Syracuse

Les larmes de Marie

=> STELLA MARIS 396 SOMMAIRE

Voilà 50 ans, le 29 août 1953, à Syracuse, une reproduction en plâtre, à l’effigie de la Madone, versait des larmes humaines. Après des analyses en laboratoires, l’épiscopat de Sicile a reconnu officiellement cette manifestation surnaturelle et le pape Jean Paul II, au cours d’une célébration eucharistique le 6 novembre 1994, a lui-même consacré l’autel du sanctuaire où est maintenant exposée cette reproduction.

Au 11 de la via degli Orti (rue des jardins), à l’angle de la rue Carso, à l’aube du 29 août 1953, une jeune épouse, Antonina Giusto, mariée depuis quelques mois à Angelo Iannuso, souffre d’une grave forme de toxicose gravidique. La famille est inquiète. Quand Angelo part vers six heures au travail, sa sœur, Grazia Iannuso et sa tante, Antonina Sgarlata, assistent la jeune femme.
Vers huit heures et demie, Antonina se reprend d’une énième attaque convulsive. Elle s’est mise au pied du lit en sorte de pouvoir mieux profiter de la fraîcheur de l’air près de la fenêtre.
Soudain, son regard est attiré par un faisceau lumineux qui met en évidence la reproduction représentant le Cœur immaculé de Marie, placée à la tête du lit.
Avec grand étonnement, et non sans stupeur, elle a l’impression que des larmes s’écoulent des yeux de la Vierge. Incrédule, elle se frotte les yeux et regarde à nouveau: c’est bien cela! De véritables gouttes d’eau descendent des yeux de la Madone. Une troisième fois, elle regarde encore de plus près; deux autres grosses larmes tombent des joues de l’effigie, puis d’autres encore…
Elle appelle alors sa tante et sa belle-sœur. Tout d’abord, les deux femmes pensent que leur malade est prise d’hallucinations, mais arrivées près de la reproduction, elles constatent que des larmes jaillissent vraiment des yeux de l’effigie, allant jusqu’à mouiller la tête du lit. Craignant d’être victimes d’une suggestion, elles appellent alors les voisins qui se rendent à l’évidence: l’effigie de la Vierge verse des larmes, à intervalles irréguliers. Emotion générale!
La nouvelle se répand comme une traînée de poudre et les curieux accourent. Certains essaient d’essuyer les larmes avec leur mouchoir. D’autres comme Mario Messina sont incrédules: ils veulent voir et toucher. Mario détache le cadre et constate que le mur est parfaitement sec, de même que l’arrière et le dessus du cadre. Alors, d’où peut bien sortir ce liquide? Mario démonte le cadre et ôte l’auréole étoilée. Les deux petits trous de fixation sont parfaitement secs. A peine Mario a-t-il essuyé le visage et le buste de l’effigie, que jaillissent deux autres larmes des yeux de la Madone; elles grossissent, descendent sur les joues y laissant une trace bien visible, pour finir par former une goutte au bout du menton. D’autres larmes suivent…
Le jeune époux rentre des champs vers 17h30. Avec toute cette foule devant sa porte, il présage un coup dur…, il imagine… avant de retrouver, soulagé, sa femme. Mais alors que se passe-t-il dans cette chambre à coucher? En apprenant que la Madone
y pleure, il s’évanouit d’émotion.
Devant la foule croissante, la femme de Mario téléphone à la police. Arrive le brigadier Umberto Ferrigno qui, non sans peine, finit par ramener le calme dans le quartier.
Jusque tard le soir, tous veulent toucher le cadre, imbiber leur mouchoir et voir les larmes couler au point de mouiller le cœur et les mains de l’effigie. Beaucoup n’arrivent pas à se décider de partir; des milliers se disposent à passer la nuit sur place. Alors des agents, accompagnés du jeune Iannuso, emportent le cadre à la police. La veste du sous-officier qui le transporte en est mouillée.
