Léandre LachanceAppelé à devenir missionnaire sans frontièresPar Christian ParmantierSTELLA MARIS 446 SOMMAIRELittérature de Léandre Lachance |
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Nous poursuivons notre entretien avec Léandre Lachance à Domrémy en mai 2007.
Léandre, voyez-vous des étapes entre les différents livres?
Oui, même si les trois nous conduisent vers une intimité plus grande avec le Seigneur.
Le premier livre nous enseigne l’importance du “oui”, comment découvrir Sa présence en nous.
Le deuxième livre, c’est surtout l’aspect communautaire, comment bénéficier de l’Amour de Dieu dans notre relation avec les autres, comment son Amour peut passer à travers moi pour rejoindre l’autre et comment son Amour passe à travers l’autre pour me rejoindre.
Le troisième livre, l’accent est porté sur l’accomplissement de la promesse. Autrement dit que se passe-t-il lorsque nous Lui donnons notre “oui” total, inconditionnel et irrévocable.
Parce que le centre du message, c’est: «accueille son amour, deviens l’amour, transmets l’amour». On pourrait dire que le premier livre, c’est le premier commandement de Dieu et le deuxième, c’est le deuxième commandement.
Il y a un point très important dont je n’ai pas parlé: lorsque l’on donne notre “oui” au Seigneur, on est appelé à devenir missionnaire sans frontières. C’est notre rôle principal. Le Seigneur m’a assuré: «C’est plus important que tu le crois.»
Qu’est-ce que ça veut dire?
Tout cela se passe dans l’invisible. Si je suis inspiré de prier pour un jeune qui a des problèmes de drogue, je prie pour tous les jeunes qui ont des problèmes de drogue. Si je suis inspiré de prier pour quelqu’un qui a un cancer, je prie pour tous ces malades cancéreux.
En mission, j’ai vécu plusieurs belles expériences face à la dimension de l’abandon. Je pense à un Polonais aux prises avec un cancer non guérissable médicalement. Il est accompagné de son ami médecin. Il vient me voir en Allemagne avec un objectif très clair dans son esprit: que je lui enseigne une prière, afin d’être sûr d’être guéri! Après avoir écouté la traduction, je lui dis: «Je regrette, je ne peux rien faire pour vous; vous vous êtes trompé de porte! Ce que vous cherchez, c’est un moyen pour que Dieu fasse votre volonté, et moi, ma mission, c’est de conduire des gens à faire la volonté de Dieu! On ne va pas dans la même direction! Mais si jamais vous vouliez, à travers votre cancer, accomplir la volonté de Dieu, alors, oui, je pourrais vous aider.» Il me dit: «Vous me diriez quoi?» Je réponds: «Allez devant le tabernacle, et donnez à Jésus trois oui: Oui, si tu veux me guérir. (Commençons par là, c’est plus facile!). Oui Seigneur, si tu veux que je reste malade. Et oui, Seigneur, si tu veux me rappeler à toi à travers cette maladie-là. Quand vous aurez donné vos trois oui sincères, vous pourrez donner votre préférence: «Si tu veux mon opinion, Seigneur, j’aimerais bien que tu me guérisses.» Il a assisté à la conférence, et quand il est reparti, il est venu me remercier. J’ai constaté qu’il n’était plus le même homme, il est parti rayonnant, détendu.
Vous avez aussi fait un livret avec des contes pour enfants.
Ça, c’est amusant, comme le plaisir d’avoir des petits-enfants. C’est le plus beau rôle que j’ai eu dans ma vie. Nous avons découvert qu’une histoire pouvait changer radicalement le comportement d’un enfant. Lorsque l’un de nos petits-fils a débuté sa première année scolaire, sa mère nous dit: «Je ne sais plus quoi faire avec Edouard, il ne veut ni étudier ni faire ses devoirs à la maison.» Comme il est avec moi au chalet, je l’appelle et lui propose une petite histoire. Il se place devant moi et je commence à lui raconter une histoire de deux enfants qui se rendent le même matin à l’école. L’un veut étudier et faire ses devoirs et l’autre ne veut pas. Je lui démontre tout ce que ça produit de beau et de bon pour celui qui veut étudier, et tout ce que ça produit de difficile pour celui qui ne fait rien. Il m’écoutait et il avait les yeux grands ouverts.
Jamais par la suite, il n’a dit qu’il ne voulait pas faire ses devoirs et étudier ses leçons. Il a fait une bonne année. Quelques mois plus tard, nous partions pour une période de repos et de prière. Je parle à la mère d’Edouard qui venait de coucher ses trois petits garçons. Elle me dit: «Ne pourrais-tu pas leur composer une histoire pour qu’ils arrêtent de pratiquer “oeil pour oeil, dent pour dent”. Je n’arrive pas à les tenir... Toi, quand tu racontes une histoire, ça produit des fruits.»
«Peut-être...»
J’ai apporté mon petit ordinateur, j’ai écrit l’histoire du petit gars et de la petite fille qui commencent l’école. J’ai composé une autre histoire pour “oeil pour oeil, dent pour dent”. J’avais une autre histoire que j’aimais bien leur raconter, sur l’importance de l’obéissance à partir d’un petit coq avec la maman poule à la ferme.
