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A loccasion de la publication (fin octobre) aux Parvis du premier livre dAngela, «Je suis la Résurrection et la Vie», nous lavons interrogée. Elle nous relate son parcours, sa conversion et les circonstances de son appel à une mission prophétique.
Née au milieu du siècle dernier dans une petite ville de lItalie septentrionale, Angela est la plus jeune des quatre enfants de la famille. Elle est venue au monde suite au décès de sa sur quelle na pas connue. Après une scolarisation normale, elle suit une école de Secrétariat de direction. Ensuite elle a voulu faire un travail plus créatif, tourné vers les autres. Cest alors, raconte-t-elle, que «jai eu un accident et que je me suis retrouvée à lhôpital avec un traumatisme crânien. Cela a déterminé ma vocation: jai vraiment été guidée pour devenir infirmière».
Parce que vous avez eu dexcellentes infirmières?
Jai senti une forte inclination pour un travail qui ne soit pas commercial mais plus humain, un travail qui me permette de mieux exprimer ma personnalité. Jai alors suivi une formation professionnelle dinfirmière, où jétudiais en même temps que je travaillais. Et depuis, jai toujours travaillé comme infirmière, encore maintenant.
Et ce travail vous plaît?
Beaucoup, jy ai trouvé tant de Jésus crucifiés! Mais dans le travail, maintenant, il y a peu despace pour sentir ces choses dans son cur, le rendement quantitatif est aussi entré dans lhôpital, ce nest plus comme auparavant. On narrive plus à traiter les personnes comme nous voudrions, alors que la souffrance est toujours là.
Vous avez été élevée chrétiennement?
De mes parents, jai reçu le plus grand don, celui de la foi, surtout de mon père qui avait une grande conscience de lexistence de Dieu. Il disait que les athées nexistent pas, mais seulement des gens qui ne savent pas que Dieu existe. Maman avait une foi un peu plus traditionnelle. Jai reçu une formation chrétienne, mais je nai pas fait lexpérience de Jésus vivant, si bien quà un moment je me suis éloignée de lEglise. Jai été blessée par des expériences négatives dans lEglise, ce qui développa en moi un rapport conflictuel avec Dieu, une peur inconsciente.
Cette peur de Dieu, vous êtes parvenue à identifier sa cause?
Je pense à une blessure de lenfance, provenant de comportements erronés de personnes adultes à mon égard; à travers le prêtre, jai eu peur de Dieu, quand il disait «malheur à vous!», je sentais la condamnation
Jai identifié cette peur au prêtre qui pointait le doigt et me suis éloignée progressivement de la pratique religieuse.
Et vous étiez heureuse comme ça?
Non, jai eu des souffrances inexplicables que je ne réussissais ni à comprendre ni à expliquer aux autres. Je me suis sentie différente de mes amies à tout point de vue. Il y avait des sujets que je ne pouvais aborder. Je sentais quarrivée à un certain point, il ne pouvait pas y avoir de communication, parce que je vivais des souffrances affectives profondes que je ne savais pas expliquer. Je ne savais pas doù elles venaient. Jai dû voir des psychologues, mais quand on abordait le côté spirituel, je ne savais pas mexpliquer et les interprétations quils me donnaient ne me satisfaisaient pas.
Mais pendant ces moments de grandes souffrances intérieures, je cherchais toujours Dieu, un Dieu quen réalité je ne connaissais pas. Une des dernières fois où je traversais une période semblable, je nai plus cherché le Dieu universel, sans visage, mais le Dieu crucifié. Je me suis identifiée avec le Crucifié, jai compris que le Crucifié pouvait me comprendre, Lui, le Dieu fait homme. A nouveau, dans une autre période très difficile où mes souffrances saccentuaient, je cherchai encore plus Jésus crucifié.
Et comment lavez-vous trouvé?
En 1989, je suis allée en Ouganda et là, jai rencontré une sur italienne qui avait suivi un séminaire de discernement selon saint Ignace de Loyola, avec des Pères jésuites. Et ce qui ma touchée, cest quelle disait que tous les deux jours, on pouvait rencontrer pour un colloque, un prêtre psychologue ou théologien, au choix. Alors jai tout de suite pensé quun prêtre psychologue pourrait comprendre ma situation spirituelle. Jai compris alors quil y avait quelque chose qui regardait mon esprit, ce que je navais pas encore considéré. Et donc, de retour en Italie, je me suis informée et jai pu suivre ce séminaire.
