Le salut de la France

Par Bernard Balayn


STELLA MARIS 434 SOMMAIRE

Littérature de Bernard Balayn

Le Parvis vient de sortir, parmi ses heureuses publications, un livre «Un rosaire pour la France», modeste par son format, mais auquel nous attachons une grande espérance, étant donné l’enjeu du pays en cette année 2007, qui verra une importante échéance pour lui. Nous convions nos lecteurs et leurs amis à bien en sonder l’enjeu.



La France en danger

De par son importance spirituelle, culturelle et humaine, la France est, qu’on le veuille ou non, un pays aimé1, ou parfois raillé, mais qui ne laisse personne indifférent. Parce que, qu’on l’accepte ou pas, Dieu en a fait une terre de prédilection, la cadette d’Israël. Et à ce titre de «Fille aînée de l’Eglise», elle a, aujourd’hui plus que jamais, un héritage à assumer, en face de ses sœurs de l’Europe et de ses amies du monde qui le savent et la regardent comme telle; donc une responsabilité à exercer, un exemple à donner. Elle n’a pas le droit de faillir! Car Dieu lui a donné, en raison de son élection, des preuves extraordinaires de son amour. Et cela, non pour se mirer de manière stérile dans un miroir narcissique, mais en vue de rayonner cet amour dans le monde.
Israël était le peuple élu; et même si Dieu ne renie jamais ses dons, la France a reçu le relais de sa mission, jusqu’au jour où Sion reviendra au Christ.
Mais, depuis la Révolution, la France n’a pas cessé de décliner, au moins spirituellement, et les craintes d’un pape Pie XII, les nombreux voyages d’un Jean Paul II chez nous sont là pour attester cette crise de la foi qui rejaillit sur toute la société. N’interrogeait-il pas, en 1980, au Bourget: «France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle à ton baptême…?». N’a-t-il pas dit en 1983, à Lourdes: «Marie, je te consacre ce pays, comme le fit jadis Louis XIII, avec tous ceux qui le veulent dans ce pays...»? Au prix d’une grande souffrance2, n’est-il pas revenu, en 1996, s’associer à la célébration du 1500e anniversaire du baptême de Clovis et de la fondation officielle de la France chrétienne?
Il est inutile d’étaler les plaies qui font souffrir la France et son doux Christ, qui a révélé les richesses insondables de son Coeur sacré à Paray-le-Monial.
Si Jeanne d’Arc était de retour, elle s’écrierait à nouveau en pleurant amèrement: «Il y a grand’pitié au Royaume de France!».
En l’année 2007, ce n’est pas seulement la France sociale, économique et matérielle qui est en jeu, même si cela est important. Il y a beaucoup plus important encore, son salut! L’enseignement de Jésus, il y a 2000 ans, garde toute sa valeur et son actualité, pour chaque nation: «Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à perdre son âme?», ou: «L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu» ... En 1980, devant les jeunes de toute la France, Jean Paul II s’écriait au Parc des Princes: «La société de consommation ne rend pas les hommes heureux!...».
Oui, il n’y a pas de vrai bonheur en dehors de Dieu et de sa Loi d’amour. Les peuples heureux sont ceux qui Le servent; ils reçoivent alors tout en abondance: «Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et tout le reste vous sera donné par surcroît». Il y a deux grandes vérités dans cette phrase: le petit mot d’abord, qui indique que «Dieu doit toujours être premier servi» (J. d’Arc); la seconde est que tout réussit, divinement, à celui qui sert Dieu dans la confiance et l’abandon à sa Providence.
La France a voulu renverser la Vérité, mettre «la charrue avant les boeufs»: elle cherche un bonheur illusoire dans le primat de l’économie et dans le relativisme moral. La population est de plus en plus étouffée à tous les niveaux. On ne chasse pas Dieu sans grand danger. Deux cents ans d’histoire plus que chaotiques viennent de nous le prouver.

Comment sortir de l’impasse?

