Elisabeth Kindelmann et la Flamme d’Amour (3)Entre la pauvreté et la misère=> STELLA MARIS 420 SOMMAIREsm 416: La Flamme d'amour et sa messagère, Elisabeth Kindelmann (1)sm 417: Elisabeth et la VIerge Marie (2) |
![]() |
Voici la dernière partie du récit des charismes et de la vie d’Elisabeth Kindelmann.
«Dans ma misère et sans aucun appui humain, je dus changer d’employeur pour chaque sous de plus. Pour un même travail dans une crémerie de la rue Baross (8e arrondissement de Budapest) on me donnait six pengos, ainsi que le déjeuner. La troisième crémerie, également rue Baross, assura mon existence pendant près d’un an. C’était ce travail qui était le plus favorable du point de vue matériel. Je gagnais 8 pengos et je ne travaillais que de 05h30 à 11h00. Je passais mes heures libres à prier, le plus souvent à l’église de l’Adoration perpétuelle. Je participais régulièrement à l’office de l’Adoration perpétuelle.
Pour compléter mon salaire, je me suis engagée dans une usine où l’on épluchait des pommes de terre. On payait 2 fillers pour 10 kilos de pommes de terre épluchées. En trois heures je pouvais gagner 12 fillers. Parallèlement, je vendais des friandises dans un petit cinéma de banlieue. Je ne regardais pas les films. Pendant la séance, assise dans un fauteuil vide, je pensais à Dieu. La Directrice m’emprunta souvent de petites sommes. Quand ses dettes s’élevèrent à 20 pengos, elle préféra se débarrasser de moi. Elle me renvoya.
• Je devins porteuse occasionnelle aux Halles du 9e arrondissement. A 0h600 j’allais aux Halles et proposais mes services aux dames venues faire leurs achats. Arrivée chez elles, plus d’une de ces femmes m’invitaient à prendre le petit-déjeuner.
C’est ainsi que je fis la connaissance d’une famille bourgeoise de Budapest, grâce à laquelle je pus fréquenter des cours à l’école d’infirmière de la rue Dohany, dans le 8e arrondissement. Ce ne sera pourtant qu’une dizaine d’années plus tard que je pourrai mettre en pratique mes connaissances d’infirmière à l’hôpital des Sœurs franciscaines et à l’hôpital antituberculeux de l’avenue Tarogato.
Je poursuivis cette occupation aux halles même quand j’eus un emploi dans une petite entreprise familiale de brosserie. Mon salaire s’élevait à 60 pengos par mois et la famille m’offrait le déjeuner. J’avais ainsi les moyens de louer une chambre et je m’installai au 10 de la rue Magdolna, au premier étage, où je payais 20 pengos par mois. Je travaillais de 08h00 à 16h00.
Dans ce combat pour le pains quotidien, je désirais faire connaître le bon Dieu aux gens. Je fus sans cesse préoccupée par la nécessité de l’enseignement religieux et de la mission.
• A l’âge de 15 ans j’ai décidé de devenir religieuse de l’Adoration perpétuelle (La Congrégation des religieuses “réparatrices” fut fondée à Paris par la comtesse d’Oultremont). Je passai des heures à regarder, silencieuse, le Saint Sacrement exposé à l’adoration des fidèles. Ainsi, mon cœur se remplissait de l’amour de Dieu.
• Un jour j’ai décidé de me rendre au couvent et de demander à la Sœur portière comment on pouvait être admis. Elle me répondit qu’il fallait une recommandation et me remit une grande feuille imprimée sur laquelle on énumérait ce qu’il fallait remettre au couvent lors de l’admission.
En plus de la longue énumération des éléments du “trousseau”, il était indiqué que chacun pouvait verser une certaine somme, suivant ses possibilités.
Je lus tout cela avec stupéfaction et je pensai que je ne saurais jamais amasser une telle fortune. Ma pauvreté fit donc échouer mes projets de devenir religieuse.
Pourtant le désir de devenir religieuse missionnaire naissait et grandissait dans mon âme. Je ne me doutais pas encore que Dieu avait d’autres projets avec moi.
• Automne 1928. Je ne me rappelle plus du tout le nom de la dame âgée que je rencontrai souvent à l’Adoration perpétuelle. Je lui fis part de mes projets et de mes rêves de missionnaire. Elle me donna l’adresse des Sœurs missionnaires de la rue Hermina, qui éduquaient des orphelins et qui déléguaient aussi des missionnaires.
