Echos de la «Passion» de Mel Gibson

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Mel Gibson parle de son film «La Passion»:

Les grandes histoires sont des histoires de héros. Il n’en existe pas de plus grande que celle de Jésus-Christ. Son histoire parle du plus grand amour qui soit, celui qui consiste à donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Cette histoire a inspiré l’art, la culture, les comportements, les gouvernements, les royaumes, les pays. Elle a influencé le monde de mille manières. C’est un événement charnière dans l’histoire, qui a fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Croyants ou non-croyants, nous avons tous été touchés. Tant de personnes cherchent un sens à leur vie! Certains trouveront des réponses, d’autres non. Ce film n’est donc pas seulement pour les chrétiens, mais pour tous, croyants ou non. Il parle de foi, d’espérance, d’amour et de pardon. Ce sont des choses dont le monde a bien besoin en ce moment.

Commentaires de David Limbaugh1

Pour le scénario, Mel Gibson et son co-auteur se sont basés sur les textes des quatre Evangélistes, mais aussi sur les Visions de sainte Anne-Catherine Emmerich et de Marie d’Agreda dans son récit «La Cité de Dieu». Gibson ne voulait pas que son récit soit aseptisé: il a essayé de raconter cette histoire de manière très personnelle tout en voulant être le plus près possible de la réalité. C’est pourquoi il a tourné son film en araméen pour ces 12 heures les plus importantes de l’histoire de l’humanité. Il pense avoir pu transcender les barrières de langue avec son récit très visuel.
Gibson s’est entouré des conseils de pasteurs, théologiens et a reçu leurs critiques. Durant le tournage du film, en catholique fervent, il assistait à la messe chaque matin pour être parfaitement disposé intérieurement à travailler sur un tel sujet.
Pour Gibson, ce film n’est pas un film de Mel Gibson. C’est plus que cela. «Je ne suis pas un prêcheur ni un pasteur, dit-il,… Mais j’ai vraiment senti qu’au stade où j’en étais rendu dans ma carrière c’est cela que je devais faire. Le Saint-Esprit m’accompagnait tout au long du film et j’avais juste à diriger le tout. Je souhaite que ce film ait la force d’évangéliser.» Et Gibson a déjà vu son souhait réalisé: tous ceux qui ont travaillé pour ce film ont été transformés. Il y avait des agnostiques et des musulmans en train de se convertir au christianisme et des personnes qui ont été guéries de maladies.
L’influence du Christ sur l’humanité est incalculable. «Le Christ — dit-il — est objet de controverse précisément à cause de ce qu’il est: Dieu incarné… J’ai voulu montrer le bouleversement extrême qu’il entraîna parmi les hommes politiques, les chefs religieux et le peuple, par ce qu’il Est.»
Gibson commence à expérimenter combien la figure du Christ est controversée. Lorsqu’un réalisateur de film prend des libertés artistiques avec la vérité historique2, on le porte aux nues en disant combien il est créatif et brillant, mais, si un autre réalisateur prend soin d’être fidèle à cette même vérité historique, comme ici avec «La Passion», il est vilipendé.
Les critiques ont non seulement mis en doute l’authenticité du film, mais aussi affirmé qu’il dénigre les Juifs, ce que Gibson dément avec véhémence: «Ce n’est pas du tout une attaque contre les Juifs! Jésus est venu dans ce monde et il n’a pas été reconnu. En regardant la crucifixion du Christ, c’est ma propre culpabilité que je vois.»

Témoignage de Paul Harvey3

«La Passion» n’était pas un film comme un autre; c’était une rencontre ne ressemblant à rien de ce que j’avais pu expérimenter jusque-là!… «La Passion» m’a entraîné dans des réflexions plus profondes, plus douloureuses, plus intenses que tout ce que j’avais éprouvé jusqu’ici, y compris mon mariage, mon ordination et la naissance de mon enfant. Franchement je ne serai plus jamais le même…
Quand le film se termina, ceux qui avaient été invités pour cette projection privée étaient saisis par l’émotion et pris de sanglots… Nous avions expérimenté une forme d’art si exceptionnelle et qui n’arrive quasi jamais dans une vie: celle qui permet au ciel de toucher terre!
Mais alors, pourquoi ce film est-il considéré par certains comme antisémite? «Après avoir vu ce film, dit un “homme de loi”, je ne puis comprendre comment insinuer que Gibson ait suggéré que ce sont les juifs qui ont tué Jésus. Ce n’est pas du tout cela… Ce film m’a permis de réaliser que ce sont mes péchés qui ont tué Jésus.»
Il n’y a pas une parcelle d’antisémitisme dans ce film si puissant. Ceux qui allèguent cela, ou bien n’ont pas été voir le film, ou bien ont un but inavoué qui explique leurs critiques.
Ce n’est pas un film «chrétien», dans le sens qu’il va toucher seulement ceux qui s’identifient comme disciples du Christ. C’est une histoire profondément humaine, si belle, qui touchera profondément tous les hommes et toutes les femmes. C’est une œuvre d’art merveilleuse.

(Traduit de l’américain par Frédéric Prayal)

Le cardinal Lustiger: Le Sacrement est plus utile

Le cardinal Lustiger replace ce film dans la perspective du mystère du salut. Il se refuse à donner un point de vue sur le film «La Passion». Il précise qu’il a un point de vue “très personnel” sur le rapport entre les récits évangéliques et ses représentations:

«Je suis très réservé sur toute théâtralisation de la Passion, même si je comprends que cela puisse se faire, et encore plus sur son expression par l’image… Comme chrétiens, nous vivons dans le domaine du sacrement. A chaque Eucharistie c’est tout le mystère de la Passion et de la Résurrection qui nous est donné: non sous la forme d’un spectacle que l’on regarde, mais sous la forme d’un acte de la puissance divine qui se communique…».

Notes:
1. Célébrité du journalisme américain, comme Paul Harvey.
2. Comme pour le film blasphématoire «La dernière tentation du Christ».
3. Autre célébrité du journalisme américain.

«La Passion» sort le 31 mars en France

Le producteur Tarak Ben Ammar, d’origine tunisienne, distribue en France le film de Mel Gibson: «La Passion du Christ», à partir du 31 mars.
Pour lui, le film de Mel Gibson «n’est pas raciste et n’est pas antisémite… C’est un film sur la cruauté humaine… C’est un film contre l’intégrisme, c’est un film contre les foules, et c’est ce film que j’ai tant aimé et que j’ai souhaité distribuer… C’est un film sur l’amour et sur le pardon, puisque Jésus pardonne même à ceux qui l’ont fait souffrir». «J’ai cru que c’était mon devoir en tant que musulman qui croit en Jésus et parce que je respecte et j’ai été élevé dans les trois religions, de faire voir ce film aux Français, de leur donner la possibilité de le juger par eux-mêmes.»



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