Marie-Elisabeth

Toi aussi, annonce ma Venue

Par Christian Parmantier

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->Extraits des messages

A l’occasion de la publication, aux Editions du Parvis, du recueil de messages intitulés «Toi aussi annonce ma Venue», messages confiés à Marie-Elisabeth, nous avons eu avec elle un entretien en présence de son mari, Maurice. Marie-Elisabeth nous a fait connaître quelques Rayonnements de l’Amour divin dans sa vie.

Marie-Elisabeth est née en 1925 à Saint Nicolas Waas en Flandre, de parents flamands. En fait, on n’avait jamais utilisé ce prénom, mais un surnom…
«jusqu’au jour où, dit-elle, assise dans mon salon, j’ai reçu de nouveau ce prénom énoncé par une voix intérieure… que je sais reconnaître dans le silence et la prière.
Après 10 grosseses, maman espérait une fille et supposait que je serais la dernière. Aussi a-t-elle dit à la Vierge Marie: «Si c’est une fille, je vous la consacre totalement». J’ai ainsi été consacrée à Marie dès le sein de ma mère. Voilà pour le prénom de Marie.
Quant à celui d’Elisabeth, comme je suis née un 21 juillet — jour de la fête de l’Indépendance en Belgique —, j’ai reçu le prénom de la reine des Belges d’alors: Elisabeth.
Plus tard, j’ai compris la signification de mon prénom, Marie-Elisabeth. La Vierge Marie annonce la venue de Jésus à sa cousine Elisabeth. Ce prénom était donc tout à fait approprié puisque ces deux femmes annoncent la venue du Christ. Ceci m’a éclairée et tranquillisée, sinon pourquoi changer de nom1?

Comment s’est déroulée votre enfance?
Deux-trois ans après ma naissance, mes parents ont émigré en France où j’ai vécu quelques années. On nous avait promis monts et merveilles pour aller en France, mais là où nous sommes arrivés, il n’y avait rien… Finalement, nous avons reçu une maison dans une cité à Armentières. C’est là, à l’église Saint-Wast, que j’ai fait ma «communion privée» à l’âge de 5 ans. Mon frère qui faisait ses études au noviciat des franciscains m’a préparée. Il m’a conduit au banc de communion. Devenu prêtre, il est parti directement au Zaïre où il est resté 42 ans.
Le Sacré-Cœur nous a procuré de nombreuses bénédictions. Maman avait une grande foi et une grande confiance envers le Sacré-Cœur. Chaque soir, elle nous disait: «Mes enfants, vous allez tous vous mettre à genoux devant la statue du Sacré-Cœur.» Et chaque soir, tandis que les garçons priaient le chapelet à genoux, mes sœurs devaient repasser, coudre et repriser… Nous formions une communauté familiale chrétienne, dévote au Sacré-Cœur, à cause des promesses.
De retour à Bruxelles en 1935, nous avons vécu des moments très heureux. Maman a beaucoup souffert d’un ulcère à la jambe alors qu’elle était enceinte de mon frère futur prêtre. Elle avait demandé au Seigneur un prêtre dans la famille. Par après, j’ai compris qu’elle devait offrir toutes ses souffrances pour son fils, futur prêtre. Permettez-moi de faire l’éloge de mes parents. Il fallait faire travailler mes frères et sœurs et les nourrir tous les jours. Quand la guerre est survenue, mes quatre frères, étant en âge d’y aller, sont partis en France; ce qui a causé un grand chagrin à maman... Le plus jeune a été déporté en Allemagne. Mais ils sont tous revenus avant qu’elle ne décède d’urémie en 1944. Elle était très stricte avec moi… elle attendait beaucoup de sa dernière fille. Et puis j’ai dû moi aussi aller travailler.

Quand avez-vous commencé?
C’est-à-dire que je n’aimais pas l’école. C’était un caprice de petit enfant. J’ai tout fait pour ne pas continuer. J’ai donc fait les primaires, et puis l’école professionnelle de couture, parce qu’à l’époque, les mamans voulaient que leurs filles sachent coudre pour toute la famille. Mais je n’aimais pas coudre non plus. On ne savait plus que faire de moi!

