La parole du prophète demande à être écoutée et suivie

STELLA MARIS 422 SOMMAIRE

Maintenant que le cardinal Ratzinger est devenu Pape sous le nom de Benoît XVI, l’interview qu’il accorda, peu avant son élection au Siège de Pierre, au théologien Christian Hvidt, sur “la place des prophètes dans l’Eglise”, donne une vigueur nouvelle à la grâce prophétique actuelle. Cet enseignement rend à l’Eglise l’occasion d’accueillir sans peur la prophétie contemporaine ou de s’y ouvrir pleinement pour donner un punch divin à la nouvelle évangélisation.
La revue Stella Maris vérifie là son assise théologique qui justifie sa raison d’être: porter l’espérance chrétienne dont notre société a tant besoin en faisant entendre la parole de Dieu à travers la voix des hommes. De l’écoute de la Parole, naît la foi.
Nous vous invitons à lire attentivement cet article important. Nous y avons adjoint quelques notes pour en faciliter la compréhension.

C. Hvidt: Dans l’histoire de la Révélation de l’Ancien Testament, c’est essentiellement la parole du prophète qui ouvre le chemin au peuple de Dieu, et qui l’accompagne durant tout son parcours. Selon vous qu’en est-il pour la vie de l’Eglise?

Cardinal Ratzinger: Nous voulons d’abord nous arrêter un moment sur le sens du terme prophétie dans l’Ancien Testament. Pour éliminer tout malentendu, il est utile d’établir avec précision qui est vraiment le prophète.
L’élément essentiel du prophète n’est pas celui de prédire les événements futurs. Le prophète est celui qui dit la Vérité, parce qu’il est en contact avec Dieu. Et il s’agit de la vérité efficiente pour aujourd’hui, laquelle, naturellement, éclaire aussi le futur. Il ne s’agit donc pas de prédire l’avenir dans ses détails, mais de rendre présente en ce moment même la Vérité divine et d’indiquer le chemin à prendre1.
Pour le peuple d’Israël, la parole du prophète a une fonction particulière, en ce sens que la foi de ce peuple est orientée essentiellement vers l’avenir. En conséquence, la parole du prophète a une double particularité: d’un côté elle demande d’être écoutée et suivie, tout en restant une parole humaine; de l’autre côté elle s’appuie sur la foi2 et s’insère dans la structure même du peuple d’Israël, particulièrement dans ses attentes. Il est vraiment important de souligner que le prophète n’est pas un “apocalyptique”, même s’il en a l’apparence. Il ne décrit pas les réalités ultimes, mais aide à comprendre la foi comme une espérance.
Bien que le prophète doive proclamer la Parole de Dieu comme s’il s’agissait d’une épée tranchante, il n’est toutefois pas quelqu’un qui cherche à critiquer le culte et les institutions.
Il a la charge de toujours redire ce qui est mal compris et de rappeler les abus qui sont faits de la Parole de Dieu de la part des institutions, de même qu’il a le devoir d’exprimer les exigences vitales de Dieu. Ce serait toutefois une erreur de construire l’Ancien Testament sur une dialectique opposant les prophètes et la Loi3. Etant donné que tous les deux proviennent de Dieu, ils ont ensemble une fonction prophétique. Ceci est pour moi un point très important, parce qu’il nous porte dans le Nouveau Testament. A la fin du Deutéronome, Moïse est présenté comme prophète et il se présente lui-même comme tel. Il annonce à Israël: «Dieu vous enverra un prophète comme moi.» Reste à se demander que signifie «un prophète comme moi»? Je retiens que le point décisif, toujours selon le Deutéronome, consiste dans le fait que Moïse parlait avec Dieu comme avec un ami. C’est ici que je verrais le nœud ou la racine de la vraie essence prophétique, dans ce «face à face avec Dieu», dans ce «converser avec lui comme avec un ami». C’est seulement en vertu de cette rencontre directe avec Dieu que le prophète peut intervenir dans l’histoire d’Israël.

Comment peut-on établir une relation entre le concept de prophétie et le Christ? Peut-on appeler le Christ prophète?

