Mirella Pizzioli: Les circonstances de son charisme

Par Christian Parmantier

=> STELLA MARIS 391 SOMMAIRE

Après s’être présentée (voir Stella Maris 388 p. 19) Mirella Pizzioli nous explique ici comment son charisme a commencé.

— Mirella, dites-nous, comment est arrivé votre don?
Ma maman est partie au ciel, et quand elle est partie, nous sommes tous restés déboussolés, non… Cela fait à peu près quinze ans.
Tout a commencé par un temps de très grande souffrance, un moment de désarroi… après avoir assisté pendant trois ans à la souffrance de cette maman qui, plus elle était malade, plus elle devenait belle.
Tous, dans toutes les familles nous rencontrons un jour cette souffrance, nous l’avons tous éprouvée. Quand cette maman a fermé les yeux, j’ai senti à l’intérieur de moi-même presque un soulagement. Non pour moi, mais parce que ma maman est restée des mois assise sur son lit sans pouvoir s’étendre…
Et puis, un matin, tu te réveilles, tu te lèves, et elle n’est pas là, elle n’est plus! Tu n’entends plus sa voix. Tu vois ses affaires, mais l’être précieux n’est plus là. Commence alors une nostalgie terrible. Le téléphone. Tant d’années je me suis dit: maintenant, j’appelle maman au téléphone. Cette idée revenait… alors tu t’interroges. Nous avons beaucoup prié pour elle, nous avons demandé au Seigneur de la guérir. J’avais ce désir qu’il lui donne la paix… de la voir se lever… Je n’ai jamais été en colère contre le Seigneur.

— Que lui disiez-vous alors?
J’ai dit au Seigneur: «Voilà 2000 ans que tu le répètes. Maintenant tu es fatigué de nous le dire, non? Que ces créatures sont vivantes, qu’elles nous entendent, qu’elles jouissent de tant de bienfaits. Mais si c’est comme ça, comment est-ce possible qu’une maman qui a vécu comme ma maman, qui vivait pour la famille… à un certain moment… disparaît, on ne la voit plus, elle ne vient plus me dire «Mirella… reste tranquille, ne te fais pas de soucis»… ou bien nous la consolions, nous… nous l’avons tant aimée et câlinée… alors comment cela est-il possible, si c’est vrai, Seigneur, que ces personnes vivent vraiment?
Je n’ai jamais mis en doute l’existence de Dieu, jamais, mais je me suis dit que s’il est vrai que ces créatures sont vivantes, qu’elles entendent, tout ce que tu nous as raconté, alors Seigneur tu devrais permettre à cette maman de me donner un signe, je veux comprendre cela.
Je ne sais pas pourquoi, un jour, machinalement, j’ai pris un crayon dans la main, et des feuilles et je circulais. J’ai circulé des mois, avec un crayon en main et des feuilles, là où j’allais, mais sans savoir pourquoi. Jusqu’au jour où il m’est arrivé ce que j’ai raconté là, qu’au retour des courses, j’ai ouvert un paquet de biscuits, j’ai tiré une feuille blanche qui était à l’intérieur, sur la table avec toutes les courses déposées là, le crayon à portée de la main, j’ai pris cette feuille, et… ce crayon m’a dessiné une fleur et j’ai entendu très distinctement la voix de ma maman qui m’a dit: «Tu vois, je ne sais rien dessiner — ce que j’avais entendu des centaines de fois, en dialecte —, seulement une petite fleur», et elle m’a dessiné une petite fleur.
Je ne sais dire ce que j’ai éprouvé; le crayon je l’ai lancé, comme ça. Après, je ne me souviens plus de ce que j’ai fait et je n’ai rien dit à personne…
Puis j’ai repris ce crayon, et c’était une chose incroyable, parce que c’était quelque chose autour de moi qui parlait, qui se déplaçait. Mais je me disais: «Ce n’est pas possible, çà». Alors j’ai fait toute une série d’essais. Et cela fut comme un apprentissage ensemble. J’ai appris et eux, ils ont appris. Nous avons appris ensemble à écrire. Et puis j’étais très liée, qu’ils ne me laissent pas aller, et alors sont arrivées ces paroles: «Je suis la maman, ne pleure pas, je suis la maman, ne pleure pas.» Je l’entendais de partout. C’est une chose incroyable, et les parfums, et cette sensation de quelque chose que je ne connaissais pas. Je ne savais rien de toutes ces choses.
Et peu à peu, j’ai appris à écrire ainsi, mais ce n’est pas une écriture automatique, la main ne se dirige pas d’elle-même, cela ne m’est jamais arrivé; ça, je ne l’aurais jamais admis. C’est une chose qui m’arrive de l’intérieur, difficile à expliquer, et j’ai commencé à entendre.
L’unique chose étrange de tout cela, c’est le fait qu’ils m’ont enseigné — j’ai beaucoup de plaisir à le dire — à tenir le crayon ainsi (Mirella tient le crayon par le haut, du bout des doigts. Et me montre des messages dans un cahier). Je ne savais pas pourquoi, mais avec le temps, je l’ai découvert. (J’ai beaucoup travaillé avec les surgelés, les congelés, et avec le temps, mes mains se sont tout esquintées…) Si je devais écrire comme tous, je n’arriverais pas à tenir le crayon longtemps et j’aurais une douleur insupportable. Tandis que si je le tiens par le bout, je peux écrire des heures, sans me fatiguer. Je ne disais rien à personne. Je gardais ces choses pour moi.

