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L’année 2006-07 marque le 90e anniversaire des apparitions de Fatima, reconnues par l’Eglise en 1930. Leur actualité, vu l’état du monde, et leur importance, croissent au fur et à mesure que la grande promesse du triomphe du Cœur Immaculé se rapproche.
Avec un recul de près d’un siècle et à la lumière des événements actuels, les générations ayant vécu Fatima étant quasi disparues, il est utile d’accomplir une relecture, même rapide, de son message «actuel, urgent, évangélique, extraordinaire» (Jean Paul II), pour celles qui ne le connaissent pas encore.
Avant d’en examiner les points les plus saillants, on en présentera aujourd’hui une vue générale.
Le but fondamental de Fatima est la glorification de la Très Sainte Trinité, par l’intervention du Christ en son Eucharistie et de la Mère de l’Eglise, la Vierge Marie en son Cœur Immaculé, pour susciter la conversion des âmes. Tout Fatima est là. Tout le message est ordonné à cette fin.
Les apparitions de Fatima, s’étendent de 1916 à 1929 au moins, alternant des séquences privées et publiques. Les plus connues commencent par celles d’un ange (1915-16), qui se poursuivent par celles de la Vierge (1917), laquelle délivre alors le corps essentiel de sa communication, avant de l’expliciter ou de la prolonger plus tard (1925; 1929).
Le monde et l’Europe en particulier sont alors englués dans la Première guerre mondiale (1916, c’est l’année de Verdun et de la Somme), dont nul ne sait comment sortir. Voyant l’échec de la diplomatie, le Pape, Benoît XV, en appelle résolument à la Vierge de la paix, par l’intermédiaire de la prière des enfants.
Or, au Portugal, trois jeunes bergers de deux familles parentes, vivent intensément leur foi naissante, désirant par dessus tout communier (saint Pie X avait décidé que les jeunes enfants pouvaient accéder plus tôt et plus largement à la sainte communion).
Tout commence en 1915, quand Lucie l’aînée (9 ans) et des amies voient par trois fois une forme blanche indistincte planer au-dessus des arbustes du site des Valinhos, de leur hameau d’Aljustrel, en Estrémadure. Sans conséquence. Au printemps 1916, Lucie et ses deux jeunes cousins, Jacinta (6 ans) et Francisco (8 ans), bergers dans la lande, voient arriver vers eux un jeune homme resplendissant de lumière. Se dénommant «l’Ange de la paix», il les invite à prier Dieu, les saints Cœurs de Jésus et de Marie pour la paix.
En été, près du puits de chez Lucie, le même ange, sous le nom d’«Ange gardien du Portugal», leur demande d’intensifier leur prière et de se sacrifier pour les pécheurs en vue de mouvoir la miséricorde divine.
En automne, a lieu la plus importante de toutes les apparitions. En effet, près de leur grotte de jeux, le Cabeço, s’offre à leur vue l’Ange de l’Eucharistie, tenant les saintes Espèces, communiant les trois bergers et leur apprenant une importante prière d’adoration qu’il leur recommande de réciter, pour les pécheurs, pour réparer les offenses faites à Dieu, et ainsi Le consoler. Rien n’est dévoilé aux parents. Ces visions, privées, avaient pour but de préparer les enfants à la venue de la Vierge.
Elles ont lieu en 3 fois: 1917, 1925 et 1929, sans compter d’autres apparitions jusqu’à la mort de Sœur Lucie. Les plus importantes se déroulent en 1917, le 13 de chaque mois, en principe, de mai à octobre, les deux mois consacrés à la Vierge. Elles ont lieu en général à midi, au zénith solaire (symbole de la puissance et de la majesté divines), dans la combe de la Cova da Iria («berceau de la paix»), à l’ouest du bourg de Fatima. Elles commencent un dimanche, jour du Seigneur, et s’achèvent un samedi, jour de Marie. Seul le mardi (rappelant Mars, dieu romain de la guerre) n’est pas utilisé.
Le 13 mai, elle fixe les rendez-vous pour six mois, leur promet le ciel, leur demande surtout de réciter le chapelet tous les jours et de se sacrifier pour le salut des âmes.
Le 13 juin, elle émet la volonté divine que se déploie dans le monde la dévotion à sa maternité spirituelle (pour coopérer au salut des âmes), sous le nom de dévotion à son Cœur Immaculé. Devant les souffrances en vue, (des bergers jusqu’à l’Eglise et aux nations), elle désigne son Cœur comme «refuge et chemin» vers Dieu.