Qu’est-ce qu’elle aimait Marie-Elisabeth enfant, jouer?
Bien sûr. Mes parents, mes sœurs m’avaient gâtée, c’est vrai. Ils faisaient un peu mes caprices. Un malheur pour moi. A l’âge de 18 ans, on a compris que je devais aller travailler. Nous sommes en 1944. J’ai travaillé dans un ouvroir, pour aider les prisonniers de guerre. J’y ai beaucoup souffert, puisque je n’aimais pas la couture. Mais là, j’étais obligée de marcher. C’était très bien pour moi, j’en avais besoin. J’avais tout à apprendre dans la vie. Les parents à cette époque n’apprenaient pas la vie à leurs enfants: «Elle se débrouillera bien comme cela». Ce qui est une catastrophe pour l’enfant. Et en effet, à partir de 20 ans, j’ai eu un temps de flottement, et j’ai perdu la route.

Vous voulez dire la foi?
Non, parce qu’elle était ancrée en moi. Mais je ne fréquentais pas des gens dignes d’être fréquentés. J’ai commencé à mener la vie comme tant de jeunes aujourd’hui, sauf qu’ils connaissent tout! C’est très dangereux pour un jeune de ne pas être préparé à la vie. De se trouver dans l’ambiance de cet ouvroir sans connaître la vie, on est emporté, on suit le mouvement. Mais je ne me sens ni coupable ni responsable si j’ai fauté, du fait que je ne savais pas…
Plus tard, en 1969, j’ai connu Maurice. Dès que je l’ai vu, je me suis dit: c’est pour moi! Et j’en suis très heureuse. C’était à la Noël; il m’a accompagnée à la messe de minuit…
Le soir de notre mariage, j’ai ressenti la présence de maman autour de moi. C’était très impressionnant... Elle venait me remercier de ce mariage qu’elle attendait depuis longtemps... Actuellement, quand je suis en prière et en silence, j’ai assez facilement contact avec les personnes de l’au-delà.

A ce moment-là, vous ne meniez pas vraiment une vie de chrétienne?
Non, pas du tout; nous nous sommes cependant mariés à l’église.
Mais il nous a fallu passer par une conversion, un chemin spirituel. Et Maurice a eu la grâce des grâces pour la conversion, voici comment:
Trois jours avant l’annonciation, en 1976, il me dit:
— Tu sais, je vais mourir.
— Et pourquoi tu vas mourir?
— Parce que je ne dors plus.
A l’heure de midi, il me dit: «Non, je ne mange pas. Parce que je n’ai pas faim!»
Et il a commencé sa belle histoire: «Je ne saurais pas manger parce que cette nuit-ci (du 22 mars), j’ai vu une très haute statue de la Vierge dans ma chambre et j’ai entendu: «Viens vers moi.» J’ai vu ses mains, et à la place de ses mains, c’était des rayons, comme à la rue du Bac. Et j’ai reçu quelque chose dans mes mains (comme si ses mains me touchaient) et j’ai été guéri.»
— Tiens c’est curieux, parce que nous sommes maintenant dans les Rayons d’amour divin! A l’instant même, j’y pense: toi, Maurice, tu as vu les rayons dans les mains de Marie, et plus tard, le Seigneur m’a parlé de l’Ecole du Rayonnement divin; nous retrouvons les rayons!

