La Reine du Rosaire de Pompéi

Les apparitions

=> STELLA MARIS 393 SOMMAIRE

Voici la suite du récit de ce qui s’est passé au 19e siècle, à Pompei, au pied du Vésuve, dans la province de Naples, où Notre-Dame s’est faite appelée «Reine du Rosaire». La première partie a été publiée dans Stella Maris de mai.

Une maman malade a eu une première vision de Marie, telle que la représente la statue miraculeuse. Quelqu’un lui avait parlé de miraculés exaucés par la Reine du Rosaire, ce qui la remplit d’une totale confiance pour aussitôt implorer l’aide de Marie sous ce vocable. Avec la prière du Rosaire, qui avait déjà obtenu tant de grâces dans la région de Pompéi, cette maman saluait chaque jour sa divine Mère et la priait d’avoir pitié de ses enfants. Comment la meilleure des mères aurait-elle pu ne pas exaucer une maman éplorée? Le 8 juin 1876, un mois après la pose de la première pierre du sanctuaire, Marie apparut à la pauvre mère et lui dit: «Notre-Dame du Rosaire de Pompéi t’a exaucée.»
Dès que les foules, pleines de vivacité, du Mezzogiorno eurent vent des premiers miracles, des grâces innombrables affluèrent sur les fidèles de Pompéi. Sans doute les plus pauvres furent-ils les plus favorisés.
Le sanctuaire n’était pas encore achevé qu’un autre miracle d’une prodigieuse notoriété se produisit, qui devait faire de Notre-Dame de Pompéi un phare éclatant. Le commandeur Agrelli, de Naples, avait une fille gravement malade. Depuis déjà treize mois les voisins entendaient les gémissements de la fille tourmentée par des crampes fréquentes. Et à la voir, chacun souhaitait la plus prompte délivrance, tant elle faisait pitié. Le 16 février 1884, un visiteur lui apporta un livret de neuvaines et une médaille de la Reine du Rosaire. Aussitôt, la famille se mit à réciter les prières de la neuvaine en sa compagnie. La situation resta alarmante deux semaines durant. Le 3 mars, vers trois heures de l’après-midi, après une violente crise, elle se reprit et, ô prodige, que vit-elle au-dessus de son lit? La Mère de Dieu merveilleusement belle lui souriait avec une maternelle tendresse. Fortuna fit le signe de la Croix. La Sainte Vierge était assise sur un trône élevé, tenant l’Enfant Jésus sur ses genoux. Elle était entourée de personnages lumineux, dont Dominique et Catherine agenouillés à ses pieds, l’un d’un côté et l’autre de l’autre. La Madone tenait un chapelet à la main. Dans cette sublime apparition, la malade reconnut la Reine du Saint Rosaire de Pompéi. Profondément émue, elle suppliait: «Reine du Saint Rosaire, viens à mon secours, guéris-moi! J’ai déjà fait une neuvaine, mais je n’ai pas été exaucée, ô ma Mère! J’aimerais tant guérir!» Des larmes coulaient le long de ses joues amaigries. Et voilà que Fortuna Agrelli, émerveillée, entend la douce voix de sa céleste Mère. Elle perçut les mots suivants: «Mon enfant, tu m’as invoquée et demandé des grâces sous des titres variés. Mais maintenant que tu m’as appelée sous celui de Reine du Rosaire qui me plaît particulièrement, je ne peux plus ne pas t’accorder la faveur que tu as sollicitée, car ce nom m’est plus cher que tous les autres. Fais encore trois neuvaines et tu auras tout.»
Fortuna éprouva une si grande confiance qu’elle ne put plus douter. Et lorsqu’elle se retrouva seule, après l’évanouissement du surnaturel, elle ressentit dans son âme une grande joie. Les paroles de Marie restaient comme gravées dans son cœur. Les membres de la famille de Fortuna s’étonnaient de la voir si radieuse.
Alors, Fortuna et sa famille commencèrent les neuvaines. La confiance grandit chez la malade, assurée désormais de se trouver bientôt exaucée. On approchait du 8 mai, le jour des grâces dans le val de Pompéi.
Ce jour-là Fortuna dit à sa sœur: «Je suis sûre qu’aujourd’hui la Madone va m’accorder une grâce spéciale, car j’ai lu qu’Elle accordait beaucoup de grâces en ce jour anniversaire.»
Et le miracle se produisit.
Fortuna Agrelli, qui tant de fois avait vu la mort en face, se leva, totalement guérie. La nouvelle se répandit à Naples; elle éveilla dans beaucoup d’âmes une confiance illimitée en la Reine du Saint Rosaire.
Pour l’inauguration du sanctuaire, le légat de Léon XIII, le cardinal Raffaele Monaco La Valetta, arriva avec ses grands dignitaires dans la cité de la Reine du Rosaire. On n’en était pas encore au temps de Jean Paul II qui a fait le tour du monde et qui le 21 octobre 1979 atterrit en hélicoptère devant le sanctuaire de Pompéi pour honorer la Madone, accomplissant ainsi la prophétie du serviteur de Dieu qui avait annoncé la présence du Saint-Père en ce lieu. Bartolo Longo fut heureux d’accueillir, sinon le Pape, du moins son légat. Une joie sans bornes s’empara de lui quand il vit déballer le cadeau personnel du Saint-Père: une chasuble magnifique, toute brodée d’or. L’aurore de ce 8 mai 1887 transformait Pompéi en un paradis. Une immense foule s’était rassemblée de tous les points de l’horizon pour assister à la triple célébration.
La première cérémonie fut donc la consécration de l’autel sur lequel se célébrerait dorénavant l’auguste Sacrifice sous le regard de la Maman de Jésus, la Reine du Saint Rosaire. Nul ne se fait une idée du nombre incalculable de grâces répandues de cet autel depuis lors.
Quant à la statue miraculeuse exposée jusqu’ici dans la petite église paroissiale, on l’avait fixée dans une précieuse niche de bronze doré. Elle allait être couronnée ce jour même.
Dans un geste de la plus haute distinction, le Pape avait béni lui-même la couronne de pierreries, que le légat devait fixer maintenant sur la tête de la Reine du Rosaire. Ainsi couronnée, la Reine fut portée en triomphe, sous les acclamations des foules, à travers la nouvelle cité, vers son nouveau sanctuaire. Les Ave Maria résonnaient sur les murs, les foulards tournoyaient au-dessus des têtes sous une pluie de pétales, pendant que les chants et les prières continuaient dans une jubilation sans fin. Quinze mille personnes, selon l’estimation générale, étaient venues honorer leur Reine.

La neuvaine

En Italie, la neuvaine de Pompei, qui se dit du 30 avril au 8 mai, est demeurée célèbre. Par exemple, Rosa Quattrini, la voyante de San Damiano, la récitait chaque année. Elle a valu tant de protections, de guérisons et de conversions!

André Castella

Ces textes ont été extraits du livre paru aux Editions du Parvis «La Reine du Rosaire de Pompei et son avocat Bartolo Longo».

Littérature:
La Reine du Rosaire de Pompei et son avocat Bartolo Longo
128 pages et 8 pages d’illustrations.E 8.50 CHF 13.–


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