Jésus à Angela: «Je suis la Résurrection et la Vie»

La sainteté rend visible l’Invisible!

STELLA MARIS 453 SOMMAIRE

Littérature de Angela

En cette période d’Avent, pour se préparer à accueillir l’Enfant-Dieu, écoutons ces confidences de la Vierge Marie à Angela à propos de sa maternité divine.

 

Je voyage en train et je prie le Rosaire. Au cours de la méditation du second mystère joyeux, je demande à Marie de m’aider à être toujours prompte et disponible envers mes frères, quand Jésus le désire, comme elle-même a été prompte à partir pour rejoindre sa cousine Elisabeth, après la révélation de l’archange Gabriel. Je reçois alors une image, insolite et très riche de détails:
Je vois intérieurement une ville typiquement arabe, en grande agitation. La foule est bruyante et joyeuse. Les enfants courent, heureux, et les marchands offrent leurs produits les plus disparates. Les couleurs naturelles, comme celles de la terre ou du sable, prédominent abondamment, surtout dans les vêtements que portent les gens. Cela confère à l’ensemble une teinte particulièrement chaude, en plus de la température que je perçois très élevée, dans cette ville écrasée par le soleil. Et puis, au milieu de la foule, contrastant absolument avec ce que je viens d’observer, je vois une jeune femme vêtue d’une robe toute blanche et d’un modèle plutôt insolite. Au lieu d’avoir, comme les autres femmes, une tunique toute droite, jusqu’aux pieds, je vois qu’Elle porte une ceinture à la taille. Au fur et à mesure qu’Elle s’avance, ma stupeur augmente, car cette jeune femme, c’est Marie. Sous sa tunique, Elle porte des signes évidents d’une grossesse très avancée. Et il m’est donné de voir maintenant, très clairement, cette ceinture qui n’est en réalité qu’une bande de tissu bleu, comme à Lourdes. Mon âme exulte et je m’écrie: «C’est l’Immaculée Conception!»
C’est si extraordinaire, ce que voient mes yeux inté­rieurs, que, pour un instant, je reste figée. Et je comprends alors, de manière toute surnaturelle et que je n’arrive pas à expliquer, ce que peut ressentir, même inconsciemment, toute personne qui rencontre la Vierge en chemin. C’est comme si le Messie, caché dans le sein d’une femme apparemment commune — comme l’était réellement Marie dans sa vie de tous les jours — se rendait déjà visible en quelque sorte.

Les regards des autres femmes, mais surtout des hommes, qui rencontrent Marie dans la rue, sont exceptionnellement purs, comme si Marie, même en son temps, avait revêtu cette robe blanche, qui pour nous, après tant de siècles, est le symbole de son Immaculée Conception!
Dans mon coeur extasié je pense à sa sainteté qui l’a rendue digne de porter en Elle le Fils de Dieu fait homme, pour en faire don, dès la conception, à l’humanité entière. Un sentiment merveilleux, d’extraordinaire pureté, m’envahit.
Marie, alors, parle à mon coeur:
«Oui, la sainteté rend visible l’invisible! Jésus est entré dans le monde, dès le premier instant où je L’ai conçu virginalement. Même si, en Israël, la grossesse était considérée comme une période d’impureté pour la femme que la Loi hébraïque obligeait ensuite à se faire purifier, jamais cependant, je n’ai rencontré de regard impur sur moi.
Les femmes, à leur insu peut-être, sentaient en moi une douceur toute particulière et celles qui attendaient un enfant éprouvaient pour moi une sympathie toute surnaturelle. L’être innocent, qu’elles portaient dans leur sein, reconnaissait Jésus et leur transmettait au coeur une paix particulière.
Les hommes, eux aussi sans s’en rendre compte, manifestaient à mon égard une réserve silencieuse; mais jamais l’ombre d’un mépris ne ternissait leurs regards.
La sainteté rend visible l’Invisible!
Ma cousine Elisabeth, dont le Dieu d’Israël avait exaucé les prières, conçut mystérieusement le petit Jean-Baptiste. Sa sainteté l’avait rendue consciente de la présanctification de son Fils, oeuvre unique de l’Esprit-Saint pour un “enfant des hommes”. Et elle connut par révélation, au tressaillement de son enfant, ce qu’aucune créature encore ne connaissait. Elle en rendit Gloire à Dieu!
Il en fut de même pour ma douce maman Anne. Par sa sainteté, elle fut digne de me concevoir, moi: conçue sans péché originel, même si ce fut à la manière de toutes les femmes, mais dans un sein, toutefois, purifié par le Père céleste.
La sainteté rend capable de concevoir la vie dans le coeur, avant que dans le corps! J’ai donné Jésus au monde avant même qu’Il ne fût visible dans mon corps virginal et les coeurs purs L’ont perçu!
Mon époux, Joseph, lui-même homme juste et saint, comprit le mystère de ma maternité, ce qui le rendit capable de prendre une décision non conforme aux prescriptions de la Loi d’Israël, passant outre à cette Loi par amour!
La femme, chef-d’oeuvre de la création, était destinée, par Dieu Lui-même, à concevoir dans son coeur, la vie; car le Créateur voulait la faire participer à la création par une connaissance infuse. Mais le péché l’a éloignée de cette communion avec le Père.
Je suis la nouvelle Eve! Celle qui ramènera la destinée de la femme à sa dignité originelle! Alors, tout enfant conçu dans un sein régénéré, aura en lui le germe de la foi, non plus entaché par le péché originel, mais intact, qui lui fera reconnaître le Seigneur, sans équivoque.
Tous les petits enfants seront comme Jean-Baptiste qui reconnut déjà Jésus avant même d’être mis au monde. Jean-Baptiste, au cours de sa vie terrestre, ne connut jamais le doute de la foi, parce que jamais rien ne s’est interposé entre lui et Dieu.
Bientôt, va s’achever l’ère des descendants d’Eve! Bientôt va commencer l’ère des descendants de Marie! Je suis l’Immaculée Conception! L’aînée de beaucoup de soeurs!»

O ma Mère Immaculée! Dans mon coeur résonnent encore tes premières annonces, tes premières révélations. Que de crainte j’avais alors! Quelle peur de divaguer, tant était incroyable ce que je recevais dans mon coeur! Oui, c’était trop grand et incompréhensible... Et Toi, avec Jésus, vous m’avez laissé dans le coeur ces mystérieuses paroles:
«Je veux faire de toi une “femme” au sens biblique! Bienheureuse es-tu, entre les femmes de ton temps!...»
Et puis, sur ce mystérieux argument, vous vous êtes tus... mais vous avez fait avancer cette Oeuvre. Maintenant, ô ma Soeur, ce colloque reprend... Mais, pour tant de grâces reçues au cours de ces années, tout cela ne me fait plus peur. Comment le pourrais-je? Ce que Toi, Vierge Immaculée, tu as voulu me montrer aujourd’hui, pour le monde entier, n’est rien d’autre que la conséquence de ta vie et de ton amour pour nous! Toi, la Femme entre toutes les femmes, tu as offert ta vie virginale pour nous racheter du péché, en nous donnant Jésus! Toi, la plus belle entre toutes les femmes, tu veux que toutes les femmes soient belles comme Toi, pour redonner à jamais, au Dieu créateur, toute Sa Gloire! Poursuis ton Oeuvre, ô Marie! Ainsi soit-il! (24 novembre 2000)
«Je suis la Résurrection et la Vie», Tome 2, p. 141/145

 



 

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