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Alors qu’on le voyait malade depuis plusieurs années, et que l’on a assisté à sa torturante agonie, tout le monde a été stupéfait et bouleversé par sa mort. Sans doute convient-il de retracer quelques étapes de son calvaire, de se demander pourquoi, et de considérer ce qui nous interpelle dans cette pâque.
Pour comprendre la souffrance et la mort du Saint-Père Jean Paul II, il faut remonter aux décrets éternels, et, dans le temps, à la prophétie dévoilée aux enfants de Fatima, alors que Karol Wojtyla n’était pas encore né. Un jour de 1917, dans la lande d’Aljustrel, la petite bergère Jacinta raconta à sa cousine Lucie sa vision: «N’as-tu pas vu le Saint-Père dans une très grande maison, à genoux devant une table, la tête dans les mains et pleurant? Dehors, beaucoup de gens lui jetaient des pierres, le maudissaient et lui disaient beaucoup de vilaines paroles. Pauvre Saint-Père! Il nous faut beaucoup prier pour lui!» Cette vision s’est trouvée doublée par le fameux secret, dévoilé au monde en 2000, à Fatima même, lors de la béatification des deux pastoureaux. Les deux communications n’en faisaient qu’une et concernaient les souffrances morales qu’allait endurer le Pape en question. Les événements ont démontré sans peine que le Pontife le plus concerné, et qui a manifestement le plus souffert, était Jean Paul II, «L’Evêque vêtu de blanc (= de Rome, donc le Pape)…».
Ces événements ont commencé à se réaliser avec l’attentat du 13 mai 1981, lorsque, blessé à mort, Jean Paul II s’est effondré dans la jeep de la Place Saint-Pierre. Son secrétaire privé, don Stanislas Dziwisz, en avait parlé lors d’une conférence à Lublin le 13 mai 2001. Il a donné de nouvelles précisions dans le dernier livre du Saint-Père «Mémoire et identité», disant qu’il avait pratiquement failli mourir, non seulement sur la Place, où la balle a été déviée dans son corps, mais lors de l’hospitalisation, à cause des organes très endommagés, de l’échec de la première transfusion sanguine, du pouls qui ne battait presque plus. Il a fallu comme un second miracle pour le sauver…
Il y a eu la seconde tentative d’attentat, à Fatima, le 12 mai 1982 au soir, pour laquelle le Saint-Père avait été averti par le voyant des Trois-Fontaines, Bruno Cornacchiola, celui qui avait voulu tuer Pie XII. La Vierge lui avait dit que «le Pape ne devait pas craindre pour sa vie, qu’elle le protégerait» (2 février 1982). Pourquoi? Parce que dès son ordination sacerdotale, il s’était officiellement consacré à la Mère de Dieu, celle dont il avait découvert le vrai visage dans le «Traité de la vraie dévotion» de Montfort. Celle qui l’avait déjà protégé dans d’autres circonstances: son camarade qui tira sur lui (à quinze ans) pour s’amuser avec un pistolet d’emprunt (la balle frôla sa tempe); deux accidents durant la guerre, dont un qui le laissa dans le coma plusieurs jours; sa préservation pendant une perquisition allemande chez lui, puis du goulag lors de l’occupation russe de 1945… Son «Totus Tuus» portait ses pleins effets et le portera durant les attentats pour que le monde comprenne bien qu’il est le Pape de la consécration à son Cœur Immaculé, le principal Pape de Fatima, celui du secret, qu’il est celui qui a tout remis à sa Mère et se laisse guider par Elle. Quand il devient Pape en 1978, il montre à la face du monde cette consécration en marche, avec son blason épiscopal devenu papal: la Croix et le M de Marie. Il a voulu indiquer par là qu’il s’était consacré à Jésus par Marie et en Marie. Sans cela, l’on ne peut pas comprendre le long martyre qui va s’ensuivre et qui aboutit à sa mort.
S’étant abandonné à la volonté divine par sa consécration et par l’acceptation pleine et entière du service de Pierre, il a voulu, aidé par la grâce et Marie, aller jusqu’au bout. C’est ce sans-faute qu’il vient de réaliser, pour l’édification de la Chrétienté et du monde.
