Patrick de Laubier, prêtre

Les fins dernières (3e partie)

L’enfer selon les théologiens et les mystiques

=> STELLA MARIS 397 SOMMAIRE

Successivement on verra ce que St Augustin, St Thomas et des théologiens modernes enseignent sur l’enfer, puis une présentation du traité de l’enfer de Françoise Romaine sera esquissée.

Les Théologiens et l’enfer

DDans le Livre XXI de la Cité de Dieu, St Augustin se donne beaucoup de mal pour expliquer que les corps des damnés pourront subsister dans le feu et il cherche, dans la nature, des exemples pour le prouver et finit par conclure que Dieu peut permettre ce qui nous paraît impossible.
Citant l’Evangile (Marc IX, 43-48), il fait remarquer l’insistance du Christ à propos de l’éternité des peines, en ajoutant: Mais des peines éternelles semblent dures et injustes aux pensées de l’homme, car dans la faiblesse même de ses facultés vouées à la mort, il lui manque ce sens de la très haute et très pure sagesse qui lui ferait concevoir la grandeur du crime commis lors de la première prévarication1.
Il développe ensuite une doctrine selon laquelle la grâce miséricordieuse et imméritée en affranchit beaucoup (multi) du châtiment tandis que d’autres, les plus nombreux (multo plures), encourent le châtiment en toute justice.2
Les élus doivent non seulement être baptisés, mais avoir combattu pour se soumettre leurs passions. Les autres sont livrés au châtiment qui a une certaine proportion avec leurs fautes.
Les «Miséricordieux» qui envisagent le salut pour tous les damnés, sans aller jusqu’à y inclure, comme Origène, les démons, sont dans l’erreur en pervertissant les paroles claires de Dieu (recta Dei verba).
Il répond à tous les arguments de ceux qui nient l’éternité des peines.
Il y a pourtant le cas de ceux dont les péchés empêchent d’arriver au Royaume et qui en obtiennent la remise par les mérites des saints. Cette question reste non résolue pour Augustin malgré le mal que je me suis donné, précise-t-il.
La doctrine du purgatoire demandera des siècles avant que les théologiens et le Magistère ne soient en mesure de la «désenvelopper». On peut dire que la position d’Augustin sur l’éternité des peines sera celle de l’Eglise, mais de savoir si les réprouvés seront multo plures c’est l’avis d’Augustin.
A propos de la prédestination, St Thomas reprend en substance l’interprétation de St Augustin: Nous avons montré que sous l’action divine, des hommes, aidés par la grâce, sont dirigés vers leur fin dernière, tandis que d’autres, privés de ce secours, se détournent de cette fin; or tout ceci qui est de Dieu, a été prévu et ordonné par sa Sagesse de toute éternité. Cette distinction entre les hommes a donc été voulue par Dieu en son éternité.3
C’est le Concile de Trente dans sa 6e session (13 janvier 1547) qui donna, en s’inspirant de St Augustin et de St Thomas et en écartant aussi bien les doctrines de Pélage que celles de Luther4 et de Calvin, l’interprétation catholique de la justification: Si quelqu’un dit que le libre arbitre de l’homme, mû et poussé par Dieu, ne coopère en rien quand il acquiesce à Dieu, qui le pousse et l’appelle à se disposer et préparer à obtenir la grâce de justification, et qu’il ne peut refuser d’acquiescer, s’il le veut, mais que tel un être inanimé il ne fait absolument rien et se comporte purement et passivement: qu’il soit anathème (Canon 4).
Si quelqu’un dit que la grâce de la justification n’échoit qu’à ceux qui sont prédestinés à la vie et que tous les autres qui sont appelés, le sont assurément, mais ne reçoivent pas la grâce, parce que prédestinés au mal par la Puissance divine: qu’il soit anathème (Canon 17).5
C’est dans la Somme théologique Ia Q. LXIII et LXIV que St Thomas traite des démons, de leur péché et des peines qu’ils subissent.
Après avoir défini le péché de l’ange comme provenant de l’orgueil engendrant l’envie. L’ange déchu voulut être comme Dieu non pas en étant divinisé par la grâce de Dieu, mais par sa propre force (art. 3 resp.). Il n’était pas mauvais par nature et ne pécha pas immédiatement. Ce sont probablement les anges d’ordres supérieurs qui péchèrent les premiers par orgueil et entraînèrent les autres, mais les anges fidèles furent vraisemblablement plus nombreux. Après la chute, les démons perdirent la charité mais gardèrent certaines lumières spéculatives surnaturelles et leurs facultés naturelles de connaître, mais leur volonté est définitivement fixée dans le mal. Leur souffrance réside dans la volonté qui est radicalement contrariée: ils ne veulent pas de leur état et ne peuvent être ce qu’ils veulent et surtout ils sont privés de la béatitude à laquelle ils aspirent par nature. Quant aux lieux où se trouvent les démons, c’est par châtiment l’enfer et pour exercer les humains ils sont aussi dans l’air ténébreux.
St Thomas se borne à l’essentiel en exprimant souvent ce qui lui apparaît comme le plus probable à partir de ce que l’Ecriture nous enseigne sur ce monde mystérieux.
Les théologiens modernes s’intéressent moins à la condition des démons qu’au destin des humains. La perspective d’une damnation éternelle est si effroyable qu’elle suscite facilement un rejet. Les théologiens qui se hasardent dans l’étude de ce mystère n’ont pas la tâche facile6. On peut rappeler que lorsque la question du nombre de sauvés fut posée à Jésus, il répondit qu’il fallait lutter pour entrer par la porte étroite (Luc XIII, 22).7
Dans une allocution du 28 juillet 1999 que Jean Paul II a consacrée à l’enfer comme refus définitif de Dieu, il enseigne que c’est la situation dans laquelle se place celui qui repousse la miséricorde du Père, même au dernier moment de sa vie… les enfers sont le lieu de la peine définitive, sans possibilité de retour ou d’allégement de la douleur (Luc 16, 19-31). Il poursuit en disant: «La damnation demeure une possibilité réelle, mais il ne nous est pas donné de connaître, sans révélation divine particulière, si les êtres humains — et lesquels — sont effectivement concernés.8»

