10e anniversaire de la béatification de

Marguerite Bays

stigmatisée suisse (1815-1879)

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Cadre dans lequel elle a vécu

Marguerite Bays, stigmatisée suisse, est née le 8 septembre 1815, dans le hameau de La Pierraz (paroisse de Siviriez) où elle a passé toute sa vie.
Elle était la deuxième enfant de Pierre Antoine Bays et de Joséphine, née Morel. Son père était cordonnier et paysan. Son frère aîné, Claude, reprit l’exploitation du domaine après la mort du père et Marguerite, célibataire, passa le reste de sa vie dans la famille de son frère Claude.
Marguerite Bays s’est dévouée au sein de la paroisse de Siviriez. Son curé la considérait comme une paroissienne modèle. Elle faisait partie de toutes les "Congrégations" paroissiales, s’occupant de la Sainte Enfance, de la Propagation de la foi, étant membre de la Confrérie du Rosaire et de la Confrérie du Saint Sacrement. Elle adhéra au Tiers-Ordre de saint François.
Elle se dépensa au service des enfants, des pauvres, des malades et des mourants.
En 1854, à l’âge de 39 ans, les médecins décèlent en elle un cancer des intestins. Une intervention chirurgicale n’arrête pas le cours de la maladie. Marguerite se tourne vers Dieu par l’intercession de la Vierge Marie. Sa prière est exaucée. Le miracle se produit le 8 décembre 1854…
Remarquons que c’est le jour où le Pape Pie IX définissait solennellement le dogme de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie.

Participation aux souffrances du Christ

Les souffrances et la mort du Christ sont source de salut. Dès lors toute souffrance supportée avec courage et par amour en union au Christ mort et ressuscité, devient participation à la construction du royaume de Dieu qui atteindra sa plénitude à la fin des temps. Alors, Dieu «essuiera toute larme de leurs yeux; de mort il n’y en aura plus; de pleurs, de cri et de peine, il n’y en aura plus, car l’ancien monde s’est en allé.» (Ap 21,4)
Jésus nous a prévenus: «Que celui qui veut être mon disciple prenne sa croix et qu’il me suive!» (Mt 16,24) Marguerite Bays a pris sa croix et elle a suivi le Christ fidèlement, dans la discrétion et l’effacement.
A partir de 1860, Marguerite fut associée aux souffrances et à la Passion du Christ. Tous les Vendredis Saints, elle était transportée dans une extase qui durait d’abord dix à quinze minutes, puis au fil des ans, une heure pleine.
Le Curé de Siviriez, constatant l’intérêt croissant porté à sa paroissienne, décida de provoquer une enquête qu’il confia au Docteur Alexis Pégaitaz de Bulle, alors jeune médecin de 35 ans, d’une vive intelligence. Celui-ci dut reconnaître que la science n’était pas à même d’expliquer certains phénomènes, notamment les stigmates.

Visions et révélations

Les visions de Marguerite Bays ne se limitaient pas au temps de ses extases. Elle voyait des événements qui se passaient hors de la portée de son regard. Un jour qu’elle était en prière dans sa chambre, elle vit venir en direction de La Pierraz trois voyageurs. Ils passèrent devant la chapelle de Notre-Dame du Bois, située entre Romont et La Pierraz. Seul, un frère convers de l’Abbaye d’Hauterive entra dans la chapelle pour adresser une prière à Marie. Lorsqu’ils parvinrent auprès de Marguerite Bays, celle-ci dit au Frère convers: «Vous avez bien fait, Frère Joseph, d’aller saluer la Sainte Vierge en passant devant sa chapelle!»
Marguerite voyait aussi des choses à venir. Un cas parmi d’autres: elle savait notamment que sa filleule Alphonsine deviendrait moniale au monastère cistercien de la Fille-Dieu à Romont.