Jean Paul II a souffert de bien des manières, et de façon croissante, au point que l’on peut se demander comment son moral et son cœur ont-ils pu résister aux pressions contraires évoquées par Jacinthe de Fatima. Que l’on essaie de se rendre compte de quelques-unes de ses intenses douleurs morales: le fait que ses enseignements n’aient pas reçu tout l’écho qu’ils méritaient, qu’ils n’aient pas été relayés suffisamment par les clergés nationaux, que ceux-ci n’aient pas eu la docilité attendue pour faire ce qu’il n’a cessé de demander. Sinon, pourquoi le Saint-Père aurait-il répété si souvent qu’on l’écoute, qu’on le suive, qu’on lui obéisse: «Serrez-vous près de moi!» disait-il à ses cardinaux, et, par eux, aux évêques et aux prêtres. Pourquoi suppliait-il tout autant: «Priez pour moi, priez pour que je puisse accomplir ma charge!» Réalise-t-on la lourdeur et la complexité de l’état dans lequel est l’Eglise depuis le Concile? et plus encore celles du monde en proie à de telles convulsions? Mais quel Pape fallait-il pour dompter de telles difficultés? Il a donc beaucoup souffert d’une grande solitude, malgré certaines apparences. Il a subi tant de pressions médiatiques à propos de son magistère ecclésial et moral: sa défense du sacerdoce, de la vie, de la famille; de ses prises de position pour les droits de l’homme: la paix, le tiers-monde, sa lutte contre l’exploitation de la misère, de l’enfance, pour la justice sociale…
En 1994, il a exprimé son immense douleur au moment de la Conférence du Caire, contre les politiques anti-natalistes et faussement féministes, lorsque du haut de sa fenêtre, il a parlé du seul langage qui lui restait pour faire reculer la formidable offensive des cultures de mort: «La prière ne suffit plus; il faut la souffrance, l’évangile de la souffrance; il faut que le Pape offre sa souffrance.» Or, il rentrait de sa 5e hospitalisation comme pape. Il était bien celui que la presse raillait et combattait pour sa morale «d’un autre âge», celui que «l’on maudissait, à qui on jetait des pierres». Qui ne se souvient du pénible voyage à Reims, en 1996, qui dérangeait fort la franc-maçonnerie, alors que Jean Paul II était en instance d’opération de l’appendicite? Or donc, en 1994, jamais on ne l’avait vu exhaler ainsi son extraordinaire souffrance morale, celle d’un Pontife dont on avait l’impression qu’il était comme le seul à se battre ainsi pour la survie et le bien de l’humanité, lui son père. Pourquoi nous priait-il sans cesse «Aidez-moi!»? Parce qu’il avait besoin d’un amour que nous ne lui donnions pas assez. Les foules sont venues se presser devant sa dépouille; c’est beau et bien; mais il était plus important de venir le visiter, l’écouter, le réconforter, quand il était vivant, quand il avait besoin de notre amour et de notre prière.
Avec cela, car son immolation a été globale, il faut compter avec les accidents de santé et les opérations à répétition. L’enjeu avec le Démon était tel que celui-ci n’a pas hésité à le frapper de front, avec les attentats cités. Mais Dieu a permis qu’il soit régulièrement frappé par des chutes et la maladie, dont la dernière vient de l’emporter. Avec elle, nous entrons dans la phase paroxystique de son abandon à Dieu et de son holocauste, au service de l’Eglise et du monde.
Vers 1994, les documents montrent qu’il a subitement changé: les horreurs de la guerre de Yougoslavie réactivent une souffrance qui n’a pour ainsi dire jamais cessé. Et sa main gauche se met à trembler: ce sont les premières atteintes de la maladie de Parkinson. Quand nous l’avons rencontré en 1995, il avait un mouchoir sur son genou: il commençait à saliver. Cela nous avait frappés. Alors qu’il marchait encore assez bien (on nous avait fait monter vers lui, salle Paul VI; il ne descendait plus vers ses invités). Par la suite, sa santé n’a cessé de se dégrader. Lors de notre dernière visite, dans ses appartements, fin 2000, il est très voûté, tient sa canne. Mais il nous a reçus encore debout. Peu à peu, il doit s’asseoir et ne se lèvera plus de son siège. Sa parole se fait de plus en plus difficile; il faut bien avoir l’habitude de l’entendre pour le comprendre. A Lourdes, le 15 août 2004, il dit clairement que c’est son dernier voyage. Il fait des efforts surhumains pour prononcer son homélie. Sa souffrance est tellement prenante que les fidèles applaudissent ses silences pour l’aider à parler! Il manque de tomber de son prie-Dieu à la Grotte. Il n’est pas venu demander sa guérison, mais la conversion des pécheurs, et il offre son calvaire à la Dame de Massabielle.
Peu après, en septembre dernier, après sa visite ad limina, l’évêque d’Auckland (N. Zélande), Mgr P. James Dunn, observait: «Handicapé et paralysé par la maladie, Jean Paul II dirige l’Eglise depuis sa place sur la Croix du Christ. Il est en train de vivre les plus grands jours de son extraordinaire pontificat».