Durant une méditation sur le cinquième mystère joyeux du rosaire, le Recouvrement de Jésus au Temple, un flot de larmes ma envahie qui a duré toute la journée, un bain, comme un nouveau baptême. Là, jai éprouvé tout le drame intérieur davoir perdu Jésus et lémotion de le retrouver là, à ce moment. Dans les méditations successives, je suis alors tombée éperdument amoureuse de Jésus, totalement amoureuse. En moi-même, je le ressentais profondément et me disais: «Je sais que ce nest pas un appel à la consécration (religieuse), mais je comprends quon peut lâcher le monde entier pour toi.» Je nai pas eu un moment de doute, et jai compris que pour aucun homme, je naurais pu éprouver un amour aussi grand. Ce fut vraiment un coup de foudre!
Et dans ce séminaire (où tous étaient des personnes consacrées), on était invité à demander au Seigneur de guider, de confirmer ou de clarifier notre vocation. Mais moi, jétais encore loin de toutes ces choses de lEglise, de la Bible
et me demandais: «Tout ça, cest bien pour eux, pour ces surs, ces prêtres
, mais pour moi
?»
Et cest à ce moment que vous vous êtes posé la question de votre vocation?
Quand je me suis retrouvée, seule, dans la chambre, jai été inspirée de demander: «Mais pour moi, Jésus, quel est ton appel, quelle est ma vocation?» Et là, Jésus ma répondu: Finalement, tu es arrivée, ma fille: Mon Père et moi nous tattendions depuis toujours, nous avons une tâche importante à te confier. Cela a été pour moi le choc initial. Je ne pensais pas avoir une réponse à ma demande, ni entendre cette parole en moi, si forte et si claire! Bien sûr, je me suis demandé ce que cela pouvait bien être.
Il mest arrivé une autre expérience les jours suivants. Si je ne connaissais pas Jésus, je connaissais encore moins Satan! Jai toujours eu une idée très grande de Dieu mais nétant pratiquement pas formée bibliquement, je me disais que le mal nexiste pas, parce que Dieu est plus grand que tout et donc le mal nexiste pas comme créature: il est seulement en nous. Au contraire, jai alors connu personnellement Satan qui est venu me faire des choses très mauvaises. Satan venait de nuit
Tous les deux jours, nous avions un colloque avec le Père psychologue et, tandis que je mapprêtais à rencontrer le Père, une Sur très souffrante est venue me demander si je pouvais lui laisser la place. Je suis restée alors quatre jours sans voir le Père. Et là, Satan en a profité pour venir me dire: «Tu nauras pas dautre homme en dehors de moi!» Il ma tourmentée la nuit, il voulait pratiquement mon être, ma volonté pour lui! Je me sentais très mal. Je compris que cétait une énorme tentation, et jen souffrais beaucoup, mais je devais faire confiance, parce que jétais dans la maison de Dieu.
Finalement, vous avez rencontré le prêtre?
Après quatre jours, jen parlai finalement avec un prêtre. Comme jétais inaccoutumée aux exercices spirituels, le prêtre ma conseillé de les suspendre une journée et daller me promener en ville.
Ce séminaire était un «bon piège» du Seigneur qui my attendait, parce que je ne savais rien, pas même que la Bible se composait de versets! Javais bien essayé de la lire, mais je ne la comprenais pas, elle me faisait peur!
Pendant cette journée de détente, jai compris que mon cur était devenu un champ de bataille entre Dieu et Satan. Finalement, je le connaissais en personne. Et je me disais: «Ah non! Si toi maintenant, Satan, tu veux marracher à cet Amour infini, alors, ça, je ne le permettrai jamais.
Jusquà maintenant, tu mas jouée, parce que je ne te connaissais pas. Mais maintenant, je te dis non. Je choisis Jésus, je le choisis pour la vie.» Cela a été un choix radical et définitif. Ici, symboliquement parlant, jai vu lenfer et le paradis; la pureté et la tentation du péché, mais jétais épuisée physiquement par cette lutte.
Pendant ma promenade en ville jai vu une église ouverte; il y avait une messe
Au moment de la communion, je craignais de tomber littéralement de fatigue mais jy suis allée: jai reçu la communion et me suis dit: «Maintenant, je retourne et jaffronte la réalité quelle quelle soit.»
Ce qui a été aussi important, cest la confession: au-delà de laspect psychologique, je me suis confessée davoir été jusquà maintenant loin de Dieu.
Une vie nouvelle a pu alors commencer?
De retour chez moi, ma croissance spirituelle a vraiment débuté, je ne pouvais plus vivre sans lEucharistie, sans ladoration; je profitais de mes temps libres pour aller prier à léglise. Javais toujours cette souffrance en moi, mais elle avait maintenant une direction: vivre pour Jésus, parce quil est mort sur la Croix pour moi.