Françoise Romaine et le tractatus de inferno

Françoise Romaine va, à son corps défendant, relater en dialecte romanesco les visions qu’elle reçoit en extase sur le ciel, le purgatoire et sur l’enfer que son confesseur va consigner dans des traités rédigés en latin. Cette mère de famille du XVe est probablement une des plus grandes saintes d’un siècle qui est aussi celui de Sainte Colette, de Jeanne d’Arc et Nicolas de Flüe. Ses visions de l’au-delà sont une des sources catholiques les plus considérables que nous ayons sur le monde angélique. On a vu qu’elle ne cessait de voir son propre ange gardien. Il y a chez elle, a-t-on écrit, une dominante de liberté qui l’a fait échapper à toute spécificité9. Comme Marie de l’Incarnation (l’Ursuline) au XVIIe, et Anne-Marie Taïgi au XVIIIe, elle mène de front une activité pratique très absorbante et une vie contemplative très intense. Son intelligence est vive et sa culture laisse pressentir l’influence dominicaine du P. Thomas de Regno qui la connut pendant vingt ans. Notons qu’elle ne se souciait nullement de partager les richesses qu’elle recevait dans ses visions et il fallut toute l’insistance de son confesseur, Mattiotti, pour obtenir au nom de l’obéissance leur divulgation. Mais d’elle-même, elle n’a rien écrit.
On retiendra ici ce qu’elle dit de l’enfer.10
Les visions du ciel, du purgatoire et de l’enfer lui apparaissent lorsqu’elle était en extase. Ce qui est original chez elle, c’est surtout la description des structures de l’enfer, sa hiérarchie et cette étrange et terrible stratégie pour la perdition des âmes.
L’imagerie symbolique utilisée dans ses descriptions n’est pas celle d’un poète, mais plutôt d’un prophète qui réfracte une vision venue d’ailleurs. L’imagination équipée des images de l’intéressée et de son époque est aussi à l’œuvre, mais au service d’une lumière plus haute qui vient de Dieu.
L’enfer lui apparaît comme un grand espace divisé en plusieurs régions et comme dans l’Apocalypse un dragon personnifie la perversité qui habite ce lieu de perdition. Françoise est accompagnée par l’ange Raphaël qui la soutient11 durant ce périple au pays de l’horreur.
On assiste à l’accueil effroyable des réprouvés selon une sorte de procédure qui les conduit devant le Prince de l’abîme qui rend un «jugement» suivi de tortures qui diffèrent selon les péchés.
La généalogie de ce monde démoniaque est relatée par la sainte: l’épreuve12 imposée aux anges provoqua la chute du tiers d’entre eux appartenant à tous les chœurs13. Une partie d’entre eux, composée des plus mauvais, est en enfer, une autre partie dans les airs14 et une troisième partie se trouve au milieu des humains. Elle ajoute à propos des deux dernières catégories qu’au moment de l’épreuve certains se turent, ne choisissant ni Dieu ni Lucifer.
Auprès de Lucifer, qui faisait partie du chœur des Séraphins, trois principaux démons régissent ce monde de désespoir: Asmodée, de l’ordre des Chérubins, s’occupe du vice de la chair, Mammon, du chœur des Trônes, s’occupe de l’avarice, et Belzébuth, du chœur des Dominations, de l’idolâtrie. Les trois grandes concupiscences sont ainsi personnalisées. Ces démons ne sortent pas de l’enfer mais envoient sur terre d’autres démons plus puissants que ceux des airs et de la terre, lorsque Dieu veut punir l’Humanité.
En enfer proprement dit se trouvent les anges déchus des chœurs les plus élevés: Séraphins, Chérubins et Trônes, et ce sont eux qui sont chargés de tourmenter les plus grands pécheurs. Une analogie de proportion est ainsi établie entre les anges déchus et les réprouvés selon le type de péché.
La sainte, qui voit les stratagèmes et les artifices des démons qui tentent les âmes, conclut que celle qui leur échappe est heureuse et sainte…
Parmi les démons une sorte d’ordre règne dans leur désordre.