Arrivée à la rue Hermina, je demandai à parler avec la Sœur chargée des admissions. C’est là que pour la première fois de ma vie j’entendis l’expression “Supérieure”. La Sœur portière me fit entrer dans la chambre d’hôtes. La Supérieure arriva et me fit asseoir, car j’étais restée debout par habitude. Je lui ai dit mon intention d’aller en mission pour faire connaître aux gens le Bon Dieu. Après lui avoir raconté que j’étais orpheline et lui avoir dit ce que je gagnais, se levant, elle me dit: «Sais-tu, mon enfant, pourquoi tu veux devenir religieuse? Tu n’as pas la vocation, seulement tu es orpheline, tu n’as pas un foyer, et c’est pour cela que tu veux entrer au couvent.»
Sur cela la conversation fut interrompue. Tout s’ébranla en moi. Je n’ai raconté mon échec à personne, sauf à la dame qui m’avait fourni l’adresse de ce couvent. Après m’avoir écoutée, elle me dit: «Vas à la Maison-Mère de l’avenue Ménesi, chez la Supérieure provinciale.»
Je pris le tramway pour aller à Pest (Buda et Pest sont séparées par le Danube qui coupe la ville en deux) par le pont François-Joseph. Je demandai à voir la Supérieure provinciale. Je dus attendre quelques cinq minutes, qui me parurent aussi longues que les cinq minutes qui précéderont ma mort.
La Supérieure provinciale me parla avec tant de gentillesse que je fus complètement détendue. Je lui racontai tout avec une complète sincérité. Elle me prit la main comme une mère et me dit: «Nous demanderons au Seigneur Jésus quelle est Sa Volonté et Il nous dira ce que nous devons faire. Tout se passera selon Sa Volonté. Nous entrâmes toutes deux dans la chapelle, mais moi je suis restée en arrière, debout auprès des bancs. Je regardais de loin comment la Supérieure provinciale parlait avec le Seigneur Jésus. Avec une douce légèreté, la Supérieure revint à moi, me prit la main et me ramena dans la salle de réception. Là, elle me fit asseoir, posa sa main sur la mienne, me regarda très profondément dans les yeux et me dit: «Mon enfant, la volonté de Dieu est différente.» J’eus presque un malaise. «Sais-tu quelle est la Volonté du bon Dieu? Il veut autre chose de toi. Il te confiera une autre mission. Cette mission que Dieu te confiera, remplit-la aussi bien que tu pourras.»
La Supérieure provinciale m’accompagna jusqu’à la sortie. Elle m’embrassa sur le front et me bénit.
La volonté de Dieu était autre
• Après la rencontre avec la Supérieure provinçale tout s’était écroulé en moi. J’étais désemparée. Cette torture de mon âme dura une semaine. Alors, je ne savais pas encore que ce supplice était l’œuvre du diable.
Après une confession chez le Père Matray (qui devint par la suite mon confesseur pour de longues années, l’obscurité de l’incertitude se dissipa dans mon cœur.
• 1927-1930. Prier et connaître, je n’avais pas d’autre désir. J’ai du mal à exprimer la soif que j’avais d’étudier pour élargir mes connaissances. En six mois, j’ai appris mot à mot les manuels des deux premières années de l’école primaire supérieure. Mais je n’avais pas l’argent pour passer les examens. Je me suis mise à étudier les livres des 3e et 4e années. J’ai ainsi fait mes études sans avoir de certificat.
• L’automne 1929 apporta un grand tournant dans ma vie. Comme j’avais une belle voix et une oreille fine, je fus admise au chœur de l’église de la Communauté du Christ-Roi à Jozsefvaros (8e arrondissement). Le premier ténor était Karoly Kindelmann, tandis que j’étais le premier soprano. Il demanda à m’épouser. Je me suis mariée à l’âge de 16 ans. Mon mari en avait 30 de plus. Il exerçait le métier de maître-ramoneur, ce qui payait bien à l’époque. Notre mariage eut lieu le 25 mai 1930, dimanche de la Pentecôte. Mon mari fit construire une maison de 4 pièces dans la périphérie de Budapest.
• De 1931 à 1942 naquirent six enfants. L’Angélus et le Rosaire faisaient partie de notre vie quotidienne.
• Le 26 avril 1946 mon mari décédait. Mon état de veuve avec six enfants était particulièrement lourd. Après la dévastation de la guerre, je ne pus survivre avec mes enfants qu’en troquant nos biens. Les armoires se vidaient et presque toutes nos affaires changèrent de propriétaire. La nationalisation de 1948 amena ma famille au bord du ravin. Je devins serveuse à l’Académie militaire, où je travaillais 12 heures par jour. Les restes qui n’étaient pas consommés assuraient les repas de ma famille. Mais six mois plus tard j’étais renvoyée pour des motifs “politiques”. On avait constaté que je gardais chez moi une statue de la Vierge et des chandelles.