Une paroissienne exemplaire

Marguerite Bays était assidue à la prière, aussi bien personnelle que communautaire: elle participait fidèlement aux offices religieux de sa paroisse.
Dès l’âge le plus tendre, Marguerite manifesta une grande piété. Elle était attirée par le silence et la solitude, de même que par la pratique de l’obéissance à l’égard de ses parents. Devenue adulte et ayant appris le métier de couturière, elle confectionnait pour elle-même des vêtements simples et modestes.
Marguerite évitait les fêtes profanes. Elle savait toujours refuser l’invitation d’une manière polie et elle se retirait dans sa chambre pour se livrer à la prière ou à la lecture d’un livre de piété.

Une âme d’apôtre

Elle avait le souci de l’épanouissement de la foi dans la vie paroissiale. Afin de développer le sens du mystère de l’Incarnation, elle préparait pour Noël une petite cérémonie autour d’une crèche qu’elle préparait dans sa chambre. Elle-même priait et chantait. C’était pour elle une occasion de faire prier les gens.
Marguerite s’occupait spécialement des enfants pauvres. Elle raccommodait gratuitement leurs habits et parfois même les habillait de neuf.
Elle était particulièrement zélée à visiter les malades. Elle les assistait de ses prières, les rassurait dans leurs angoisses et les encourageait à souffrir avec patience et confiance en Dieu.
Elle s’occupait aussi des mourants, allant souvent les veiller, les exhortant à la pénitence et à la réconciliation et les préparant à faire le grand pas.

La dernière étape

Marguerite Bays souffrait de douleurs aiguës à la tête. Un feu intérieur la brûlait. Personne ne voyait ce qu’elle avait. Au cours du Carême 1879, un affaiblissement général croissait de jour en jour.
Elle a énormément souffert avant de mourir. Loin de se plaindre ou de murmurer, elle endurait ses souffrances avec une patience incomparable. Elle se soumettait en silence aux traitements des médecins, tout en se rendant compte que les remèdes humains étaient désormais inutiles.
Marguerite avait demandé à Notre Seigneur la grâce de mourir pendant la fête du Sacré-Cœur et de fait elle a quitté ce monde le vendredi dans l’octave du Sacré-Cœur, le 27 juin 1879, à 15 heures.
La cérémonie de béatification eut lieu il y a dix ans, soit le 29 octobre 1995, en la basilique Saint-Pierre de Rome. Le pape Jean Paul II proclamait simultanément bienheureuses deux autres Suissesses: Sœur Marie-Thérèse Scherrer, fondatrice des Sœurs de la Sainte Croix d’Ingenbohl (1825-1888), et Sœur Maria Bernarda Buttler (1848/1924), fondatrice des Franciscaines de Marie Auxiliatrice. La fête liturgique de la Bienheureuse Marguerite Bays a été fixée au 27 juin.
A l’occasion de cet anniversaire, une messe a été concélébrée dans l’église de Siviriez, le 23 octobre, par le Nonce apostolique en Suisse, Mgr F. Canalini, par l’évêque du diocèse, Mgr B. Genoud et le P. Hodel, postulateur, et le P. Jacques Le Moual, vice-postulateur, curé de Charmey et environs (dont la paroisse de Hauteville, siège des Editions du Parvis et de Stella Maris.
Le Père Claude Morel, missionnaire de St-François de Sales, vient de publier un livre sur Marguerite Bays1, disponible au Parvis.
Dans nos nécessités, invoquons la Bienheureuse Marguerite Bays, qui nous apportera l’aide espérée du Ciel.

André Castella

Littérature:
«Mieux connaître la bienheureuse Marguerite Bays», par le Père Claude Morel, 15,5x22,5 cm 108 pages E 13.– CHF 20.–
«La vie de Marguerite Bays ou l’Evangile devenu symphonie»
DVD, 34 min. E 14.- CHF 20.–

(Pour rédiger cet article, nous nous sommes inspirés du livre du Père Claude Morel, missionnaire de Saint-François de Sales, qui vient de paraître aux Editions Saint-Paul à Fribourg et qui est disponible à la librairie du Parvis…)

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