Pour vous est né aujourd’hui un Sauveur
(Lc 2,11)

Par Jacques Magnan

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Les mystères de Noël rayonnent la joie divine répandue à profusion sur les hommes de bonne volonté. Avec les Anges et dans la paix du Ciel, allons pleins de foi adorer le Sauveur, marchons à sa rencontre.

L’avent et Noël


La période de l’Avent que l’Eglise annonce chaque année est un temps béni qui nous prépare à mieux rencontrer le Seigneur et recevoir de lui ses bienfaits. A la lumière des Ecritures nous pouvons particulièrement comparer ce temps à celui de la longue attente des prophètes et de tout le Peuple élu qui espéraient la Venue du Messie. Et lorsque nous relisons attentivement les récits de la Nativité dans les évangiles de Matthieu et de Luc, nous voyons se dégager deux attitudes spécifiques qui convergent vers le même but: Trouver Dieu. Trouver le Sauveur.
En Matthieu, l’accent est mis sur les mages venus d’Orient qui scrutent les signes du Ciel afin d’y découvrir la présence du Seigneur et d’être conduits jusqu’à lui. Ce sont des hommes de foi qui, bien qu’ils ne soient pas juifs, ont compris des mystères divins pour être conduits à adorer le Roi des juifs, l’Enfant de la promesse: Jésus le Sauveur.
Les mages, le Texte nous le montre bien (cf. Mt 2, 1-12), sont en route. Ils cherchent Dieu et marchent confiants pour le trouver. Leur quête est sincère et Dieu le voit, c’est pourquoi il les conduit par des signes, des songes, les écrits prophétiques, par son étoile, afin qu’eux aussi trouvent le Salut (cf. Mt 2, 2.5.6.9.12). Car toute l’humanité est appelée au Salut. La démarche des mages est vraie, est sainte. Ils veulent adorer, se prosterner devant le Messie et lui offrir des présents dignes d’un Roi qui est Homme et Dieu. Ainsi, conduits par l’Astre béni qui les comble de joie, vont-ils trouver Celui qu’ils cherchent: le divin Messie. Et c’est avec une infinie tendresse pénétrée de respect sacré qu’ils vont le voir avec sa Mère Marie et Joseph. Dieu leur accorde sa grâce. Dans l’humilité, la pauvreté et la paix, ils contemplent et adorent de tout leur cœur. Ils sont heureux près du Sauveur et restent un moment devant lui qui est là dans ce lieu secret, caché aux yeux du monde. Puis ils offrent leurs présents avec un profond respect. Ils repartiront eux-mêmes comblés de biens spirituels. Qui cherche trouve (cf. Mt 7, 7). Ils ont sincèrement cherché et ont trouvé Celui qui les sauvera du péché, les éclairera toute leur vie pour les conduire, dans l’amour et la sainteté, au Salut éternel.
La deuxième attitude nous est décrite dans l’Evangile selon saint Luc (cf. Lc 2, 1-20). D’humbles bergers vivant dans les champs gardent leurs troupeaux et veillent attentivement sur eux. Leur vie est pauvre et en contemplant la nuit le ciel, ils restent vigilants (cf. Lc 2, 8). Dieu les connaît tous et leur envoie son Ange glorieux pour leur annoncer la Naissance du Messie. Lc 2, 10. 11 «Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple: Pour vous aujourd’hui est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David.» C’est ainsi que l’Ange de Dieu proclame l’accomplissement de l’Attente messianique. Ce que beaucoup de prophètes, de rois, de justes ont désiré voir et contempler est devenu visible. Les temps sont accomplis et de simples bergers sont mis dans le secret de Dieu et gratifiés par lui. Ils sont privilégiés, car le Seigneur connaît leur cœur docile à sa Présence. Lc 2, 12 «Et ceci vous servira de signe: vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche.» Et à cette Bonne Nouvelle le Ciel s’associe:
Lc 2, 13 «Et soudain se joignit à l’Ange une troupe nombreuse de l’armée céleste qui louait Dieu»1.
Oui! Noël est à la fois la fête du Ciel et de la terre. Dans une même allégresse les deux sont unis. Dans le même Enfant cette réalité devient visible pour tous. En lui l’humanité est unie à la divinité en plénitude, de façon absolument parfaite et unique.
Et c’est ainsi qu’après avoir reçu cette Grande Nouvelle, les bergers se mettent en marche vers le Seigneur comme l’Ange les y a invités. Ils vont à la rencontre du Messie. Ils le cherchent et se hâtent. Pour aller sur la colline qui domine Bethléem ils mettront environ une vingtaine de minutes. Ils trouveront dans la crèche l’Enfant béni et raconteront leur vision et son message à la Vierge Marie et à Joseph (cf. Lc 2, 16-17).
Lc 2, 20 «Puis les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, suivant ce qui leur avait été annoncé.»
Ainsi, comme les Anges du Ciel, les bergers glorifient et louent Dieu. Par leurs paroles, ils proclament la Bonne Nouvelle et dans la paix et la joie des élus chantent les merveilles du Seigneur.

