La Passion de Frère Elie 2008

STELLA MARIS 457 SOMMAIRE

Littérature de Frère Elie

En ces heures où nous allons revivre les heures de la Passion, il est bon de s’associer à ceux qui sont appelés à nous montrer ce que le Fils de l’Homme a dû «souffrir pour entrer dans sa gloire». Extraits de la relation de Fiorella Turolli 1

 

Je n’aurais jamais pensé que les souffrances de Frère Elie puissent commencer à la mi-carême. Des 7 années partagées auprès de Frère Elie, jamais ses souffrances n’ont été si éprouvantes. En 2008 elles ont commencé le lendemain des cendres par de violents haut-le-coeur, plusieurs fois par jour. Nous avons compris qu’il n’a pas choisi de ne pas manger pendant le carême, il ne le peut! Le Ciel ne le lui permet pas!
Frère Elie n’est pas un hystérique qui veut (par amour) prendre sur lui les souffrances du Christ et lui ressembler à tout prix. Après de longues années de consternation et de solitude, il a donné son “oui” et il se soumet avec humilité à tous les sacrifices qui lui sont demandés. Il préférerait se nourrir un peu, mais il ne le peut. Il montre ainsi qu’il est un instrument du Seigneur qui agit en lui selon Sa volonté.
Dans les premiers jours, il lui est possible de se nourrir de pain et d’eau ainsi que de quelques herbes amères. Peu à peu, son physique s’habitue à ne plus rien désirer, jusqu’à arriver à la Semaine Sainte où il ne boit plus...


Mardi 10 mars 2008

Frère Elie appelle Fiorella: «Durant le repas du soir, je suis sorti dans le cloître. Etrangement, il était dans le noir total. J’ai entendu sonner la cloche du portail, je m’y suis dirigé quand, de manière inattendue, je me suis violemment heurté contre un gros obstacle dans le beau milieu de l’arcade, si violemment que je roulai à terre en me faisant très mal. Les autres, entendant le bruit, accoururent, consternés de constater que l’obstacle n’était qu’une grosse palette pesante (prête à l’expédition) laissée là par on ne sait qui, oubliée à un mauvais endroit. Mais personne ne l’avait mise là. En moi, j’avais un étrange pressentiment.»


11 mars 23h

Frère Elie téléphone à Fiorella
J’ai pris des coups... Le sang me colle à la bouche et dans le nez... il m’a massacré... Durant le souper je suis sorti dans le cloître. Il était sans lumière bien que le système électrique ait été contrôlé. Je n’ai pas eu le temps de rentrer que je me suis senti saisi par les jambes et battre violemment contre le mur dans un tourbillon vertical qui n’en finissait pas... mais je n’avais pas peur...
Je sais que c’est la période où je dois affronter ces choses... Puis j’ai perdu connaissance quand me tomba dessus quelque chose de très lourd. Les frères m’ont trouvé là.
Quand j’ai demandé à Frère Elie ce que je pouvais faire pour lui, d’une voix plus douce et claire, il déclama un poème dont le titre était la foi. Je me souviens seulement d’une parole qui m’a frappée: «La Foi, c’est se confier au Seigneur, même dans la souffrance, dans les maladies, dans la solitude.»
Que dire devant ces choses que le Seigneur me donne de vivre et de témoigner au monde? Que veut nous dire le Seigneur? Que le Christ est vraiment son Fils incarné? Ou bien nous rappeler que par sa mort d’amour, Jésus sur la croix nous a tous rachetés? Peut-être que le Seigneur a besoin de la souffrance de Frère Elie pour sauver le monde actuel du gouffre? La réponse pourrait être tout cela, un message pour ceux qui ne croient pas aux miracles, pour ceux qui jugent Dieu, parce que selon eux, il permet la maladie et la souffrance, pour les coeurs secs, les indifférents, les athées, ceux qui vivent de vaine gloire, et qui sont les plus loin de Lui.


