L’assomption de Notre-Dame

Sens et définition

Bernard Balayn

STELLA MARIS 449 SOMMAIRE

Littérature de Bernard Balayn

Chaque été le calendrier liturgique nous ramène à la pieuse célébration de ce dogme récent, qui s’appuie sur une tradition de foi ancienne. Mais que sait-on au juste de la proclamation, du sens profond et de la portée du dogme marial accompli par Pie XII en 1950? Il est bon de réveiller et d’affermir notre foi en cette vérité si belle et si consolante, qui précède et annonce le triomphe de la maternité de Marie.
Dans un article forcément court, nous irons droit à l’essentiel. (Pour la crédibilité de notre démarche, nous ne pouvons suivre ici que les données de la Révélation et des documents magistériels)1.

 

Les origines du dogme

La définition du dogme de l’Assomption entre dans la mission foncière de Marie: sa maternité divine, dans la connaissance de son histoire et des voeux préparatoires à la proclamation.
La Bulle pontificale dit clairement que tout repose, en dernière analyse, sur la maternité de Notre-Dame: tout ce que la Trinité a fait en elle et par elle l’a été pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, par l’Incarnation du Fils en son Sein virginal en vue du salut universel.
L’histoire de Marie est donc connexe. Les privilèges de son Immaculée conception (Rome, 1854), de sa virginité perpétuelle (Latran I, 649), de sa maternité divine (Ephèse, 431), sans exclusivité des autres dogmes attendus, sont autant d’étapes sur son chemin glorieux. La plus grande gloire de la Vierge, qui résume toutes les autres, est d’avoir accompli sa mission jusqu’au bout et sans faille. La reconnaissance de son assomption couronne donc son parcours de la Femme du Protévangile et de l’Apocalypse johannique totalement associée à l’oeuvre de la Rédemption et de la Réparation.
Historiquement, après l’Ascension, Marie fut recueillie par saint Jean et attendit d’être réunie à jamais à son Fils. Elle vécut cette attente dans la foi, l’espérance, l’amour et la prière, exerçant sa dernière vocation terrestre: la tutelle maternelle de l’Eglise, à commencer par celle de l’évangélisation apostolique. Puis, au terme fixé par la Trinité, la Vierge s’apprêta à quitter cette vie. Là commence le mystère de son Assomption.
Sans retracer l’histoire de l’élaboration du dogme, signalons-en plutôt la progression.
Très tôt, le peuple chrétien, tant dans les mondes byzantin que barbare, eut la conviction que la Théotokos ne pouvait avoir connu la corruption du tombeau. De siècle en siècle, dès la fin du Ve en Orient, on fêtait le 15 août la «Dormition» de la Vierge; dès la fin du VIIIe en Occident, une liturgie propre s’élaborait avec vénération de l’icône mariale et processions. Saint Jean Damascène apparaît comme le chantre du début du Moyen Age en ce domaine, saint Albert le Grand celui du XIIIe, le siècle de l’apogée médiéval et marial.
Une fois le principe de la croyance acquis, restait à en obtenir l’officialisation par l’Eglise souveraine. (V. plus loin). Ainsi naquirent et se précipitèrent les voeux pour que le Magistère se prononce. Comme il est d’usage dans l’Eglise, la Papauté attendit que la chose mûrisse par l’intervention de l’Esprit-Saintà travers les souhaits de la chrétienté. Les premières demandes de proclamation du dogme datent de 1849. Le processus s’accéléra à partir de la proclamation de 1854, jusqu’à ce qu’en 1942, sous Pie XII, une somme de 2000 pages fasse état des suppliques adressées au Saint-Père par les théologiens et les évêques.
Alors, le 1er mai 1946, le pape se décida et demanda à tous ces derniers leur avis sur l’opportunité de proclamer le dogme de l’Assomption de Notre-Dame. La quasi unanimité se prononça pour. C’est en août 1950 que le Pontife annonça l’imminence de la proclamation.