Le 13 juillet est le jour de sa plus longue et grave communication. Elle y explicite le sens des souffrances, qui vont concerner le monde entier, à cause de l’extension du péché, des guerres, du communisme et des persécutions correspondantes contre l’Eglise et le Saint-Père. Elle promet un miracle comme preuve de ses apparitions, et surtout une ère de paix si l’on écoute ses demandes, dont la récitation du chapelet et la pénitence; elle leur apprend deux prières de salut; elle annonce enfin le triomphe de son Cœur Immaculé sur les forces sataniques (elle a montré au passage l’horreur de l’enfer aux trois bergers).
Le 13 août, les enfants ayant été enlevés par la franc-maçonnerie locale, la Vierge leur réapparaît en privé le 19 août. Elle sollicite la mise en marche des processions en son honneur, promet des guérisons et rappelle la nécessité de pourvoir au salut des plus grands pécheurs.
Le 13 septembre, elle les prépare à la dernière apparition.
Le 13 octobre, est une explosion de lumière. Après une pluie diluvienne, Marie apparaît plus brillante que jamais dans le ciel pur, demande une chapelle et la conversion des âmes, édicte son nom: «Je suis la Dame du Rosaire» et rappelle l’exigence de le réciter, promet la paix. Elle accomplit le miracle promis: le peuple, effaré, voit la triple palpitation du soleil, comme expression du triomphe attendu qui sera celui de l’Eucharistie; pendant ce temps, les bergers contemplent dans le ciel les différents tableaux du Rosaire.
François et Jacinthe, après s’être sacrifiés pour les pécheurs, meurent très tôt (1919-20). Lucie éloignée de Fatima où elle a bénéficié d’une septième apparition, finit par devenir religieuse. En 1925, au couvent de Pontevedra (Espagne), elle reçoit de Marie les modalités de l’établissement de la dévotion à son Cœur Immaculé. Puis, en 1929, au couvent de Tuy, la Vierge lui réapparaît dans la chapelle où elle voit la très sainte Trinité. Notre-Dame la prie de transmettre au Pape et aux évêques sa demande de consécration collégiale de la Russie athée à son Cœur Immaculé, comme gage de la paix promise.
Après la reconnaissance des faits de Fatima par Mgr Da Silva (1930), Lucie revient au Portugal et devient carmélite à Coïmbra, de 1948 à sa mort (2005).
Tel est le canevas essentiel des apparitions de Fatima. On examinera en son temps si et comment les diverses demandes de la Vierge du Rosaire ont été accomplies.
Rappelons simplement à l’évidence que tout le contenu du message s’est réalisé en 90 ans, sauf une chose, plus attendue que jamais: le triomphe du Cœur Immaculé, auquel il faut travailler encore, si l’on veut que la «Civilisation de l’Amour» arrive.
Les chrétiens savent ce qui leur reste à faire pour l’obtenir s’ils ne veulent pas être indignes des trois bergers qui se sont consumés en holocaustes pour sauver les âmes et hâter la venue du triomphe. De même que le salut du monde a été opéré par les souffrances et la mort du Sauveur, ce triomphe ne viendra pas sans les «grandes douleurs de l’enfantement» dont parle l’Apocalypse 12…
Bernard BALAYN
Orientation bibliographique
Les publications sur Fatima abondent, mais les vrais spécialistes, fidèles au Magistère, sont rares: des prêtres et quelques laïcs. Nombre d’ouvrages sont incomplets du fait de la mort prématurée de leurs auteurs, la plupart portugais.
Pour les adultes: outre les textes de Sœur Lucie volume 1 et 2, fondamentaux, on peut lire, pour l’essentiel: l’excellent: Bienheureux François et Jacinthe (128 pages E 7. CHF 10.); les deux ouvrages de
B. Balayn: Fatima, message extraordinaire pour notre temps (explication et résumé de l’ensemble du message au grand public, 576 pages E 20.60 CHF 33.); Les bergers de l’aurore, (360 pages E 15. CHF 24.).
Pour les enfants: Les bienheureux François et Jacinthe, 80 pages illustrées E 2.50 CHF 4.
Video: Apparitions à Fatima, VHS (90', E 15.50 CHF 25.), DVD (90', E 29.80 CHF 50.).
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