Les Pères de l’Eglise ont conçu la prophétie susmentionnée du Deutéronome comme une promesse du Christ, chose que je partage. Moïse dit «un prophète comme moi». Il a transmis à Israël la Parole et en a fait un peuple et avec son «face à face avec Dieu» il a rempli sa mission prophétique en portant les hommes à leur «face à face avec Dieu». Tous les autres prophètes suivent ce modèle de prophétie et ils devront toujours libérer la loi mosaïque de la rigidité et la transformer en un chemin de vie.
Le vrai et plus grand Moïse est donc le Christ qui en réalité vit le «face à face» avec Dieu, parce qu’il en est le Fils. Dans ce contexte, entre le Deutéronome et l’avènement du Christ s’entrevoit un point très important pour comprendre l’unité des deux Testaments. Le Christ est en réalité le vrai Moïse qui réellement vit le «face à face» avec Dieu, parce qu’il est son Fils. Non seulement il nous conduit à Dieu à travers la Parole et la Loi, mais il nous assume en lui-même, par sa vie et sa Passion, et avec l’Incarnation il fait de nous son Corps mystique. Cela signifie que dans le Nouveau Testament, dans ses racines, la prophétie est présente. Si le Christ est le prophète définitif, parce qu’il est le Fils de Dieu, c’est de la communion avec le Fils que descend la dimension christologique et prophétique, aussi dans le Nouveau Testament4.

Avec la mort du dernier Apôtre n’est-il pas mis un terme définitif à toute prophétie ultérieure? La possibilité en est-elle exclue?

Oui, il existe bien une thèse selon laquelle la fin de l’Apocalypse mettrait un terme à toute prophétie. Il me semble que cette thèse renferme un double malentendu.
Derrière cette thèse il peut y avoir un concept selon lequel le prophète, dont l’objectif est essentiellement finalisé à une dimension d’espérance, n’a plus de raison d’être puisque désormais il y a le Christ et que l’espérance se base sur sa présence. Ceci est une erreur puisque le Christ est venu avec son Corps et qu’il est ressuscité dans l’Esprit Saint. Cette nouvelle présence du Christ dans l’histoire, dans le sacrement, dans la Parole, dans la vie de l’Eglise, dans le cœur de chaque homme, est l’expression, mais aussi le début de l’avènement définitif du Christ qui prendra possession de tout et sera en tout. Cela signifie que le christianisme est en soi un mouvement, puisqu’il va à la rencontre d’un Seigneur ressuscité qui est monté au ciel et qui y retournera. Là est la raison pour laquelle le christianisme porte toujours en soi la structure de l’espérance. L’Eucharistie a toujours été conçue comme un mouvement de notre part vers le Seigneur qui vient. Elle incorpore même toute l’Eglise. Le concept selon lequel le christianisme est une présence en soi totalement complète ne comportant aucune structure d’espérance est la première erreur qu’il faut rejeter. Le Nouveau Testament a déjà en soi une structure d’espérance qui est un peu modifiée, mais qui demeure toujours une structure d’espérance. Etre un serviteur de l’espérance est essentiel pour la foi du nouveau Peuple de Dieu5.
Le second malentendu est constitué par une compréhension intellectualiste et réductrice de la Révélation qui est considérée comme un trésor de vérité complètement révélée, auquel on ne peut rien rajouter6. L’authentique avènement de la Révélation consiste dans le fait que nous soyons invités à ce «face à face» avec Dieu. La Révélation c’est essentiellement un Dieu qui se donne à nous, qui construit avec nous l’histoire, qui nous réunit et qui nous accueille tous ensemble. Il s’agit d’une rencontre qui a en soi aussi une dimension communicative et une structure de connaissance. Elle implique la reconnaissance de la vérité révélée.
Si on accepte la Révélation sous ce point de vue, on peut dire que la révélation a atteint son but avec le Christ puisque, selon la belle expression de saint Jean de la Croix, quand Dieu a personnellement parlé, on ne peut rien y rajouter. On ne peut rien dire au-delà du Logos7. Lui est au milieu de nous d’une manière complète et le même Dieu ne peut plus nous donner ni nous dire quelque chose de plus de lui-même. Quant à nous, il ne nous reste qu’à pénétrer, jour après jour, ce mystère de la foi, précisément parce que nous chrétiens avons reçu ce don total de soi que Dieu nous a fait avec son Verbe fait chair.
Ceci8 se rattache à la structure de l’espérance. La venue du Christ est le début d’une connaissance toujours plus profonde et d’une graduelle découverte de ce que le Verbe fait chair nous a donné. Ainsi s’est ouvert un nouveau mode d’introduire l’homme dans la vérité tout entière, comme dit Jésus dans l’Evangile de saint Jean, où il parle de la descente du Saint Esprit9. Je retiens que la christologie pneumatique10 du dernier discours d’adieu de Jésus dans l’évangile de saint Jean est très importante pour notre discours, étant donné que le Christ y explique que sa vie corporelle sur terre n’était qu’un premier pas. La vraie venue de Jésus se réalise au moment où lui n’est plus lié à un lieu fixe ou à un corps physique, mais comme le Ressuscité dans l’Esprit capable d’aller à tous les hommes de tous les temps11 pour les introduire dans la vérité d’une manière toujours plus profonde. A moi, il me paraît clair que — précisément quand cette christologie pneumatique détermine le temps de l’Eglise, c’est-à-dire le temps dans lequel le Christ vient à nous en Esprit — l’élément prophétique, comme élément d’espérance et d’actualisation du don de Dieu ne peut manquer ni même diminuer12.

