Baptisés dans lEsprit Saint, nous croyons au Dieu Tout-puissant, qui domine infiniment toutes choses et tous les êtres. Il ny a quun seul Dieu et nous sommes bienheureux de confesser cette foi invincible, dans la lumière de Jésus-Christ, le Sauveur.
Dieu des dieux
La Bible utilise à plusieurs reprises le mot dieux (theoi. gr). Ce pluriel pourrait laisser à penser quune cour dêtres divins régit lunivers. Evidemment pour les auteurs bibliques et les hommes de foi, il nen est rien: «Il ny a quun seul Dieu» 1Co 8,6 et «néant tous les dieux des nations» Ps 96,5. En fait, le mot dieux au pluriel revêt, dans lEcriture sainte, plusieurs sens qui mettent en relief le néant des faux dieux fabriqués par lhomme et, par ailleurs, la haute dignité des êtres célestes, des anges et des hommes créés par Dieu, Maître suprême de toutes choses.
Regardons ensemble lEcriture.
Dans le livre de la genèse nous est racontée lhistoire du Patriarche Jacob (Gn 25, 19-50, 26). Alors que Jacob repartait de chez son beau-père Laban, en Paddâm-Aram, avec sa famille et tous ses biens, son épouse Rachel «déroba les idoles domestiques qui étaient à son père» (Gn 31, 19)1. Quelques jours plus tard, Laban rattrapa Jacob et lui fit ce reproche: «Mais pourquoi as-tu volé mes dieux?» (Gn 31,30; cf. 31,32s). Ainsi des idoles domestiques, ou «Téraphim» sont nommées aussi des «dieux» par ceux qui ignorent le vrai Dieu. Ces Téraphim seront plus tard formellement interdites par la Loi, cest pourquoi le prophète Samuel dit à Saül qui sest détourné de Yahweh: «Un péché de sorcellerie, voilà la rébellion, un crime de téraphim, voilà la présomption! Parce que tu as rejeté la parole de Yahweh, il ta rejeté pour que tu ne sois plus roi!» (1S 15, 23; cf. Nb 23, 23; Dt 18, 10-11). Dans la Bible, toutes ces idoles familiales etc. sont qualifiées couramment de «saletés» (gillulim) ou d«ordures» (siqqusim), que Yahweh a en abomination:
2R 23, 24: «Les nécromants et les devins, les dieux domestiques et les idoles, et toutes les horreurs quon pourrait voir dans ce pays de Judas et à Jérusalem, Josias les fit disparaître, en exécution des paroles de la Loi
».
Tous ces faux dieux sont source derreur, de mensonge, de discorde et de mal. Ils détournent de la vérité, de lamour et établissent un rapport superstitieux et pernicieux avec le mal et Satan. Les pratiques idolâtriques sont dautant plus graves quelles viennent parfois de membres du Peuple de Dieu qui sont censés connaître la Parole divine. Aussi les prophètes nont cessé de dénoncer toutes les pratiques idolâtriques, la haine, linjustice, le commerce avec le démon et le mal sous toutes ses formes.
Za 10, 2: «Parce que les téraphim prédisent la fausseté, que les devins voient le mensonge, que les songes ont débité lillusion, donné de vaines consolations, voilà pourquoi ils sont partis comme des brebis en piteux état, faute de pasteurs» (cf. Ez 21, 26).
Dt 18, 10-13: «On ne trouvera chez toi personne qui fasse passer au feu son fils ou sa fille, qui pratique divination, incantation, mantique ou magie, personne qui use de charmes, qui interroge les spectres et devins, qui invoque les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à Yahweh ton Dieu, et cest à cause de ces abominations que Yahweh ton Dieu chasse ces nations devant toi. Tu seras sans tache vis-à-vis de Yahweh ton Dieu.» (cf. Ba 6)
A la lecture de ces Textes nous devons bien discerner comment ces Paroles divines nous rejoignent aujourdhui. Quelles sont les idoles, les faux dieux de notre temps? En fait, tout attachement excessif aux personnes, aux biens, aux choses, etc., tend à lidolâtrie. Nous le savons et le voyons autour de nous, des charlatans, des faux mystiques, des artistes, des hommes politiques, de pouvoir, des gens connus, de vaines philosophies, le
matérialisme, les richesses, largent, certaines fêtes, des choses diverses
sont parfois objets dune véritable idolâtrie de la part de nos contemporains. A cette multitude dégarements, sajoute tout ce dont nous met en garde lEcriture. A chacun donc de bannir définitivement toute trace dune quelconque idolâtrie qui entraîne sur la route du mal, loin de Dieu. Cest pourquoi il nous dit dans ces dix commandements:
Dt 5,6-8: «Je suis Yahweh ton Dieu, qui tai fait sortir du pays dEgypte, de la maison de servitude. Tu nauras pas dautres dieux devant moi. Tu ne te feras aucune image sculptée de rien qui ressemble à ce qui est dans les cieux là-haut, ou sur la terre ici-bas, ou dans les eaux au-dessous de la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux ni ne les serviras
».