L’élaboration et la proclamation du dogme

Il faut en dire un mot pour montrer qu’une telle décision ne se fait pas à la légère, surtout à notre époque où celui que Jésus, à l’inverse de Marie, «vit tomber comme la foudre», s’agite follement.


La confrontation de la recherche théologique et de la piété populaire

Le problème de départ est simple. Pour valider le voeu de la chrétienté, les textes scripturaires et la tradition patristique et ecclésiale ne suffisent pas (par ex. l’Evangile ne parle pas de l’Assomption). Après les études et la prière requises, la justification et la décision de l’acte doivent émaner de l’autorité suprême: le Vicaire du Christ, appuyé sur la collégialité épiscopale. Autrement dit, le pape tient compte des intuitions du peuple chrétien, des recherches théologiques et de l’impact de la vérité nouvelle répandue dans la chrétienté tout entière (catholiques et autres confessions). C’est pourquoi, mû par une grande prudence, le Pontife peut demander à la Providence des signes. L’auctoritas doit donc l’emporter sur la ratio.
L’argumentaire est également simple. En résumé, si Marie a été créée indemne du péché originel qui a introduit le mal ici-bas avec, parmi ses séquelles, la mort corporelle; si son corps virginal a enfanté, par l’Esprit Pur, le Sauveur du monde, son sauveur à Elle aussi (par anticipation des mérites de sa Passion); si Marie s’est parfaitement associée à toute la vie de son Fils jusqu’à sa résurrection, il est alors impensable qu’au moment de son trépas, son corps puisse subir le misérable sort des pécheurs et qu’il n’entre pas dans la gloire éternelle uni à son esprit, immédiatement et totalement, par le privilège exceptionnel et unique qu’il postule et mérite.
Ces «rationes» (ou arguments théologiques) anciens (et pérennes) sont accompagnés depuis le XIVe s. par les «pie creditur», c’est-à-dire les affirmations venues de la foi intime des croyants, auteurs, saints ou fidèles. Parce que, selon la tradition de l’Eglise, la recherche théologique, non moins que l’Ecriture, ne peuvent faire abstraction des signes forts que Dieu envoie pour accréditer dans le peuple les démonstrations des chercheurs de la foi. Ainsi, «La théologie médiévale a accumulé les raisons de convenance qui recommandent l’Assomption, par suite du consentement commun des fidèles», dit dom B. Capelle, o.s.b. En effet, si étrange que cela puisse paraître, l’Ecriture n’atteste pas l’assomption de Notre-Dame. Prenons un simple exemple: Siméon prophétise la douleur de Marie, mais ne va pas plus loin Nous n’avons que des percées indirectes, telles que la vision de la Vierge en gloire de saint Jean à Patmos, mais pas d’affirmation réelle. Il faut donc puiser au-delà. D’où la confrontation des divers apports évoqués plus haut.
Et pour faire jaillir la vérité de toutes les données accumulées, le Pape prit enfin sa décision. Il la fit connaître d’abord aux cardinaux et évêques au cours d’un Consistoire, le 30 octobre 1950.


