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En 1976 Jésus est venu personnellement guérir d’un double infarctus du myocarde le Père Joseph Bill (Kuruppamparabill), prêtre de la Congrégation vincentienne indienne1. Depuis ce jour, il ne cesse de proclamer avec une foi percutante: «Jésus est Dieu, Jésus a donné sa vie par amour pour nous, Jésus veut nous guérir; ayons foi.» Avec les bénédictions de son supérieur provincial et de son évêque, chaque semaine depuis 28 ans, le Père Bill prêche une retraite ou une mission populaire2 à travers le monde. Du clergé aux plus pauvres, les fruits sont considérables: Beaucoup se convertissent et sont guéris de leurs maladies.
Le Père Bill a eu un rôle important dans la propagation du renouveau de la prière charismatique en Inde. Il a notamment développé les missions et retraites populaires dans son pays et en Afrique. Le Seigneur l’a gratifié de charismes exceptionnels, celui de la foi étant le plus marquant. Nous l’avons rencontré alors qu’il donnait une retraite au Schönstatt à Quarten en Suisse orientale.
Père Bill, vous venez d’une famille chrétienne?
Ma famille au Kerala est une famille catholique traditionnelle depuis des générations, depuis des siècles. Saint Thomas est venu évangéliser au Kerala. Mes parents, qui avaient déjà trois garçons et une fille, désiraient un autre garçon pour l’appeler Joseph. Après six années de prière dans l’espérance, je suis né le 23 février 1928.
Enfants, tous les soirs à 7 heures nous devions être rentrés pour la prière familiale. Nous savions que celui qui n’y serait pas n’aurait pas à manger; et maman tenait un bâton pour que les garçons se tiennent correctement à genoux. Aussi, dans notre famille, nous sommes plus de 40 prêtres.
Père Bill, quand avez-vous entendu l’appel à devenir prêtre?
Mon père songeait à ce que je devienne inspecteur de police. Avant d’aller au collège, je suis allé voir mon oncle, le P. Jacob qui était un Monseigneur pour recevoir sa bénédiction. Il vivait dans notre paroisse desservie par la Congrégation de Saint-Vincent. Au seuil de la porte, j’ai croisé le supérieur, le P. G. Mannara. Il m’a demandé:
Joseph, avez-vous réussi vos examens?
Oui, Père.
Venez rejoindre notre Congrégation et devenez prêtre.
C’était un nouvel appel. Mon oncle m’a dit: «Dieu t’appelle à travers les supérieurs». J’ai répondu à l’appel. Je n’ai demandé la permission ni à mon père ni à ma mère. J’ai pris un papier, j’ai écrit mon inscription puis j’ai rejoint la Congrégation de Saint-Vincent de Paul.
Nous étions 10 jeunes à lire la Bible et les vies des saints pendant les repas pris en silence. Ce qui m’a touché, ce sont les saints. Ces hommes et ces femmes comme nous, comment sont-ils devenus saints? Ils ont mis en pratique ce que Jésus demande dans la Bible. J’ai surtout retenu deux traits caractéristiques dans leurs vies: la prière et la patience dans les épreuves. Je désirais aussi devenir un saint. N’importe qui peut le devenir. Jésus dit: «Je suis le chemin, la vérité, la vie. Que chacun me suive, il ne marchera pas dans les ténèbres.»
Et il dit: «Allez et enseignez ce que je vous ai dit.» Il l’a déjà dit dans la Bible, mais beaucoup de gens ne la connaissent pas. «L’ignorance de la Bible, dit saint Jérôme c’est l’ignorance de Jésus-Christ.» Je prêche donc la Bible.
Une personne en Allemagne m’a dit: «Je suis dans l’Eglise catholique depuis 60 ans; jamais on ne m’a dit de prendre la Bible. Vous êtes le premier!»
Au grand séminaire ma formation a été marquée par la maladie, l’hospitalisation… J’ai été ordonné prêtre dans la Congrégation Vincentienne le 12 octobre 1958.
Comment êtes-vous devenu prédicateur missionnaire international?
