Il est venu le salut

=> STELLA MARIS 398 SOMMAIRE

par Jacques Magnan

Par son incarnation et sa naissance en notre monde, le Fils de Dieu est venu apporter le Salut à tous les hommes qui le désirent. Oui! Jésus-Christ est le Sauveur du monde annoncé depuis des siècles par les prophètes. Réjouissons-nous, soyons dans l’allégresse car nous avons part au Salut éternel.

Le Salut

Dans la Bible, le mot Salut (Sôtèria. gr)1 exprime une réalité présente et eschatologique. Le Salut (de sôsô. gr; sauver, rester sain, préserver, sauvegarder, guérir) a pour objectif de maintenir l’homme en vie, en bonne santé, et surtout de le préserver de la mort. Dieu donne le Salut afin que l’homme demeure vivant devant lui pour toujours. Il sauve des dangers qui menacent et mènent loin de lui. L’Ecriture Sainte nous l’enseigne constamment: Ce n’est pas l’homme qui, par lui-même, peut se sauver éternellement. Dieu seul est Sauveur. Il est le Salut donné à tous les hommes de bonne volonté. Nous devons donc agir et vivre avec Dieu pour être sauvés.
Au cours de l’histoire, Dieu a sans cesse manifesté aux hommes qu’il était la source unique de leur Salut en délivrant son Peuple de l’oppression, de la guerre, des calamités de toutes sortes, lorsqu’il revenait vers lui humblement avec foi. Pour cela, il s’est parfois servi de serviteurs fidèles et saints comme Moïse, des juges, des rois comme David, ou les prophètes, présentés comme des «sauveurs» (cf. Ex 2,19; Jg 2,18; 4,23-24; 1S 7,8; 2S 3,18)2. Mais en toutes choses, c’est toujours Dieu l’unique Sauveur, car tous ces hommes de Dieu étaient comme les prémices annonciatrices du Sauveur Jésus-Christ dont le Salut couvre toute l’humanité et dépasse tout ce qui fut et sera.
Regardons quelques passages bibliques3:
2Ch 20,17 «Vous verrez le Salut que Yahweh vous réserve.»
Ps 3,8a.9 «Lève-toi, Yahweh, sauve-moi, mon Dieu! Le Salut appartient à Yahweh. Sur ton Peuple, ta bénédiction.» (cf. Pr 21,31)
Ps 13,6 «Mon cœur est tout joyeux à cause de ton Salut.» Is 12,3 «Dans l’allégresse vous puiserez de l’eau aux sources du Salut.»
Is 49,8 «Au jour de Salut je t’ai secouru.»
Is 52,7 «Qu’ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds du messager qui annonce la paix, du messager de Bonnes Nouvelles qui annonce le Salut.»
Is 61,10 «Je suis plein d’allégresse en Yahweh, mon âme exulte en mon Dieu, car il m’a revêtu des vêtements du Salut.»
Ep 6,14-17 «Tenez-vous donc debout, avec la Vérité pour ceinture, la Justice pour cuirasse, et pour chaussure le Zèle à propager l’Evangile (Bonne Nouvelle) de la paix; ayez toujours en main le bouclier de la Foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais; enfin recevez le casque du Salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire, la Parole de Dieu.»
He 3,18 «Je me réjouirai en Yahweh, j’exulterai en Dieu mon Sauveur.» (cf. Lc 1,47)