Vendredi 14 mars

Comment ça va, Frère Elie?
«Je ne sais ce qu’il m’a encore fait subir, celui-là... Le nez me fait mal et j’ai le goût du sang dans la bouche... j’ai du mal à respirer... je sens des brûlures partout... mais je dois aller de l’avant ... ça passera...


Mardi 18 mars

En arrivant le soir au couvent, les frères me racontent ce qui est survenu le lundi 10 mars 2008: Frère Elie est sorti dans le cloître pour faire quelques pas, à l’heure du souper, quand ils entendent un bruit violent.
Frère Serge court dehors, mais dans l’obscurité, il ne voit rien. Il se dirigeait vers la porte d’entrée quand il trébuche dans quelque chose de doux. Il s’aperçoit qu’il a trébuché dans les jambes de Frère Elie qui dépassaient de dessous un bloc. Frère Serge appelle à l’aide. Il se rend compte que le corps et la tête du Frère Elie sont ensevelis sous une énorme pierre.
Il tente de la déplacer.
Etonnamment, il réussit: «quelqu’un m’a aidé, autrement je n’aurais pu avoir toute cette force», dit-il.
Entre temps, ses confrères et consoeurs et Don Franco arrivent ainsi qu’une hôte, doctoresse. Frère Elie, évanoui, respire faiblement. Son visage est défiguré par le sang. Immédiatement la doctoresse cherche à le ranimer en agissant sur le thorax. Mais Frère Elie ne se reprend pas. On le soulève et le porte à la chapelle. Finalement il ouvre les yeux. On l’aide à s’asseoir et à ouvrir les bras pour faciliter la respiration. La doctoresse suggère à Frère Elie ce qu’il doit faire. Mais le Frère indiquant la statue de la Madone de Fatima, dans un fil de voix répond: «C’est elle qui m’aide et me dit ce que je dois faire. Ne vous souciez pas.» Peu à peu il s’est relevé et accompagné de ses confrères, il est monté dans sa chambre.


Jeudi Saint 20 mars

Frère Elie nous avait recommandé de n’ouvrir la porte de sa chambre qu’après le petit déjeuner, mais sa maman n’a pu résister si bien que quand avec soeur Domenico nous sommes scrupuleusement entrées comme indiqué, nous l’avons trouvée à son chevet. Nos yeux désormais habitués à voir chaque année ce martyre enregistrèrent que le calvaire de Frère Elie se répétait ponctuellement, inexorablement. Malgré tout, il fut impossible de freiner la compassion, l’émotion, la résignation, l’impuissance devant tant de souffrances et d’autres sentiments qui nous tenaillaient l’estomac. Personne ne parla. Frère Elie était lucide et comme chaque Jeudi Saint, son visage était un masque de sang. De l’oeil gauche sourdait une grosse larme mélangée de sérosités qui descendaient lentement sur sa joue. Sur le front, des coupures rougeâtres faisaient penser à la couronne d’épines. Le drap, retroussé à la hauteur du côté, laissait voir son maillot complètement trempé de sérum, de même que les bandes aux poignets et aux pieds. La serviette de toilette blanche qui couvrait l’oreiller formait une large auréole rouge autour de la tête. Nous demandâmes à Frère Elie de pouvoir le lui substituer mais il refusa. Je lui demandai alors de pouvoir le photographier et il refusa. «Veux-tu que nous t’aidions à te tourner, Frère Elie?» «Non». Il gisait dans une mare de sang et restera «dans le bain» durant les trois jours de la passion, parce que le sang ne cessera de s’écouler de tout son corps jusqu’à samedi.
Décrire l’intense parfum de roses séchées se propageant jusque sur la route, dans les champs environnants, dans nos chambres, à la chapelle, dans le cloître et dans chaque angle du couvent est impossible, comme il est impossible de décrire l’union dans l’amour en Christ des frères et soeurs Apôtres de Dieu, qui, l’un après l’autre, venaient le visiter dans la prière silencieuse. Le docteur arriva avec Roberta, le Syndic, Padre Oronzo et quelques prêtres et amis collaborateurs. Aucune bousculade. Inévitable, l’arrivée des télé-cameras, seulement pour faire des prises extérieures.