J’ai d’abord été nommé administrateur dans la Congrégation indienne de Saint-Vincent de Paul, «to make money», pour construire des bâtiments… Un métier d’entrepreneur, plutôt que de prêtre. Je pouvais brasser beaucoup d’affaires. Je voulais être un bon prêtre, mais avec l’argent et le pouvoir, je ne lisais pas la Bible. Bien que je prêchais beaucoup, je n’annonçais pas le Christ. Je ne le connaissais pas. J’aimais citer les grands personnages, tel Shakespeare. Et je m’éloignais de Dieu. Et Dieu savait que si j’avais poursuivi comme ça, je serais devenu un très mauvais prêtre. En 1976, alors que je célébrais la messe, Dieu m’a donné deux terribles attaques cardiaques pour changer ma vie. Après trois jours passé entre la vie et la mort, inconscient, je suis resté au lit 45 jours sans bouger. ça c’est l’amour de Dieu!
C’est alors qu’un confrère m’annonça que deux prêtres de Bombay venaient au Kerala pour prêcher une retraite charismatique avec prières de guérison. J’y suis allé dans cet état, avec l’espoir de guérir, mais sans y croire. A la fin de la retraite, c’était la journée de prière pour les guérisons corporelles. L’évêque Sebastian m’a appelé: «Père Joseph, pourquoi voulez-vous que je prie?» «Excellence, j’ai eu deux crises cardiaques; si je guérissais, je serais heureux que Jésus guérisse mon cœur pour avoir la force de prêcher et de témoigner de son amour.» En même temps me revenaient les paroles de mon cardiologue: «Père Bill, vous avez survécu à deux crises cardiaques, une troisième pourrait vous être fatale; alors, faites attention!» Mgr Mankuzhikkary Sebastian s’est mis à prier sur moi; Il m’a imposé les mains, mais moi, je n’ai plus vu l’évêque, j’ai vu Jésus vivant; Jésus se tenait devant moi! Cela a été un choc pour moi.
Vous avez touché Jésus?
Non, c’est Jésus qui m’a touché, je l’ai senti et je l’ai vu comme je vous vois!
Que s’est-il passé au plus profond de vous-même à ce moment?
Avant j’étais au bord de la mort. Une puissance m’a saisi, j’ai ressenti une nouvelle force et j’étais si joyeux, si heureux! Je n’avais plus de problème. Ma foi en Jésus-Christ a été totalement régénérée.
J’ai arrêté mon traitement, et quand je suis allé chez le docteur pour les contrôles, il n’y avait plus de traces des attaques. Le docteur Kurian croyait à quelque erreur dans les examens cliniques. Il a prescrit un nouveau contrôle cinq jours plus tard, en insistant pour que je prenne mes médicaments. Mais je lui ai dit: «Mon Père céleste qui a créé mon cœur peut me donner un cœur nouveau si le premier est endommagé.» Cinq jours plus tard, nouveaux contrôles, et toujours aucune trace de cœur malade. Le médecin me demanda si j’avais pris des médecines plus fortes. «Aucune autre médecine si ce n’est le toucher de mon Seigneur!» Alors le médecin finit par confesser: «Père, votre cœur est plus sain qu’avant. Maintenant, je crois que Dieu vous a touché et qu’il vous a donné un “cœur nouveau”, je le crois!»
Je suis allé dire à mon supérieur: «Jésus m’a guéri; je ne veux plus rester administrateur, je veux aller prêcher le Christ».
Mais les supérieurs ne pouvaient pas me croire: «Dans l’histoire de la médecine, on ne connaît aucun cas de guérison du cœur; selon vos données médicales, si vous reprenez un ministère, vous allez mourir.»
Il fallait leur prouver que Jésus m’avait guéri. Pour convaincre mes supérieurs, j’ai décidé de faire un effort physique intense; avec des jeunes séminaristes, je suis monté sur le mont Malayattoor, 372 mètres. Les pentes sont très abruptes3. Je suis revenu sans aucun problème. Mes supérieurs m’ont autorisé à reprendre la prédication.
Et alors tout s’est bien passé?
J’ai redoublé de zèle, mais je désirais en savoir plus sur le Christ. J’ai demandé à aller aux Etats-Unis, à l’université Duquesne, à Pittsburg, à l’origine du renouveau charismatique. Ce qui m’aide pour mon ministère; j’y suis resté une année et j’ai étudié les prières d’intercession, les invocations pour la guérison, la guérison par la foi…
C’est-à-dire?
