Il m’adressait un regard espièsgle

STELLA MARIS 431 SOMMAIRE

Livres «La maison de Marie»

Emilie Poli, dont le Parvis a édité le livre, «La maison de Marie», comme beaucoup d’autres mystiques, a reçu la visite du Saint-Père Jean Paul II à peine retourné au Père. Voici son témoignage.

Alors que le glas sonnait, j’étais dans une grande joie, j’étais avec Jean Paul II, dans la lumière de l’Amour, rien ne nous séparait.
Il était tôt encore, la nuit ne s’était pas dissipée, la brise fraîche de l’Esprit caressait mon visage, et la joie s’emparait de moi, pendant qu’un chant de gloire sans parole remplissait mon cœur. La joie se faisait douce comme la paix, lorsque j’ai vu le Saint-Père Jean Paul II soudain dans mon cœur. Il portait la mitre, un manteau d’apparat, et
tenait près de lui la crosse.
Il m’adressait un regard espiègle qui allait au fond de mon être. Il avait un sourire très amusé:
«Alors tu ne savais pas que je te connaissais déjà!»
J’étais tellement étonnée, je ne savais pas qu’il avait quitté ce monde. Le soir, j’étais souffrante et lasse, j’avais rejoint ma couche avant la fin du jour, et maintenant il était là, continuant sa mission.
Combien en a-t-il visité cette nuit-là pour apporter consolation et courage!
J’étais si petite, si pauvre, et je sentais une grande force qui se dégageait de lui:
«Cette force c’est la tienne. J’étais comme toi, j’étais fort parce que j’étais faible!»
Il voulait qu’il n’y ait pas de différence. Comme lui, j’étais l’enfant de Marie, j’étais la demeure de Marie et de la Miséricorde. Il se présentait à moi comme mon frère. Il me laissait entendre combien cela serait difficile.
Lui avait terminé sa mission sur cette terre, comme Jésus sur la croix il pouvait dire: «tout est accompli!» Mais je comprenais qu’il nous faudrait continuer comme il l’avait dit, et construire l’Eglise pour qui il avait donné sa vie.
Me sont revenues en mémoire les paroles que le Saint- Père avait données à Blaise pour moi après qu’il ait assisté à une eucharistie en privé avec le Saint-Père. Il avait remis au Pape un petit mot qui me concernait, et Jean Paul II avait béni un chapelet pour moi en disant à Blaise: «Dites-lui que je la prends dans mon cœur!» Blaise avait un cœur d’enfant, Jean Paul II aussi.
Le chapelet de la miséricorde ne m’a jamais quittée, et maintenant je sais que mon «frère» Jean Paul II le dira avec moi.
Il a tenu parole sans tarder, il se préoccupe des besoins matériels de la maison et bien plus. Quelques jours ont passé après «sa visite» sans que sa présence me quitte, et puis il a voulu se manifester d’une autre manière.
Philippe, un enfant de la Maison, est allé ce jour-là au monastère proche de chez nous, et en attendant le prêtre qu’il voulait rencontrer, il s’est attardé à l’atelier où l’on peut admirer des statues toutes plus belles les unes que les autres, et soudain il s’est arrêté devant une statue de Marie soutenant le Saint-Père Jean Paul dans ses bras. Le Seigneur lui faisant comprendre que cette statue nous était destinée.
Alors avant de partir pour aller la voir à mon tour, j’ai dit à mon “frère” Jean Paul II: «tu vois, j’ai une petite somme dans ma tirelire réservée aux nécessités urgentes de la maison, il faudrait que le prix de la statue ne dépasse pas cette somme!»
Lorsque j’ai vu la petite statue si belle et si touchante, j’ai entendu:
«Les blessés que Marie t’enverra, elle les prendra dans ses bras, comme elle l’a fait pour moi et pour toi!»
J’ai regardé la religieuse qui attendait devant moi avec un sourire. «Combien coûte-t-elle?» Elle coûtait exactement la somme qui était dans ma
tirelire, pas un sou de plus.
La petite statue a été bénite au cours d’une eucharistie le 28 mai 2005.


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