Angelina
«Je L’ai vu descendre de l’autel et s’approcher de moi»
Par Christian Parmantier
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Angelina, avez-vous reçu une éducation religieuse?
Mon père m’emmenait chaque dimanche à l’église. Mais ma maman... nous n’étions pas une famille spécialement chrétienne. J’ai suivi le catéchisme. C’est le jour de ma première communion que j’ai vraiment fait ma première vraie rencontre intérieure avec Jésus. J’ai reçu la confirmation. Mais, comme font les jeunes vers 15 ans, je me suis un peu éloignée de la religion; je veux dire de l’Eglise plus que de Dieu. A cet âge, c’est très difficile de comprendre.
Durant cette période de l’enfance, vous n’avez jamais eu de signes particuliers?
Si, j’ai eu des songes et j’ai vécu des choses que je ne saurais bien définir. Par exemple, au moment où ma grand-mère est morte, en 1972, je me suis mise à pleurer devant maman avant que nous n’ayons reçu la nouvelle du décès. Ce n’était pas la première fois et je n’avais pas 10 ans.
Vers l’âge de 5 ans, un accident s’est produit devant notre maison; une personne est morte. J’ai pris peur, parce que je ressentais parfaitement cette personne qui me demandait de prier pour elle. Ce qui m’effrayait.
Vers 15 ans, j’entendais des pas devant la maison qui s’arrêtaient devant la porte. Avec un cousin, nous sommes convenus qu’il ouvrirait la porte quand les pas s’arrêteraient. Mais la porte ouverte, il n’y avait personne! Le cousin ne voulait plus revenir. (La maison de mes parents est près d’un cimetière.)
Mais je pensais que ces choses étaient le fait de tous et je n’en parlais à personne. J’avais des songes... Et quand j’avais le démon devant les yeux, je comprenais qui il était. Je lui disais: «Je sais qui tu es.» Et je n’avais jamais peur. Je commençais à prier alors qu’il faisait ses turpitudes. Une fois, il m’a dit: «Il ne m’a pas été donné de te faire ce que je voulais, mais je te tourmenterai toujours.»
J’ai vécu beaucoup de songes que je ne comprenais pas. A cause de ce que le démon faisait à la maison, j’ai fini par en parler à un prêtre. Il m’a aidée: «Vous n’avez pas besoin de voir un exorciste. Ne vous préoccupez pas, mais laissez faire le Seigneur.» Et il m’a demandé de lui dire tous mes songes. Mais il ne m’a jamais donné la moindre explication ou dit que je me trompais. Avant de mourir, il m’a dit: «Toi, tu ne le sais pas; tu deviendras un ange du paradis.» Et moi, je suis allée dire à ma maman: «Le prêtre m’a dit que je dois mourir!»
Et vous n’aviez que des mauvais songes?
Non, il y en avait aussi de très beaux, souvent avec l’Eucharistie. Par exemple, je me promenais dans la campagne avec mon mari et je voyais dans le soleil, une hostie et la coupe du Seigneur qui débordait de sang. Et je disais à mon mari qu’il allait arriver quelque chose.
Une voisine avait reçu du Saint Esprit un excellent don de discernement. Elle aidait les gens et priait pour eux. Un jour, elle me dit: «Ecoute Angelina, tu ne ferais pas ce que je fais avec Dieu?». Je répondis non. Mais elle reprit: «Et si Jésus te le demandait?» Je suis restée toute surprise: «Si on pouvait éviter ça; je ne suis sûrement pas la personne adaptée.»
Et Jésus vous l’a demandé?
Il est arrivé à faire ce qu’il voulait! La première fois que j’ai vu Jésus, j’étais à l’église pour la messe dominicale (en 1991 ou 1992), et, après la communion, je l’ai vu descendre de l’autel et s’approcher vers moi. Pensant que les autres voyaient ce que je voyais, j’ai commencé à regarder autour de moi. C’est seulement quand le Seigneur est arrivé à moi que je me suis rendu compte que les autres ne le voyaient pas, parce que je voyais tout de la façon habituelle, avec Jésus en plus. J’étais très étonnée, mais je n’ai pas pensé que j’étais folle.
Du fait que vous étiez à l’église?