Jésus nous guérit uniquement par la foi en lui, sans recours aux médicaments. Jésus est Dieu; tout est donc possible.
Après cette manifestation de Jésus, on pourrait faire une comparaison entre votre séjour d’études à Pittsburg et celui que saint Paul a fait en Arabie en reprenant la Bible et renouvelant sa théologie dans la lumière de Jésus ressuscité rencontré à Damas?
Oui, pendant trois jours, j’étais inconscient, comme Paul est resté aveugle trois jours; Dieu me donne deux attaques cardiaques très rudes, et il me met à terre. Puis il me guérit et il me dit: «Tu me suis maintenant!»
Comment s’est manifesté votre charisme de guérison?
Après les études, j’ai commencé à prêcher dans une église à Boston. Un homme, paralysé depuis trois ans, se tenait là, sur une chaise roulante; les gens d’un groupe de prière charismatique me demandèrent de prier pour lui à la fin de la messe. C’était la première fois que j’affrontais une telle situation. J’ai posé mes mains sur la tête de cet homme et j’ai commencé à prier. A cet instant j’ai entendu Jésus me dire: «Dis-lui de se lever et de marcher.» Je n’ai pas douté. Je sais que Jésus est vivant, qu’il est Dieu, j’ai vu qu’il a refait mon cœur, et que rien ne lui est impossible. Il dit et cela arrive.
Avec cette foi obéissante, d’une voix ferme, j’ai dit à cette personne qui était paralysée: «Au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche.» Immédiatement, le paralysé s’est mis à marcher!
Ce fut un nouveau choc pour moi, car je n’avais pas confiance en moi-même quand j’ai vu le miracle pour la première fois; ma foi a grandi.
Et alors ceux qui étaient présents m’invitèrent à aller prier dans leurs diverses paroisses. Cette nouvelle s’est répandue et les gens m’appelèrent de toute l’Amérique et du Canada. Jésus a fait tant et tant de miracles!
Tout d’un coup, j’ai compris que Jésus voulait mes mains et ma langue pour réaliser sa mission et répandre la Bonne Nouvelle. J’ai dit à Jésus: «Je suis un pécheur; je te donne non seulement mes mains et ma langue, mais toutes les cellules de mon corps. Chaque seconde de ma vie, je te la donne, Jésus. Utilise-moi comme bon te semble, pour ton peuple.»
Après cette prière et fort de cette expérience dans l’Esprit, je suis retourné en Inde; c’était en 1981. Notre Congrégation avait une maison de retraite, et nous avons commencé les prédications populaires dans tous les coins du Kerala et les villes de l’Inde, attirant des milliers de personnes. Des milliers de cœurs endurcis ont cessé de boire, de se droguer, de se prostituer… Des prêtres et de jeunes séminaristes ont emboîté le pas des missions populaires qui ont repris toute leur envergure en Inde.
Vingt à cinquante mille personnes viennent, chaque semaine, à notre centre de retraite de Potta4 (Kerala). Même les Indous et les musulmans viennent maintenant. Ils voient les miracles, ils croient en Jésus et s’en retournent en priant et en annonçant le Christ en Inde.
Votre mission déborde de l’Inde?
Des prêtres africains présents en Inde ont participé à des semaines de retraite. Ils ont vu et ils m’ont invité à venir en Afrique.
Avant de me laisser partir, mes supérieurs ont demandé un bilan de santé. Le docteur m’a examiné à nouveau et il m’a dit: «Votre cœur est plus fort qu’avant. Mon Père, vous n’avez pas de maladie.» Depuis 1976 que Jésus m’a touché et guéri, depuis 28 ans, je n’ai pas eu une maladie, pas un problème, alors que je prêche une nouvelle retraite ou une nouvelle mission chaque semaine. Chaque fois je change de climat, de lit, de nourriture.
Et, en 1993, j’ai suivi ce second appel du Père céleste, je suis allé prêcher en Afrique orientale. Après avoir suivi une retraite, la supérieure des Sœurs de Marie Immaculée à Nairobi m’invita à prêcher à toutes les Sœurs de son Ordre. Quatre cents sœurs firent la retraite en deux groupes. Tout l’Ordre ressentit un tel renouvellement qu’on m’offrit une maison à Nairobi. Elle est devenue une maison de prière vincentienne.
