Vers le Père

Les obsèques de Jean Paul II

=> STELLA MARIS 414 SOMMAIRE

Les funérailles du Pape Jean Paul II ont revêtu le caractère de la ferveur, de la simplicité et d’une grande dignité. Par les médias, spécialement la télévision, le monde entier s’est associé à cette émouvante cérémonie.

Le Pape n’est plus le pape. La piété filiale des proches.

Le droit de l’Eglise suit la procédure établie par Jean Paul II lui-même dans sa Constitution Apostolique «Universi Dominici Gregis» du 22 février 1996. Le chapitre V règle les obsèques. Dès que le décès est constaté, parmi les actes immédiats, on retire l’anneau du pêcheur du doigt du Pape et on le brise. De même que n’a plus cours son blason, qui sera retiré des armoiries du Vatican.
La Constitution a interdit toute photo et tout enregistrement des derniers moments du Pape.
Peu après les soins nécessaires, le corps du Pontife est transféré de sa chambre dans sa Chapelle privée où il repose au centre, en paix, revêtu d’une chasuble de velours rouge, du pallium, de la calotte blanche et tenant entre ses doigts le chapelet, signe éloquent de sa consécration totale à Marie. Derrière l’autel, figure toujours sous la Croix l’icône de la Madone tant aimée de Czestochowa.
Ensuite est effectuée la première et émouvante prière pour le repos de l’âme du défunt, confiée à la Miséricorde divine, en présence des Autorités concernées.
Suit la lecture en latin de l’acte authentique de décès (certifié au préalable par le Docteur Buzzonetti, médecin titulaire et principal du Saint-Père), document signé notamment par le Cardinal Camerlingue Edouard Martinez Somalo, les prélats membres de la Chambre Apostolique, en présence des témoins, dont le Cardinal Jaworski, ami de jeunesse du Pape, Stanislas Dziwisz, secrétaire particulier «fidèle» et «filial», Mgr Piero Marini, dernier maître des cérémonies pontificales, le P. Tadeus Styczen, continuateur de Karol Wojtyla à Lublin, Angelo Gugel, majordome, les Sœurs de Pologne de sa Maison…
Avant de quitter la Chapelle, les personnes présentes baisent respectueusement le corps du Pape bien-aimé.

La ferveur de Rome et du peuple chrétien

Dès la disparition du Pape, son Cardinal-Vicaire pour le Diocèse de Rome, le Cardinal Camillo Ruini, a notifié à ses diocésains la nouvelle de sa mort, écrivant notamment: «… Nous prions pour lui, qui nous a tant aimés…Il ne nous a pas abandonnés… Que la Vierge Marie à qui il a consacré toute sa vie, le serre dans ses bras…».
Dans la matinée du dimanche 3, la dépouille mortelle a été portée en procession dans la Salle Clémentine où va être exposé le corps de manière semi-privée. Il a été placé sur un sobre catafalque drapé de velours gris, avec, non loin, une grande croix, le cierge pascal allumé, et l’eau bénite.
Le Pape repose avec une simple mitre blanche, et sa croix de pasteur enserrée dans son bras gauche.
Les premiers à lui rendre hommage sont les cardinaux français Etchegaray et Poupard.
A 12h30, le Camerlingue préside une célébration marquant le début des visites pour vénérer la mémoire de l’auguste défunt. Après le Chef de l’Etat, le Président Ciampi, le Président du Conseil, le Gouvernement, le Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, défilent les notabilités locales, les prélats, tandis que prient, discrètement, les Sœurs polonaises, don Stanislas…
Pendant ce temps, s’est achevée la Concélébration eucharistique de la Place Saint-Pierre, présidée par le Cardinal Sodano. Au moment du Regina Cæli, Mgr L. Sandri a donné lecture du dernier message du Pape: la méditation pour cette prière mariale, le «dernier don» de Sa Sainteté: «Aujourd’hui nous répétons: Jésus, j’ai confiance en Toi…».
Le lendemain, lundi 4 avril, à 17h. le corps du Saint-Père est solennellement transféré de la Salle Clémentine à la Basilique Saint-Pierre, où il est déposé devant l’entrée de la crypte des papes, en avant de l’autel de la Confession. Jusqu’au jeudi soir 7 avril, ce sera un défilé ininterrompu d’un million quatre cent mille pèlerins de toutes nations, âges, conditions, jour et nuit. Hommage spontané, et méritoire quant aux longues heures d’attente. Viendront se recueillir les grands comme les humbles, des incroyants comme des croyants, les représentants de nombreuses autres religions. On aurait cru se reproduire à grande échelle la visite des Mages.