La proclamation

Mais avant de prendre sa décision, le Pape demanda des signes au Ciel. Marie en envoya deux, un de France, à travers un enfant innocent (1), l’autre de Rome même, à travers la communication de la Vierge de Tre Fontane. En effet, apparue en 1947 à un humble traminot de la banlieue romaine, la « Vierge de la Révélation » lui déclara à un moment donné : « Mon corps ne pouvait se décomposer et il ne s’est pas décomposé. Mon Fils et les anges vinrent me prendre au moment de mon trépas …». Mgr F. Rossi, l’auteur du récit, conclut : « Tandis que le pape Pie IX eut, quatre ans avant la définition,  la plus haute confirmation du dogme de l’Immaculée Conception depuis la Grotte de Massabielle, celui de l’Assomption reçut une impulsion inespérée de la Vierge elle-même par un obscur travailleur de Rome, trois ans auparavant»(2). Après avoir obtenu les signes désirés, le pape choisit le 1er novembre de la grande Année Mariale pour effectuer sa proclamation, Marie étant la Reine de tous les saints. La cérémonie eut lieu en présence d’un maximum de prélats, et d’une foule évaluée à 500 000 fidèles. C’est donc en vertu de l’auctoritas suprême que lui donne l’infaillibilité pontificale en matière de foi (et de morale) héritée du Concile Vatican I, que Pie XII, répondant à la sollicitation du cardinal Tisserant, doyen du Sacré-Collège, et de tous les évêques, après avoir imploré l’Esprit-Saint, proclama urbi et orbi le dogme de l’Assomption de Marie, disant dans la partie terminale: «C’est pourquoi, après avoir adressé à Dieu d’incessantes et suppliantes prières..., nous proclamons, déclarons et définissons que c’est un dogme divinement révélé que Marie, l’Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste...».
Le lendemain était publiée la Constitution Apostolique correspondante «Munificentissimus Deus»: «Dans sa munificence, Dieu... adoucit... les souffrances des peuples en y mêlant des joies [comme celle de l’Assomption]...»
Le Concile Vatican II reprend naturellement cette doctrine dans Lumen Gentium. De même Paul VI dans sa Profession de foi du 30 juin 1968.

1) Le petit Gilles Bouhours, introduit auprès de Pie XII par le futur Paul VI, le 1er mai 1950, et qui intervint dans le sens de la proclamation du dogme.
2) Précisons pour mémoire que le Vicariat de Rome autorisa le culte public des Trois Fontaines en 1955 (ce qui équivalait à une reconnaissance de fait).

 