Après avoir vérifié qu’il ne s’agissait d’aucun trucage, le cadre est restitué à son propriétaire qui sort discrètement par une porte arrière du commissariat. Il passe d’abord chez sa belle-mère, puis chez son frère Luciano, et encore chez son autre frère Antonino demeurant à l’entrée de sa rue, pour finalement rentrer chez lui avec le cadre vers les deux heures du matin. La Madone qui pleure toujours est placée sur quelques coussins, tandis que des groupes de personnes attendent devant la porte fermée, pour être, au matin, les premiers à voir les larmes de la Madone.
Après quelques heures de sommeil, Angelo et sa famille s’enfuient à la campagne pour éviter la foule. Mais retrouvés par la police, pour motif d’ordre public, ils sont invités à retourner pour ouvrir leur maison à la foule.
L’après-midi, on dispose le cadre sur une petite table. On entre par le 11 de la rue Orti et on ressort par le 9. Touchés par cet appel maternel, beaucoup sortent en pleurs.
Le lendemain 31 août 1953, pour que tous puissent constater l’abondance des lacrymations, le cadre est suspendu à un clou, à l’extérieur de la maison du jeune couple, à la hauteur de la porte extérieure.
L’après-midi, un voisin, Lucca Vittorio, craignant pour la sécurité du cadre, offre sa propre villa. La foule peut y voir les larmes couler jusqu’au moment du Rosaire et à 21 h, on remet le cadre à son propriétaire.
Le mardi 1er septembre, le curé de la paroisse, Guiseppe Bruno, est chargé par la curie diocésaine de nommer une commission médico-scientifique pour prélever un échantillon du liquide et l’examiner. Vers 11 h, ladite commission se rend avec le curé au domicile Iannuso pour effectuer des prélèvements.
Le cadre était encore rangé dans une boîte. L’épouse Iannuso le remet avec révérence à la commission.
Aussitôt ôté le drap qui recouvre le cadre, des larmes s’écoulent des yeux de la Madone; après avoir baigné son visage, elles descendent jusqu’à remplir le creux de sa main. Le Dr Cassola, directeur du laboratoire micrographique de l’Office d’Hygiène de Syracuse, prélève le liquide avec une pipette de cristal, puis le tableau est essuyé avec des morceaux de coton. Quelques minutes plus tard, des larmes coulent d’abord de l’œil droit, puis du gauche. Le docteur effectue un nouveau prélèvement. Puis il ôte les vis qui fixent le tableau par-derrière pour observer la nature du matériau qui compose le cadre. C’est un plâtre de forme concave parfaitement sec. On doit donc exclure l’hypothèse d’une substance hygroscopique ou d’un phénomène de condensation de vapeur, étant donné, de l’avis des experts, la quantité de liquide écoulé les trois jours précédents.
Etonnamment, vers midi, après le dernier prélèvement, après quatre jours de preuves visuelles et scientifiques, de prises de photos et de films, les lacrymations cessent complètement. La science a eu son lot, à l’homme de croire.
A l’analyse, le liquide se révèle légèrement opalescent, comme les larmes humaines. Pas de précipitation au nitrate de baryum: absence de sulfates. Pas de coloration rose typique d’une présence de fer à l’addition de sulfo-scianure de potassium. Mais présence de chlorure de sodium, comme dans les larmes humaines.
Ni l’eau distillée, ni l’eau de source, ni la solution physiologique à 9/mille, ne révélèrent de noyaux amorphes noirâtres similaires à ceux observés dans le liquide prélevé au cadre. On compara aussi le liquide des larmes du cadre avec les larmes d’un bébé et celles d’un adulte et on y trouva les mêmes réactions et éléments: l’aspect, l’alcalinité et la composition chimique portèrent à conclure que le liquide du cadre de la Madone est une «sécrétion de larmes humaines».
Les résultats des analyses furent présentés à Mgr Ettore Baranzini, archevêque de Syracuse, qui se rendit le 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge Marie, chez les Iannuso pour y prier avec les gens.
