Frère Elie

Tout ce qui advient, c’est par la grâce de Dieu

Entretien de Fiorella Turolli

STELLA MARIS 460 SOMMAIRE

Littérature de Frère Elie

«Quand il semble que tout soit impossible, une porte s’ouvre et on va de l’avant. Ce n’est pas moi qui fais, qui organise, mais tout arrive par la grâce de Dieu. C’est lui qui est toujours près de moi et qui me guide. Pourquoi devrais-je me faire du souci?»

 

Frère Elie, voilà cinq ans que vous êtes arrivé au couvent de Calvi. Est-ce que votre vie a changé, qu’est-ce qui s’est passé depuis, est-ce qu’il vous a été possible de poursuivre votre mission?
Même si je suis allergique aux journalistes, je me rends compte que je dois répondre aux personnes qui nous accompagnent fidèlement, à celles qui attendent notre réconfort, et surtout à ceux qui nous aident à suivre notre chemin.
Commençons par la dernière question. Oui, ma mission continue à travers les difficultés et les obstacles, mais avec joie et enthousiasme. Quand il semble que tout soit impossible, une porte s’ouvre et on va de l’avant. Ce n’est pas moi qui fais, qui organise, tout arrive par la grâce de Dieu. C’est lui qui est toujours près de moi et qui me guide. Pourquoi devrais-je me faire du souci? Combien de fois m’a-t-Il dit: “ce n’est pas toi qui fais, mais moi!” Donc je suis serein et je vais de l’avant.
En ce qui concerne ma vie, elle n’a pas beaucoup changé. Depuis l’âge de dix-huit ans, je vis en fraternité et je suis habitué aux règle d’un couvent. Les années que j’ai passées avec les Capucins ont été les plus belles de ma vie. Puis je suis sorti, parce que, comme vous savez, je ne voulais pas ces choses (il fait un signe en direction de ses plaies aux poignets et aux pieds), mais le Seigneur m’a repris par les cheveux (il rit) et me voilà avec une nouvelle règle et de nouveaux devoirs.
Qu’est-t-il advenu depuis lors, c-à-d. depuis juillet 2003? Je me souviens du très fatigant déménagement de Bergame à Calvi, avec Serge, devenu frère et d’autres amis. Peu de choses sur un petit camion délabré, mais beaucoup de bonne volonté et de courage de la part de tous.
Le couvent était un amas d’ordures, le cloître était envahi d’herbes, peuplé de serpents et de souris, le toit n’existait plus, rien de consistant, si bien qu’on craignait, à peine avait-on mis la main, que tout s’écroule. Des mois durant, nous avons dormi à ciel ouvert. Mais depuis le premier moment, le Seigneur nous a aidés surtout en nous faisant cadeau d’un automne merveilleux et ensuite en nous donnant la force pour continuer.

Le Couvent vous a-t-il été donné?
Cela faisait deux années que j’allais de-ci de-là pour en chercher un... Ils étaient tous en vente, mais trop cher. Mais au cours de ce pèlerinage, des occasions de faire de l’apostolat m’ont aussi été données, spécialement en Vénétie et Lombardie. Je n’avais jamais parlé en public et pourtant le Seigneur m’a donné la parole pour le faire et il a tout facilité.
Des offrandes sont arrivées, que j’ai accumulées durant ces deux années, de façon à pouvoir donner un premier acompte pour l’acquisition de ce couvent. Et puis, tout a suivi, comme Dieu a voulu. La Providence n’a jamais fait défaut, même si les dettes sont encore considérables.

Travail à part, comment commence-t-on à «fonder une nouvelle communauté religieuse»?
Vous voulez dire comment est-ce que moi, j’ai fait?
A peine me suis-je établi ici, j’ai écrit une lettre à l’évêque de ce diocèse pour lui demander de le rencontrer... Mais il m’a fait attendre un peu...
Quand il m’a reçu, je lui ai expliqué que nous étions trois (futurs) confrères qui avaient l’intention de vivre en communauté en s’établissant au couvent de la rue santo Francesco, à Calvi dell’Umbria, avec une nouvelle règle, c’est-à-dire vivre et faire comme les apôtres, pèlerins dans le monde et pour le monde. Ce qui équivaut à dire porter la Parole de Dieu là où il faut, et en même temps, accueillir et réconforter les personnes dans le besoin, les malades, les désespérés... et surtout créer une maison familiale pour les enfants abandonnés, violentés, de milieu social fort défavorisé... J’espère terminer bientôt les travaux pour pouvoir les accueillir.