Sens et portée de l’événement

Le sens

La proclamation du dogme de l’infaillibilité pontificale (1870) renforçait celui de l’Assomption, dont n’avait pu bénéficier la définition de l’Immaculée Conception. Avant le Concile Vatican II (1962), qui a élargi l’exercice de la collégialité, la proclamation de 1950 montre l’apogée du magistère pontifical.
C’est le dernier dogme marial proclamé, bien que beaucoup d’âmes aient demandé à Jean Paul II la définition des dogmes de Marie Médiatrice, Avocate et Corédemptrice.
L’examen du dogme de 1950 met en lumière certains points théologiques:
Pour éviter les controverses inutiles, le pape a évité d’entrer dans des problèmes actuellement délicats. Il n’a parlé ni de «mort», ni de «résurrection» de Marie, parce que la première ne peut être attestée, et que la seconde, quoique non hérétique3, ne soit pas, pour le moment, l’expression la plus appropriée4.
En effet, Marie est «passée» d’un monde à l’autre d’une manière inconnue; en Orient, on parle de «dormition», en Occident de «pieux transit». L’essentiel n’est pas là.
Le terme de résurrection, lui, s’applique pleinement au Christ, «mort et ressuscité dans la gloire»; or, comme on ne peut définir le «trépas5» de la Vierge, le terme de résurrection qui s’applique à une mort définie, devient prématuré et le pape l’évite; d’où l’expression prudente: «elle a été élevée», qui montre en outre que c’est par la puissance divine, non par sa vertu, que Marie a été emmenée au ciel. Et le pape de préciser qu’elle a été élevée «en âme et en corps...»: elle est la seule, après son Fils qui lui a ouvert la route, à faire son entrée au paradis avec son vrai corps, indissolublement uni à son esprit. Le terme d’«élévation» traduit à la fois un acte et un état: un acte parce que Marie est arrachée à la terre vers une autre destination, comme pour le Christ, disant «Je vais vers mon Père». Un changement d’état: Marie garde son corps, mais il «monte» glorifié pour atteindre la parousie. La Vierge est de la sorte récompensée de son association parfaite au dessein christique; première des rachetés, elle est conséquemment la première à bénéficier des mérites de la Passion de son Fils. Car comment le Père aurait créé le corps de Marie avec un soin si jaloux, lui octroyant l’Immaculée conception, sans lui accorder avec non moins de soin l’anticipation de la gloire par son assomption?
Notre-Dame est donc totalement glorifiée, âme et corps. A l’apparition de la rue du Bac, soeur Catherine Labouré s’appuie bien sur ses genoux, dont elle sent chaleur et résistance; elle ne s’appuie pas sur du vide; dans les apparitions de saints, on ne touche rien. Autre preuve, historique: les chrétiens de Jérusalem et de Rome, si avides de conserver des reliques des premiers saints, n’ont jamais recherché celles de Marie, précieuses entre toutes; parce qu’ils savaient qu’il n’y en avait pas et que, par conséquent, ils connaissaient son assomption.
Il convient de savoir à présent de manière plus approfondie, les raisons de l’Assomption de Marie.
Deux séries de causes dominent: l’identification de la Mère au Fils et sa maternité divine.
Paul VI dit à juste titre que la Vierge a été «élevée à la gloire céleste et configurée à son Fils ressuscité», saint Bernard disant de son côté: «Marie a surpassé en grâce toutes les créatures sur terre, elle les surpasse en gloire au ciel».
La configuration de Notre-Dame à Jésus implique que son destin éternel soit dépendant du sien et en conformité avec lui, pour trois raisons essentielles selon les théologiens.
La première est son immaculée conception, qui postule son rachat complet et parfait; et si elle a été pleinement rachetée dans son âme, elle ne pouvait pas ne pas l’être pour son corps.
La deuxième tient à sa virginité perpétuelle, que les conciles, les Pères, les saints, répètent à l’envi et que corroborent les textes scripturaires, directs ou indirects: «Je te salue, Pleine de grâce, tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de ton Sein est béni»..., «Bienheureuses les entrailles qui T’ont porté»... «L’Arche formée de bois imputrescible [la Vierge et l’Esprit-Saint]» ne pouvait aboutir à la corruption comme le reste des mortels, victimes du péché originel.
La troisième est peut-être la plus déterminante; c’est celle qui unit le Fils et la Mère plus étroitement que ne le font le soleil et la lumière. En foi de quoi, l’amour du Christ envers elle exige qu’un tel Fils fasse participer une telle mère, entièrement à sa gloire de ressuscité, dans son être entier, corps et âme: «L’amour maternel et l’amour filial engagent l’être entier; la maternité est une réalité physique qui s’élève jusqu’au spirituel et imprègne en Marie tout le sensible» (Dom Capelle). «Le Christ ne fait pas les choses à demi: Marie avait reçu sans restriction ni retard la pleine rédemption de son âme; elle devait recevoir de même la pleine rédemption de son corps» (id.).
C’est pourquoi, en dernière analyse, le fait que la proclamation du dogme ait été accompagnée de la vision par Pie XII du prodige solaire de Fatima, pendant quatre jours consécutifs, trouve ici sa signification profonde: la Vierge au Coeur encerclé d’épines de la Cova da Iria, n’est-elle pas celle de la Maternité divine et humaine triomphante par sa passion couronnée au ciel?
Ces trois rationes theologicae reposent toutes, observe le théologien, sur les exigences de la maternité divine, puisque celle-ci est la raison d’être même de l’existence et de la vocation de Marie.
Comment imaginer en effet que Celui qui a reçu son Corps de Marie et qui est ressuscité, ne lui fasse pas don de cette prérogative, pour l’avoir corps et âme près de Lui et la
récompenser sans fin de sa maternité divine et humaine et de sa parfaite coopération à la Rédemption?


