Témoignage d’Alan Ames:Ce que tu offres par amour, devient prière d’amourSTELLA MARIS 443 SOMMAIRELittérature de Alan Ames |
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Lors de son passage en Alsace en novembre 2007, Alan Ames a témoigné comment et de quelle manière on lui a appris à prier.
IJe ne croyais pas en Dieu, parce que je ne pouvais ni le voir, ni l’entendre, ni le toucher. Je pensais que ce qu’on disait de Jésus n’était que des histoires. J’ai vécu une vie désordonnée. Je ne vivais que pour moi-même, pour pouvoir faire un maximum de choses: avoir plus d’argent, plus de plaisir, plus de joie, toutes les choses du monde. Ça ne m’intéressait pas de voir combien je pouvais blesser de gens. Parce que je voulais faire comme je voulais.
Je pensais que si vraiment Dieu existait, il ne pourrait pas aimer quelqu’un comme moi, parce que j’étais tellement mauvais. Sûrement que s’il existait, il m’enverrait en enfer. Mais un jour Dieu m’a montré qu’il existait et qu’il m’aimait et que comme pour chacun de nous, il me voulait au Ciel avec lui. Ce n’était pas parce que j’étais quelqu’un de spécial, ni parce que Dieu m’aimait plus que d’autres, mais parce qu’il m’aime comme tout un chacun. Donc, il m’offre le même salut, mais peut-être d’une autre manière.
Cela arriva lorsque j’avais quarante ans. D’abord un ange me donna des signes, puis la Vierge Marie, et à la fin Jésus lui-même commença à m’apparaître. Dès le début, le message était que Dieu m’aime et qu’il aime chaque personne. Ce n’était pas important qui j’étais, ce que j’avais fait, même le plus grand pécheur dans le monde est aimé de Dieu. Bien sûr, Dieu n’aimait pas ce que je faisais de mal, mais il aimait ma personne. Dans son amour divin, il offre à chaque personne le pardon et le salut.
Donc il m’a dit que je devais changer ma vie du tout au tout si je voulais trouver le Ciel. Sainte Thérèse d’Avila m’a dit que je devais commencer de prier, de lire les Saintes Ecritures, de recevoir les sacrements, et d’être totalement obéissant envers l’Eglise catholique. Toutes choses que je n’avais pas envie de faire. Je n’avais pas envie de prier, ni d’aller à l’église. J’étais très content d’aller au bar et d’avoir quelques boissons, j’étais alcoolique et j’avais d’autres vices auxquels j’étais attaché.
Sainte Thérèse d’Avila m’a expliqué ce qu’est l’enfer. Ce qui m’a vraiment fait peur. Si quelqu’un ici pense que sur terre c’est déjà l’enfer, il ne sait pas ce qu’est l’enfer. Et moi, j’ai décidé que je ne voulais pas y aller. Sainte Thérèse m’a dit: «Si tu veux éviter l’enfer tu dois changer ta vie. Dieu t’offre cette possibilité du salut. Tu dois la prendre, parce qu’il se peut que tu n’aies pas d’autre opportunité; tu pourrais mourir demain!»
Donc persuadé par les encouragements de sainte Thérèse d’Avila c’est une femme très forte, chaque fois que nous avons une discussion, c’est toujours elle qui gagne! , j’ai commencé à prier.
Dès la première prière, j’ai eu de la joie, de l’excitation, je me suis senti bien. Quand elle m’a demandé de prier, je pensais qu’elle allait me demander de dire un “Notre Père” ou un “Je vous salue”, mais non! Elle m’a demandé de dire les quinze mystères du Rosaire! Je ne voulais vraiment pas les prier, il y en a tellement! Je pensais que c’était très ennuyeux de prier. Quand je voyais les gens prier... Beaucoup ont l’air tellement tristes en priant, que je ne voulais pas prier... Je serais content de dire un “Notre Père”. Mais sainte Thérèse a vraiment insisté pour que je prie tout le Rosaire et, heureusement qu’elle l’a fait! Parce que quand j’ai commencé de prier, une extase m’a pris et je riais, je pleurais. Je n’ai jamais ressenti autant de joie dans ma vie qu’à ce moment-là. Avec chaque prière, j’étais plus heureux. J’ai demandé à sainte Thérèse pourquoi est-ce que cela m’arrive, parce que la plupart de ceux qui prient ont l’air si sombre. Comment est-ce possible? Alors elle m’a répondu: «Pourquoi t’ai-je demandé de prier? Je t’ai demandé de penser à Dieu, dans la prière, non à toi-même, et d’implorer l’Esprit Saint de t’aider à prier pour pouvoir te concentrer sur le Père, le Fils et le Saint Esprit. Et tu l’as fait. Et parce que tu l’as fait, l’Esprit Saint a vu que tu as fait une prière divine, tu as regardé plus loin que toi, que le monde. Parce que tu as prié de cette manière, ton coeur et ton esprit étaient ouverts pour recevoir la grâce de Dieu. Et Dieu a mis sa grâce dans ton coeur. Et quand la grâce de Dieu arrive sur toi, elle t’apporte la joie, la plénitude, ce que tu ressens. La prière n’est pas faite pour être triste, c’est un don joyeux de Dieu. Les personnes expérimentent cette joie, si elles regardent plus loin qu’elles-mêmes, plus loin que le monde, si elles regardent vraiment le Ciel.
