Jean-Yves Marie TourbinUn chanteur de Dieu=> STELLA MARIS 409 SOMMAIRE |
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La Nef Pourriez-vous d’abord nous présenter succinctement votre itinéraire et comment vous vous êtes converti?
Jean-Yves-Marie Tourbin Au début des années soixante-cinq, dégoûté par une société égoïste, superficielle et sans amour, je quittai tout pour prendre la route, car j’étais très malheureux. Destination: les Etats-Unis, le Canada, le Mexique. Je prenais mon bâton de pèlerin pour une Iongue quête spirituelle car, sans le savoir, je cherchais Dieu. Découverte de la musique Rock… avec ses thèmes de révolte contre l’ordre établi, la drogue…
J’ai poursuivi mon chemin du côté de l’Inde où j’ai rencontré mon épouse danoise. Nous avons fréquenté un peu les théosophes, tous ces maîtres à penser dont se nourrit aujourd’hui le «new age». Après avoir vécu plusieurs années au Danemark, nous quittions tout pour l’Irlande, l’île des saints. «Cherche, et tu trouveras», nous dit Jésus. Nous cherchions la vérité.
Un jour, nous avons été profondément touchés par les larmes de la Vierge Marie de Syracuse en Sicile. Elle pleurait sur l’état du monde à cause des péchés des hommes et des nôtres en particulier. En d’autres lieux comme Fatima, La Salette, la Vierge demandait de se convertir, de fréquenter les sacrements, de prier le rosaire. Nous avons pris son message à la lettre. Après plus de vingt ans d’errance, je découvrais la vie de la grâce, cette vie éternelle commencée dès ici-bas.
Que recherchez-vous à travers la chanson, peut-elle avoir un but missionnaire?
Comment peut-on rester indifférent devant le mal qui se répand dans le monde? Saint Paul nous dit que «c’est à nous (chrétiens) qu’a été confiée cette grâce d’annoncer aux païens l’insondable richesse du Christ»; ou encore «Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile.»
Dans ce monde désorienté, si peu de gens connaissent Jésus-Christ et les merveilles de son amour pour nous. Il y a urgence. L’heure est venue d’entreprendre une nouvelle évangélisation proclamée par Jean Paul II pour construire la civilisation de l’amour, une nouvelle société plus juste, plus fraternelle, plus humaine, plus chrétienne. Nous sommes tous responsables du salut de nos frères les hommes et la première forme d’évangélisation est le témoignage. Dieu a donné à chacun d’entre nous différents talents, non pour les enfouir mais pour porter du fruit.
C’est ce que je m’efforce de faire, conscient de ma nullité, mais avec la grâce de Dieu de toucher les cœurs par la chanson, de faire connaître le message évangélique qui mène à la vie éternelle.
Pour être missionnaire, la chanson ne doit-elle pas aborder que des thèmes religieux? Autrement dit, le Beau, la poésie ne sont-ils pas aussi des moyens de mener vers Dieu?
Bien sûr que le Beau, la poésie sont des moyens de mener vers Dieu. Écoutons un message aux artistes (Vatican II): «A vous tous artistes qui êtes épris de la beauté et qui travaillez pour elle: poètes et gens de lettres, peintres, sculpteurs, architectes, musiciens, hommes de théâtre et cinéastes… Ne refusez pas de mettre votre talent au service de la vérité divine! Ce monde dans lequel nous vivons a besoin de beauté pour ne pas sombrer dans la désespérance. La beauté comme la vérité, c’est ce qui met la joie au cœur des hommes… Souvenez-vous que vous êtes les gardiens de la beauté dans le monde… »
Nous sommes tous missionnaires en vertu de notre baptême. En ce qui me concerne, les Evangiles, les écrits des saints, les enseignements de l’Eglise sont une source d’inspiration pour mes chansons.
Pour la chanson, existe-t-il, selon vous, une musique chrétienne? On parle notamment beaucoup de «pop louange» aujourd’hui. Est-ce, selon vous, un moyen pour attirer les jeunes vers Dieu?
Il existe depuis plusieurs années une musique à texte évangélique qu’on peut appeler «musique chrétienne» et qui se développe. On constate l’existence de groupes de plus en plus nombreux dont la plupart d’entre eux sont issus des JMJ. Tout cela est une très bonne chose et nous devons encourager toutes ces initiatives et laisser l’Esprit Saint agir. Les jeunes sont sensibles à ce genre de musique et il faut aller les chercher là où ils sont. Tous les moyens sont bons pour ramener la brebis au bercail. Il y a si peu d’ouvriers à la moisson.
Pourriez-vous nous présenter vos deux derniers CD et nous dire comment ils sont diffusés?
Je viens d’enregistrer un troisième volume des cantiques de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, ce géant en Sainteté qui évangélisa tout l’ouest de la France au début du XVllle siècle, et aussi les mystères lumineux chantés qui nous conduisent au cœur des fatigues apostoliques de notre Sauveur.
Je me suis entouré d’une équipe talentueuse (8 musiciens) et ai enregistré dans un studio de grande qualité. On peut se procurer les CD et cassettes chez l’auteur, ou aux Editions du Parvis.
Cher lecteur, n’hésitez pas à m’inviter à chanter dans votre région.
Je voudrais remercier spécialement tous ceux qui ont contribué par leurs dons et leurs prières à la réalisation de ces deux disques.
Propos recueillis par Ch. Geffroy
La Nef n°152 septembre 2004
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