêtre, et seulement un saint prêtre.
Le Père Jean Derobert n’avait qu’une peur, c’était que les miracles si beaux et si nombreux du Padre Pio cachent la grandeur du cœur humain de son Père spirituel.
Parce qu’auparavant Padre Pio l’avait fait pour lui, le Père Jean a témoigné qu’un prêtre est tout particulièrement prêtre quand il se met à aider ses frères prêtres. Petit face à son père spirituel, le Père Jean a essayé de le faire aussi. Il a conduit de nombreux jeunes au sacerdoce, et bien d’autres à la vie religieuse.
Je l’ai déjà dit précédemment, avec chacun, le Père Jean entretenait des rapports très peu conventionnels. Le cœur sur la main, d’une affection toute paternelle, il a accompagné nombre d’entre vous. Il nous a tous confiés au Sacré-Cœur de Jésus.
Il se devait donc d’être ici, ce matin, dans cette basilique qu’il aimait tant faire découvrir à ses visiteurs venus du monde entier.
Je me dois de vous le dire, nous avons reçu beaucoup d’appels du monde entier, des témoignages de prières et d’espérance venus de très loin, du Canada, de la Martinique, de la Nouvelle-Calédonie, de Corée du sud, de Jérusalem et de Nazareth, de Belgique et d’Italie, et de Paris aussi… je vous ai dit que cela venait de loin! Ils sont nombreux à s’unir à nous ce matin.
Des messes sont dites et célébrées en union avec nous tout en faisant coïncider les différents fuseaux horaires. Beaucoup m’ont dit qu’ils ne pouvaient venir ce matin de peur de trop pleurer. Beaucoup d’émotion, c’est normal! Mais à force de parler en bien du Ciel, il devait bien finir par y aller lui aussi!
Et c’est le sens de notre présence maintenant. De prier intensément Jésus pour qu’il ouvre ses bras le plus possible, afin que Jean ne puisse pas faire autre chose que de le choisir encore.
A coup sûr, nous le connaissons bien, en rencontrant le Seigneur, comment ne nous a-t-il pas confiés à lui, non pas pour qu’il efface notre peine, mais pour qu’il nous aide à la supporter.
C’est le sens de notre présence: prier Jésus.
L’Evangile que nous avons lu était très apprécié du Père Jean Derobert, nous le savons tant il nous l’avait commenté sur les bords du lac de Tibériade. Alors nous qui sommes curieux de tout, je crois que l’on peut savoir ce qu’il dira lorsqu’il se trouvera face à Jésus: «Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime» (Jn 21,17).
  

P. Raphaël Vincent