Non, parce qu’il y avait quelque chose en lui qui m’attirait d’une manière inexplicable. J’étais très touchée. Je suis arrivée à lui dire: «Comment se fait-il que tu ne te fasses pas voir de tous les autres comme je te vois maintenant? Tous les problèmes seraient résolus!». Et il m’a répondu: «Il y a deux mille ans, ils m’ont très bien vu et puis ils m’ont mis sur la croix!» Et ensuite il m’a dit que je ne devais pas me soucier, que sa miséricorde s’étendrait sur la terre et qu’elle bouleverserait l’homme d’une énorme onde d’amour.
Ceci est arrivé après la communion. Comme les gens commençaient à sortir de l’église, Jésus m’a dit en ouvrant le bras droit: «Vois-tu comme ils sont pressés de retourner dans le monde alors qu’ils m’ont reçu, que je suis avec eux, moi, leur bien et leur amour infini.»
Comment Jésus s’est-il présenté?
Il était vêtu d’une tunique blanche, lumineuse.
Son apparition est survenue d’un coup?
Non, je l’ai vu venir du tabernacle qui était encore ouvert. Et je l’ai vu descendre les escaliers et s’approcher de moi qui me tenais sur l’arrière. Et, tout en regardant autour de moi, je me disais: «mais ce n’est pas possible.» C’était la première vraie rencontre.
Voyez-vous toujours Jésus de la même façon?
Il y a des différences que je ne saurais expliquer. J’ai une grande sécurité de ce que je vois, parce que quelque chose change aussi autour de nous. Voici un exemple: Nous étions à un cénacle. Une amie très chère était assise en face de moi. A un certain moment, j’ai vu l’Enfant Jésus. Il se montre aussi quelques fois. Il a fait tout un tour, puis il s’est approché de mon amie et il lui a mis la main sur son épaule. Alors je suis restée bouche bée, parce que j’ai vu mon amie me regarder et mettre sa main exactement de la même façon sur son épaule. Donc elle a vraiment perçu la personne de Jésus, sans que je dise rien. Ensuite, en parlant avec cette amie, j’ai eu la confirmation qu’elle avait perçu la présence de Jésus. Ce n’est pas que Jésus se manifeste physiquement, mais il peut se faire sentir de cette façon, comme aussi par un parfum. Certaines personnes m’ont dit en avoir senti. Mais qui est proche de moi perçoit Jésus intérieurement. Ce qui m’étonne, parce que moi, je ne dis rien, je suis réservée sur ces faits. Cela me gêne.
Le parfum vient aussi de la Madone. 0n le sent quand elle est présente. Mon mari l’a aussi senti une fois, avant que nous nous marriions. Comme j’avais des doutes, j’avais demandé à la Madone un signe pour comprendre si c’était bien lui, mon futur. C’était en mai, j’étais en train de prier le Rosaire chez moi, et il m’a téléphoné: «Tu sais, il vient de m’arriver une chose étrange; en rentrant à la maison, j’ai senti un parfum de fleurs, j’ai cherché ces fleurs, mais il n’y en avait pas. Qu’en penses-tu? Je suis troublé.» Je lui ai répondu: «Sois tranquille, moi, j’ai compris...».
Vous aviez vos charismes avant de vous marier et le Seigneur a voulu aider votre futur époux à comprendre?
Non, dans la simplicité de mes 18 ans, j’ai demandé ce signe à la Madone. Elle me l’a donné; et pour moi c’était une chose normale. Mais le signe serait aussi venu si je n’avais pas eu ce charisme, parce que Dieu avait sa place dans ma vie; de toute façon, j’aurais demandé un signe à la Madone.
Quant au charisme, il est arrivé sans que je le choisisse. Et si on m’avait demandé mon avis, je ne l’aurais pas choisi. Ce n’est pas que je veuille dire non à Dieu, mais faire un tel choix! Parce que la personne charismatique, je la vois autrement: plus ascétique, toujours en prière, du matin au soir... Tandis que je me suis mariée en 1989, et le charisme de la «voix» (locution intérieure) est venu ensuite.
Et votre époux, comment a-t-il réagi à cette intervention surnaturelle?
Il a eu un peu de peine. Souvent, je lui disais: «Mais excuse-moi; pourquoi ne m’arrêtes-tu pas, ne me dis-tu pas que je suis devenue folle et stop! On arrête ça là!» Et lui me disait: «Tu n’es pas folle». Quant à dire qu’il était heureux de ce charisme, non. Les interviews... tout ça ne lui plaît pas. Cela le préoccupe vraiment. Je le comprends, parce que la vie de famille avec quatre enfants...
Quand vous êtes-vous ouverte aux prêtres?