Lappel initial (cest-à-dire la tâche qui mavait été confiée), je lavais laissé de côté, craignant une illusion. Et peu à peu cest comme si la vapeur sous pression de la cocotte-minute séchappait: toutes les blessures sortaient.
Je fréquentais la messe, mais je navais pas encore compris profondément lEucharistie. Plus tard Jésus ma fait vivre maintes fois, au-delà de mes yeux physiques, sa présence réelle dans lEucharistie.
Ce chemin de conversion a duré un certain nombre de mois, et jentrais toujours plus dans la prière. Entre-temps jai fait la rencontre dun groupe du Renouveau. La première fois que jai mis le pied dans un séminaire de guérison, une personne a eu pour moi une parole de connaissance très précise: «Le Seigneur est en train de guérir une personne qui a lu Jésus est vivant.» Ce fut pour moi un grand signe parce que je venais juste de lire Jésus est vivant du Père Tardif. Ce livre a été important pour moi, parce que javais cherché le séminaire de guérison suite à cette lecture et je me suis rendu compte que Jésus savait tout de moi, doù une nouvelle journée de larmes et un grand moment de guérison: cest là vraiment que jai été libérée de cette peur de Dieu, parce que jai vu un instant, de manière très forte, le doigt du prêtre habillé de noir, quinconsciemment jidentifiais à Dieu, pointé contre moi; mais en même temps je me sentais envahie par la force du Saint-Esprit. Il ny avait pas de jugement sur les autres, je naccusais personne. Et en échange de cette image qui me faisait identifier la cause de ma peur, jai reçu celle du pape Jean XXIII. Quand je priais, je trouvais toujours le bon pape Jean, et moi, toute petite, à ses pieds.
Mais Satan continuait à vouloir maccaparer, et me perturbait dans ma relation avec Jésus. Quand je priais, javais Jésus présent, mais Satan le salissait en me le faisant voir comme un homme viril, et non comme Dieu. Donc je comprenais quil y avait quelque chose qui nallait pas et je ne voulais plus voir Jésus ainsi.
Après sept mois, je me suis sentie adulte et le bon pape Jean XXIII ma dit: «Maintenant tu es guérie, car la blessure que tu avais dans ton cur ne te permettait pas de grandir dans la foi.»
Cest pourquoi jétais restée petite dans la foi. A partir de ce moment, ma prière sest adressée directement à Jésus. Et alors jai commencé à voir clairement son visage. Et Il ma demandé de porter au confessionnal une blessure que javais reçue à lâge de quatre ans, que javais inconsciemment repoussée et qui réapparaissait à ce moment. «Je tapporte la personne qui ma blessée et je lui pardonne.» Ce faisant, Jésus ma donné limage de ma vie, tel un théâtre (dans le sens mondain) qui se transformait en une cathédrale pleine danges, signe de ma renaissance spirituelle.
Vous parlez souvent dimages. Toutes ces images que vous recevez, doù proviennent-elles? de votre imagination, de votre intuition
elles sont dans vos yeux, dans votre esprit
?
Je vois ces images intérieurement, avec des couleurs, je vois vraiment la scène. Jésus ma donné le don de recevoir des images dès le début des exercices de saint Ignace, où on demande de se représenter, dimaginer la scène à méditer: et pour moi, en procédant de cette façon, alors que Jésus me faisait le don de recevoir des images, je pensais que cétait une chose normale pour toutes les personnes présentes. Je nai compris quaprès quil nen était pas ainsi, et cest ainsi que cela a commencé.
Ce don est quelque chose de différent dun exercice de limagination qui est une faculté naturelle. Les images prophétiques que me donne le Saint-Esprit sont dans le cur. Cest une vue intérieure, profondément différente de limagination, bien que de nombreuses fois, jaie douté.. Tandis que limagination est vagabonde, limage comme don est incisive et il nest pas en mon pouvoir de la reproduire. Ce don arrive à limproviste et toujours dans la prière. Jésus donne les images quand je peux les accueillir et y correspondre. Jésus nimpose rien, cest gratuit et je reste libre de les accueillir. Si elles viennent, je peux manquer dattention, mais je ne peux ni les éviter ni les provoquer, parce que cest véritablement un don.
En fait, Angela a reçu un don prophétique similaire à celui de Jérémie avec qui le Seigneur procédait souvent par des visions dimages avant de lui en donner le sens et la suite. Voir par exemple Jérémie 24, la vision des deux corbeilles de figues et son explication. Cest pourquoi Jésus lui a dit: «Ta mission sera comme celle de Jérémie.»
(A suivre)
Christian Parmantier
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