— Et le contenu? Ces premiers messages avaient un thème?
Le contenu, c’est privé, c’était une grande consolation pour moi. C’est la maman qui me parlait, me tranquillisait. Elle me disait qu’elle était bien, mais plus que tout, elle était préoccupée pour moi. Elle me disait d’être en paix, de ne pas pleurer, qu’elle m’aimait, toutes ces petites paroles d’amour qui arrivaient et puis, les parfums que je sentais autour de moi. Cela ne m’était jamais arrivé, une chose comme ça! Ainsi, peu à peu, nous avons commencé cette aventure.

— Et puis vous vous êtes confiée?
Après quelques mois, j’ai commencé à en parler à la maison parce que je ne pouvais plus contenir toute la joie que j’avais; j’étais complètement transformée, je ne pleurais plus, je regardais le monde avec d’autres yeux, tout était devenu différent. Alors j’ai raconté ces faits à ma famille et nous avons pensé à aller rencontrer un prêtre. J’ai rencontré un prêtre qui connaissait mon papa et il ne s’est pas dérobé. Il a dit: «Voyons; si c’est une chose sainte qui vient de Dieu, nous le verrons.» Et il a commencé à prendre soin de moi. Il ne m’a pas dit non, sinon tout se serait terminé là.

— C’était une belle grâce.
Mais ensuite, quand j’ai compris ce qui se passait, j’ai eu très peur; pas dans le sens d’avoir peur de quelqu’un, mais peur de ce qui m’arrivait, à moi: «Mais pourquoi? La maman, oui; mais tout le reste? … cela n’est pas possible, c’est de la folie», et j’ai commencé à dire: «Je ne veux plus en entendre parler». Là je cachais tout: les feuilles, les cahiers, tout ce que j’avais à portée de main; mais il n’y a rien eu à faire, parce que cette chose avait été décidée, comme si j’avais imploré le Seigneur et qu’il avait accordé la grâce que je demandais. J’ai demandé d’avoir la preuve que ma maman était vivante, et quand cette preuve est arrivée, je me suis repentie! J’ai eu peur de l’accepter, et lui me disait: «D’abord tu me demandes des choses, et puis ensuite, tu n’en veux plus!»

— Quand vous avez demandé une preuve, un signe, aviez-vous une idée de ce que cela pourrait être?
Bien sûr que non, je n’avais pas la moindre idée de ce qui pouvait arriver. Il pouvait arriver tout et rien. Je ne suis pas la première personne à avoir fait ce raisonnement et il ne leur est rien arrivé! Ils viennent ici!
Probablement que c’était déjà… établi, et que le Seigneur avait déjà fait ses calculs (rire). J’ai alors commencé à me poser un tas de questions: «Pourquoi, de quelle façon…», jusqu’à ce que j’arrive à admettre qu’il n’y a pas de réponses. Je n’ai pas trouvé le mérite qui aurait pu m’expliquer pourquoi le Seigneur avait fait ce choix. Je n’ai rien trouvé en moi-même. Je me disais: «Suis-je bonne? Si peu!» Je n’ai pas trouvé la cause qui lui permette de dire: «Je te veux Mirella, parce que tu es bien brave!». Donc pas de réponse. Et pour continuer à aller de l’avant, j’ai dû m’arrêter de me poser des questions. C’est ainsi qu’a commencé cette grâce extraordinaire et merveilleuse.

Littérature:
Porte ouverte sur l’au-delà (Tome 1), La mort n’existe pas!, 144 p., 13x20 E 10.– CHF 15.–
Porte ouverte sur l’au-delà (Tome 2), Témoignages de vivants de l’au-delà, 160 p., 13x20 E 10.– CHF 15.–


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