La Médaille Miraculeuse de l'ImmaculéeSainte Catherine Labouré et la Très Sainte Vierge=> STELLA MARIS 419 SOMMAIRE |
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Les grâces produites par le port de la Médaille demandée par Marie, apparaissant à sainte Catherine Labouré dans la chapelle de la Rue du Bac à Paris, sont si nombreuses et si surprenantes que la liesse populaire l’a appelée «Médaille Miraculeuse».
Une brochure vient de sortir de presse à nos Editions. Elle comporte une brève présentation des faits, décrit la Médaille Miraculeuse et propose une neuvaine, dont l’idéal serait qu’elle se termine le 27 novembre, fête liturgique instituée en 1894 par le Pape Léon XIII.
Fidèle collaboratrice du Seigneur, la Sainte Vierge s’est toujours servie des âmes les plus humbles pour transmettre aux hommes ses messages. Que ferait, en effet, la «sagesse» compliquée des grands de ce monde en présence de l’ineffable simplicité des paroles célestes? Seule une âme qui n’a pas répudié sa candeur première ou qui l’a retrouvée par grâce peut en saisir l’intime et lumineuse signification.
Sainte Catherine Labouré, à qui Notre-Dame révéla cette grande mission, naquit le 2 mai 1806 à Fain-les-Moutiers, dans la campagne bourguignonne. A l’âge de neuf ans et demi, Catherine perdit sa mère. C’est à ce moment que le premier appel intime de la Sainte Vierge résonna dans son âme. Dans toute la ferveur de son cœur pur, l’enfant se tourna vers Marie qui la prit sous sa protection pour la conduire à Jésus, par le chemin d’une dévotion qui devait la conduire aux cimes de la perfection.
A l’âge de douze ans, Catherine fit sa première communion. Son adolescence fut marquée par ce don de soi fait au Maître unique; sa dévotion, son esprit de pénitence, son imitation de Jésus n’échappèrent pas à son entourage. Cette enfant de douze ans, promue par des circonstances tragiques au grade de maîtresse de maison, va mener jusqu’à dix-huit ans, au milieu des difficultés que représente la direction d’une entreprise agricole, une véritable vie religieuse, avec ses alternances de travail, de pénitence et de prière. Le père était enchanté de la bonne marche de sa maison, sans qu’il se demandât à quelle source cette enfant puisait l’énergie de tant de dévouement.
Vers l’âge de dix-huit ans, un fait extraordinaire qu’elle appellera, à la fin de sa vie, un songe lui révéla l’orientation de sa destinée, au service des malades, parmi les Filles de Saint Vincent de Paul. A sa majorité, Catherine révéla à son père son désir de la vie religieuse. Le père refusa: Catherine lui était nécessaire... Pour lui faire changer d’idée, il l’envoya à Paris, où son frère aîné tenait avec sa femme un restaurant d’ouvriers. L’espoir de voir s’éteindre dans un pareil milieu les idées de couvent de sa fille donna à Pierre Labouré la force de se séparer de son enfant. Mais Catherine resta pure et fidèle, inébranlable dans sa résolution.
Mûrie par l’épreuve et les difficultés, Catherine put enfin se rendre à l’appel du Seigneur: elle entra au Séminaire des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul, le 21 avril 1830, après un postulat de trois mois. C’est là, à la rue du Bac, à Paris, que la Sainte Vierge attendait son enfant.
Trois mois plus tard, dans la nuit du 18 au 19 juillet 1830, Sœur Catherine s’entendit appeler trois fois par son nom. Elle écarta le rideau de sa cellule et vit devant elle un jeune enfant de quatre à cinq ans, vêtu de blanc, resplendissant de lumière. «Venez à la chapelle, dit-il, la Sainte Vierge vous attend.» Catherine eut peur: «Mais on va m’entendre!» L’enfant la rassura et conduisit la jeune novice à la chapelle où tous les cierges et flambeaux étaient allumés. Catherine s’agenouilla dans le sanctuaire... Tout à coup, elle entendit comme un frou-frou de soie; l’enfant lui dit: «Voici la Sainte Vierge.»
Une femme d’une admirable beauté s’approcha et s’assit sur un siège du chœur. Dans la relation qu’elle fit à son directeur, Sœur Catherine raconte dans son savoureux et naïf langage les péripéties de l’apparition.