Vivre Noël en Dieu

La fête de la Nativité est pour le monde entier un temps de grâce immense. Noël, c’est le jour où l’homme sera sauvé par «Dieu avec nous», l’Emmanuel (cf. Mt 1, 23). C’est le jour où nous avons la grâce d’accueillir en vérité le Seigneur dans nos cœurs, nos vies, pour qu’il nous conduise au Paradis. Noël est une grande fête pour les hommes de ce monde et aussi pour les âmes du Purgatoire (cf. 1Co 3, 15) qui en ce moment spécial partent en grand nombre pour le Ciel.
Méditons vraiment ceci: Noël est une grande joie pour le Ciel, le Purgatoire et la Terre. Et nous chrétiens avons reconnu l’appel de Dieu. En nos cœurs a retenti le chant des Anges. Ensemble, en authentiques croyants, nous marchons à la rencontre du Seigneur. Nous avons reconnu ses signes nombreux aujourd’hui et nous croyons en sa Parole de vérité.
Tous les chrétiens devraient comprendre combien Noël est un temps de grâce qu’il ne faut pas gâcher… Sans préparation, sans pratique religieuse, sans prière, sans attente vigilante du Salut, sans recherche amoureuse du Seigneur etc., une âme ne récolte pas les fruits bénis du Salut. Qui ignore le Seigneur par sa vie, même s’il se dit chrétien, ne peut recevoir de Dieu, car son cœur est fermé à sa grâce. Dieu donne toujours, mais l’homme ne peut recevoir que s’il s’ouvre à lui, à sa Présence, particulièrement à Noël. Tous, en enfants de l’Eglise, nous devons discerner si nous sommes fidèles, comme ces mages, ces bergers, les prophètes… Sommes-nous des chercheurs de Dieu qui marchent avec lui dans la foi? Au fond de son cœur, chacun a la réponse. Pour notre bonheur présent et éternel le Seigneur désire que nous nous convertissions en menant une vie digne et sainte.
Noël, c’est le jour du Salut. Jour d’allégresse et de joie pour la création. Dieu vient vers les hommes et frappe à la porte de chaque cœur (cf. Ap 3, 20). Les hommes de bonne volonté, objets de sa complaisance divine, répondent à son appel (cf. Lc 2, 14) et reçoivent la paix2 et le Salut. C’est magnifique! C’est divin!
Allons ensemble à la rencontre du Seigneur qui, dans la crèche, nous ouvre les bras. Préparons-nous bien pendant cet Avent chaque jour dans la prière, l’attente sereine, la lecture de la Bible, l’espérance et le dépouillement. Recevons le pardon de nos péchés en faisant une bonne confession qui nous introduit légers dans la joie et la vraie liberté des enfants de Dieu. Que nos maisons manifestent notre attitude d’accueil du Messie. Une jolie crèche préparée avec soin rend visible le sentiment de notre cœur et nous aide à nous recueillir souvent devant le Seigneur. Profitons de ce temps de grâce pour nous donner aux autres, et à Dieu par-dessus tout. Qui sème largement pendant l’Avent par une vie spirituelle fervente, une vie unie avec Dieu, récoltera beaucoup de fruits pour la vie présente et pour la vie éternelle. Au fil des ans les fêtes religieuses se succèdent. Elles sont pour nous tous des temps de sanctification, de recherche de Dieu qui désire nous combler de ses bienfaits au-delà même de nos espérances. Par ses messagers, par ses Anges, par son Esprit Saint, le Seigneur nous appelle pour que nous soyons tout près de lui et en lui. Avec la Vierge Marie, bénie éternellement entre toutes les femmes, demeurons devant le Sauveur. Que notre marche vers Noël, vers Jésus, soit toujours plus une découverte des merveilles de Dieu, de son Amour.
Dans l’allégresse, nous qui croyons, sommes bénis de Dieu. Glorifions-le sans cesse dans nos vies. Louons-le toujours par des hymnes et des chants de joie inspirés.

Loué soit Jésus-Christ le Sauveur.
Que la Sainte Trinité règne dans l’Eglise.
Que la Sainte Famille soit aimée de tous les cœurs.
Bon et joyeux Noël à tous dans la joie et la paix de Dieu.

Jacques Magnan

Notes:
1. Depuis qu’ils existent les Anges et toute l’armée du Ciel chantent la gloire de Dieu et l’adorent. (cf. Jb 38, 7; Is 6, 3; He 1, 6…).
2. Le Messie donne la paix, il est notre paix et sans lui notre monde ne peut avoir la paix (cf. Is 2, 4; 9, 6.7; 11, 6-9; Jn 14, 27; Ep 2, 14.17; Col 1, 20; Rm 5, 1…). Dans la paix que Dieu dépose dans nos cœurs ouverts, restons vigilants, en veillant (phylassontes. gr; Lc 2, 8) comme les humbles bergers, à la bonne santé du troupeau, de nos âmes, de nos frères. Gloire à Dieu, pour nous tous est né le Sauveur!



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