Une portée universelle

La proclamation du dogme de l’Assomption fut un moment faste de l’histoire de l’Eglise. Cet acte de dévotion et de justice entrait dans la logique montfortaine, à savoir qu’après la manifestation du Fils, la fin des temps verrait celle de sa Mère, avec l’efflorescence et l’exaltation toujours plus grandes de ses privilèges et de ses gloires. En effet, s’il n’y a pas mention de l’Assomption dans l’Evangile, le chant du Magnificat laisse deviner le privilège: «Il renverse les puissants..., il élève les humbles». Le génie de Pie XII est d’avoir défini le dogme avec un terme de Marie elle-même, soufflé par l’Esprit-Saint.
La dévotion mariale s’en est trouvée confortée, à une heure si fragile de l’histoire où l’Eglise combattait le démon de l’athéisme institutionnel, pas encore totalement vaincu à cette heure. Marie en a certainement tenu compte pour la sauvegarde de l’Eglise et de la paix du monde.
L’Assomption mariale signifie, outre la puissance de Dieu, l’anticipation et la certitude de la résurrection universelle à la fin du monde, à la suite de la «puînée» du Père, la seule créature intacte qui soit déjà entrée au paradis. C’est donc un gage d’espérance pour nous.
Au delà de la théologie, forcément structurelle et théorique, elle signifie enfin la miséricorde divine, la bonté incommensurable de la Trinité, qui «s’est penchée sur son humble Servante» pour lui témoigner d’une manière unique et parfaite sa prédilection, sa reconnaissance, son amour infini envers l’intégrité totale de son auguste Personne. C’est donc un gage de réconfort et de protection envers l’humanité blessée.
La Trinité veuille que «la Femme revêtue de soleil» protège toujours plus ses enfants dont la chair reste si vulnérable. Et louons-La pour ses merveilles.
Bernard Balayn

 

Notes:
1. Nous suivons ici les données des meilleurs théologiens.
2. Dont celui manifesté par le petit Gilles Bouhours, introduit auprès de Pie XII par le futur Paul VI, le 1er mai 1950.
3. Si le Credo parle de notre résurrection finale («J’attends la résurrection des morts»), on ne voit pas pourquoi on ne parlerait pas de celle, anticipée, de Marie. Mais le problème est ailleurs.
4. De nombreux auteurs n’hésitent pas, en effet, à l’employer. Mais il faut suivre le pape, prudent.
5. Mot à mot, passer au delà; aller au delà de la vie.

Littérature:
«La Grâce de Lourdes» Bernard Balayn, 224 pages, 14,5x22 cm, Euro 17.–, CHF 28.–
«Fatima: Au seuil du Triomphe?» Bernard Balayn, 240 p. + 32 p. d’illustrations, 14,5x22 cm, Euro 18.–, CHF 29.–
«L’Eucharistie, Vie du monde» Bernard Balayn, Préface de Mgr Guy Bagnard, 304 pages, 14,5x22 cm, Euro 17.–, CHF 26.–
«Le Rosaire, Arche du Salut» Bernard Balayn, Préface de Mgr Maurice Gaidon, 286 p., 14,5x22 cm, Euro 17.–, CHF 26.–
«Jean Paul II le Grand, Prophète du IIIe millénaire» Bernard Balayn, Préface du Card. Frédéric Etsou, 864 pages + 80 pages illustrations couleurs, 15,5x23,5 cm, Euro 30.–, CHF 45.–
«Un Rosaire pour la France – avec sainte Jeanne d’Arc» Bernard Balayn, 64 p., 11,5x16,5 cm, Euro 3.–, CHF 4.50



 

Copyright © 1999 - 2010
Conformément aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle, tous les textes et illustrations sont protégés par le Droit d'Auteur.
EDITIONS DU PARVIS - STELLA MARIS - CH-1648 HAUTEVILLE / SUISSE.
Tél.: 0041 (0)26 915 93 93 FAX: 0041 (0)26 915 93 99 E-MAIL librairie@parvis.ch

PAGE D'ACCUEIL PARVIS // STELLA MARIS