Que vous a dit l’évêque?
Selon ce qu’on fait habituellement, il a mis à mes côtés divers observateurs en qui il avait confiance... Maintenant, c’est lui qui m’observe de près.
Je lui dois obéissance et chaque année je renouvelle de manière privée mes voeux de pauvreté, chasteté et obéissance, comme mes frères et soeurs... Il en sera ainsi jusqu’à ce que l’évêque décide d’accueillir nos voeux perpétuels. Jusqu’à maintenant, nous tous, nous pouvons nous appeler frères laïcs consacrés. Je me réjouis que l’Eglise prenne le temps; dans ces choses, il ne faut pas se tromper.

Quand j’ai vu le couvent pour la première fois, je me suis demandé comment il serait possible que les gens arrivent là, en ce lieu si peu commode, sans moyens de communication, ni trains ni bus. Un monseigneur, entendant toutes nos perplexités nous dit: «Si ce sont des choses de Dieu, les gens arriveront même à pied, dans le froid et sous la pluie et s’il n’y a pas de lieu pour les recevoir, ils attendront sur la route sous les parapluies.»
Vous souvenez-vous, frère Elie, de la première rencontre de prière qui a eu lieu ici à Calvi?
Dès les premiers jours, les gens sont toujours venus par petits groupes. Ils me racontaient leurs peines et je les écoutais, on priait et on travaillait ensemble. Puis, une froide matinée, à la fin de l’automne, un dimanche pluvieux et plein de vent, nous avons entendu frapper à la porte... Ce fut le début... proprement comme avait dit ce monseigneur. Tant de gens transis de froid, des couvertures sur le dos, attendaient sous leurs parapluies. Le cloître était impraticable, plein de flaques; nous n’avions ni pièce ni chapelle pour pouvoir les recevoir... mais je ne pouvais pas les renvoyer! Après quelques moments de désarroi, j’ai pensé au dessous de l’escalier, et c’est là qu’eurent lieu les premières rencontres.

Comment avez-vous fait pour organiser les rencontres, d’abord à Calvi, puis dans toute l’Italie, en Europe et dans le monde?
Comme je vous l’ai déjà dit, nous n’organisons rien. Je ne saurais comment faire. Les gens m’invitent avec la permission de leur évêque et si je peux, j’y vais.
Comment cela a commencé? Un éditeur allemand cherchait un livre d’inspiration religieuse et il l’a cherché en Italie. Et il a choisi celui qui parlait de moi parmi beaucoup d’autres. Il l’a traduit, et à partir de là sont partis tous les autres qui ont fait le tour du monde, de manière surprenante. Je répète qu’aucun d’entre nous, ni même mon éditeur nous n’avons levé le petit doigt pour proposer mes livres. Les invitations sont arrivées par les lecteurs et par leurs curés. Je ne suis que leur invité.

On vous appelle le frère de la consolation et on vous attribue des miracles et des guérisons. N’éprouvez-vous pas une immense responsabilité pour tout cela?
Si on m’appelle le frère de la consolation, je m’en réjouis, mais, cela mis à part, je ne fais rien. C’est le Seigneur qui guérit et qui fait les miracles. En ce qui concerne la responsabilité, c’est le Seigneur qui me guide, qui fait et qui suggère. C’est lui qui prend toute la responsabilité et qui me fait faire ce qu’il veut. Ma mission est la sienne. Vous comprenez?


Triple clin d’oeil de l’au-delà

A douze ans, Giovanna perdit son grand frère de quinze ans, suite à une maladie incurable. Douleurs insupportables pour la famille et spécialement pour la petite soeur avec laquelle Matteo partageait la chambre la plus grande partie du temps. De ces jours de désespoir, Giovanna se souvient seulement du jour des funérailles, un moment poignant, quand son frère fut mis dans le cercueil et qu’elle fut enveloppée d’un intense parfum de fleurs fraîches. Puis un vide sans fond.
Une année après la mort de son frère, la petite Giovanna étudiait dans la chambre qu’elle avait partagée avec son frère. Soudain, elle entendit un objet tomber à terre. Elle se retourna et vit sur le pavé un épi. Etrange, pensa-t-elle, d’où vient cet épi?
Tandis qu’elle le ramassait, de l’épi se dégagea une lumière qui se fit toujours plus grande et lumineuse et, dans cette lumière, Giovanna vit son frère qui, bienheureux, lui souriait. Elle se pinça et sentit la douleur. Donc elle ne rêvait pas et elle n’était pas folle.
Après la vision, Giovanna chercha l’épi mais ne le trouva pas. Elle raconta tout à ses parents qui la crurent.
Entre-temps, les parents avaient commandé un buste en bronze de leur fils pour la tombe de la famille et quand le sculpteur le leur apporta, ils demeurèrent stupéfaits de voir que leur Matteo tenait dans ses mains un épi! Surpris, ils en demandèrent le motif au sculpteur. “Vous ne savez pas?” répondit-il, “l’épi est le symbole de la conjonction entre le monde spirituel et le monde matériel”...
Par ces paroles le sculpteur donna à toute la famille la certitude que leur fils et frère vivait vraiment dans la lumière et qu’il était venu les rassurer.
Les années passèrent et Giovanna ne revit plus son frère dans la lumière. Mais le souvenir de cette vision ne la quitta jamais. Elle se maria et eut des enfants.
Un jour, elle décida avec son mari d’aller à une rencontre de prière avec frère Elie. C’était en mai 2008. Après l’avoir rencontré, elle sortit dans un flot de larmes qui inondait son visage souriant. C’était des larmes de joie. J’étais à côté d’elle et je lui en demandai le motif.
Voici textuellement ses paroles: “Quand je suis entrée chez frère Elie, avant même de voir son visage, j’ai reconnu mon frère devant lui.... Il me souriait dans la lumière, exactement comme je m’en souvenais et j’ai senti aussi le parfum des fleurs qui était dans sa chambre le jour de ses funérailles. J’avais oublié ce parfum mais je l’ai reconnu aussitôt... Puis, peu à peu, mon frère s’évanouit en me laissant une paix incroyable et j’ai pu voir derrière lui le visage souriant de frère Elie qui savait certainement...
Finalement, mon désir de revoir mon frère avait été exaucé. Merci au Seigneur et à Frère Elie.