S’il en est ainsi, ma demande est celle-ci: de quelle manière est présent cet élément prophétique et que dit saint Paul à ce sujet?

Dans les écrits de saint Paul il est particulièrement évident que son apostolat étant un apostolat universel adressé à tout le monde païen, comprend aussi une dimension prophétique. Grâce à sa rencontre avec le Christ, Paul a pu pénétrer dans le mystère de la Résurrection et dans la profondeur de l’Evangile. Grâce à sa rencontre avec le Christ il a pu comprendre d’une façon nouvelle Sa Parole, mettant en évidence l’aspect de l’espérance et faisant valoir sa capacité de discernement.
Etre un apôtre comme saint Paul est naturellement un phénomène unique. On peut se demander ce qu’il advient dans l’Eglise après la fin de l’ère apostolique. Pour répondre à cette demande, est très important un passage du deuxième chapitre de la lettre de saint Paul aux Ephésiens, à savoir que l’Eglise est fondée «sur les apôtres et sur les prophètes»13. Un temps, on pensait qu’il s’agissait des douze apôtres et des prophètes de l’Ancien Testament. L’exégèse moderne dit que le terme «apôtre» doit être compris dans un concept plus ample et que le concept de «prophète» se réfère aux prophètes de l’Eglise. Du chapitre 12 de la première Lettre aux Corinthiens on apprend que les prophètes d’alors s’organisaient comme membres d’un collège. La même chose est mentionnée dans la Didachè14, laquelle chose signifie que ce collège existait encore quand l’œuvre fut écrite.
Plus tard, le collège des prophètes se dissout et ceci n’est certainement pas par hasard puisque l’Ancien Testament nous démontre que la fonction de prophète ne peut pas être institutionnalisée15, étant donnée que la critique des prophètes n’est pas seulement contre les prêtres, elle se dirige aussi contre les prophètes institutionnalisés. Ceci apparaît d’une façon très claire dans le livre du prophète Amos lorsque celui-ci parle contre les prophètes d’Israël. Les prophètes libres parlent souvent contre les prophètes qui appartiennent à un collège, parce que Dieu trouve pour ainsi dire plus de marge de manœuvre et un plus ample espace pour agir auprès des premiers, auprès desquels il peut intervenir et prendre plus librement des initiatives, chose qu’au contraire il ne pourrait pas faire avec une forme de prophètes institutionnalisés. A moi, il me semble que celle-ci devrait subsister ensemble, sous les deux formes, comme du reste il en est advenu durant toute l’histoire de l’Eglise16.
Comme les apôtres eux-mêmes étaient à leur façon aussi prophètes, il faut reconnaître que dans le collège apostolique institutionnalisé existe en tout temps un caractère prophétique. Ainsi l’Eglise affronte le défi que sont, dans les moments cruciaux, les grâces de l’Esprit Saint, qui lui ouvrent une porte pour intervenir. L’histoire de l’Eglise nous a fourni beaucoup d’exemples de grands personnages, tels Grégoire le Grand et saint Augustin qui étaient aussi prophètes.
Nous pourrions citer d’autres noms de grands personnages de l’Eglise qui ont aussi été des figures prophétiques, en ce qu’ils ont su tenir la porte ouverte à l’Esprit Saint. C’est seulement en agissant ainsi qu’ils ont su exercer le pouvoir d’une façon prophétique, comme il en est dit beaucoup de bien dans la Didachè.
Pour ce qui regarde les prophètes indépendants, c’est-à-dire non institutionnalisés, il faut rappeler que Dieu se réserve la liberté d’intervenir directement dans son Eglise pour la réveiller, l’avertir, la promouvoir et la sanctifier. Je crois que dans l’histoire de l’Eglise ces personnages charismatiques et prophétiques se sont continuellement succédé. Ils surgissent dans les moments les plus critiques et décisifs dans l’histoire de l’Eglise. Pensons par exemple à la naissance du mouvement monastique, à saint Antoine qui va dans le désert et donne de cette manière une forte impulsion à l’Eglise. Ce sont des moines qui ont sauvé la christologie de l’arianisme et du nestorianisme17.
Saint Basile était aussi une de ces figures, un grand évêque et en même temps aussi un vrai prophète. Par la suite, il n’est pas difficile d’entrevoir une origine charismatique dans les Ordres mendiants. Ni saint Dominique ni saint François n’ont fait des prophéties sur l’avenir, mais ils ont su lire les signes des temps et comprendre qu’était arrivé pour l’Eglise le moment de se libérer du système féodal, de redonner valeur à l’universalité et à la pauvreté de l’Evangile, de même qu’à la «vie apostolique». En agissant ainsi ils ont redonné à l’Eglise son véritable aspect, celui d’une Eglise animée par l’Esprit Saint et conduite par le Christ lui-même. Ils ont ainsi contribué à la réforme de la hiérarchie ecclésiastique.
D’autres exemples sont sainte Catherine de Sienne et sainte Brigitte de Suède, deux grandes figures de femmes.
Je pense qu’il est important de souligner combien, en un moment particulièrement difficile pour l’Eglise, tel que fut celui de la crise d’Avignon et le schisme qui s’ensuivit, que des figures de femmes se sont levées tant pour annoncer le Christ vivant que le Christ qui souffre dans son Eglise.