La première mission populaire africaine fut donnée à Kigoma en Tanzanie. 10 000 personnes de diverses religions y participèrent. Les nombreuses guérisons furent rapportées par les médias locaux. Des évêques m’invitèrent pour d’autres missions populaires; mais ils se méfiaient, car un des leurs avait commis des erreurs… J’ai prêché devant les évêques et les prêtres et ils m’ont déclaré cent pour cent catholique! Tant et si bien que d’autres pays d’Afrique m’ont demandé.
Vous recevez bon accueil dans les diocèses?
Le cardinal d’Ouganda est venu à la retraite avec deux évêques et deux cents prêtres, et je les ai provoqués: «Que faites-vous? Jésus est venu il y a 2000 ans et qu’enseignez-vous? Les trois quarts du monde ne connaissent pas Jésus? Vous êtes responsables, comme je suis responsable. Il faut juste donner Jésus aux gens, parce que l’Eglise est l’extension de Jésus et qu’il lui a donné toute sa puissance. On ne l’utilise pas, on ne la donne pas.»
Le cardinal a pris cette parole au sérieux et il a dit: «Cette retraite est un défi. On doit tous travailler ensemble, en Ouganda.» Il organisa lui-même une mission populaire dans le diocèse de Hoima, avec la participation de tout le clergé. 100’000 personnes sont venues malgré des conditions rudimentaires. De fervents fidèles apportèrent 20 malades cloués sur leurs lits, pour leur faire goûter le toucher de la guérison. Toutes ces personnes, de diverses religions, furent guéries. Et elles embrassèrent la foi catholique. Un aveugle recouvra la vue quand je lui ai touché les yeux.
Ensuite, le cardinal a organisé une mission populaire, sur tout l’Ouganda, il l’a annoncée sur la TV, la radio, les journaux et un million de personnes sont venues pour entendre la Bonne Nouvelle. Touchées par la parole de Dieu, des milliers de personnes ont été guéries, y compris ceux qui étaient affligés d’une maladie mortelle comme le sida. C’est pourquoi on a besoin de propagande, on doit la faire partout, à tous, aux musulmans, aux hindouistes, aux bouddhistes, aux athées. Et tout le monde vient. A mon avant-dernière retraite en Italie il y avait quelques musulmans et certains ont demandé à devenir catholiques. Jésus guérit quand il voit la foi. La prédication fait grandir la foi. Les guérisons font grandir la foi.
Invité par Mgr Thaban au Soudan, la première fois, un groupe de policiers voulait m’étriper, en me menaçant de me séparer de mon groupe. Je leur dis: «Si vous m’étripez, ce serait la fin du Soudan.» Et je m’avançai vers eux. Ils continuèrent à m’observer durant toute la retraite. Transpercés par le glaive de la Parole de Dieu, ils laissèrent leurs fusils et vinrent s’agenouiller devant moi, pour me demander des prières. Ils avaient commis de grandes atrocités et tué beaucoup de gens. Je les ai exhortés au repentir.
Tandis que je prêchais en Afrique, des religieuses d’Europe, très impressionnées par leur retraite, m’invitèrent à venir dans leur propre pays. C’est ainsi que je suis venu en Allemagne, en Suisse, en Ecosse… et maintenant en France où je donnerai une première retraite en octobre.
(Voir encadré ci-dessous)
à suivre
Notes:
1. Un prêtre du Kerala, le Père V. Kattarath, épousa l’esprit de saint Vincent de Paul et fonda voici 100 ans la Congrégation des Pères Vincentiens, en 1904, avec comme objectif, de prêcher la Bonne nouvelle aux pauvres, par des retraites.
2. Les retraites se font du dimanche soir au samedi soir suivant en silence. Les missions populaires se déroulent le soir à partir de 18 h quand les gens ont fini leur travail et s’adressent à tous, sans distinctions de religions…
3. La tradition rapporte que l’apôtre saint Thomas monta sur cette montagne, pour prier et s’y reposer, avant de poursuivre sa prédication vers l’Etat du Tamil Nadu. Aussi est-ce un lieu de pèlerinage très fréquenté, marqué par les stations du chemin de Croix.
4. Le plus grand centre spirituel catholique de l’Inde.
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