Ne recherchons pas des solutions humaines à une profonde crise qui est principalement spirituelle (et retentit sur l’Europe et le monde). Le bons sens, le réalisme chrétien – il existe! –, la foi, devraient clairement nous faire comprendre que la France ne retrouvera pas le bon chemin tant qu’elle ne reviendra pas au Dieu de ses pères et de ses ancêtres qui ont fait la France chrétienne et prospère jusqu’en 1789, date fatale de notre histoire.
Ne nous leurrons pas: l’heure est trop décisive et trop grave pour qu’on la prenne à la légère. En histoire, il y a des moments-clés, des étapes charnières qu’il faut savoir discerner. Ainsi, la France est parvenue aujourd’hui à la croisée des chemins. Elle doit rectifier sa route, sinon elle souffrira plus encore. N’attendons pas des événements irréversibles tels qu’il s’en est trop produits quand la France officielle s’est trompée, comme en 1870 ou dans les années précédant 1940. Dire la vérité n’est pas tomber dans le pessimisme ou le catastrophisme, autre écueil. C’est au contraire voir les choses en face pour se redresser à temps. Le Christ ne dit-il pas lui-même: «Quand ces choses arriveront [les malheurs de l’humanité...], redressez-vous, relevez la tête, car votre délivrance est proche...»? Dire la vérité, c’est délivrer l’homme de ses chaînes, c’est lui redonner l’espérance. Se taire quand il faut parler, faire la «politique de l’autruche», n’ont jamai servi à rien.
Peut-on penser sérieusement que tel ou tel programme sauvera la France si elle ne revient au seul «programme» qui vaille, celui qui tient en une seule page: la Loi du Sinaï, les dix Commandements? En effet: «Les Commandements renferment toute la Loi et les prophètes».
Dans les moment difficiles où tout horizon paraît bouché, Dieu envoie le salut, mais toujours au prix de certaines exigences qui conduisent au retour vers Lui. Ce retour passe notamment par la prière. Dans son délaissement, Job priait; Samson trouvait sa force dans la prière; les frères Maccabées résistèrent à l’apostasie en priant; Esther et Judith sauvèrent leur peuple de même et en se sacrifiant... Marie s’immola pour Jésus et le monde en priant et en offrant ses douleurs... En 1846, à La Salette; en 1858, à Lourdes; en 1871, à Pontmain, Marie secourt la France en demandant à des enfants de prier... En 1917, elle secourt l’Eglise, la foi et le monde en sollicitant la prière et l’immolation de trois jeunes bergers portugais...
Marie est la Patronne principale de la France; il faut donc se confier à Elle, Reine de la France et notre Mère du ciel. Dans sa bonté, Dieu nous a donné un grand protecteur: saint Michel archange, chef des armées célestes. Mais, parmi tous nos grands saints, il lui a plu de nous offrir, de surcroît, une patronne humaine de choix: sainte Jeanne d’Arc, qui sauva la France d’une manière extraordinaire en 1429-31. Pour tous les Français de coeur, elle reste l’héroïne nationale préférée, respectée, sinon vénérée, à tous les niveaux de la société.
Dans nos temps difficiles, c’est à elle, que nous avons choisi d’avoir recours, car «tout est possible à celui qui prie». «Dieu gouverne le monde, mais la prière gouverne Dieu» a dit saint Jean Chrysostome. Dieu se laisse vaincre par elle et le sacrifice. Jeanne demeure une héroïne et une sainte exemplaire, joignant son ardent et pur patriotisme à son amour indéfectible pour Dieu. Elle mettait les nécessités et les choses à l’endroit. Elle avait un équilibre de vertus qui en fait le modèle français de bon sens et de sainteté.
Sa vie – ascensionnelle – parcourt les vingt mystères du Rosaire. La méditation de cette vie, depuis son annonciation («Va fille de Dieu, va», lui disait l’archange Michel) jusqu’à son martyre et à sa glorification sur les autels, calquée sur celle de son Maître et de Marie, nous permet de l’imiter et de demander sa puissante intercession pour sauver la France d’aujourd’hui.
C’est pourquoi nous lançons ici un appel à tous nos lecteurs français et francophones et à tous les amis de la France, du Canada au Liban, de l’Afrique au Vietnam, afin de prier ensemble pour la France, à l’aide de ce livret publié en janvier par les Editions du Parvis: «Un rosaire pour la France avec sainte Jeanne d’Arc». En quelques dizaines de pages, sur vingt textes méditatifs courts, on peut réciter un des quatre chapelets par jour (ou plus!), guidés par la vie de prière et d’offrande de Jeanne, notre soeur et salvatrice dans la foi. Au surplus, bien présenté et servi par d’admirables images-couleurs (pour un prix modeste)3, nous conseillons de prier Jeanne avec ce livret, en groupes et de le répandre le plus possible dans tous les milieux, afin qu’il y ait une grande unité, une grande force, un grand et puissant courant de prière de nature à fléchir le ciel en notre faveur. «Les petits ruisseaux font les grandes rivières.» L’Ecriture montre souvent la force des petits, même s’ils ne sont pas nombreux au départ: c’est toujours «le petit reste» (Sophonie) qui a sauvé Israël; quand Pierre était prisonnier, le peuple priait pour lui et Dieu envoya un ange pour le délivrer.
Ayons confiance, car la France est la patrie de l’espérance, d’un patrimoine spirituel fabuleux; elle est capable de s’élever si haut avec Dieu, comme l’a montré sainte Thérèse de Lisieux, autre patronne de la France. Notre «ascenseur», le plus simple et le plus populaire, est la prière. Le vrai étendard de la France, c’est celui que Jeanne tenait en main, symbole permanent de prière et de confiance auprès de Jésus et de Marie. Jeune et ardente, elle s’écriait, en le tenant haut: «Combattez et vous aurez la victoire!». Les armes de la foi sont les plus fortes et les plus efficaces. Suivons Jeanne, écoutons notre coeur, écoutons la voix profonde de la Patrie et des générations de Français qui se sont donnés pour elle; ne soyons pas indignes de nos devanciers! Prions pour sauver notre France! Elle n’est pas qu’à nous, elle appartient à son histoire, aux générations futures, et avant tout à Dieu. Nous en sommes non propriétaires, mais usufruitiers, en tout cas responsables au moment où sa destinée nous est confiée. Prions au moment où il le faut. Il en est encore temps... Et elle se relèvera.
Bernard Balayn


Notes:
1. N’oublions jamais le sacrifice
héroïque des Suisses (900 au
total), massacrés en grand nombre pour la défense de Louis XVI et de la monarchie, donc de la France.
2. Il endurait alors une appendicite aiguë.
3. Voir annonce ci-dessous


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