Mais la plupart des gens ne font pas cela, dit-elle. Quand ils viennent devant Dieu, ils demandent à Dieu ce dont ils ont besoin. Ils pensent à leur famille, à leurs amis, au monde et très vite la prière devient centrée sur eux-mêmes et plus sur Dieu. Si tu te regardes toi-même, tu oublies de penser à Dieu et tu ne peux recevoir la grâce que Dieu veut te donner, parce que tu regardes dans une autre direction que Dieu. Une fois que tu as déposé tes demandes, laisse-les de côté, et pense seulement à Dieu dans le Ciel. Mais c’est très difficile à faire, on ne peut le faire par soi-même. Dieu nous demande toujours d’être partenaires avec lui. Il nous a dit qu’il est là pour nous aider. Donc, dans la prière, il faut demander à Dieu de nous accorder son aide, se tourner vers l’Esprit Saint et le supplier de nous aider à nous concentrer sur Dieu. Si nous persévérons à faire cela, le Saint-Esprit nous amènera à regarder vers Dieu et notre coeur et notre esprit s’ouvriront à Dieu et nous expérimenterons quel don magnifique est la prière.
A partir de ce moment-là, j’ai prié tous les jours le Rosaire en entier, et la prière a fait que je me suis senti vraiment très bien. Quand je me suis mis à prier le Rosaire, mes problèmes sont partis! J’étais alcoolique et je ne l’étais plus. Tous les mauvais désirs ont disparu, je ne les avais plus. Mon seul désir était d’aimer Dieu.
Je suis retourné en Angleterre pour des vacances, puisque je vis en Australie depuis plus de vingt ans. Je suis revenu dans une église où j’avais l’habitude de voler quand j’étais jeune. J’étais très heureux de voir un prêtre. Autrefois, s’il me voyait arriver, il fermait l’église, parce que j’y avais beaucoup volé; un jour, deux policiers sont sortis du confessionnal et m’ont pris en flagrant délit de vol. Je suis allé devant un juge...
Dans cette église, je suis allé devant la statue du Sacré-Coeur. Alors que je priais, la statue est devenue blanche, elle se changea en la Vierge Marie. Elle me dit: «Je suis ta Mère. Je suis la Mère de chacun et je t’aime comme une mère. Je te prends la main pour t’amener plus près de Dieu, dans le Coeur de Dieu. C’est ce que je veux faire pour chaque personne. Elle m’a dit: «prie, prie, prie».
Dans ma logique, j’ai pensé devoir prier trois fois plus. J’ai dit quarante-cinq dizaines par jour. C’était très dur au début, mais pourtant assez facile. Notre Mère m’a dit: «Prie plus». J’ai commencé à dire le chapelet de la Miséricorde divine. Mais la Vierge Marie n’était pas satisfaite, elle me disait: «Prie plus!». J’ai commencé à dire des “Notre Père” et des “Je vous salue Marie” toute la journée. Elle n’était toujours pas contente. Elle disait: «prie plus!». Je disais: «Mais, je ne peux pas prier plus, je prie déjà les quarante-cinq dizaines de chapelet, plus le chapelet de la Miséricorde divine, d’autres “Notre Père” et “Je vous salue Marie”, toute la journée. C’est impossible pour moi de prier plus». Alors Elle m’a dit: «Si tu offres chaque seconde de ta journée, comme une prière d’amour vers Dieu, cela devient une prière d’amour. Chaque pensée que tu offres, chaque parole que tu prononces, chaque action que tu fais, chaque respiration, chaque battement de coeur, si tu l’offres à Dieu comme une prière d’amour, cela devient une prière d’amour. Alors je lui ai dit: «Mais moi, je ne pense pas que je peux faire ça. Je suis Alan Ames, je ne suis pas un prêtre, je ne suis pas un saint comme vous.» Alors, notre sainte Mère a dit: «Essaie, fais de ton mieux. C’est tout ce que Dieu attend de toi. Oui, tu feras des erreurs, tu tomberas, oui ce sera difficile de prier comme ça, mais ce que Dieu attend de toi, c’est que tu essaies.»
J’ai commencé. Au début j’ai trouvé ça très difficile. Mais notre sainte Mère m’a repris: «Tu essaies de faire tout cela par toi-même. Rappelle-toi que Dieu t’a appelé à être partenaire. Il ne te demande pas de faire les choses par toi-même. Demande à Dieu de t’aider.»
Donc j’ai commencé à demander l’aide de Dieu. La première prière le matin, quand je me lève, c’est de demander à l’Esprit Saint de prendre chaque seconde de ma journée, comme une prière d’amour vers Dieu.
A partir de ce moment-là, c’était très différent. Chaque fois que j’oubliais, dès que je pensais de nouveau par moi-même, capté par les pensées du monde, l’Esprit Saint prenait mon esprit pour le rapprocher de Dieu, pour m’aider à vivre dans le monde de la manière dont Dieu le veut. Certaines fois, c’était très difficile, je trouvais la croix si dure, je pensais ne pas pouvoir continuer. Mais quand cela arrivait, l’Esprit Saint était là et toujours il me relevait pour orienter mon esprit vers Dieu, me montrant que Jésus me donnerait la force de porter chaque croix, parce que c’est lui en fait qui porte la croix pour moi.
Maintenant, chaque fois que je tombe, c’est une façon merveilleuse de prier. Chaque faute que je fais, je regarde vers Dieu, je demande son pardon, et je lui offre tout cela. Parfois je me dis que je suis stupide, parce que malgré tout ce qui arrive dans ma vie, chaque jour je pèche,... et je pense que chacun de nous a expérimenté cela. On se sent si vide, si sale. Mais je ne peux pas être comme ça. Chaque jour, je commets ces petits péchés, mais l’Esprit Saint dirige alors de nouveau mon esprit vers Dieu et, par-delà mes péchés, je vois que je peux utiliser mes faiblesses pour me retourner vers Dieu et lui demander sa force. Quand ces petites choses arrivent, je me rappelle une prière apprise de sainte Thérèse d’Avila: «En moi la faiblesse, en Dieu ma force.»
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