Comme nous le voyons, le Salut a toujours été pour le Peuple de Dieu, source de grande joie. Dieu est celui qui délivre et cela est pour nous tous une réalité pleine d’espérance et d’allégresse. La notion de Salut est pour les croyants inséparable de Dieu qui accompagne par des gestes, des paroles, des miracles, des signes, l’expérience salvifique. Dieu délivre l’homme des dangers qui pèsent sur lui en l’amenant à une plénitude de vie.
Avec la Venue du Messie, Jésus (Yéchûa. hb; Yahweh Sauve), cette plénitude du Salut nous est manifestée et accordée. L’homme n’est plus sauvé seulement des dangers terrestres qui le menacent ou l’entraînent sur la mauvaise voie, il est maintenant sauvé de la perdition éternelle qui est le danger le plus grave qui pèse sur lui. En venant dans notre monde, Jésus notre Sauveur (Tite 3,6) ouvre le chemin de la vie et vient nous délivrer des entraves et conséquences du péché qui nous tient captifs, afin que nous ne nous perdions pas et devenions héritiers de la vie éternelle. En Jésus nous avons vraiment la connaissance du Salut dont parle Zacharie (cf. Lc 1,77), car Jésus est le «Principe du Salut éternel» (He 5,19). Et si nous n’avons pas encore le bonheur de contempler de nos yeux le Salut de Dieu, comme le fit le prophète Siméon (cf. Lc 2,30), nous avons cependant l’immense bonheur de le contempler dans nos cœurs et la grâce infinie de l’accueillir en nous, en la sainte Eucharistie qui, comme l’annonçait le prophète Isaïe, nous donne de puiser en vérité aux sources du Salut, l’eau vive, celle de l’Esprit de Dieu qui sanctifie tout et mène vers la réalisation parfaite de notre Salut éternel.
Oui! A la suite des Anges du Ciel qui se réjouissaient avec Marie, Joseph, les bergers et les mages, de la naissance du Sauveur, nous nous réjouissons aussi. En qualité de chrétiens fidèles, nous avons compris l’immensité du don qui nous est offert. Nous avons saisi le mystère du Salut. Nous le tenons dans nos mains, le gardons en nous, le possédons en restant toujours unis au Christ Jésus, le seul Sauveur des hommes.
Le Salut que Dieu nous offre est chose sérieuse. Les temps sont graves et l’égarement continue de se généraliser. L’abandon de la vraie foi pour de vaines croyances et l’apostasie sont à l’œuvre. Même des croyants pourtant avancés sur le chemin du Salut se détournent du Seigneur. Les dégâts sont immenses et le monde est en grand danger, car les hommes refusent en masse le Salut apporté par Jésus-Christ. Un grand nombre ignore volontairement tout ce qui se rapporte à la Parole de Dieu, à l’Eglise, au Salut, car la plupart résistent et ne veulent pas changer de conduite. Ce refus généralisé de se convertir, c’est-à-dire de vivre selon la volonté salvifique du Seigneur, mène une quantité d’âmes à vivre dans le péché loin du Salut de Dieu. Le monde s’enfonce par sa faute vers un abîme ténébreux et terrible. Et nous sommes tous en danger! Les tentations de notre époque dépassent tout ce qu’on a pu voir depuis le début du monde. C’est pourquoi nous ne devons pas nous affadir, car insidieusement nous pouvons glisser dans le péché. Ne prenons pas à la légère notre propre Salut en laissant perdre les grâces que Dieu nous donne. Le Fils de Dieu a payé notre Rédemption par le prix de sa vie, pensons-y vraiment. Et il nous a montré par sa résurrection la vérité glorieuse et immortelle du Salut définitif. Il nous faut désormais rester plus que jamais accrochés au Seigneur en persévérant dans la prière assidue, l’écoute de la Parole de Dieu, en menant, nourris du pain de vie, une vie conforme à la volonté de Dieu qui vient toujours nous guérir du péché. Le sacrement du pardon en est une des plus belles expressions. Nous devons souvent nous confesser avec contrition et aussi exhorter les autres à recevoir le pardon merveilleux de Dieu qui vient nous guérir et nous sauver de la perdition éternelle. Il fait tout pour nous conduire à la vie éternelle. Nous avons besoin de son aide. En tant que chrétiens, nous devons tenir bon et être des fils de lumière joyeux, avisés et humbles, qui éclairent les hommes. Notre témoignage est précieux, car il permet à ceux qui le désirent de demeurer ou s’engager sur la voie du Salut. Notre foi chrétienne, dans l’Eglise, est incomparable. Elle éclipse incontestablement toute autre forme de croyance. Ne faisons pas comme fit le roi Salomon qui se laissa séduire par les faux dieux de ses femmes et se détourna du vrai Dieu qui fut grandement irrité… (cf. 1R 11,1-13). Hélas, il semble bien que nos nations jadis chrétiennes s’attirent de même une terrible rétribution. Elle n’est pas loin l’arrivée du Fils de perdition qui, opposé au Salut de Dieu, mènera à son aboutissement l’égarement des peuples devenus infidèles par leur apostasie (cf. 2Th 2,1-12).
Plus que jamais, l’humanité est exhortée à revenir au Seigneur Jésus en le reconnaissant comme l’unique Sauveur. Ce temps de grâce que nous vivons encore est propice à un tel retournement. Dieu ne nous abandonne pas. C’est nous qui nous éloignons de lui, de son Salut. Alors, revenons plus près de lui et proclamons partout combien il nous aime et désire avec une miséricorde infinie nous sauver, nous guérir du mal, nous défendre contre Satan et tous ceux qui tentent de nous décourager et détourner de la voie du Salut éternel. Dans la foi, armons-nous de prudence. Sachons discerner les esprits et ayons toujours la sainte audace d’annoncer les mystères et les merveilles du Seigneur, en intercédant aussi, comme le fit Moïse, pour tous ceux qui se sont détournés de Dieu.
En ce temps béni de Noël, réjouissons-nous. Restons des signes de cette espérance invincible du Salut éternel apporté par Jésus-Christ. «Maintenant est venu le Salut» (Ap 12,10)4. Dieu a choisi Marie la Toute Pure pour se manifester aux hommes et apporter la délivrance en Libérateur. Accueillons bien dans nos cœurs la Sainte Famille, Jésus, Marie, Joseph. Inclinons-nous avec foi, humilité et respect, devant le divin Enfant. Présentons-lui notre offrande, nos souffrances, nos prières, nos joies. Prions-le, afin qu’il nous fortifie en lui et nous fasse grâce. Présentons-lui nos familles, nos proches, le monde entier, afin que vienne le Règne de Dieu sur notre terre et que chacun accueille dans la même allégresse que les Anges et les saints du Paradis, le Salut qu’il nous offre.
Gloire à Dieu. Loué soit Jésus-Christ le Sauveur. «Sans l’avoir vu vous l’aimez;
sans le voir encore, mais en croyant, vous tressaillez d’une joie indicible pleine de gloire, sûrs d’obtenir l’objet de votre foi: le Salut des âmes.»
Bon et joyeux Noël à vous tous!