Catherine ne sut pas combien de temps elle était restée aux pieds de la Vierge. L’enfant la reconduisit à sa cellule. «Je crois, dit-elle, que cet enfant était mon ange gardien qui s’était rendu visible.»
Le samedi 27 novembre 1830, vers le soir, Sainte Catherine était agenouillée à la chapelle. Tout à coup, elle entendit le doux bruissement d’un vêtement de soie; elle leva les yeux: la Sainte Vierge était là, toute vêtue de blanc, d’une indescriptible beauté. Sa tête était recouverte d’un voile blanc étincelant, descendant jusqu’aux pieds. Elle se tenait sur une boule dont Catherine ne voyait que la moitié, foulant aux pieds un serpent et portant dans ses mains une boule plus petite. Tandis qu’elle élevait cette dernière vers le ciel, son visage devint encore plus beau; puis, le globe venant à disparaître, ses bras demeurèrent étendus dans l’attitude connue de par la Médaille Miraculeuse.
«Cette boule que vous voyez, dit la Sainte Vierge, représente le monde entier et chaque personne en particulier... Ces rayons sont le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent... les pierres qui ne jettent aucun rayon symbolisent les grâces qu’on néglige de demander.» A ce moment se forma autour de l’apparition un «tableau ovale...» où il y avait ces paroles, écrites en lettres d’or: «O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous.» En même temps, Catherine reçut la communication suivante: «Faites frapper une médaille sur ce modèle; toutes les personnes qui la porteront recevront de grandes grâces.» Alors le tableau se retourna, présentant sur son revers la lettre M surmontée d’une croix ayant une barre à sa base, le Cœur de Jésus entouré d’une couronne d’épines et le Cœur de Marie transpercé par un glaive. Tout autour brillait une couronne de douze étoiles.
Le Père Aladel, confesseur de Sœur Catherine, examina avec le soin et la prudence que la Sainte Eglise requiert les déclarations de la Sœur, et se montra d’abord très réservé. Le caractère de Sœur Catherine, sa vie exemplaire et son entière soumission à son confesseur mirent sa sincérité à l’abri de tout soupçon.
Le Père Aladel attendit jusqu’au début de 1832 pour parler à l’archevêque de Paris, Mgr de Quélen, des apparitions de la rue du Bac et des plaintes adressées par la Sainte Vierge à Catherine, parce que la Médaille n’était pas encore frappée. L’archevêque recommanda alors de faire frapper la Médaille. La joie de Catherine fut très profonde lorsque le Père Aladel lui remit la Médaille. Elle la prit avec respect, la baisa et dit: «Maintenant, il faut la propager. Qu’il sera beau d’entendre dire: Marie est la reine de l’univers. Ce sera un temps de paix, de joie et de bonheur.»
Les premières Médailles furent bénites par l’Archevêque lui-même, à qui Dieu accorda la grâce d’être le témoin du premier miracle. Mgr de Quélen, en effet, se présenta avec la Médaille à la porte d’un homme que son apostasie avait rendu tristement célèbre. Il allait mourir, refusant de se réconcilier avec Dieu. L’archevêque fut éconduit. Il redoubla de prière et de confiance en la Médaille de l’Immaculée. Durant la nuit, Mgr de Quélen fut appelé au chevet de celui qui avait renié sa foi et ses engagements. Touché par la grâce, le moribond mourut en paix dans les bras de l’archevêque de Paris. Le bruit de cette conversion se répandit rapidement.
A cette victoire de Marie vinrent s’ajouter les rapports d’autres conversions et guérisons extraordinaires. Bientôt, les fidèles ne parlèrent plus de la médaille que sous le titre, forgé par eux, de «Médaille Miraculeuse».