• Novembre 1950-mai 1951. J’étais dans une situation humainement sans issue. Les problèmes pécuniers presque insoutenables m’éloignaient de plus en plus de Dieu.
Je déambulais sans but précis de rue en rue, de quartier en quartier. C’est ainsi que je vis, dans le quartier de Kobanya, que l’enseigne de l’ancienne fonderie Eötli avait changé, s’appelant maintenant fonderie Gabor Aron. Un chef du personnel de bonne volonté m’y engagea comme contrôleur technique des pièces. Ainsi, je pus sauver ma famille de la famine. Mes enfants grandissant, faisait un travail d’artisanat à domicile. Mes deux filles aînées confectionnaient des bas avec une machine à tricoter, tandis que les garçons fabriquaient de la toile à tamis sur un métier à tisser.
Peu après, l’usine où je travaillais fut réorganisée, ce qui entraîna le renvoi d’un certain nombre d’employés, dont je faisais partie. Je dus recommencer à chercher du travail.
• Le 26 décembre 1951 ma fille aînée, Cécile, se marie.
• En lisant une annonce dans un journal j’ai trouvé du travail dans une usine de cuisinières. Le salaire y était tellement bas que je dus bientôt chercher un autre emploi.
•En automne 1953, je devins employée à la fabrique d’appareils à gaz. Mon emploi prit fin un mois avant le soulèvement national de 1956.
• Noël 1955, Ma deuxième fille, Valérie, se marie.
• Eté 1957. Mon employeur suivant est le teinturier Lazlo Harangi, dans le 7e arrondissement. Après la teinturerie je fus occupée dans une coopérative artisanale où je fabriquais des écharpes de soie.
• Juin 1957. Mariage de ma troisième fille, Maria.
• Juin 1958, c’est mon fils Karoly qui se marie.
• En 1959 le problème du logement des quatre nouvelles familles est résolu.
• 1960. Les soucis matériels ayant presque disparus, Elisabeth Kindelmann va s’inscrire à l’université populaire pour y étudier la psychologie et l’astronomie. Pourtant, ce projet, comme tant d’autres, échoua.
Le 13 juillet 1960, trois jours avant la fête de Notre-Dame du Carmel, j’eus une merveilleuse illumination spirituelle, écrit-elle. Cette illumination dura trois jours, du lever jusqu’au soir. Dès que je parlais à quelqu’un ou que quelqu’un me parlait, cette illumination cessait. Cette douce sensation créait en moi un calme serein. C’était une expérience qui surpassait tout. Ce n’est que plusieurs semaines plus tard que je sus que cette illumination constitua l’introduction muette de la présence du Seigneur qui ne peut être exprimée en termes intellectuels.
• Noël 1961. Jozsef, deuxième enfant, mais premier des trois fils, se marie à l’âge de 26 ans. En six ans, cette famille eut trois fils. Leur mère mourut après la naissance de troisième enfant, à la suite d’un cancer du sein. La grand-mère paternelle se chargea d’élever les trois petits orphelins.
•1962. Avant de recevoir les messages de Jésus et de la Sainte Vierge, je reçus l’appel suivant:
«Renonce à toi-même, car Nous te confierons une grande mission. Mais tu ne seras de taille à l’accomplir que si tu renonces complètement à toi-même. Tu as le libre arbitre. Tu ne devras donc accomplir cette mission que si tu le veux toi aussi.»
Après les doutes et les tourments de mon âme, j’acceptai la volonté de Dieu. Mon âme fut tellement envahie de grâces que je ne pus plus dire mot.
Le Seigneur m’imposa des jeûnes sévères, notamment les lundis, jeudis et vendredis, au pain et à l’eau. Cela dura jusqu’en 1972, quand le Seigneur atténua cette austérité et ne m’imposa ce jeûne plus que les lundis.
• Le 11 avril 1985, Elisabeth Kindelmann décédait. Avant de servir comme instrument au Seigneur et à la Vierge Marie, elle dut endurer des épreuves innombrables qu’elle surmonta avec une rare énergie.
NB: Le contenu des révélations accordées à Elisabeth Kindelmann est paru dans deux brochures aux Editions du Parvis. Participez à leur diffusion en en faisant cadeau à vos parents et amis.»
Littérature:
«La Flamme d’Amour du Cœur Immaculé de Marie» Prière et chapelet du Coeur de Marie, Image 2 volets, 7,5x12 cm, lot de 20 pièces E 4. CHF 6.
«La Flamme d’Amour du Cœur Immaculé de Marie, 64 pages, 10,5x18 cm E 2.50 CHF 3.80
«La Flamme d’Amour du Cœur Immaculé de Marie», 32 pages, 10,5x14,8 cm E 1.50 CHF 2.20
|
Copyright © 1999 - 2005 |