Après plusieurs visites de Jésus, je me disais: «Il y a quelque chose qui ne va pas.» Je me suis adressée au prêtre de ma paroisse qui me connaissait depuis toute petite; il m’avait fait faire ma communion, il nous a mariés. Alors je lui ai dit, «Père, quand je reçois la communion, j’entends la voix de Jésus». Et il m’a dit: «Souviens toi qu’avec ces choses-là, on ne plaisante pas, ce ne sont pas des choses qui se disent. Ne dis jamais plus une chose de ce genre à personne et sous aucun motif.» Donc ensuite, je me suis bien gardée d’en reparler au prêtre. Alors je me suis fermée et j’ai dû poursuivre ma route toute seule.
Plus tard, j’ai rencontré d’autres prêtres qui avaient une certaine expérience de ces choses et qui ont compris. Certains m’ont aidée (et j’en ai aussi aidé parce que Dieu l’a permis). Selon Jésus, ce n’était pas encore le moment où je trouverais le Père spirituel… Un prêtre étranger m’a dit: «Mais quand le Père te parle, tu l’écoutes?» Puis il m’a donné une bénédiction en latin pour ce que le Seigneur voulait faire à travers moi. Je collabore parfois avec les prêtres, notamment quand ils me demandent de prier sur une personne...
C’est Jésus qui est venu le premier?
Ce n’est pas Marie qui m’a conduite à Jésus, mais c’est l’inverse. J’ai commencé par rencontrer Jésus. Il est entré dans ma vie de manière très forte. Et Jésus m’a pris la main et m’a portée à la Madone: «Maintenant, tu vas te faire instruire par elle.» Jésus m’a fait aimer Marie, même si j’ai toujours eu une grande vénération envers elle: c’est la maman. Mais je me référais bien plus à Jésus depuis l’enfance.
Parce que vous n’aviez pas une relation forte avec Marie?
Si; par exemple quand il y a eu les événements de Medjugorje, j’étais sûre que c’était la Madone que j’ai toujours aimée. Mais, la confidence, c’est avec Jésus que je l’avais. Le rapport avec Jésus est beau, comme celui avec Marie, mais si je dois «me fâcher», avec Jésus, je le fais, mais avec la Madone, c’est impossible. Elle est désarmante. Elle a une façon d’être, une voix qui font que je n’ai pas de paroles. Ce n’est pas que je veux diminuer la figure de Jésus, mais ils sont si profondément différents.
La Vierge Marie a une voix, un ton… je ne trouve pas les mots. Ce qui me plaît le plus avec Marie, c’est la manière dont elle se présente, la douceur de son regard, la douceur qu’elle met quand elle parle; son sourire; elle a une façon d’accompagner la parole, avec de petits mouvements de la tête et avec ses mains qui te font chavirer… Tout me laisse sans voix. C’est la maman de Jésus. Si j’ai besoin de quelque chose, même quelque chose de matériel, je m’adresse à Marie, c’est plus direct. Avec Jésus, c’est plus long! Quand je demande quelque chose à Marie, je l’obtiens bien plus vite qu’avec Jésus! Je pense qu’une personne qui voit la Madone s’éprend beaucoup plus facilement de la religion qu’avec Jésus! Mais Jésus est aussi très doux!
Il montre plus d’autorité?
Oui.
Il parle comme un homme ou comme Dieu?
Cela, ça dépend. Parfois, quand je le vois souffrir, il me semble humain, quasi comme nous sommes nous, quand nous souffrons. A l’inverse, quand il parle, il change, je ne saurais pourtant vous dire de quelle façon, je n’ai pas les mots pour le dire . Autorité n’est pas non plus le terme juste, il est comme s’il avait quelque chose de plus, qui n’est pas seulement humain.
La Madone a un rôle spécial avec vous?
Ne me posez pas des questions difficiles! Je ne saurais dire. Avec mes 4 enfants, j’ai peu de temps pour réfléchir.
Un prêtre m’a demandé quel charisme j’avais. Je ne savais que lui répondre. Mais ce prêtre portait quelque chose dans son cœur. Et sans savoir comment (pas davantage aujourd’hui), je lui ai dit ce qu’il en était.
Je suis un petit caillou utilisé par Jésus. Mais comment, je n’en sais rien. Et je ne sais ni pour combien de temps, ni quand. Chaque jour, j’essaie de répondre à l’amour du Père du mieux que je peux.
De quelle manière voyez-vous Jésus?