Ici, précisons-le, la Parole de Dieu vise précisément les cultes idolâtriques, téraphim et autres, qui sont aux antipodes de ladoration que lon doit à Dieu et aussi, de la vénération, de la dévotion accordée aux saints qui nous aident à mieux servir Dieu et à mieux aimer. Les icônes, les statues du culte chrétien par exemple, sont des supports visibles qui aident simplement à signaler la présence divine et lui consacrer un lieu etc., comme la Tente du Rendez-vous de Moïse, le Temple, avec leurs objets de culte, les chérubins aux ailes déployées (cf. Ex 24, 10-22; 1R 6, 15-30).
Un autre aspect du mot «dieux» fait écho aux paroles de Jésus qui devant les pharisiens sourds aux appels à la conversion, cite lEcriture en disant: «Nest-il pas écrit dans votre Loi: Jai dit: Vous êtes des dieux? Alors quelle a appelé dieux ceux à qui la Parole de Dieu fut adressée et lEcriture ne peut être récusée à celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde vous dites: «Tu blasphèmes» parce que jai dit: «Je suis Fils de Dieu». (Jn 10, 34-36; cf. Ps 82, 6)2
Si Jésus, ici, cite lEcriture, cest afin de souligner sa dignité suréminente, car «en lui habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité» (Col 2, 9). Il est au-dessus de toutes les Dominations (cf. Col 1,15-20; Ap 19, 10; 22, 8). Par ses propos, le Seigneur manifeste dautre part, la haute dignité des hommes faits à limage de Dieu (cf. Gn 1, 26-27), à peine moindre quun Ange, quun dieu (élohim. hb), selon le psaume (Ps 8, 6), participant de la divine nature (cf. 2P 1, 4). Et cest dans cette lignée que lApôtre Paul précisera:
1Co 8, 4-6 «Nous savons quune idole nest rien dans le monde et quil nest de Dieu que le Dieu unique. Car, bien quil y ait, soit au ciel, soit sur la terre, de prétendus dieux et de fait il y a quantité de dieux et quantité de seigneurs pour nous en tout cas, il ny a quun seul Dieu, le Père, de qui tout vient et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui tout existe et par qui nous sommes.» (cf. Jn 1, 1-3)
Ici, lApôtre affirme un enseignement constant de la Bible: Nous ne sommes rien sans Dieu. Cest par lui que nous existons. Lui seul Est, et notre existence nest que par Lui et en Lui. Il est notre Tout, notre origine, notre fin ultime, notre plénitude. Yahweh notre Dieu « est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs»
(Dt 10, 17; cf. Dn 2, 47; Ps 136, 2. 3s).
Oui! En tout temps sachons vraiment reconnaître la majesté suprême et infinie de Dieu unique, Père, Fils et Saint-Esprit. Il est notre Roi bien-aimé (cf. 1Ti 6, 15; Ap 19, 16).
Ps 96,2-6 «Chantez à Yahweh, bénissez son Nom! Proclamez jour après jour son Salut. Racontez aux païens sa gloire, à tous les peuples ses merveilles! Grand Yahweh, et louable hautement, redoutable, lui, par-dessus tous les dieux! Néant, tous les dieux des nations. Cest Yahweh
qui fit les cieux; devant lui, splendeur et majesté dans
son sanctuaire, puissance et beauté.»
Jacques Magnan vient de publier «LEchelle de la Grâce» aux Editions du Parvis (voir page 16). Un livre remarquable sur le désir de progresser dans lAmour de Dieu qui doit habiter chaque homme pour quil parvienne à la félicité promise par Jésus. Cest un voyage passionnant de lâme qui savance vers léternelle Béatitude.
Notes:
1) Le mot idole vient du grec «eidôlon». On le trouve douze fois dans le Pentateuque et il revêt divers sens (saletés, vanités, satyres, objets de prostitution) cf. Lv 17, 7; objets de dégoût (bdelûgmata). Proscrits par la Loi, ils sont aussi présentés comme objets sculptés, gravés, fondus, de bois, dor, faits à la main
2) Pour compléter ces sujets. (Cf. Ps 45, 7; 58, 2; 96, 5; 97, 7; 110; Ac 7, 40. 42; 1Co 10, 20; 2Co 4, 4; Ga 4, 8s; Ph 3, 19. La première mention du mot Ange dans la Bible est en Gn 16, 7s. Ne pas confondre avec les Kéroubim en Gn 1, 24s. Sur les Anges, fils de Dieu cf. Jb 1, 6; 2,1; Ps 28,1; 81, 6; 88, 7; Is 6, 2s; Ne 8, 6; Ap 5, 11; 7, 11 etc.
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