Ainsi, la justice divine ordonne ensemble ceux qui faisaient partie de la hiérarchie suprême et ceux qui appartenaient à la seconde et à la troisième, mais entre eux il n’y a aucun ordre15.
Les démons qui sont dans les airs ne tentent pas directement les âmes, mais agissent sur les éléments naturels pour affaiblir les humains. La tentation de l’orgueil est confiée à une autre catégorie d’anges et lorsque la tentation a prévalu, les légions qui sont soumises à Asmodée, à Mammon et à Belzébuth peuvent alors intervenir.
Lucifer règne en enfer: De même que les anges glorieux obéissent aux préceptes divins, chacun dans son ordre, de même les misérables esprits malins, chacun à sa place, obéissent aux préceptes de Lucifer, sous l’action de la justice divine… aucun d’eux n’oserait tenter une âme sans les préceptes de Lucifer et ne pourrait soumettre les âmes à la tentation si notre Dieu saint et très bon ne l’agréait et ne le permettait. Autrement les âmes seraient trop pitoyables si les démons pouvaient tenter à volonté ces malheureuses âmes qui se trouvent dans leur chair. 16
Lucifer voit tous les démons qui se voient mutuellement. Ils sont torturés non seulement par le feu, mais aussi quand ils voient le bien que font les hommes bons. Les démons qui sont dans le monde font partie du dernier degré du dernier chœur et s’occupent de chaque âme pour la faire périr. Lorsqu’ils ne peuvent la vaincre, des démons plus puissants interviennent. C’est d’ailleurs ce qui arrivait à Françoise Romaine elle-même: l’humble servante du Christ, qui était continuellement tentée et malmenée, non seulement par le démon mauvais introduit en elle, mais encore par ceux qui ont chu du chœur séraphique.
Il faut préciser ici que la puissance des anges qui la protégeaient augmentait en proportion et qu’elle décrit comment un ange qui la défendait fut remplacé par un autre d’un degré supérieur.
Françoise pouvait reconnaître à quel choeur avait appartenu l’ange qui la tentait: les démons qui ont chu de la première hiérarchie apprennent aux autres esprits introduits en nous la manière de tenter et de malmener les âmes. Et les démons font de même entre eux, avec la permission divine, de sorte que chaque âme a principalement un esprit malin introduit en elle pour la tenter et la malmener… mais s’il ne suffit pas à faire tomber l’âme dans une quelconque faute, et s’il est vaincu par l’âme qui résiste vigoureusement, d’autres démons plus fourbes et plus mauvais lui viennent en aide.17
Ce combat spirituel permis par Dieu pour permettre aux hommes de gagner des mérites avec sa Grâce, peut aussi être perdu et la sainte décrit le triomphe ou la rage des démons lorsqu’ils gagnent ou quand ils perdent.
Selon les visions de Françoise Romaine l’enfer n’est malheureusement pas vide et tous les genres de péchés sont représentés dans toutes les catégories sociales et à tous les niveaux des hiérarchies ecclésiastiques et laïques.18
Les anges protecteurs abandonnent les damnés. Les âmes du purgatoire sont dans certains cas soumises à une peine supplémentaire qui consiste à voir son démon tant qu’elles se trouvent dans un certain lieu.19
Ajoutons ce que Françoise Romaine dit à propos du nom de Jésus: quand ceux qui sont dans ce monde prononcent le nom très saint de Jésus avec dévotion, tous les démons, tant ceux de l’enfer que ceux qui se trouvent dans les airs ou parmi nous dans ce monde, sont contraints de s’agenouiller, non de leur propre volonté, mais bien malgré eux.20
Même quand le nom de Jésus est prononcé par des blasphémateurs les démons doivent manifester une révérence, tout en se réjouissant du péché commis.
Les anges du ciel se prosternent et louent Dieu lorsqu’on invoque le nom de Jésus, même quand cela vient des méchants.
Enfin, la sainte apprend le pouvoir de la contrition et du sacrement de réconciliation qui affaiblissent les démons et fortifient les âmes.