Un acte de miséricorde récompensé

Elisabeth Muller m’a rapporté: j’avais connu frère Elie l’année dernière à Zug, mais je n’avais pas parlé avec lui. Je l’avais entendu parler après la messe, mais il ne m’avait pas satisfaite, parce qu’il m’avait semblé trop sévère.
Cette année, je suis de nouveau allée. Je voulais me confesser, mais il y avait trop de monde et je n’y parvins pas. Alors, je me suis rendu à la messe des malades à laquelle participait frère Elie. J’ai des problèmes de peau... Depuis des années, j’étais remplie d’eczéma partout et malgré divers tentatives de soins, je n’ai jamais obtenu d’amélioration; c’est plutôt devenu pire.
Je voulais parler avec frère Elie, mais mon mari me suggéra de laisser passer ceux qui étaient dans des situations plus graves que moi. Il me dit: “Qu’avons-nous par rapport aux autres?”
De retour chez moi, j’ai soudain commencé à aller mieux mais je ne voulais pas y croire. Après deux semaines, je me suis rendu compte que j’étais guérie et aujourd’hui, je suis venue à Wigratzbad pour remercier... et demain, je vais à Lourdes.


Les voies du Seigneur sont infinies

Un juge, tertiaire franciscain de la Congrégation dominicaine à Berlin, Dr Robert Kopfmueller, m’a téléphoné pour me féliciter ainsi que Fiorella pour les trois livres sur frère Elie qu’il a aussi offerts à son frère Mattias, producteur cinématographique.
J’ai désiré savoir comment il avait réussi à avoir les livres. Voici son histoire fantastique. Il avait rêvé qu’il était dans un couvent, entre trois frères en habits sombres. Il y avait aussi le Pape Jean-Paul II et son secrétaire Dziwic. Le pape lui conseilla d’acheter un livre sur Padre Pio. Comme le songe lui avait paru tout à fait authentique et vu qu’il ne connaissait rien sur Padre Pio, il se rendit le jour suivant dans une librairie pour avoir ce livre. Le libraire chercha sur son PC un titre parmi les livres sur le Padre. Et il choisit celui que j’avais écris, sous lequel il y avait aussi le titre du premier livre de Fiorella sur Frère Elie.
Robert les acheta tous les deux et il les lut avec enthousiasme. Il acheta alors les deux autres livres sur frère Elie, et il les proposa, outre à son frère, à une amie, Christa, psychologue, qui travaille avec des malades mentaux. Elle avait abandonné l’Eglise depuis de nombreuses années mais, après avoir lu tous les livres, le frère Elie lui apparut en songe en lui disant qu’elle pourrait rendre un grand service à Dieu et aux malades, mais que Dieu désirait qu’elle revienne à l’Eglise catholique...
Le 15 juin 2008 la psychologue Christa Pia Corner reçut le sacrement de la confirmation dans la cathédrale de Berlin. Robert demanda à frère Elie d’envoyer une bénédiction spéciale à cette dame. Et de l’ambon, Robert raconta toute cette histoire à l’assemblée.

 


Littérature:
«Frère Elie, charismes et stigmates» tome 1, Fiorella Turolli, 216 p., 14,5x22 cm, Euro 15.– CHF 22.50
«Frère Elie des Apôtres de Dieu» tome 2, Fiorella Turolli, 312 p., 14,5x22 cm, Euro 18.– CHF 27.–
«La Divine Providence et Frère Elie, Apôtre de Dieu» tome 3, Fiorella Turolli, 480 p. + 32 p. d’illustr., 14,5x22 cm, Euro 24.– CHF 39.–



 

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