Schio: Rita Baron raconte Renato (3)

Ta souffrance est nécessaire pour sauver mes appelés, tes amis

STELLA MARIS 448 SOMMAIRE

Littérature de Schio

 

 

Renato a été une personne dans laquelle des expériences de douleurs tant physiques que spirituelles ont fusionné de façon mystique. Rita, quelle est, selon toi, la chose qui l’a le plus attristé durant ces années d’apparitions?
Depuis le début, Renato espérait que de nombreux prêtres arriveraient pour comprendre le message de Marie, et qu’ils l’aideraient. Hélas, la Madone elle-même avait affirmé que: «Ceux qui devraient être les premiers à arriver, ne sont pas encore arrivés!». Cela le rendait très malheureux, mais Renato ne jugeait jamais personne. S’il se trouvait ici maintenant, je suis certaine qu’il dirait: «Vous avez fait ce que vous pouviez faire: continuez ainsi, avec la foi de Marie et avec la force que j’ai toujours demandée pour vous!».
Une chose qu’il tenait à coeur, c’était «ses appelés», les appelés par Marie. Et je voudrais ajouter quelque chose à ce propos. Je sens qu’il n’y a pas toujours entre eux un esprit d’amour et de collaboration. Renato souffrait beaucoup à cause de cela, et parfois aussi de leur indifférence. Je voudrais, à ce sujet, vous lire deux messages de Marie que Renato a reçus à la maison en 1999: «Gloire au Père. Enfant de mon coeur, je suis toute miséricorde pour l’humanité pauvre et malade. Le Père m’a envoyée au milieu de vous pour vous aider, pour qu’on ne détruise pas ce qui Lui est le plus cher. Je suis en ces lieux parce que Jésus me confia et me montra beaucoup de ses bien-aimés qui, choisis par Lui depuis toujours, pourraient être ses disciples pour la nouvelle évangélisation; vous êtes ceux-ci, appelés par moi. Chers enfants, tous ne répondirent pas à cette invitation du Ciel et cela me chagrine, me fait souffrir et fait souffrir Jésus!
Mon enfant bien-aimé, mon âme continue d’être transpercée, les douleurs de ta Mère se répercutent sur ton corps violemment, et elles ne cesseront pas tant que mes appelés, tes amis, ne seront pas un seul coeur ni ne désireront vivre selon l’enseignement de Jésus. Sache que ta souffrance est nécessaire pour les sauver. Souffre avec moi, qui t’aime d’un amour grand et vrai! Merci, mon enfant, je te bénis et je vous bénis!»
Un autre message du 13 août 1999 dit:
«Bénissons le Seigneur. Mes enfants, je vous bénis et je vous remercie; vous m’aidez beaucoup. Toi, tu es mon enfant bien-aimé crucifié. Jésus te voudrait avec Lui, parce que dans peu de temps, la souffrance qui viendra des tiens sera grande; mais moi, j’ai encore besoin de toi! A l’approche de ma grande fête je te dis: «Merci! Je me manifesterai même si certains ne me voudraient pas. Moi, j’y serai de nouveau, je vous bénirai, chers enfants, et je vous serre contre moi!»

Rita, nombreux sont ceux qui se demandent quel sera le futur de l’Oeuvre de l’Amour, après la disparition de Renato. Comment le vois-tu du point de vue spirituel?
Je vois la continuation de l’Oeuvre de façon positive, parce qu’il y a beaucoup d’ouvriers «à la vigne», qui ont de la bonne volonté, et qui se donnent à fond pour y travailler. Mais il y a encore beaucoup de choses à mettre en ordre, et ce n’est pas facile, parce que cette première année sans Renato a également été une période de désarroi et de confusion. On voulait savoir ce qu’il avait dit, ce qu’il avait laissé par écrit, qui continuerait l’Oeuvre...
Je vois que, pour l’instant, elle continue de bien aller, qu’elle devient toujours plus importante et qu’elle demande beaucoup d’efforts. Il est certain que seuls nous ne ferons rien, si ce n’est avec l’aide de Jésus et de Marie, avec l’intercession de Renato, notre fondateur.

Rita, si tu pouvais avoir Renato, ici, à cet instant, même seulement pour quelques instants, que lui dirais-tu?
Je voudrais lui dire beaucoup de choses: j’aurais besoin, moi aussi, de lui demander des lumières sur certaines choses qu’il a laissées en suspens avec son départ. Pourtant, je lui dirais fondamentalement une seule chose: «Tu ne devais pas nous laisser si vite; nous avions encore tant besoin de toi. C’est pourquoi, intercède pour nous et guide-nous du Paradis!».

Au récent Meeting des jeunes, tu as aussi assisté au film dédié à Renato, réalisé par les jeunes. Qu’as-tu éprouvé en parcourant de nouveau les vingt ans de vie donnés au service du Ciel?
Je dirais que ce film est sans aucun doute une fleur à la boutonnière pour l’Oeuvre. C’est un témoignage de vie vécu de manière unique.
Je pense que celui qui ne croit pas, en voyant ce film devra y croire de nouveau. Il est très touchant dans le coeur, très vivant. Pour moi, au début du film, c’était une joie de revoir tout cela, Renato durant les premières années des apparitions: beaucoup de fête, beaucoup de jeunes. Renato nous donnait beaucoup de force avec sa parole. Ensuite, en voyant passer les années, j’ai éprouvé une grande tristesse en moi, une souffrance en le voyant perdre graduellement ses forces physiques, tout en constatant en lui une grande sainteté, une spiritualité toujours plus profonde. En le regardant, tu voyais en lui le visage du Paradis, il n’était plus de la terre; il était vraiment du Ciel! Cela te redonne du courage et te donne aussi beaucoup de joie, parce que tu penses qu’il est vraiment dans la béatitude et encore plus proche de nous!
Les rapports entre Renato et l’Eglise locale se sont toujours caractérisés par un sentiment d’amour et en même temps de passion, à tous points de vue. A l’occasion du Meeting des jeunes, l’évêque de Vicenza a envoyé une lettre aux jeunes, dans laquelle, outre l’invitation à une expérience de foi plus mûre, on entrevoit des signes positifs pour un cheminement ensemble.

Es-tu également de cet avis?
Oui, certainement. Après avoir lu une première fois la lettre écrite par l’évêque lui-même, la tentation est celle d’être tout d’abord un peu avertis. Après la relecture nécessaire, mon avis est qu’il s’agit d’une bonne lettre; je crois que même Renato aurait été content.
J’aime cette invitation faite aux jeunes par l’évêque, de s’ouvrir aux autres, de vivre le message avec équilibre et cela, nous sommes déjà en train de le faire. Il ne me semble pas que nous soyons des déséquilibrés... Cette invitation, faite aux jeunes, unie à un encouragement évident, m’a beaucoup plu. Ensuite, nous avons pris conscience que le Mouvement devenait de plus en plus grand, si bien que le statut sera revu, afin de l’adapter aux nouvelles et croissantes exigences.
Nous espérons, dans un proche avenir, pouvoir rencontrer personnellement notre évêque, et parler à coeur ouvert avec lui de beaucoup de choses. Souvent, de vive voix on s’explique et on se comprend mieux.
Je crois que ce serait une très belle chose de pouvoir garder un bon rapport avec notre Eglise locale, suivant l’aspiration de Renato. Il vivait «dans» et «pour» l’Eglise et souhaitait donc être écouté, accueilli, afin de poursuivre le chemin en communion avec elle...
Rita Baron dans «Reine de l’Amour» no 36/6-9

 


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