Theol.Dr. Niels Christian Hvidt18, Segno del Sopranaturale” nos 205 et 206

Les notes et la conclusion sont de notre rédaction

Conclusion

Nous nous réjouissons de voir que celui que l’Esprit Saint a choisi pour être le Pasteur de l’Eglise, défend et justifie la permanence du charisme de prophétie et la mission du prophète à l’intérieur de l’Eglise. Trop souvent, dans l’Eglise, on méprise les messages prophétiques.
Les arguments avancés contre les apparitions et révélations contemporaines s’évaporent, notamment le refrain qu’avec la mort du dernier apôtre, la Révélation étant close, Dieu n’a plus rien à nous dire... alors que notre monde manque d’Espérance! Jésus est le Grand Prophète annoncé par Moïse. Il est aussi la Tête du Corps mystique dont nous sommes les membres. Comment l’Eglise, Corps du Christ, n’aurait-elle plus de prophètes? Ce charisme est inscrit dans ses gènes, comme dans l’Ecriture. Il faut donc apprendre à écouter l’Esprit et à recevoir ses envoyés. N’oublions pas que: «Celui qui accueille un prophète en sa qualité de prophète, recevra une récompense de prophète» (Mt 10,4).
Dans ce temps de l’Eglise, qui est le temps où le Christ vient à nous dans l’Esprit, le charisme de prophétie ne doit ni manquer, ni diminuer, parce qu’il porte l’espérance, il réveille et dynamise la vraie vie en Dieu chez ceux qui l’accueillent, il oriente et renouvelle l’Eglise en fonction du temps dans lequel elle vit. Oui, l’Eglise est toujours «fondée sur les apôtres et les prophètes», et la parole des prophètes demande d’être écoutée et suivie en s’appuyant sur la foi et en s’insérant dans la structure de l’Eglise.
Assimiler et vivre les messages prophétiques en Eglise, c’est ouvrir son cœur à Dieu, bénéficier de ses grâces et de son feu, guérir des blessures du péché et, par suite, porter l’espérance à l’humanité blessée et désabusée.