Mais vous n’aviez pas fait ce lien avant?
Non…chacun a sa mission… Une grande grâce, c’est que le Seigneur nous a fait nous rencontrer en tant que couple. Etre sur le même rail, rencontrer quelqu’un qui comprend, qui adhère, qui coopère dans le travail…
Le lendemain, je dis à Maurice: «Serais-tu d’accord de faire trois jours de prière chez les bénédictines à Rixensart?» Et il m’a dit oui tout de suite. Alors, j’ai compris que quelque chose s’était passé, parce qu’avant… il n’aurait pas accepté. Impressionné par ce qu’il avait vécu, il allait chez les religieuses pour demander des images, mais elles n’étaient jamais assez belles.
Cet événement a déclenché notre conversion à tous les deux. C’est ainsi que la Sainte Vierge est venue préparer notre mission.
Toujours au monastère, nous avons reçu une nouvelle grâce. L’après-midi, nous allions prier dans le jardin des sœurs et ensuite, nous avions un petit goûter. Et là Maurice m’annonce: «Tu sais, j’ai vu quelqu’un assis sur la chaise que je viens de quitter.» J’ai pensé: “ça ne va plus! Il voit une statue de la Vierge, et maintenant, il voit quelqu’un à côté de sa chaise”:
— En es-tu sûr?
— Oui, j’en suis sûr, c’est un prêtre revêtu de ses ornements, mais qui?
Comme nous étions dans notre «montée du Carmel», j’ai dit à Maurice: «Nous allons faire un pèlerinage. Et si nous allions à San Giovanni Rotondo?»
Arrivé là-bas, on montrait un film sur Padre Pio qui était pour nous un inconnu. Et pendant la projection, Maurice me pousse le bras, et il me dit: «Mais, mais c’est lui que j’ai vu sur la chaise!»
C’est ainsi qu’il a pu identifier ce prêtre.

Mais après ces phases préparatoires, pour vous, Marie-Elisabeth, comment les messages ont-ils commencé?
C’est le Saint Curé d’Ars qui est intervenu dans la préparation de tous ces messages. Au début, je refusais de l’écouter. Un jour, je faisais le ménage… et je l’ai entendu me parler, mais je ne comprenais rien du tout. J’avais peur. J’étais très ennuyée. Mais la Providence veillait. Une personne d’ici connaissait bien l’ancien Père Abbé de l’abbaye d’Orval (Ardennes). Elle m’a encouragée à aller le voir en me disant qu’il saurait m’expliquer ce que je vivais. J’y suis allée, et j’ai raconté à ce très bon Père ce qui m’était arrivé, cette voix du saint Curé d’Ars... Je lui demandais:
— Que dois-je faire avec ça?
— Mais continuez.
— Mais comment?
— Ecrivez, continuez à écrire.
Non, il s’était fait entendre par sa présence dans le cœur; il s’est présenté comme le saint Curé d’Ars. Mais ici, je dois vous dire que le saint Curé a joué un rôle dans ma vie, du fait qu’à l’époque où mon frère étudiait chez les franciscains, vers les années 30-35, au noviciat, dans les séminaires, on parlait beaucoup du saint Curé d’Ars pour préparer les prêtres. Mon frère avait aussi vécu quelques années en France où l’on parlait beaucoup du saint Curé d’Ars. Ce n’était donc pas un étranger pour moi…
Plus tard nous avons rencontré un passioniste, le Père Jean, qui nous a donné une petite statue du saint Curé, confectionnée par un prêtre de la paroisse. Je ne m’attendais pas à recevoir un tel présent. Un jour, alors que je disais au saint Curé: “entre nous, je voudrais bien arranger un peu ton visage” (parce qu’il n’est pas très beau, comme ça); il a réagi très fort: «Ne me touche pas! Je suis bien comme ça!» C’est le Saint Curé qui a donné le signal. Mais cela m’a étonnée.

Vous l’avez reconnu de suite?
J’étais en face de sa petite statue, façonnée par les mains d’un consacré, et je n’osais plus l’approcher.
J’ai poursuivi avec l’ancien Père Abbé et je lui ai fait part de mon inquiétude de devoir écrire. Mais il m’a demandé de continuer. Au début je refusais… Mais là, l’obéissance au Père spirituel a son poids. L’obéissance est très importante pour celui qui reçoit. Sinon, je n’aurais peut-être pas continué.
(à suivre)

Note:
1. Souvent dans la Bible, en donnant une mission, Dieu change le nom d’une personne. Ici, le Seigneur change le prénom utilisé en rendant à Marie-Elisabeth son prénom d’origine.

Littérature:
«Toi aussi, annonce ma Venue» (à paraître)
J’invite mon troupeau à rester fidèle jusqu’au bout
384 pages, 14,5x22 cm Euro 21.– CHF 32.–


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