Vendredi 21 mars

Comme chaque Vendredi Saint, les conditions de Frère Elie s’aggravèrent notablement: le visage immobile semblait presque méconnaissable vu les tuméfactions. D’importantes blessures aux lèvres et au nez laissaient sourdre de grosses gouttes de sang, comme de l’oreille gauche, qui semblait perforée d’un instrument pointu. L’oeil gauche complètement fermé, gonflé, et bleuâtre, et tout son corps couvert de sang témoignaient de l’indicible souffrance de Frère Elie qui de temps en temps, entre une prière et une autre, se lamentait en disant: encore 30 heures... encore 26 heures... encore 22 heures...
Des moments d’extase alternaient avec des moments où, lucide, il nous encourageait en nous expliquant:
«Jésus a souffert plus que moi; au moins, je peux me retourner dans mon lit!»
Je n’oubliais pas de noter la vérité et je m’encourageais en demandant à Frère Elie si je pouvais le faire.
Après le visite du docteur Marcelletti et de quelques amis, Frère Elie demanda à rester seul. Le Soeur Pina, le frère Antonio et soeur Domenica restèrent à veiller à sa porte.
Vers les 10 heures 30, j’entendis la voix de soeur Pina crier mon nom. Je me précipitai avec l’appareil photo et j’entrai dans la chambre de Frère Elie où trois soeurs priaient à côté de son lit. Cette année aussi le phénomène de la communion s’est répété: une hostie blanche venant de nulle part, mais bien réelle, s’est posée entre les lèvres de Frère Elie en extase. Nous toutes les cinq l’avons clairement vue jusqu’à ce que Frère Elie la déglutisse. Et je suis parvenue à la photographier. Puis Frère Elie, sans ouvrir les yeux, murmura faiblement des paroles dans une langue étrangère, comme les prières araméennes déjà entendues dans les années précédentes (langue confirmée par un théologien présent). En l’espace de quelques minutes, la voix devenait plus fiévreuse, laissant place à de courtes respirations haletantes. Trois quatre pour être précise. La poitrine de Frère Elie se souleva comme poussée par une grande fatigue, jusqu’à ce qu’il incline la tête sur la droite et demeure immobile. Il semblait ne plus respirer. Nous, pétrifiées, regardions avec compassion ce corps martyrisé qui semblait avoir cessé de souffrir. “Il ne respire plus, il ne respire plus...», s’exclama quelqu’un. Mais après quelques brèves éternelles secondes, nous vîmes la poitrine de Frère Elie se soulever dans une très faible respiration suivie d’autres, toujours plus régulières. Tout était désormais accompli.
(Ce Vendredi Saint, la mort de Frère Elie, si nous pouvons la comparer à celle de Jésus, est arrivée à 11h moins le quart, en avance sur l’heure donnée par les évangélistes.)
Quand Frère Elie se reprit, il demanda encore une fois qu’on le laisse seul. L’après-midi, Don Franco nous guida sur le Chemin de croix et Frère Elie continua de vouloir rester seul.