Le 25 septembre, le tribunal ecclésiastique spécial commença ses travaux d’examens. Plus de deux cents témoins oculaires, écoutés sous serment, attestèrent la réalité effective des larmes.
Par les médias, la nouvelle se répandit rapidement et la Via degli Orti devint un lieu de prière où des personnes saines et malades accoururent de partout pour former des files interminables qui chantaient, et invoquaient le Cœur immaculé de Marie. L’émotion saisit tous les cœurs, en même temps qu’un esprit de pénitence. Si bien que des vagues continues de pèlerins coururent à l’église paroissiale pour demander le sacrement du pardon. Les prêtres débordés n’y suffisant plus, la paroisse de Sainte-Lucie au Sépulcre est à son tour investie à toute heure.
Le 15 octobre 1954, le pape Pie XII en conclusion d’un congrès marial régional tenu à Palerme s’adressa au peuple de Sicile et à tous, dans un radio-message dans lequel il fit explicitement référence aux faits de Syracuse:
«… Les hommes comprendront-ils le mystérieux langage des larmes? Oh, les larmes de Marie étaient sur le Golgotha des larmes de compassion pour son Jésus et de tristesse pour les péchés du monde.
«Ne pleure-t-elle pas encore aujourd’hui à cause des plaies nouvelles produites dans le Corps mystique du Christ? Ne pleure-t-elle pas pour tant de fils dont l’erreur et la faute leur ont ôté la vie de la grâce et qui offensent gravement la majesté divine? Ou ce sont des larmes d’attente pour le retour tardif d’autres de ses fils, autrefois fidèles, et maintenant entraînés par de faux mirages, parmi les troupes des ennemis de Dieu? Il nous appartient à nous de coopérer par l’exemple et par l’action au retour des rescapés à la Maison du Père et d’agir en sorte que se ferment au plus vite les brèches ouvertes par les ennemis de Dieu et de la religion…»
Le 6 novembre 1994, c’est Jean Paul II qui dédicaça le nouveau Sanctuaire de la Madone des larmes à Syracuse (voir ci-contre).
D’innombrables miracles et des guérisons scientifiquement inexplicables, des milliers de grâces particulières se sont vérifiés en ce demi-siècle, devant l’image sacrée de la Madone des larmes de Syracuse par l’intercession de la Sainte Vierge. Un des premiers et des plus éclatants a eu lieu le 5 septembre 1953 avec la petite Enza Moncada de trois ans et demi. Elle fut atteinte de paralysie infantile alors qu’elle avait à peine un an. Et les soins prodigués n’avaient donné aucun résultat. Au pied du cadre de la
Madone, on la toucha avec un coton hydrophile frotté auparavant sur l’effigie de Marie. Après quelques minutes, les gens commencèrent à crier: Vive Marie! Miracle! Miracle!… La petite, avec sa petite main auparavant inerte, saluait maintes fois la Madone et les yeux pleins de stupeur, elle tournait et retournait son petit bras, émerveillée. La grande foule frémit d’émotion.
Aujourd’hui encore, on signale et témoigne quotidiennement des grâces et même des miracles reçus au Sanctuaire érigé pour rappeler les larmes de Marie. Une immense documentation en témoigne. Elle est bien vraie cette parole à ton adresse, Marie: «Devant tes larmes, ô Marie, Jésus ne refuse rien.»

Libre reprise de «Pianto di Maria a Siracusa», in Il Segno del soprannaturale n°182/183, août-septembre 2003, pp. 49-56.


RETOUR EN HAUT DE PAGE

Copyright © 1999 - 2009
Conformément aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle, tous les textes et illustrations sont protégés par le Droit d'Auteur.
EDITIONS DU PARVIS - STELLA MARIS - CH-1648 HAUTEVILLE / SUISSE.
Tél.: 0041 (0)26 915 93 93 FAX: 0041 (0)26 915 93 99 E-MAIL librairie@parvis.ch

PAGE D'ACCUEIL PARVIS // STELLA MARIS