Bernard Balayn

La Vérité vous libérera (Jean 8,32)

 

STELLA MARIS 465 SOMMAIRE

Livres de Bernard Balayn

 


L’anxiété de notre temps
En ce début du troisième millénaire, l’humanité est en désarroi profond parce qu’elle semble méconnaître la vérité, qui seule — assure saint Jean — peut nous délivrer. De quoi? de l’erreur, du doute, de l’inquiétude, du malheur. Le monde actuel confond la vérité et le mensonge, le bien et le mal, le beau et la laideur, cherche désespérément des plaisirs illusoires et passagers qui ne laissent que vide et désespérance. L’homme est fait pour le bonheur, un bonheur éternel, qui commence dès ici-bas. Et le vrai bonheur, c’est la découverte et le vécu de la vérité. C’est pourquoi, elle nous rend libres. Libres des faux semblants sataniques. Encore faut-il connaître cette vérité. Osons un constat: sur plus de 6,5 milliards d’hommes, deux sont chrétiens, un seulement appartient au catholicisme, la seule religion de l’absolue vérité, au sein de la seule Eglise fondée par le Christ. Et les pratiquants s’amenuisent; tant d’églises sont désertes ou presque, les prêtres se font rares, sectes et indifférence progressent...; la jeunesse, «espérance de l’Eglise» (Jean Paul II), est désorientée, en proie au relativisme et à
toutes les tentations. Qu’allons-nous lui donner en guise d’espérance et de certitudes, au delà des gadgets et de l’électronique? Dans l’Ecriture, Dieu nous montre que le monde ne peut pas vivre de la vraie vie en dehors de la vérité: c’est toute l’histoire d’Israël oscillant entre le vrai Dieu et les idoles. Jésus dit expressément: «Je suis la Voie, la Vérité, la Vie». Son enseignement nous interpelle vivement à ce sujet, au point que, lors de son procès, Pilate — le sceptique, ou le blasé — semble s’«accrocher» à lui en risquant une question: «Qu’est-ce que la vérité?» Pour répondre aux voeux des lecteurs de Stella Maris, nous entreprenons à l’intention des jeunes, plus spécialement, une série d’entretiens visant à retrouver les racines de la foi chrétienne (Ancien Testament) et à découvrir dans le message du Christ (Nouveau Testament) la vérité dont nous avons besoin pour vivre maintenant et concrètement, face aux problèmes, aux défis, aux «angoisses de notre temps», comme dit le Concile Vatican II1.

«Notre coeur n’était-il pas tout brûlant, tandis qu’il nous expliquait les Ecritures?» (Luc, 24,32)
Il était une fois deux hommes, deux disciples, qui s’en revenaient de Jérusalem, où l’on venait de crucifier leur Maître, tragédie leur enlevant, semble-t-il, toute espérance, pour aller apparemment sans but vers la localité d’Emmaüs. Ils se dirigeaient ainsi vers l’ouest, le couchant, symbole d’endormissement, de désespoir (de mort même, chez les Egyptiens).
Or voici qu’en chemin — dans la Bible, la route est le symbole de la vie, du temps qui passe — un homme les rejoint, physiquement, qui fait route avec eux, sans se faire connaître ni reconnaître. Et le dialogue s’engage, courant sur «le Prophète, puissant en oeuvres et en paroles, que les grands prêtres ont tué», d’où leur tristesse et leur découragement. Ils marchent à pas lents, abattus, accablés, sans espérance: «ils étaient tout tristes». A la manière de ce jeune homme riche qui laissa passer la vérité sans la retenir... Cet inconnu, voyant leur désarroi, a pitié d’eux, comme lorsqu’il parlait aux foules avides de vérité, parce qu’«Il les voyait comme des brebis sans berger». Avec douceur et simplicité «il se met à leur expliquer tout ce qui dans les Ecritures concerne le Crucifié» dont ils viennent de décrire le terrible sort. Sa pensée intime, non exprimée, rejoint ici sa parole auprès des femmes de Jérusalem, durant son chemin de croix: «Femmes, ne pleurez pas sur Moi, mais sur vous...»... Dieu est miséricorde. Et l’on remarque qu’au moment d’entrer à l’auberge, ils veulent le retenir: c’est le signe que cet homme qu’ils croient n’avoir jamais vu, a établi un lien de confiance et de réconfort: «Reste avec nous, car le soir tombe».
Après le vide physique de sa disparition, le plein de sa présence spirituelle les retourne complètement. Et c’est là qu’ils prononcent le cri du coeur, immortalisé par saint Luc: «Notre coeur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, tandis qu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Ecritures?» Ils avaient reconnu l’Inconnu, comme plus tard saint Pierre après la seconde pêche miraculeuse, et ils l’avaient vu sous sa personnalité la plus profonde, la plus vraie, la plus essentielle: le Dieu de vérité et d’amour. Car la vérité, c’est l’Amour. Parole, vérité et amour ne font qu’un, à l’image de la très Sainte Trinité: le Père est amour, le Fils est sa parole, l’Esprit-Saint est communication, vérité.
On sait la suite: les disciples, remplis de vérité et d’espérance, retournèrent en hâte à Jérusalem annoncer la vérité de la Résurrection et de la Vie.