Comme à l’accoutumée, je partage ce travail avec mon épouse (pour qu’elle corrige mes fautes), je la vois jubiler comme jamais, en cinquante ans de mariage. Peut-être parce qu’elle a passé sa vie à l’éducation, comme professeur, comme mère et grand-mère. Elle me dit avec insistance: «Tu dois en écrire d’autres...» J’ai cru que le Seigneur me parlait à travers elle. Je me suis mis à la tâche et finalement, il y a quinze histoires. C’est un cheminement sur l’importance de ne pas mentir, de ne pas voler, sur l’importance de la charité, comment se comporter avec les autres. Chaque histoire fait référence à la plus belle et la plus importante histoire du monde, sans dire ce qu’elle est. A la fin, un petit résumé de la vie de Jésus pour qu’ils découvrent ce qu’est la plus belle histoire du monde. Il y a aussi l’histoire des anges et l’histoire de la communion des saints. Pour ces deux dernières, je n’ai pas eu à les inventer, mais à raconter ce qui a été vécu avec mes petits-enfants.
Un jeune homme très talentueux a réalisé les dessins. Age de lecture? De trois à quatre-vingt-dix-neuf ans! Une religieuse m’a dit: «Pour moi, ce sont les commandements de Dieu racontés en histoire aux enfants.»
En dehors de l’inspiration et de votre don de conteur, avez-vous d’autres charismes?
Je ne me suis jamais arrêté à penser si j’avais des charismes. S’il y en a, c’est les gens qui doivent les découvrir.
Le Seigneur m’avait dit: «Ne crois pas qu’écrire c’est ta seule mission, je peux t’utiliser d’une autre façon.» Je n’ai jamais fait une démarche pour donner une conférence. J’ai juste répondu aux invitations. Je donne environ une centaine de conférences par an.
Dans ma carrière, sur le plan des affaires ou des mouvements avec lesquels j’étais engagé, j’ai toujours voulu être au point avant de m’adresser à un auditoire en préparant une introduction, les points à développer et une conclusion. Le Seigneur m’a demandé un grand plongeon dans la foi, lorsqu’il m’a interpellé pour parler en suivant son inspiration, sans préparation! C’est ce que j’ai fait une des premières fois où l’on m’a demandé d’aller témoigner. Suite au témoignage du matin, on m’a demandé de reprendre la parole dans l’après midi. J’ai parlé sans préparation.
La semaine suivante, une personne de l’assistance a fait deux heures et demie de route pour venir me dire que je ne devais plus me préparer pour parler. Il m’avait entendu le matin et l’après-midi, et il affirmait que l’après-midi c’était beaucoup mieux! J’ai accueilli cette recommandation comme un message du Seigneur, sachant que le Seigneur nous parle par inspiration, à travers les autres, et à travers les événements. J’ai accepté de faire une conférence d’une heure sans me préparer et ça a fonctionné.
Par la suite, j’ai été demandé pour donner une retraite en fin de semaine, cinq heures de conférences, ce qui me demandait un plongeon beaucoup plus grand dans la foi. Je l’ai fait, et au cours des enseignements, à deux reprises, c’est devenu blanc, blanc, blanc dans mon esprit: je n’avais rien à dire. J’ai regardé l’heure, c’était le moment de terminer! Alors j’ai compris que c’était Lui qui m’inspirait.
Un prêtre en période de repos a participé à la retraite du début à la fin. Quand je lui ai dit que je n’avais rien préparé, il m’a répondu qu’il avait l’impression que c’était très bien structuré, que ça se suivait.
Le Seigneur ne m’a pas fait faux bond: je viens de terminer une retraite à Saint-Denis-du-Maine (53), où j’ai parlé au même groupe pendant dix heures de temps, en ayant uniquement à l’esprit la démarche suivante:
A Celle de prendre conscience des temps privilégiés que nous vivons. Nous sommes à l’aurore de la plus belle histoire du monde. Cette parole écrite en février 1997 a été confirmée par Jean-Paul II en novembre 1997. Il demande de ne pas avoir peur du nouveau millénaire, c’est un monde nouveau qui commence et il termine l’enseignement en disant: une nouvelle aurore semble naître dans le ciel de l’histoire.
Quand je rencontre un groupe, que ce soit pour une heure, une journée ou une retraite, je désire amener les gens à prendre conscience des temps privilégiés que nous vivons. Il faut qu’ils prennent conscience qu’ils sont des choisis de Jésus et qu’ils peuvent contribuer
à bâtir ce monde nouveau, appelé par Jean-Paul II.
B Accepter que nous sommes des choisis de Jésus pour bâtir un monde nouveau.
C Comment répondre à l’appel?
D Comment le vivre au quotidien?
E Comment le vivre en famille?
F Comment le vivre en Eglise?
G Devenir missionnaire sans frontières.
Ce sont les principaux points importants que j’ai en tête pour rencontrer un groupe. Je développe en fonction du temps accordé. C’est Lui qui guide, et les gens ne semblent pas trop s’ennuyer.
Littérature:
«Pour le bonheur des Miens, Mes choisis. Jésus (volume 1)» Léandre Lachance, 296 pages, 14x21,5 cm, Euro 16. CHF 25.
«Pour le bonheur des Miens, Mes choisis. Jésus (volume 2)» Léandre Lachance, 210 pages, 14x21,5 cm, Euro 15. CHF 24.
«Pour le bonheur des Miens, Mes choisis. Jésus (volume 3)» Léandre Lachance, 224 pages, 14x21,5 cm, Euro 17. CHF 27.
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