Enfin, le dimanche 30 janvier, il prend froid à sa fenêtre, tandis que des enfants lâchent avec lui des colombes. Il parle pour la dernière fois de façon audible. Du 1er au 10 février, il doit se rendre à l’hôpital Gemelli, pour un refroidissement. Malgré les soins, sa gorge reste fragile; il doit être hospitalisé une seconde fois, la dernière fois, du 24 février au 13 mars. Dès le 24, il subit une trachéotomie pour lui permettre de respirer, mais il ne pourra plus parler. Entre-temps, Sœur Lucie de Fatima, la détentrice du secret sur lui, s’éteint au soir du 13 février. On se prend à penser que c’est un signe, qu’elle est allée préparer la place pour l’illustre Pontife.
De retour au Vatican, il suit de ses appartements les cérémonies de la Semaine Sainte. On le voit seulement le soir du Vendredi-Saint, suivant le Chemin de Croix depuis sa chapelle privée, tenant, assis, un crucifix.
A la fin de la messe de Pâques, le 27 mars, les caméras se braquent sur sa fenêtre où il apparaît une ultime fois. La foule, comme pour les Rameaux, est émue. Le monde entier attend. Mais, s’il donne sa bénédiction Urbi et Orbi, aucun son ne peut sortir de sa bouche, et il le fait comprendre, comme pour s’en excuser. Lui qui était rempli de force physique, fait montre de la plus grande impuissance; mais aussi, quelle force spirituelle! L’assemblée en est bouleversée. Qui dira le tourment du pauvre Pape, surtout quand on voit, mû par une volonté extrême, son visage au masque si douloureux?
Dans tout ce que nous avons essayé d’évoquer, l’accroissement sans répit des souffrances du Pape est bien la réalisation de la prophétie du secret de Fatima le concernant: «… L’Ange dit d’une voix forte: Pénitence! Pénitence! Pénitence [= acceptation de la souffrance]. Et nous vîmes… un Evêque vêtu de blanc, ‘nous avons eu le pressentiment que c’était le Saint-Père’… [Il montait] une montagne escarpée, au sommet de laquelle il y avait une grande Croix..; avant d’y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine [= la désolation du monde en proie à une violence, grande, continue et meurtrière] et, à moitié tremblant, d’un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu’il trouvait sur son chemin; parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent plusieurs coups avec une arme à feu… »
Désormais, les choses s’accélèrent, la pâque du Pontife est arrivée. Dans la soirée du jeudi 31 mars, son état s’aggrave subitement: ayant déjà perdu 19 kilos en quelques semaines, se résolvant mal à s’alimenter avec une sonde nasale, il fait une infection intestinale, avec fièvre, septicémie, et même un arrêt cardiaque dans la nuit. Ses appartements ayant été médicalisés, il décide de ne pas retourner à Gemelli. Il veut que sa fin, qu’il sent inéluctable, s’opère au Vatican. Dans cette optique, il reçoit le Sacrement des malades. Le lendemain, premier vendredi du mois, il trouve encore la force de concélébrer la messe de son lit avec son dévoué secrétaire, don Stanislas, de réciter les Heures, de faire son Chemin de Croix: c’est la fidélité en actes jusqu’au bout, quelles que soient les circonstances. L’alarme est telle que, dans la soirée, la foule s’agglutine sur la Place Saint-Pierre, dont beaucoup de jeunes; les prières fusent, les journaux télévisés se prolongent, car on croit que le Pape va mourir. Informé, le Saint-Père apprécie que le peuple soit enfin accouru à son chevet et prie pour sa sainte mort.
Dieu est le maître du temps. Le Pape est entré en agonie, dans le dernier combat, toujours conscient; partout, les prières se font plus instantes; des messes commencent à être célébrées; même si on a l’impression que ce corps toujours robuste et au service de la vie ne veut pas céder, les heures passent, chacun guettant les bulletins de la radio, et, le soir venu, la télévision. On sait que, le matin, Jean Paul II n’a pu concélébrer la messe, seulement y assister; c’est dire combien le moment fatal est imminent. Cependant, il a pu recevoir deux personnalités ultimes: les cardinaux Sodano et Ratzinger, qu’il remercie par un clignement de paupières pour leur dévouement.