Notes:
1. Le prophète, grâce à son intimité, par son «face à face» avec Dieu, devient une bonne terre où la Parole de Dieu prend racine et grandit. Il porte du fruit, car il sait rendre cette Parole concrète, vivante, efficace dans le contexte où il vit. Il «voit» plus loin que ses frères, car il bénéficie des vues de Dieu sur la vocation de l’homme, d’où l’Espérance. Cette longueur d’avance sur ses compatriotes n’en fait pas pour autant un voyant apocalyptique. Comme Jésus, il redit la Vérité qu’il a entendue d’En-haut, vérité qui éclaire le chemin à suivre. Ce qui est bien différent d’une prédiction de l’avenir.
2. L’Eglise distingue la révélation privée de la Révélation biblique, laquelle forme le Canon des Ecritures. Seule, la Révélation biblique est dite «Parole de Dieu». Elle constitue la référence unique, pour la doctrine et l’enseignement de l’Eglise catholique. Aucune révélation privée, même “reconnue”, ne fait partie de l’enseignement officiel de l’Eglise. D’ou l’emploi du terme parole humaine qui pourtant doit être reçue avec l’appui de la foi. C’est par la foi que l’on accueille la parole du vrai prophète.
La parole du prophète, si elle “tombe du Ciel”, repose sur la foi. Et la foi, nous dit saint Paul, provient de l’écoute de la Parole de Dieu. D’où la nécessité de bien connaître cette Parole, pour bien entendre le prophète. Tout prophète qui s’annonce en dehors de la foi de l’Eglise, est un faux prophète.
3. Jamais un prophète n’a critiqué la loi. Il critique les mauvaises interprétations et les déviations de la loi ainsi que les traditions humaines que les hommes y ont rajoutées., comme Jésus le reprochait aux pharisiens (Mt 23, 13-32) et à sa suite.
4. La permanence du prophétisme dans l’Eglise se fonde sur la personne de Jésus ressuscité. C’est parce que Jésus est ressuscité dans l’Esprit, que l’Esprit de prophétie poursuit son œuvre dans le monde. Ce point est capital pour justifier la continuité du prophétisme entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance. Ici, le Pape donne le fondement théologique du prophétisme dans l’Eglise. Le Christ est le Prophète par excellence, il est le fondateur de l’Eglise, la tête du Corps mystique. Puisqu’il nous assume en lui-même, tout le Corps des baptisés participe à cette dimension prophétique, et certains d’une manière spéciale, par leur charisme: un face à face amical avec Dieu.
5. Si la Révélation se termine bien avec l’Apocalypse, l’espérance, qui est la raison d’être des prophètes, ne s’est pas éteinte avec l’incarnation du Christ. Car la présence du Christ ressuscité est, dans la Nouvelle Alliance, le nouveau point de départ d’une nouvelle espérance: son retour glorieux: «Nous attendons ta venue dans la gloire» (Anamnèse du canon eucharistique). L’Eglise qui vit de l’Eucharistie est en marche vers ce jour. Comme la foi d’Israël était orientée vers l’attente du Messie, la foi de l’Eglise est orientée vers l’attente du Retour glorieux du Christ et de son Règne, ce qui correspond aussi à l’attente d’Israël.
6. Beaucoup se basent sur un écrit de saint Jean de la Croix: «Car en nous donnant son Fils, ainsi qu’il l’a fait, Lui qui est Sa Parole dernière et définitive, Dieu nous a tout dit ensemble et en une seule fois, et Il n’a plus rien à dire» pour nier la réalité d’un prophétisme permanent dans l’Eglise.
7. Terme grec pour dire Parole.
8. La permanence du prophétisme dans l’Eglise, fondé sur la personne de Jésus ressuscité.
9. Cf Jean 16,13: «Quand il viendra, l’Esprit de Vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière, car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu’il entendra, il le dira et il vous dévoilera les choses à venir.» La méditation de ces chapitres 14 et 16 de l’Evangile de saint Jean est vivement recommandée.
10. L’Enseignement sur le rapport entre le Christ et le Saint Esprit, dans la période de l’Eglise.
11. Et notamment ses messagers prophètes. Le temps de l’Eglise se caractérise par son souffle prophétique, chargé de porter l’espérance à l’humanité.
12. Si Dieu nous a tout dit en son Fils, il continue de nous parler par son Esprit Saint de Vérité, singulièrement grâce à ses prophètes. La vie du Christ sur la terre n’était qu’un premier pas. Pour nous aujourd’hui, sa venue se réalise en tant que ressuscité dans l’Esprit. L’Esprit du Christ ressuscité conduit l’homme «à la vérité tout entière» grâce, notamment, aux charismes. Ceux qui ont oublié la promesse du Saint Esprit tombent dans une compréhension intellectualiste et réductive de la Révélation.
13. Ici, le Cardinal Ratzinger souligne la place permanente du prophétisme dans l’Eglise militante, c’est-à-dire du prophète à côté de l’évêque.
14. «Enseignement» catéchétique du second siècle se plaçant sous l’autorité des apôtres, faisant partie de la Tradition.
15. Tandis que les prêtres et les évêques sont formés, discernés et choisis par les hommes porteurs de la succession apostolique, les prophètes sont choisis directement et librement par Dieu, en dehors du “moule” ecclésiastique.
16. Dieu a choisi et choisit ses prophètes parmi les laïcs et dans le clergé.
17. Le Christ est «de même nature que le Père». Pour le prêtre Arius, le Christ n’est pas Dieu, mais une créature exceptionnelle. Nestorius, évêque de Constantinople, niait l’union en la personne de Jésus-Christ des natures divine et humaine.
18. Visiting Scholar Department of Theology University of Notre Dame 28 Malloy Hall Notre Dame, IN 46556 USA www.hvidt.com

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