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Après avoir brièvement présenté les lieux et le personnage, lAbbé René Laurentin, qui sest rendu sur place en novembre 2002, poursuit le récit de ce quil a vu et entendu.
La Source
Fratel Cosimo note ainsi la suite:
Bien avant que commencent les travaux délargissement de lesplanade pour contenir la foule devant le Scoglio et la chapelle, me trouvant encore à la maison, jai eu une vision sensible: sur le côté du terrain, devant la chapelle attenant au Scoglio: une source deau surgissait et une foule de pèlerins affluait vers cette eau. Parmi eux il y avait beaucoup de malades et quelques-uns dentre eux avaient des plaies aux jambes, et à peine sapprochaient-ils de la source et prenaient-ils leau, la buvaient et sen aspergeaient, que certains dentre eux guérissaient de leurs maux. Mais moi, craignant une tromperie du diable, je nen ai fait aucun cas.
Ensuite, en septembre 2001, tandis que les travaux dextension de lesplanade étaient en cours, jai eu de nouveau la même vision: leau surgissait au même point quavant; la multitude de personnes qui sy rendaient, la buvaient et sen aspergeaient, des malades guérissaient.
Après cette seconde vision jai commencé à réfléchir:
Est-ce vraiment un message du Seigneur ou une tromperie du malin?
Le doute massaillait continuellement si bien que durant la messe du premier samedi doctobre 2001 (le jour du mois où on fait la messe et la procession), au moment de lélévation jai demandé un signe de confirmation à la Madone en lui disant:
Madonna mia, si les visions que jai eues viennent de toi et quen ce lieu il y a vraiment de leau, donne-moi un signe de confirmation.
A peine métais-je adressé à Elle, la paix pénètre mon cur tandis que disparaissent tous mes tourments.
A la fin de la messe, étant sur le lieu saint (lesplanade au bord de laquelle se trouve le rocher), jentends la chute dune cascade qui provenait de là. Spontanément je me tourne (vers ce point) et au même instant, avant que je parle, une personne qui était à côté de moi, Rosa Bolognino, sécrie:
Frère Cosimo, maintenant, doù vient-elle cette eau?
Cétait le signe que javais demandé à la Madone.
Nous sommes allés vers ce point: pas la moindre goutte deau, avons-nous constaté. Depuis lors, jai la certitude que les visions provenaient de la Madone et, en conséquence, je me suis préoccupé de faire réaliser le travail de fouille à la recherche de leau.
Après quelques interruptions du fait des travaux pour lextension de lesplanade, finalement, le 28 octobre 2002, à 10 heures, leau a surgi soudain et les ouvriers émerveillés se sont exclamés:
Nous devons aviser tout de suite frère Cosimo; une personne qui se trouvait sur lesplanade, Gisa Iannopollo, a couru chez moi pour mappeler.
Et moi, à peine arrivé près de leau, je me suis agenouillé en faisant le signe de la croix, jai pris leau qui était encore trouble, je lai bue et jen ai versé sur moi comme jai vu faire aux pèlerins dans la vision et jai remercié Dieu et la Madone.
Voilà la relation inédite de Fratel Cosimo. Il me la fait lire, sur loriginal autographe, par lavocat de sa fondation, Monsieur Zappavigna. Sa fille, Carmen, étudiante en Droit, la soigneusement dactylographié le jour même.
Je veux nêtre que lécho de son témoignage transparent. On me recommande dêtre prudent, de ne pas anticiper le jugement de lEglise; je men soucie. Je relate donc les faits. Je ne vois pas lutilité de compliquer le récit par de perpétuelles périphrases telles que: «le voyant a cru voir», «lapparition présumée», etc. Les réserves vont de soi. Je ne cautionne rien, je nimpose rien. Je tâche dêtre un fidèle écho et laisse à chacun son libre jugement, selon son optique et sa grâce. LEglise est un espace de liberté, si on en respecte lordre et lharmonie. A lheure où lévêque observe aussi avec prudence, sympathie et compréhension, au contact, mais sans juger, ni sengager, il veille et canalise les bons fruits, selon la mission donnée au successeur des apôtres dêtre le fondement visible de la foi: soutien encourageant et non gendarme, comme y invite la note du Cardinal Seper sur les critères des apparitions (25 février 1978), en toute vigilance et ouverture de cur.
Dans la liberté chrétienne de la foi, chacun peut se poser des questions sur le charisme qui a surgi à Placanica. Dans les dernières apparitions reconnues par lEglise, la Vierge na pas toujours le même costume: à Guadalupe (Mexique), à La Salette dans un style surprenant baroque, a-t-on dit, à Lourdes ou à Fatima; ni la même taille, le même âge, le même teint. Elle sadapte au temps, au lieu, au voyant. Elle était toute petite pour la petite Bernadette, plus grande pour Fratel Cosimo. Chacun peut épiloguer sur ces variantes, mais elle sait se faire reconnaître. On peut être frappé par des rapprochements: la Vierge est «triste» sur létat du monde, comme à Lourdes mais sans larmes comme à La Salette. Elle sadresse à Fratel Cosimo avec déférence, elle lui demande «la faveur» de transformer cette vallée, comme à Bernadette d «avoir la grâce» de venir à Massabielle «pendant 15 jours». Elle apparaît dans une lumière qui la précède et la lumière disparaît après elle comme à Lourdes et en bien dautres apparitions. On peut voir là des signes positifs, des signes de reconnaissance, une sorte de code de lapparition pour se faire reconnaître. Je signale ces indices sans en faire des preuves. Il en sera de même pour les fruits. Je les relate honnêtement, comme ils se présentent, sans procès-verbal officiel, ni caution, comme on me prête trop souvent. Ce reportage entend montrer, non démontrer. Et si je note des rapprochements frappants avec Bernadette, sans marrêter aux différences, je me garderais de dire (comme on dit parfois en pareil cas) que cest un nouveau Lourdes. Lourdes est un événement marquant et permanent de lEglise. Comparaison nest pas raison.
Lenfance
Après cette lecture, jai interrogé Fratel Cosimo sur son enfance en ce lieu isolé où lapparition a fait basculer sa vie. La prière est devenue pour lui un état second. Il ma permis de le questionner longuement et librement, mais sans être autorisé à enregistrer. Je lai interrogé sur sa vie de prière. LEglise est trop loin pour quil puisse aller à la messe tous les jours mais il prie longuement, le matin et plus encore le soir, jusque vers minuit et se lève à 8 heures.
Il est devenu tertiaire franciscain le 17 janvier 1987.
La suite des apparitions
Les rencontres avec la Vierge se sont poursuivies pendant environ 10 ans, régulièrement, à raison dune par mois. Chaque fois, il les rédigeait aussitôt après et les remettait à son curé et certaines relations ont été publiées. Mais à la mort du curé, on na pas retrouvé toutes les feuilles. Cela restera toujours incomplet. Dans une atmosphère de joie et de paix, de communion et de confiance, la vie et la prière se développent autour du Scoglio, avec fruits spirituels, conversions et guérisons, verrons-nous plus tard.
(à suivre)
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