L’un des miracles qui eut le plus de retentissement fut la conversion du juif Alphonse de Ratisbonne, le 20 janvier 1842. A l’occasion d’un voyage en Italie, ce jeune Israélite s’arrêta à Rome où il rencontra le baron de Bussières, catholique ardent et convaincu. Rempli de compassion pour son jeune ami et poussé par une force extraordinaire qui lui faisait braver toutes les difficultés, le baron de Bussières chercha à conduire Ratisbonne à la connaissance de la vérité. Le jeune homme répondit par la raillerie à toutes les tentatives du baron. Sa conclusion était toujours la même: «Je suis juif, et je mourrai juif.» Le baron obtint de lui, cependant, qu’il portât au cou une Médaille Miraculeuse et récitât matin et soir le «Souvenez-vous». Cette prière devint comme une obsession dans l’âme du jeune homme; mais plus son ami cherchait à le persuader de la vérité du christianisme, plus Ratisbonne affirmait son incrédulité et même son aversion. Un ami du baron qui avait promis de prier pour cette conversion vint à mourir subitement, et, alors qu’on préparait les obsèques à l’église Saint-André, le baron s’y rendit pour régler quelques démarches. Il était accompagné de Ratisbonne, rencontré «par hasard» nous dirons «providentiellement» dans la rue et il entra avec lui dans l’église. «J’étais depuis un instant dans l’église, raconte le converti, lorsque, tout à coup, je me suis senti saisi d’un trouble inexprimable. J’ai levé les yeux; tout édifice avait disparu à mon regard; une seule chapelle avait, pour ainsi dire, concentré toute la lumière et au milieu de ce rayonnement a paru, debout, sur l’autel, grande, brillante, pleine de majesté et de douceur, la Vierge Marie, telle qu’elle est sur ma Médaille; une force irrésistible m’a poussé vers elle. La Vierge m’a fait signe de la main de m’agenouiller, elle a semblé me dire: «C’est bien!» Elle ne m’a point parlé, mais j’ai tout compris.» La conversion de Ratisbonne fut instantanée et parfaite. On lui conféra bientôt le baptême et, cinq ans plus tard, ayant renoncé au monde, il reçut l’ordination sacerdotale. Il mourut en odeur de sainteté, en 1884.
Les conversions, guérisons, grâces extraordinaires se multiplient. La Médaille Miraculeuse se répand de plus en plus; au bout de quelques mois, des médailles par milliers sont frappées et expédiées dans les pays les plus éloignés.
Sœur Catherine s’en réjouit dans le silence et la retraite. Jusqu’à sa mort, survenue le 31 décembre 1876, elle demeura dans la plus profonde obscurité. A l’exception de ses supérieurs, personne ne sut que Sœur Catherine Labouré était la privilégiée des apparitions.
Sur l’ordre de son confesseur, Sœur Catherine avait dû rédiger pour ses supérieurs différents rapports sur les apparitions. Après sa mort seulement, ses supérieurs firent connaître le secret de cette vie extraordinaire. La Sainte Eglise la canonisa en 1947. Son corps est conservé intact dans la chapelle des Apparitions, à la rue du Bac, à Paris.
«Toutes les personnes qui portent la Médaille recevront de grandes grâces. Les grâces seront abondantes pour les personnes qui auront confiance.» Telle avait été la promesse de Marie à Sœur Catherine Labouré. Marie l’a réalisée et continue à répandre ses grâces parmi nous: conversions dans tous les milieux de la société, guérisons de maladies de toutes sortes, secours miraculeux dans les plus grandes difficultés, les pires détresses et même dans les dangers de mort. Combien de Médailles, déposées par une main pieuse et discrète sous l’oreiller de mourants révoltés contre Dieu, leur ont obtenu la grâce du repentir, du pardon et de la paix!
Marie se manifeste par sa Médaille comme la terreur du démon et la victoire sur l’esprit du mal: «Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.» Que de malades abandonnés à leur sort par l’impuissance de la science humaine ont retrouvé la santé au contact de la Médaille Miraculeuse, par l’intercession de celle qui est vraiment le Salut des infirmes.
En 1894, le pape Léon XIII institua la fête de l’Apparition de la Vierge Immaculée et de la Médaille Miraculeuse et la fixa au jour de l’apparition, le 27 novembre. Nous lisons au bréviaire de la fête: «Afin que la puissance et la libéralité que notre Mère miséricordieuse nous a témoignées par la sainte Médaille demeurent toujours dans notre souvenir et qu’en même temps la dévotion des fidèles à la Vierge Immaculée s’approfondisse, il parut bon au Saint-Siège de célébrer chaque année par une solennité particulière les apparitions de l’Immaculée et de sa sainte Médaille.»
Athanase Cottier
Littérature:
«Médaille miraculeuse» grandeur: 19 mm
Laiton doré E 0.80 CHF 1.20
Plaqué or E 11. CHF 17.
Or 18 carats E 135. CHF 200.
«La Médaille Miraculeuse de l’Immaculée» Historique et Neuvaine, par Athanase Cottier, 32 p., 6 illustr. n/b, 10,5x15 cm E 2. CHF 3.
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