L’espérance est devant nous
Etienne Charpentier, grand spécialiste de l’Ecole Biblique de Jérusalem, dit à juste titre que cet épisode historique est la page «la plus belle, peut-être, du Nouveau Testament». Parce que, reprenant les prophètes, de Moïse à Lui-même, le Christ voyant que «l’amour des deux disciples n’étant plus assez fort pour le reconnaître dans son existence charnelle, il se fit reconnaître d’eux dans son existence littéraire. Parole de Dieu faite chair et os, il allait regagner leur coeur d’abord comme ‘Parole de Dieu faite mots humains’».
La pédagogie divine n’a pas changé. Dans le soir du monde où nous sommes arrivés, la vérité nous rejoint à travers l’Ecriture qui s’est faite grâce et chair, ainsi que le dit saint Jean: «Le Verbe s’est fait chair et la grâce et la vérité sont venues par le Christ. Et il a habité avec nous». Nous ne croyons pas si bien entendre: Jésus est Celui qui, en effet, marche toujours dans chacune de nos vies, même si nous ne le voyons pas expressément. C’est l’histoire d’une autre route, la même, celle de cet homme qui, dans un songe, marchait le long d’une plage en compagnie du Seigneur. Jusqu’au jour où il vit qu’à certains moments de sa vie, il n’y avait qu’une trace de pas sur le sable. Ce à quoi Jésus lui répondit: «Mon enfant bien-aimé, je ne t’ai jamais laissé seul; les jours où tu ne voyais qu’une trace, c’est Moi qui te portais dans mes bras»2.

Dieu ne nous abandonne jamais, c’est plutôt l’homme. On voit bien que sur le chemin d’Emmaüs, c’est Jésus qui prend l’initiative de rejoindre les désespérés.
Episode après épisode
biblique, nous allons voir comment Dieu marche avec nous dans nos vies afin que nous puissions parvenir avec Lui et en Lui à la vraie Vie.

Pour cela, dans cette revue dédiée à Marie Etoile de la Mer, nous demanderons à Elle, Mère de la Sagesse et de la Vérité, de nous laisser conduire par son divin Fils, Celui qui, seul, peut apaiser les vents de la mer, alors qu’aujourd’hui la tempête fait rage sur le monde. Suivons aussi la parole courageuse de Jean Paul II qui, par son puissant exemple, illumine le millénaire de l’espérance: «Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ...» qui vient pour inaugurer la Civilisation de l’Amour.
Bernard Balayn

Notes:
1. Constitution pastorale «Gaudium et Spes», sur «Les joies, les espoirs, les tristesses et les angoisses de ce temps», 1965.
2. Adénor de Barros (poète brésilien).

Littérature de Bernard Balayn:
«L’Eucharistie, Vie du monde» Préface de Mgr Guy Bagnard,
304 pages, 14,5x22 cm
Euro 17.– CHF 26.–
«Le Curé d’Ars et l’Eucharistie» Piété et pastorale, Préface de Mgr Guy-Marie Bagnard, 192 pages + 16 pages d’illustrations couleurs, 14,5x22 cm Euro 16.– CHF 24.–
«Fatima: Au seuil du Triomphe?» 240 p. + 32 p. d’illustrations, 14,5x22 cm Euro 18.– CHF 29.–



 

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