Cela dépend. Parfois je le vois très bien, comme vous. D’autres fois je le vois d’une manière diverse, pas comme je vous vois, mais je le vois. Je peux vous dire comment il est vêtu, mais ce n’est pas une apparition physique. Et si je tends la main pour le toucher, je ne le trouve pas. J’ai essayé, mais je n’y suis jamais parvenue! Une fois, à l’église, la Madone priait à mon côté, et j’ai essayé de la toucher de la main, mais non. Ce n’est pas simple.
Je sais que ce sont eux, parce que j’éprouve intérieurement une joie qui n’est pas de cette terre. Avoir des enfants, c’est une joie immense, mais celle-là est bien plus grande et ainsi je sais que ce sont eux.
Vous entendez des voix, comment cela?
Parfois, elles sont parfaitement distinctes. D’autres fois, ce n’est pas à proprement parler une voix: le discours est tellement limpide, rapide, c’est différent de la pensée. Pour penser à quelque chose, cela demande un certain temps. Dans ces moments-là, c’est autre chose. C’est comme une lumière qui t’illumine et qui te fait comprendre tout un discours qui prendrait beaucoup de temps pour être entendu et compris. C’est une connaissance immédiate. Cela m’arrive par exemple auprès de certaines âmes, quand je ne sais ce dont elles ont besoin, comment je dois prier. Cette connaissance arrive et je comprends bien l’âme, l’intériorité de cette personne. Cela dépend de la volonté de Dieu sur cette personne à ce moment-là.
Et le Père, il se voit?
Bien sûr qu’il se voit, même si je sais qu’il ne se voit pas1! Je l’ai vu comme une personne jeune et non comme je m’y attendais, d’un certain âge... La première fois que j’ai entendu le Père, je suis sortie de l’église.
Vous avez eu peur?
Oui, je ne l’ai pas vu, j’ai seulement senti sa présence et entendu sa parole. Je suis sortie, parce que l’impression de la voix du Père est si différente de celle de Jésus; il a une voix… si je disais puissante, on aurait peur et ce n’est pas qu’on est terrifié par la puissance de sa voix, mais dans sa voix il y a quelque chose de si fort, un amour au-delà de notre compréhension humaine. Je suis aussi sortie parce que, en dehors de la Bible, je n’avais jamais entendu dire que le Père s’était fait entendre de quelqu’un. Et c’est pour cela que j’étais préoccupée.
A partir des voix de Jésus et du Père, comparativement, que pouvez-vous nous faire découvrir de leurs “personnalités”?
C’est différent. Pour parler de la personnalité du Père, il me viendrait à l’esprit un petit enfant! Vous savez, quand vous êtes près d’un enfant, qui donne cette sensation de pureté, de limpidité, de joie. C’est ce que j’éprouve quand je suis près du Père. Tout ceci est arrivé quand j’ai eu ma première, en 1991. Quand elle est née, j’ai éprouvé un tel amour pour cette créature, que j’ai pensé: «Mais alors, Dieu, comme il doit nous aimer si son amour est plus fort que celui que j’éprouve maintenant!» J’ai passé la nuit à méditer sur ce que devait être l’amour du Père pour nous. C’est comme si le Père m’avait été révélé.
Et le Saint Esprit, a-t-il aussi une voix?
Je le distingue comme voix mais aussi comme action. La première fois, je méditais sur le Saint Esprit pour chercher à comprendre ce qu’il était relativement au Père et au Fils. A un certain moment, j’ai senti comme quelque chose entrer dans mon coeur, et j’ai éprouvé un amour pour toutes les personnes qui étaient là, dont certaines m’étaient antipathiques. J’ai vécu un amour et un transport qui m’ont fait peur. Alors j’ai compris que le Saint Esprit est cette force-là, qui me donne d’aimer de charité. Jésus fait ainsi avec moi. C’est vraiment “Il Maestro”.
La Trinité vous parle aussi?
Tous les trois ensemble, cela ne m’est pas arrivé de L’entendre! Je sens la présence de la Trinité quand je prie pour une personne, quand j’observe des détails dans la nature, ou quand je regarde des enfants. Mais j’entends Jésus, le Père, le Saint Esprit, la Madone...
Et d’où entendez-vous?
Dans le coeur, le plus souvent, de l’intérieur, mais aussi avec mes oreilles: il arrive quelques fois qu’une voix forte se fasse entendre de l’extérieur.
(à suivre)
Note:
1. Dieu ne se voit pas sur terre. Mais il se penche sur sa créature en laissant “voir” de lui quelque chose que la nature humaine peut supporter sans mourir.
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