Abbé René Laurentin

Fratel Cosimo

Une source d’eau jaillissait… (2)

=> STELLA MARIS 399 SOMMAIRE

Après avoir brièvement présenté les lieux et le personnage, l’Abbé René Laurentin, qui s’est rendu sur place en novembre 2002, poursuit le récit de ce qu’il a vu et entendu.

La Source

Fratel Cosimo note ainsi la suite:
Bien avant que commencent les travaux d’élargissement de l’esplanade pour contenir la foule devant le Scoglio et la chapelle, me trouvant encore à la maison, j’ai eu une vision sensible: sur le côté du terrain, devant la chapelle attenant au Scoglio: une source d’eau surgissait et une foule de pèlerins affluait vers cette eau. Parmi eux il y avait beaucoup de malades et quelques-uns d’entre eux avaient des plaies aux jambes, et à peine s’approchaient-ils de la source et prenaient-ils l’eau, la buvaient et s’en aspergeaient, que certains d’entre eux guérissaient de leurs maux. Mais moi, craignant une tromperie du diable, je n’en ai fait aucun cas.
Ensuite, en septembre 2001, tandis que les travaux d’extension de l’esplanade étaient en cours, j’ai eu de nouveau la même vision: l’eau surgissait au même point qu’avant; la multitude de personnes qui s’y rendaient, la buvaient et s’en aspergeaient, des malades guérissaient.
Après cette seconde vision j’ai commencé à réfléchir:
— Est-ce vraiment un message du Seigneur ou une tromperie du malin?
Le doute m’assaillait continuellement si bien que durant la messe du premier samedi d’octobre 2001 (le jour du mois où on fait la messe et la procession), au moment de l’élévation j’ai demandé un signe de confirmation à la Madone en lui disant:
— Madonna mia, si les visions que j’ai eues viennent de toi et qu’en ce lieu il y a vraiment de l’eau, donne-moi un signe de confirmation.
A peine m’étais-je adressé à Elle, la paix pénètre mon cœur tandis que disparaissent tous mes tourments.
A la fin de la messe, étant sur le lieu saint (l’esplanade au bord de laquelle se trouve le rocher), j’entends la chute d’une cascade qui provenait de là. Spontanément je me tourne (vers ce point) et au même instant, avant que je parle, une personne qui était à côté de moi, Rosa Bolognino, s’écrie:
— Frère Cosimo, maintenant, d’où vient-elle cette eau?
C’était le signe que j’avais demandé à la Madone.
Nous sommes allés vers ce point: pas la moindre goutte d’eau, avons-nous constaté. Depuis lors, j’ai la certitude que les visions provenaient de la Madone et, en conséquence, je me suis préoccupé de faire réaliser le travail de fouille à la recherche de l’eau.
Après quelques interruptions du fait des travaux pour l’extension de l’esplanade, finalement, le 28 octobre 2002, à 10 heures, l’eau a surgi soudain et les ouvriers émerveillés se sont exclamés:
— Nous devons aviser tout de suite frère Cosimo; une personne qui se trouvait sur l’esplanade, Gisa Iannopollo, a couru chez moi pour m’appeler.
Et moi, à peine arrivé près de l’eau, je me suis agenouillé en faisant le signe de la croix, j’ai pris l’eau qui était encore trouble, je l’ai bue et j’en ai versé sur moi comme j’ai vu faire aux pèlerins dans la vision et j’ai remercié Dieu et la Madone.