Samedi 22 mars

Bien que la mort symbolique de Frère Elie arrivât à 10h 45, hier, sa souffrance ne se termina pas avant l’après-midi du Samedi Saint. Il eut encore des lacrymations et des exsudations constantes de sang qui, toujours dans le même drap, continuait à émaner un parfum enivrant.
En fait, Frère Elie n’a jamais été changé, ni lavé, ni épongé. Il est toujours resté mouillé, sans permettre qu’on le touche. Il ne voulait pas non plus que nous l’aidions à se retourner, parce que chaque secousse que nous provoquerions lui aurait causé des douleurs atroces.
La matinée du samedi, il est demeuré lucide bien que visiblement éprouvé. Dans ses mains il retournait continuellement un petit dizainier en bois, du premier au dernier jour, en prière continue. Ses pensées ont surtout été tournées vers les petits enfants: «Malheur à ceux qui osent violer l’innocence des enfants... Ne permettons pas que les fleurs du Seigneur soient endommagées par les hommes! Et puis, nous devons guérir de notre cécité... nous sommes des aveugles, parce que nous ne voyons pas les besoins de autres ... nous devons seulement dire et donner de l’amour. C’est cela la volonté de Dieu!» Frère Elie ouvrit la porte de sa chambre à 15h 45... j’ai pris les dernières photos des stigmates désormais fermées, au front, au côté. Puis il est descendu à la chapelle où sa famille d’origine et religieuse, le Dr Marcelletti, quelques prêtres et les collaborateurs les plus proches l’attendaient pour une prière de remerciement après sa renaissance. Pourquoi Dieu envoie-t-il sur cette terre des hommes qui portent les stigmates de son Fils et qui doivent revivre ses souffrances, sa mort, et sa résurrection?
Le Professeur Franz Joseph Frueh nous répond: Avons-nous vraiment besoin que Dieu fasse des choses aussi épouvantables et qu’il les exige d’un élu?
Beaucoup, même chrétiens, bien plus, des prêtres, des théologiens soutiennent: «Nous n’en avons pas besoin»!
«Nous avons déjà tout. Jésus est mort et ressuscité pour nous. Il nous a envoyé des moyens de salut connus qui sont: Notre Mère Eglise, les sacrements, la Parole de Dieu, l’intercession des saints, et naturellement de Jésus-Christ qui est assis à la droite du Père, et enfin de Marie, l’épouse de l’Esprit Saint.»
«De plus il est clair que l’oeuvre de notre Rédempteur Jésus-Christ n’a pas besoin d’ajout.» Par contre, nous avons la parole de l’apôtre Paul: «Maintenant, je me réjouis de mes souffrances pour vous, ce qui manque aux détresses du Christ, je l’accomplis dans ma chair en faveur de son Corps qui est l’Eglise» (Col 1,24) Cette parole de l’apôtre devrait attirer l’attention de tous. Nous savons aussi par l’histoire du salut que Dieu envoie des témoins exceptionnels dans son amour pour nous, ses serviteurs aveugles, sourds et superficiels. Alors, il ne se limite pas à l’ordinaire, mais il accomplit l’exceptionnel. C’est ainsi qu’il envoya des prophètes quand le peuple d’Israël était devenu infidèle. Ainsi, dans le cours de l’histoire de l’Eglise, il envoya toujours à nouveau des hommes singuliers. Les témoins les plus clairs furent et sont toujours les martyrs ou même les stigmatisés, comme François d’Assise, plus récemment Padre Pio et aujourd’hui Frère Elie...

 

 


Note:
1. Extraits de «Angeli Archangeli» n° 21, p. 6-10.

Littérature:
«Frère Elie, charismes et stigmates (tome 1)» Une mission dans le sillage de Padre Pio, Fiorella Turolli, 208 p. + 8 p. d’illustr., 14,5x22 cm, Euro 15.– CHF 22.50
«Frère Elie des Apôtres de Dieu (tome 2)» Première fondation, Fiorella Turolli, 304 p. + 8 p. d’illustr., 14,5x22 cm, Euro 19.– CHF 30.–
«La Divine Providence et Frère Elie, Apôtre de Dieu (tome 3)» Fiorella Turolli, 480 p. + 32 p. d’illustr., 14,5x22 cm, Euro 24.– CHF 39.–



 

Copyright © 1999 - 2009
Conformément aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle, tous les textes et illustrations sont protégés par le Droit d'Auteur.
EDITIONS DU PARVIS - STELLA MARIS - CH-1648 HAUTEVILLE / SUISSE.
Tél.: 0041 (0)26 915 93 93 FAX: 0041 (0)26 915 93 99 E-MAIL librairie@parvis.ch

PAGE D'ACCUEIL PARVIS // STELLA MARIS