Un chemin de sainteté

François Libermann (1802-1852)

STELLA MARIS 469 SOMMAIRE

Livres sur François Libermann

 


Etrange destinée que celle de François Libermann! Il est passé du judaïsme au christianisme, il s’appelait Jacob et il est devenu François. Fils du rabbin de Saverne, en Alsace, il fut éduqué dans la plus stricte orthodoxie juive. Jusqu’à l’âge de 20 ans, il ne parlera et n’écrira que l’hébreu.
Cinquième enfant du rabbin Lazare Libermann, Jacob est un enfant timide et doux, sensible, pieux. Il semble être le fils privilégié de son père qui espère en faire un rabbin.

A onze ans, Jacob perd sa mère, la douce Léa; cet événement marque profondément sa délicate sensibilité. Ses premières inquiétudes religieuses sont provoquées par la conversion au catholicisme de son frère aîné, Samson. C’est la grande vague des conversions à la suite de Ratisbonne. A l’automne 1822, Jacob est envoyé par son père à l’école talmudique supérieure de Metz afin de terminer ses études pour obtenir le diplôme de rabbin. Un monde nouveau s’offre à ses yeux, celui de la langue et de la littérature françaises et surtout de son premier contact avec le christianisme, par la lecture de l’Evangile. Jacob est désemparé, une crise religieuse ébranle ses convictions, le doute le conduit à une tristesse profonde.

Une nuit de novembre 1826, il tombe à genoux et lance au Dieu de ses pères un appel déchirant et soudain une clarté éblouissante l’envahit, Jacob vit son chemin de Damas.
La conversion de Jacob Libermann fut entièrement l’œuvre de Dieu, aucun raisonnement de sa part, mais une attirance puissante, Dieu l’a pris en charge.
La veille de Noël 1826, Jacob reçoit le baptême et il s’appellera désormais: François, Marie, Paul. Il dira avoir connu une expérience intérieure forte, durant la cérémonie, un bonheur qui le transporte au milieu d’un globe de feu.

Au sortir du baptême, François Libermann manifeste le désir de devenir prêtre. Au mois d’octobre 1827, nous retrouvons François comme étudiant au séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Mais il dépasse les possibilités de sa santé et un soir, la veille de son ordination au sous-diaconat, c’est le drame: François s’écroule en écumant, il est atteint du haut mal, l’épilepsie. D’autres crises suivront, le verdict est clair: François Libermann ne peut être ordonné prêtre. Que faire? Il se sent seul au monde, couché au pied du mur, sa route est barrée? Il s’abandonne au Seigneur dans la confiance et il attend… Il attendra dix ans.
Libermann avait entendu parler d’esclaves noirs abandonnés et il ressent l’appel à commencer une œuvre pour eux. Rien ne l’arrêtera plus jusqu’à ce que Dieu ait réalisé, par lui, ce projet pour l’Afrique.

Il part à Rome pour faire reconnaître la règle de vie de sa jeune congrégation missionnaire. Libermann fait, ensuite, un pèlerinage à Notre-Dame de Lorette, il confie son œuvre
à Marie et lui demande sa guérison de l’épilepsie, pour pouvoir devenir prêtre. Il se sent guéri et à son retour en France, deux bonnes nouvelles l’attendent:
Rome accepte son projet missionnaire et l’évêque de Strasbourg accepte de l’ordonner prêtre. François Libermann demeure fragile, mais c’est un bourreau de travail. En quelques années, sa congrégation prend des responsabilités majeures dans l’Eglise missionnaire de l’époque. François-Marie-Paul Libermann meurt à Paris, le 2 février 1852, âgé de 50 ans, épuisé et malade.

Son œuvre, la Congrégation du St-Esprit va s’épanouir, ses fils, les Spiritains, sont aujourd’hui 3000, de par le monde.

Libermann, un maître spirituel pour notre temps
S’il fallait caractériser la spiritualité de Libermann nous retiendrions deux axes:

- Disponibilité au souffle de Dieu,
- Douceur et maîtrise de soi qui établissent dans la paix du cœur.

Le secret de Libermann est de s’être laissé guider, conduit par l’Esprit Saint. Dans sa nombreuse correspondance, il parle constamment d’abandon comme étant la disposition fondamentale de celui qui se laisse conduire par l’Esprit. Les témoins sont unanimes pour dire que de la personne de Libermann se dégageaient une paix et une douceur malgré une existence tourmentée. Douceur et docilité au Souffle de Dieu, voilà le message de Libermann.

Père Gérald Connerotte, spiritain

Littérature:
«Douceur et docilité au souffle de Dieu» Spiritualité de François Libermann (1802-1852),
Gérald Connerotte, 64 pages, 11,5x16,5 cm Euro 5.– CHF 8.–



 

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