Béatification le 3 octobre 2004

Anne-Catherine Emmerich

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Le 3 octobre prochain qu’aura lieu à Rome la béatification de cette célèbre mystique allemande.

Elle vit le jour le 8 septembre 1774 au hameau de Flamschen, en Westphalie, à une demi-lieue de Coesfeld et à trois lieues de Dülmen. Elle est la cinquième de neuf enfants.
Dès l’âge de quatre ans, elle commence à prier la nuit. Encouragée par son ange gardien, elle se rend dans un champ voisin de la maison où une petite élévation de terrain l’aidait à être plus près de Dieu, disait-elle.
Je priais souvent afin que Dieu veuille sauver telle ou telle personne que je voyais en danger. Dès ma plus tendre enfance, je priais moins pour moi-même que pour d’autres, afin qu’aucune âme ne se perde.
Avant de savoir ce que signifiait le mot «prophète», j’avais eu déjà des visions sur un char merveilleux, aux roues duquel se tenaient les quatre animaux de l’Apocalypse. Je ne sais pas pourquoi cela.
J’eus des visions de l’Ancienne et de la Nouvelle Alliance de très bonne heure. Mon père me prenait sur ses genoux et me disait: «Raconte-moi quelque chose!» Alors d’une façon très vivante et précise, je lui racontais toutes sortes d’histoires bibliques et comme il n’avait jamais rien vu ni entendu de semblable, il me demandait: «Enfant, d’où tiens-tu tout cela?» Et je lui répondais: «Père, c’est ainsi, je le vois ainsi.» Sur quoi, il devenait silencieux et ne disait plus rien.
J’ai eu des visions non seulement la nuit, mais encore en plein jour, dans les champs, à la maison, en marchant, en travaillant, en me livrant à toutes sortes d’occupations. Comme une fois à l’école je disais tout naïvement d’autres choses que celles qu’on nous enseignait sur la résurrection, et cela avec assurance, croyant que tout le monde devait savoir cela comme moi; les autres enfants se moquèrent de moi et portèrent plainte au magister qui me défendit sévèrement de me livrer à pareilles imaginations.
Mon père était fort laborieux et, dès ma petite enfance, il veilla sévèrement à ce que je travaille, car j’étais en tout assez habile. Eté comme hiver, il me sortait du lit avant l’aurore et me posait pieds nus sur le sol. Alors je me frottais les yeux, puis je devais sortir dans l’enclos pour aller chercher le cheval. C’était un méchant animal! Il ruait et mordait et s’enfuyait devant mon père, mais il se laissait prendre par moi sans difficulté, et parfois même venait à ma rencontre en trottant. Je me hissais sur sa croupe avec l’aide d’une élévation de terrain et revenais ainsi à la maison.»
Le 9 février 1824 A.C. Emmerich quitte ce monde. Clement Brentano a noté les visions qu’elle eut de 1818 à 1824.
En 1892 son procès de béatification est introduit à Rome.
En 1975, ses ossements sont transférés dans l’église de la Sainte-Croix à Dülmen.
Le 3 octobre 2004, elle sera solennellement béatifiée.

André Castella

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