Voilà la relation inédite de Fratel Cosimo. Il me l’a fait lire, sur l’original autographe, par l’avocat de sa fondation, Monsieur Zappavigna. Sa fille, Carmen, étudiante en Droit, l’a soigneusement dactylographié le jour même.
Je veux n’être que l’écho de son témoignage transparent. On me recommande d’être prudent, de ne pas anticiper le jugement de l’Eglise; je m’en soucie. Je relate donc les faits. Je ne vois pas l’utilité de compliquer le récit par de perpétuelles périphrases telles que: «le voyant a cru voir», «l’apparition présumée», etc. Les réserves vont de soi. Je ne cautionne rien, je n’impose rien. Je tâche d’être un fidèle écho et laisse à chacun son libre jugement, selon son optique et sa grâce. L’Eglise est un espace de liberté, si on en respecte l’ordre et l’harmonie. A l’heure où l’évêque observe aussi avec prudence, sympathie et compréhension, au contact, mais sans juger, ni s’engager, il veille et canalise les bons fruits, selon la mission donnée au successeur des apôtres d’être le fondement visible de la foi: soutien encourageant et non gendarme, comme y invite la note du Cardinal Seper sur les critères des apparitions (25 février 1978), en toute vigilance et ouverture de cœur.
Dans la liberté chrétienne de la foi, chacun peut se poser des questions sur le charisme qui a surgi à Placanica. Dans les dernières apparitions reconnues par l’Eglise, la Vierge n’a pas toujours le même costume: à Guadalupe (Mexique), à La Salette dans un style surprenant baroque, a-t-on dit, à Lourdes ou à Fatima; ni la même taille, le même âge, le même teint. Elle s’adapte au temps, au lieu, au voyant. Elle était toute petite pour la petite Bernadette, plus grande pour Fratel Cosimo. Chacun peut épiloguer sur ces variantes, mais elle sait se faire reconnaître. On peut être frappé par des rapprochements: la Vierge est «triste» sur l’état du monde, comme à Lourdes mais sans larmes comme à La Salette. Elle s’adresse à Fratel Cosimo avec déférence, elle lui demande «la faveur» de transformer cette vallée, comme à Bernadette d’ «avoir la grâce» de venir à Massabielle «pendant 15 jours». Elle apparaît dans une lumière qui la précède et la lumière disparaît après elle comme à Lourdes et en bien d’autres apparitions. On peut voir là des signes positifs, des signes de reconnaissance, une sorte de code de l’apparition pour se faire reconnaître. Je signale ces indices sans en faire des preuves. Il en sera de même pour les fruits. Je les relate honnêtement, comme ils se présentent, sans procès-verbal officiel, ni caution, comme on me prête trop souvent. Ce reportage entend montrer, non démontrer. Et si je note des rapprochements frappants avec Bernadette, sans m’arrêter aux différences, je me garderais de dire (comme on dit parfois en pareil cas) que c’est un nouveau Lourdes. Lourdes est un événement marquant et permanent de l’Eglise. Comparaison n’est pas raison.

L’enfance

Après cette lecture, j’ai interrogé Fratel Cosimo sur son enfance en ce lieu isolé où l’apparition a fait basculer sa vie. La prière est devenue pour lui un état second. Il m’a permis de le questionner longuement et librement, mais sans être autorisé à enregistrer. Je l’ai interrogé sur sa vie de prière. L’Eglise est trop loin pour qu’il puisse aller à la messe tous les jours mais il prie longuement, le matin et plus encore le soir, jusque vers minuit et se lève à 8 heures.
Il est devenu tertiaire franciscain le 17 janvier 1987.

La suite des apparitions

Les rencontres avec la Vierge se sont poursuivies pendant environ 10 ans, régulièrement, à raison d’une par mois. Chaque fois, il les rédigeait aussitôt après et les remettait à son curé et certaines relations ont été publiées. Mais à la mort du curé, on n’a pas retrouvé toutes les feuilles. Cela restera toujours incomplet. Dans une atmosphère de joie et de paix, de communion et de confiance, la vie et la prière se développent autour du Scoglio, avec fruits spirituels, conversions et guérisons, verrons-nous plus tard.
(à suivre)


RETOUR EN HAUT DE PAGE

Copyright © 1999 - 2009
Conformément aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle, tous les textes et illustrations sont protégés par le Droit d'Auteur.
EDITIONS DU PARVIS - STELLA MARIS - CH-1648 HAUTEVILLE / SUISSE.
Tél.: 0041 (0)26 915 93 93 FAX: 0041 (0)26 915 93 99 E-MAIL librairie@parvis.ch

PAGE D'ACCUEIL PARVIS // STELLA MARIS