Jacques Magnan


Notes:

1) Du mot Salut (sôtèria) vient le mot «sotériologie» qui désigne la science théologique concernant la Rédemption et le Salut. Dieu est l’Auteur du Salut et demande à l’homme sa libre participation, l’accueil du don de sa grâce, sa pleine acceptation.
2) Les «sauveurs» (cf. Jg 3,15; Né 9,27). Mais c’est Dieu qui est le seul Sauveur (cf. Is 43,12; 45,17. 20. 22; 49, 25; Ps 106,47; 118,25).
3) Autres textes sur le Salut: AT (cf. 2R 13,17; Ps 33,17; 44,4; 85,9; 119,155; 149,4; Is 60,18). NT (cf. Lc 1,69.77; 2,30; 3,6; Jn 4,22; Ac 4,12; 13,47; Rm 10,10; 13,11; 2 Co 6,2; 7,10; Ep 6,17; Ph 2,12; 2Tm 3,15; He 2,3-10; 5,9; 1P 2,2; 2Jn 10; Jude 3; Ap 7,40; 10,12s).
4) La traduction du grec «Arti egeneto hè sôtèria» Litt. «Maintenant est venu le Salut». Le terme «victoire» (nikos) est absent du texte qui utilise «sôtèria».

Livres de Jacques Magnan disponibles au Parvis


HAUT DE PAGE

Copyright © 1999 - 2009
Conformément aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle, tous les textes et illustrations sont protégés par le Droit d'Auteur.
EDITIONS DU PARVIS - STELLA MARIS - CH-1648 HAUTEVILLE / SUISSE.
Tél.: 0041 (0)26 915 93 93 FAX: 0041 (0)26 915 93 99 E-MAIL librairie@parvis.ch

PAGE D'ACCUEIL PARVIS // STELLA MARIS