Il faut que j’aille à San DamianoSTELLA MARIS 448 SOMMAIRELittérature de San Damiano |
![]() |
En novembre 1993, je découvrais San Damiano grâce à l’organisatrice des pèlerinages de la région. J’y suis allée par curiosité, mais j’avais une grande grâce à demander. Quelques mois plus tôt, les médecins avaient découvert une anomalie qui ne permettait pas que je sois enceinte naturellement.
A mon retour de San Damiano, comme tout pèlerin j’ai raconté à mon entourage familial les faits vécus et les signes de la présence mariale, dont le parfum de roses. Personne n’osait me croire; on pensait que j’étais «un peu folle». Ne désespérant pas, je continuai à aller à San Damiano, parfois accompagnée de mon mari.
Notre chemin était tracé. Nous avions des épreuves à traverser, mais notre Maman du ciel était là pour nous réconforter!
Mon mari et moi avions décidé de recourir à la Fécondation in Vitro (FIV). A chaque tentative le même espoir. Nous en avons réalisé six. Je me souviens particulièrement de la première: une fois que l’embryon est implanté (je n’en avais qu’un à chaque essai), il faut rester inactif pour qu’il puisse «s’accrocher» à l’utérus. Cette nuit-là je demandai un signe à la T.S. Vierge. En pleine nuit, alors que je rêvais d’un bébé, une douleur atroce me réveilla. J’étais en proie à la panique. Cette douleur vive ressemblait à un déchirement, à un coup de couteau dans le
ventre. La prise de sang nous révéla que je n’étais pas enceinte. Je faisais deux tentatives par an. Epuisée physiquement et moralement, je n’étais plus motivée.
Nous avons fait deux tentatives par an, la dernière en 1999. Je n’étais plus motivée. J’étais physiquement et moralement épuisée.
Au printemps 1999, nous décidions de nous tourner vers l’adoption. Les démarches de l’adoption se sont engagées sans grande conviction de la part de mon époux. A cette période, mon mari changeait d’employeur et devait étudier le code de la route pour passer son permis «super-lourd». Je l’aidais à réviser ses leçons. C’est cette
année-là que la dernière tentative de fécondation in vitro eut lieu.
Un samedi, alors que mon mari étudiait son code et que mon dernier embryon avait été implanté, j’allai m’allonger. En entrant dans la pièce, un parfum de rose me submergea. Une joie et une paix profonde m’envahirent. Cette ultime fécondation aurait-elle réussi?
Le lendemain, après le repas de midi, nous décidons d’aller nous promener. En sortant, je perçois un parfum sur dix mètres autour de la maison. Je ne dis rien. Nous continuons notre promenade... Au retour, à quelques mètres de la maison, ce même parfum vient titiller mes narines. Plus on avance, plus fortement j’en suis envahie. J’en parle à mon mari qui, lui aussi, l’avait senti sans oser me le dire. Je lui demande alors s’il identifie ce parfum. «On dirait de l’encens», répond-il. J’ajoute: «Oui, avec du jasmin.»
Au fond de moi c’était clair: il y avait là un message.
Lorsque nous avons effectué la dernière prise de sang, le résultat était négatif. J’expliquai à mon époux, malgré la douleur et la tristesse, que le parfum de rose ressenti quelques jours auparavant
représentait Marie venue me prendre dans ses bras pour surmonter ce sixième et dernier échec, que l’encens et le jasmin rappelaient à notre mémoire les embryons qui n’avaient pas vu le jour et pour l’accueil accordé à ce dernier petit être non né.
C’était mon explication ce jour-là et je le pense encore aujourd’hui.
Mais la vie continuait, il fallait bien croire en l’avenir...
Mon mari réussit l’examen, mais l’adoption piétinait. Sur le conseil du psychologue
que nous rencontrions, nous suspendions le dossier et
prenions contact avec des adoptants. Après neuf mois d’interruption nous obtenions l’agrément d’adoption pour une pupille de l’Etat uniquement. C’était en l’an 2000.
Cette même année, ma soeur, qui me traitait de «folle» lorsque je lui parlais de San Damiano, vint me voir. Elle me dit:
— Il faut que j’aille à San Damiano.
Je la mis en contact avec une personne qui dirigeait des neuvaines de pèlerinages. Ma soeur en est revenue transformée. Petit à petit ses
problèmes se sont envolés. Aujourd’hui, ses enfants, son mari et elle-même prennent régulièrement part à des pèlerinages, notamment à San Damiano...
Deux mois plus tard mon mari partait à nouveau pour San Damiano. A son retour il était quelque peu déçu, rien de «spécial» ne s’étant produit, à l’exception de ceci: alors que le groupe de pèlerins était rassemblé au pied de Notre Dame, l’organisatrice annonça:
— C’est maintenant le moment d’exprimer vos demandes.
Bien sûr, mon mari a demandé un enfant, notre enfant.
L’année 2003 passe et nous n’avons toujours pas d’enfant.
Quelques jours plus tard, étant en vacances pour un week-end — nous sommes toujours sur la liste d’attente de la DDASS — nous rencontrons un employé de ce service qui nous promet de faire son possible.
Noël arrive, toujours rien. Mon mari désespérait de voir arriver cet enfant, alors que moi j’y croyais encore.
Le 21 février 2004:
Allo, c’est la DDASS, nous avons une bonne nouvelle, votre petit enfant vous attend...
Quel bonheur!
Notre enfant est allé à San Damiano en 2005. Nous y sommes retournés en septembre 2007.
Merci à notre Maman du ciel de nous avoir tenu la main durant toutes ces années. Merci à notre Maman du ciel de nous avoir montré le chemin de l’Amour.
Régine, France
|
Copyright © 1999 - 2010 |