Après 20 heures, la nuit est tombée sur la Ville Eternelle, mais la Place Saint-Pierre rayonne de tous ses feux, comme une grande fête. Et ç’en est une: la foule est revenue, dense, et le chapelet s’élève avec émotion et ferveur. Après chaque dizaine, on chante un couplet du célèbre cantique de Fatima qui accompagne la prière intercalaire de Marie en prévision de la mort. Au troisième étage, veille et prie le proche environnement du Saint-Père, principalement polonais, avec surtout don Stanislas, le camérier Angelo Gugel, les Sœurs polonaises, le médecin Renato Buzzonetti. Les deux fenêtres allumées indiquent que le Pape est toujours en vie. Mais, tandis que le chapelet va s’achever, une troisième fenêtre, celle de l’infirmerie, s’allume. Grand émoi sur la place; les médias sont en alerte. Il est près de 22 heures. Tout à coup, un frisson traverse la foule des fidèles et les téléscripteurs clignotent la nouvelle tant redoutée: depuis 21 heures 37, l’heure de la prière de Jasna Gora, «Krolowo polski…», le successeur de saint Pierre n’est plus. Pour confirmer le décès, la grosse cloche de la façade ouest de la Basilique se met en branle. On lit, sur les visages, embués de larmes, la stupeur muette, la douleur, la résignation. Cet homme, qui était le paratonnerre de l’humanité, dont le cœur, tant qu’il battait, était la conscience du monde, et semblait garantir la vie et la joie de chacun, s’est bien éteint.
Le silence s’est maintenant abattu sur la grande place, qui continue à prier toute la nuit, pour accompagner le défunt au ciel.
Tout s’est passé selon la volonté divine avec les significations requises: le Pape est parti le jour du premier Samedi du mois 2 avril; ainsi l’a permis la Dame de Fatima à qui il a tant de fois consacré sa personne (il écrivait encore sur son lit de souffrance: «Je suis toujours Totus Tuus»), l’Eglise et le monde. Il s’en est allé au moment des premières vêpres de la Fête de la Miséricorde. Ainsi a tranché le Christ miséricordieux, tandis que la foule des priants récitait entre les dizaines la prière enseignée par la Dame du Rosaire: «O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, et conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.» Comment mieux lier la double célébration, le Cœur de Marie et le Cœur miséricordieux de Jésus? Ainsi, a tranché le Christ de pitié et de tendresse dont il a tant prêché l’amour; ainsi a été récompensée la Pologne de Sœur Faustine, l’apôtre de la Miséricorde divine. Cette miséricorde, il l’avait invoquée dans son testament, dès 1979: «A tous, je demande de prier pour [obtenir] la Miséricorde de Dieu». En 1980, il avait comme pressenti la période liturgique de son trépas: «J’espère que le Christ me donnera la grâce pour l’ultime passage, c’est-à-dire ma pâque». Enfin, comment ne pas remarquer comme un grand signe, le fait qu’il soit parti rejoindre son Maître en l’Année de l’Eucharistie qu’il a proclamée, lui qui s’est consumé à sa suite dans le martyre du service victimal et de la souffrance?
Tour à tour se sont éteintes les grandes lumières de l’humanité, au tournant du siècle: le Cardinal Wyszynski, André Frossard, Jérôme Lejeune, Mère Teresa…
Le monde se sent plus orphelin que jamais; de toutes parts jaillit la même peine: «J’ai perdu mon père… ». Litanie bouleversante. Une fidèle dit: «La mort du Pape rejoint chacun où il en est dans sa conscience.» Et c’est vrai: cette mort désormais nous interpelle. Une autre supplie: «Je suis enfin venue, je lui ai apporté une lettre; je lui demande de me bénir; je sais que, d’une manière ou d’une autre, il m’accordera la bénédiction que je suis venue chercher.»
Une dernière chose: la fin du secret de la Dame du Rosaire disait: «…Sous les deux bras de la Croix [sur laquelle l’Evêque vêtu de Blanc venait de mourir], il y avait deux Anges, chacun avec un arrosoir de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des martyrs et avec lequel ils irriguaient les âmes qui s’approchaient de Dieu.»
Avec tous les martyrs du vingtième siècle qu’il a proclamés tels, Jean Paul II est un authentique martyr de la foi, pour laquelle il avait commencé à verser son sang le 13 mai 1981 ne l’oublions pas.
Ce sang et ce martyre du cœur sont donc des semences de co-rédemption. C’est pourquoi le saint Pontife est mort aux prémices de la célébration de la Divine Miséricorde: il va faire descendre sur le monde un fleuve de grâces. Le triomphe annoncé par Marie est bien commencé par son «premier fils de prédilection», le Pape Jean Paul II; il faut donc continuer à prier et espérer, afin que ce triomphe, sans doute accéléré par la puissante intercession du Pape sur le Cœur Immaculé de Marie, soit effectif sous peu. Ainsi a fini de s’exhaler le sens providentiel du blason du Pape, par sa juste mort entre la divine Croix et Marie.
Deo gratias. Alleluia!
Bernard BALAYN
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