Conclusion

Cette approche comparée des fins dernières montre une complémentarité entre l’œuvre des théologiens et la contribution des grands mystiques, en l’occurrence des femmes. Cet apport de la mystique féminine ne se retrouve ni chez les Orthodoxes, ni chez les Protestants et remonte, dans l’Eglise catholique, au XIIe siècle lorsque la scolastique a pris son essor et fit de la théologie une science.21
Les dangers du rationalisme chez les théologiens ont été dénoncés dès le début du XIIIe par la papauté et le protecteur de la Sorbonne, Grégoire IX demanda solennellement que les théologiens ne deviennent pas philosophes22. Albert le Grand, Thomas d’Aquin, Bonaventure et Duns Scot restèrent des théologiens et leur sainteté y contribua puissamment. Plus tard, la décadence de la scolastique fut pour quelque chose dans la réaction, d’ailleurs injuste, d’Erasme rejetant Aristote au nom d’une philosophie de l’Evangile, et celle de Luther, plus radicale encore, puisqu’il affirmait que l’Evangile était incompatible avec la philosophie.
Par analogie, les mystiques ont pu tenir auprès des théologiens le rôle que plusieurs d’entre elles jouèrent auprès des papes lorsqu’ils se laissaient tenter par la sagesse du monde. C’est un charisme prophétique qui est mis au service de l’Eglise, et St Paul, on le sait, met les prophètes au-dessus des docteurs, mais après les apôtres et leurs successeurs.
Les fins dernières nous sont connues par la Révélation de manière suffisamment claire pour guider des consciences droites, mais assez voilée pour exiger la foi et justifier le travail des théologiens et l’intervention du Magistère. Les mystiques n’apportent pas seulement des lumières, ils touchent aussi la sensibilité par des images et des émotions qui retentissent sur la volonté qui est faite pour aimer ce que l’intelligence lui montre.
Les révélations privées ne sont pas en concurrence avec la théologie qui est une œuvre de raison sous la lumière de la foi, mais pratiquement, même lorsqu’il s’agit de docteurs de l’Eglise, le témoignage des mystiques pose un problème d’interprétation suffisamment ardu pour susciter la réserve des théologiens, quand ce n’est pas un refus de principe. Nous avons déjà évoqué ce qu’un homme juste fit lorsque la plus sainte des femmes le plaça devant une situation incompréhensible.
La civilisation de mort qui s’étend en cette fin de millénaire, cache les morts et affecte de se désintéresser des fins dernières qui l’angoissent. Les images servies par des technologies vraiment prodigieuses assiègent nos contemporains qui ne lisent qu’avec modération, pour ne parler que des pays privilégiés où les moyens sont disponibles. Le témoignage des mystiques peut non seulement compléter l’enseignement des docteurs, mais aussi conduire aux théologiens capables de formuler ce qui est pressenti à travers les images et les émotions qu’elles provoquent.
Patrick de Laubier, prêtre

