Un pouvoir occulte s'attaque à la Messe

Par René Lejeune

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La franc-maçonnerie naît à Londres en 1717. Elle se dit «déiste». De quel dieu s’agit-il? Dieu est «le grand Architecte». Les symboles maçonniques, le compas et l’équerre le proclament. A ces symboles s’ajoute le tétragramme «Yahvé» en caractères hébreux.
Au final, ce que la franc-maçonnerie naissante, ainsi que celle d’aujourd’hui qui se dit déiste, veulent détruire, c’est la divine figure du Christ Jésus, Fils de Dieu et unique Sauveur des hommes. Et en Lui, le Dieu d’amour révélé par les paroles et la vie de Jésus.

L’Eglise et la franc-maçonnerie

Dès 1738, Clément XII a promulgué l’interdiction aux catholiques d’adhérer à la maçonnerie. En 1751, Benoît XIV aggrave cette interdiction. On ne peut pas appartenir à Jésus-Christ comme chrétien et, en même temps, afficher sa foi dans le dieu de la maçonnerie qui n’a rien à voir avec le Père céleste révélé par Jésus, un Père qui n’est que tendresse, miséricorde et justice.
En 1884 Léon XIII a renouvelé l’interdiction et l’excommunication. Entre-temps, le Grand Orient, l’obédience française de la maçonnerie antichrétienne, s’était fait le fer de lance de la lutte anticléricale en France. Elle avait de plus supprimé de sa Constitution l’article premier qui affirmait la croyance en Dieu et en l’immortalité de l’âme. Ce rejet de la foi déiste maçonnique provoqua la rupture entre le Grand Orient et la Grande Loge d’Angleterre, mère de toutes les loges maçonniques.
Qu’en est-il de la position actuelle de l’Eglise, sous Jean Paul II, vis-à-vis de la maçonnerie?
Le nouveau droit canon de 1983 ne reprend pas l’interdiction d’adhésion à la maçonnerie. Cependant le cardinal Ratzinger, qui dirige la Congrégation pour la doctrine de la foi, a qualifié de «péché grave» l’adhésion à une loge maçonnique; tout fidèle qui commettrait ce péché grave s’exclurait lui-même des sacrements. Cela n’empêche cependant pas une collaboration sur des points précis tels que la défense de la paix, de la justice sociale et des valeurs morales universelles, comme l’Osservatore Romano (journal du Vatican) l’a indiqué dans un commentaire paru le 23 février 1985.
Le 19 mars 1985, l’Osservatore Romano a publié un article soulignant que les fidèles adhérant à la maçonnerie courent le risque grave de devenir des instruments de stratégies définies par les instances supérieures secrètes de la loge dont ils sont les adhérents. «Pour un chrétien catholique, poursuit l’article, il n’est pas possible de vivre sa relation avec Dieu selon une double modalité, c’est-à-dire en la scindant en une forme humanitaire supraconfessionnelle, et une forme intérieure chrétienne. Il ne peut entretenir deux sortes de relations avec Dieu.» Avis aux nombreux chrétiens qui adhèrent malgré tout à la dizaine de Loges existant en France et qui réunissent quelque 100000 membres en tout, dont 35000 au «Grand Orient de France» possédé d’une véritable haine anti-chrétienne.

Transpercer le Cœur de la foi: l’Eucharistie

Au cours des années 90, la franc-maçonnerie, sous l’impulsion du Grand Orient, a mis au point un «plan progressif» vers le stade final de saccage de la sainte Messe. Ce plan a été dévoilé en mars 1998, par la revue italienne Teologica. Il comporte 33 points. C’est un invraisemblable bric-à-brac largement puisé, on le dirait, dans le fonds protestant du réquisitoire contre l’Eglise catholique. Il faut bannir les statues dans les églises; avec elles, le culte des saints. On s’attaque particulièrement à saint Michel, protecteur de l’Eglise catholique. Il faut dévaloriser la sainte Messe et anéantir la croyance en la Présence réelle. Il faut s’attaquer à la hiérarchie — pape et évêques — et liquider les symboles qu’ils représentent et qui ont été institués par Jésus lui-même nommant des apôtres et édictant la suprématie de Pierre. Il faut diffuser le plus largement possible les scandales des prêtres, tels que concubinage et pédophilie. Il convient de s’attaquer à la croyance à l’enfer, de bannir le signe de croix au bénéfice d’un signe de paix. La dévalorisation de la messe est favorisée par la tenue vestimentaire négligée, surtout celle des femmes. L’éducation sexuelle doit être dispensée par l’enseignement public qui la présentera comme une irrésistible pulsion de la nature à la recherche de partenaires multiples.
Bref, Jésus est présenté comme un révolutionnaire en faillite. Par contre, le vrai Christ viendra bientôt; il n’édictera plus d’interdits, mais laissera ses droits à la nature humaine, œuvre du Créateur. Dans les écoles catholiques il faut recruter les professeurs, non pas d’après le critère de la foi, mais uniquement de la compétence professionnelle. Et il faut démocratiser cette école en supprimant les titres religieux: plus de «Collège de l’Immaculée Conception», mais «Ecole supérieure nouvelle».
On le voit, c’est Jésus qui est la figure divine à abattre. Ce Jésus sans lequel tout l’édifice chrétien s’écroule, car lui seul est la Voie, la Vérité et la Vie (Jn 14,6). En dehors de Lui, c’est le néant, ce qui crée de la place pour toutes les vaines constructions humaines, inspirées par le Diviseur. La franc-maçonnerie est l’une de ces constructions. Mais «les portes de l’Hadès» (Mt 16,18) ne pourront rien contre l’Eglise. La communauté messianique réunie autour de Jésus, sous l’égide de Pierre, est, seule, victorieuse.

René Lejeune


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