Vers le Père.
L’hommage universel

C’est au milieu de ce fleuve tranquille que s’est préparée la cérémonie des obsèques, avec le concours de la Ville de Rome.
A 10 h, le vendredi 8, sous un ciel incertain et venteux, a débuté la solennelle concélébration, après que le cercueil de cyprès a été amené par douze porteurs, et déposé à même le sol. Sur le côté gauche figuraient les cardinaux et autres prélats intérieurs et extérieurs, ainsi que d’autres dignitaires religieux œcuméniques. Sur le côté droit, figuraient les invités et personnalités politiques, plus de 200 délégations de toute la planète, hormis ceux qui, par leur absence, ont démenti l’hommage quasi unanime du monde. Le Cardinal F. Etsou me disait: «Regardez comme, par delà la mort, le Saint-Père reste l’unificateur.» Les USA à eux seuls étaient représentés par trois présidents, la Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, le candidat Terry. On les avait vus s’agenouiller devant la dépouille du Saint-Père. La Fille aînée de l’Eglise ne l’a pas fait.
Présidée par le Cardinal Ratzinger, doyen du Sacré-Collège, la messe — retransmise par les chaînes de télévision du monde entier — a retenti des lectures sacrées, entremêlées des chants les plus expressifs, tandis que le Cardinal prononçait une homélie à la mémoire et à la hauteur du Pape disparu. Plusieurs fois interrompu par les applaudissements à l’égard du défunt, l’orateur a vu fuser des banderoles brandies surtout par des Polonais, nombreux, pour demander la canonisation immédiate de «leur» Pape.
Tandis que le vent soulevait les chasubles et tournait les pages de l’Evangile posé sur le cercueil, la concélébration se poursuivait dans un recueillement intense, devant la multitude refluant jusqu’au Tibre et disséminée dans des campus pourvus d’écrans géants, dispersés aussi à travers la Ville.
Après la communion, portée aux quatre coins de Rome, de furtives apparitions du soleil réchauffaient quelque peu l’atmosphère.
A l’issue de la célébration, s’est élevé le chant du Magnificat, superbe, tandis que les applaudissements crépitaient et emplissaient les colonnades du Bernin, en vagues ininterrompues. Ils ont redoublé quand il a bien fallu que les porteurs reprennent le cercueil. Avec une dignité, pour ne pas dire une majesté exemplaire, ils ont retourné le corps une dernière fois, pour que la foule et le monde puissent lui adresser un ultime adieu, sous une tempête d’acclamations et les larmes de bien des cœurs… Au total, trois millions de personnes sont venues dire adieu à Jean Paul II…
La Pologne était la plus émue, du Cardinal Glemp et de Lech Walesa présents, aux fidèles innombrables réunis sur la Place Jean Paul II de Wadowice, et au parc géant de Blonie à Cracovie, la métropole de Karol Wojtyla. Les Autorités de la République avaient rédigé un message officiel de condoléances exprimant la douleur, la fierté, la gratitude de la nation polonaise, envers le «Grand Personnage, Grand Polonais, dont le peuple a subi une perte irréparable… ».
Le corps du Saint-Père était ensuite descendu dans la crypte papale, à la place de la tombe de Jean XXIII, béatifié. Le visage revêtu d’un voile de soie blanche, en signe de contemplation de la béatitude divine, et une chronologie de sa vie et des médailles de son pontificat reposant près de lui, il a été déposé dans deux autres cercueils et remis à même la terre. Après l’hommage des cardinaux jusqu’au mardi 12, la tombe est accessible aux pèlerins depuis le mercredi 13 avril, les novemdiales devant s’achever le samedi 16 avril.
Les cardinaux se réunissent, entrent en conclave le 18 pour élire le nouveau Pape que vous connaîtrez au moment où vous lirez ces lignes. Que, fidèle au pontificat éminemment prophétique de Jean Paul II, son intercession ne lui fasse pas défaut et que le peuple chrétien prie pour lui, car il en aura bien besoin, dans l’attente du triomphe de Marie et de la Civilisation de l’Amour, si bien préparée par l’inoubliable Jean Paul II. Merci pour tout, Très Saint-Père!

Bernard BALAYN

> Les livres de Bernard Balayn

Copyright © 1999 - 2005
Conformément aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle, tous les textes et illustrations sont protégés par le Droit d'Auteur.
EDITIONS DU PARVIS - STELLA MARIS - CH-1648 HAUTEVILLE / SUISSE.
Tél.: 0041 (0)26 915 93 93 FAX: 0041 (0)26 915 93 99 E-MAIL librairie@parvis.ch

PAGE D'ACCUEIL PARVIS // STELLA MARIS