Notes:
1) Cité de Dieu, XXI, 12.
2) Dans son ouvrage sur la Prédestination éternelle (1552), voir réédition chez Droz (1998), Calvin cite 22 ouvrages de St Augustin et notamment de praedestinatione sanctorum et affirme: «Quant à St Augustin, il s’accorde si bien en tout et partout avec nous que, s’il me fallait écrire une confession sur cette matière, il me suffirait de la composer des témoignages extraits de ses livres, p. 31 (orthographe rectifiée). La Cité de Dieu ne fait pas partie des 22 ouvrages cités par Calvin.
3) St Thomas, Contra Gentiles CLXIII.
4) On a déjà mentionné l’accord intervenu le 31 octobre 1999 à Augsbourg entre Catholiques et Luthériens à propos de la justification. Cet accord est loin de tout régler, mais constitue une base de départ.
5) Traduction Denziger, Editions du Cerf. Les controverses sur la grâce se poursuivirent et Paul V précisa (26 juillet 1611) que, conformément au Concile, il est nécessaire que le libre arbitre soit mû, suscité et aidé par la grâce de Dieu, et qu’il peut librement y assentir ou ne pas y assentir. Denz., p. 509. Une controverse entre Dominicains et Jésuites s’était élevée à la suite de la publication de l’ouvrage de Luis de Molina sur le libre arbitre et la grâce (1588) qui insistait sur le rôle du libre arbitre. St François de Sales qui avait connu une épreuve douloureuse durant son adolescence (il pensait être réprouvé) était plutôt moliniste. Un décret du Saint Office (1er décembre 1611) interdit de publier sur ce sujet.
6) Mais nous savons aussi que le Bon pasteur vient pour trouver la brebis perdue (apololos) Luc XV, 6. La vulgate latine traduit par qui était perdue (perierat).
Voir les interprétations très personnelles de Hans Urs von Balthasar, Espérer pour tous, 1987; L’enfer, une question, 1988. On sait que Péguy et Maritain, comme bien d’autres ont été tourmentés par ce mystère. Cf. aussi Histoire des enfers de Georges Minois (Fayard) très critique de la doctrine catholique.
7) En Matthieu VII, 13: nombreux (polloi) ceux qui prennent la voie de la perdition… peu nombreux (oligoi) ceux qui trouvent le chemin de la vie. Mais le bon Pasteur est venu pour sauver ce qui était perdu (perierat).
8) Jean Paul II, Osservatore Romano, Ed. hebd., en français, 3 août 1999.
9) Marie-Pascale Dickson, Jubilation dans la lumière divine, Françoise Romaine, ŒIL, 1989 p. 20.
10) Nous citons ici d’après l’édition critique d’Alessandra Bartolomei Romagnoli, Santa Francesca Romana, Libreria Editrice Vaticana, 1994, Tractatus de inferno, pp. 815-871. Nous utiliserons aussi la traduction française d’extraits édités par nos soins in L’enfer existe, Tequi, 1996, pp. 19-43.
11) Lors du procès de canonisation, on mentionne la présence visible et permanente d’un ange auprès de la sainte.
12) Une tradition veut que le péché de l’ange ait été provoqué par la connaissance de l’Incarnation: il a été homicide (anthropoxtonos) dès l’origine (Jean VIII 44). Cf. M. J. Scheeben, Les mystères du christianisme (trad. Française, 1947, p. 276).
13) St Thomas pensait, on l’a vu, que la majorité des anges avait été fidèle.
14) St Thomas évoque aussi cette double répartition, mais Françoise en ajoute une troisième.
15) Op. cit., p. 29.
16) Op. cit., p. 32.
17) Op. cit., p. 34.
18) Le traité latin ne consacre pas moins de 35 pages (823-858 de l’édition vaticane) à leur description.
19) On sait que Catherine de Sienne eut un jour la vision d’un démon et qu’elle ne se remit jamais tout à fait de l’horreur qu’il lui causa. On peut aussi rapprocher les visions de Françoise Romaine avec celles que Catherine de Sienne relate dans son Dialogue (cf. Le Dialogue, CXXVIII, trad. L. Portier, Cerf, 1992, pp. 246ss). Thérèse d’Avila relate dans Le Libro de la Vida (ch. XXXII) comment le Seigneur voulut la transporter en esprit dans un endroit de l’enfer qu’elle avait mérité par ses péchés.
20) Op. cit., p. 42.
21 Voir M. D. Chenu, La théologie comme science au XIIIe siècle, Vrin, 1969.
22) Nec philosophos se ostentent Grégoire IX, le 7 juillet 1228, dans la Charte de l’Université de Paris in E. Gilson, L’esprit de la philosophie médiévale, 2e édition, 1969, p. 392.


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