Pourquoi tant de lieux d’apparitions?

=> STELLA MARIS 391 SOMMAIRE

Qui vient de loin sait mieux considérer tant l’essentiel d’un événement que certains de ses particularismes. Nous avons reçu une lettre d’un Père missionnaire en Thaïlande qui pose des questions auxquelles nous tentons de donner une réponse. Voici un large extrait de sa lettre:

L«Thaïlande, le 15 décembre 2001
Depuis de nombreuses années, je reçois avec joie Stella Maris que j’apprécie réellement. Je ne vois aucun autre Magazine en français qui nous donne un aperçu de toutes ces manifestations surnaturelles à travers le monde, apparitions ou visions adaptées aux différents pays qui les reçoivent…
Cette année, 2001, je m’étais inscrit pour un troisième pèlerinage à Medjugorje, à l’occasion de deux mois de vacances que je prenais en France. Mes plans ont été déjoués (sans doute par la Vierge Marie elle-même), et je me suis vu forcé d’accepter de rejoindre un pèlerinage de 43 Réunionnais qui n’avaient pas d’aumônier. C’est ainsi que, sans l’avoir cherché, je visitai plusieurs lieux de pèlerinage: Lourdes, pour la fête du Rosaire, puis en Italie, Sienne, Cascia, Loreto et finalement San Damiano.
Je n’avais pas prévu ce dernier lieu de pèlerinage, mais j’ai cherché à me mouler dans l’atmosphère de ce lieu privilégié. Pourtant, j’ai regretté un peu le déroulement trop rapide des rosaires… Les Ave Maria en latin défilaient à vive allure et, avec d’autres pèlerins, je me rappelais sans cesse les Paroles de Jésus: «Ce n’est pas la surabondance des paroles qui atteignent le Ciel, mais plutôt la ferveur du cœur»…
Mais le but de cette lettre n’est pas de critiquer, mais plutôt d’élargir les horizons. Les apparitions assez anciennes (Guadalupe, Lourdes, Fatima, etc.) sont des faits du passé, bien que toujours actuels par leurs messages. Mais les si nombreuses manifestations de ces derniers temps gagneraient en efficacité si chacune ne revendiquait pas une sorte d’exclusivité qui écarterait les autres. A Medjugorje, on ne parle que de Medjugorje; à San Damiano, seul existe le petit jardin de Marie, etc. C’est un peu comme si chaque lieu de manifestation surnaturelle revendiquait pour soi tout seul la présence de Marie. On n’y parle jamais des autres apparitions pourtant bien connues. Pourquoi ne pas admettre que Marie apparaît aussi en de nombreux autres lieux, avec des messages parallèles qui établissent entre eux de vraies connections? Il semble que le Ciel a actuellement jeté sur notre monde un immense filet, dont chaque maille est l’une de ces manifestations surnaturelles.
Depuis quelque temps, j’étais en correspondance avec Amsterdam et les images de Notre-Dame de tous les peuples; je les distribue en français, en anglais et même en thaï… J’aimerais bien que l’on accepte de considérer que toutes les actuelles manifestations se résument dans «Notre-Dame de tous les peuples»…
Pour terminer, je reste étonné de ce que tant de religieux et ecclésiastiques sont absolument imperméables à tout ce qui dépasse le naturel. Alors qu’en est-il des chrétiens du monde entier? Ici, en Thaïlande, le français est très peu connu. Le même magazine en anglais me permettrait de répandre ces nouvelles que Dieu permet pour le bien de tous. Peut-être aurez-vous quelques suggestions à me faire, pour que je sois plus à même de répondre à tous les appels de Marie?

Père J.H.

Dans un de ses très nombreux messages, Notre-Dame des Roses de San Damiano affirmait apparaître à ce moment-là (c’était entre 1964 et 1970) en plus de 100 lieux de la terre. On peut se demander pourquoi Jésus et Marie ne concentrent pas leurs manifestations en un seul point du globe (Medjugorje, San Damiano, ou un autre). La réponse n’est pas facile et il n’y a pas une seule raison, mais plusieurs. Ce qui est certain, c’est que ce que le Ciel fait, c’est ce qu’il y a de mieux à faire.
Essayons tout de même de trouver quelques explications à une telle profusion de manifestations célestes:
1) Il est bien de prendre connaissance par la presse, la radio, la télévision, par un parent ou un ami de l’existence de telles apparitions ou révélations, mais rien ne remplace l’expérience faite lorsqu’on se rend sur place. Déjà le fait de partir en pèlerinage nous libère d’une partie de nos soucis quotidiens et nous rend plus disponibles à l’accueil du surnaturel si fortement ressenti en ces lieux.
2) Si le Ciel avait choisi un seul endroit déterminé de l’Europe, de l’Asie, de l’Amérique, de l’Afrique ou de l’Australie, cela signifierait pour beaucoup aller à l’autre bout du monde. Qui disposerait du temps et des ressources nécessaires pour s’y rendre… une fois dans sa vie? Et comment pourrait-on envisager des neuvaines de pèlerinages comme cela se pratique à San Damiano?
3) Le Ciel donne certes des consignes générales, valables universellement. Mais il adapte son langage et ses demandes à la culture du pays où il se manifeste. Non seulement à la culture, mais aussi à la situation religieuse et sociale de ce pays.
4) Le succès de l’initiative céleste dépend d’abord de la façon dont les voyants assument leur délicate mission. Le Ciel respectant, en ce domaine aussi, la liberté accordée à chaque être ou à chaque groupe humain, s’il se manifestait en un seul lieu de la terre ce serait encore plus facile pour l’ennemi de venir semer de l’ivraie dans le champ de blé.
5) Il n’y a aucun doute que Medjugorje n’aurait pas atteint la même amplitude s’il n’y avait pas eu précédemment Kérizinen, Garabandal, San Damiano, etc. Au fil du temps, le rationalisme qui sévit dans l’Eglise perd de sa virulence contre ces manifestations célestes.
Venons-en maintenant au constat d’exclusivité que notre missionnaire a ressenti tant à Medjugorje qu’à San Damiano. Si Marie se manifestait dans les années 60 en plus de 100 lieux, comme elle l’a dit à San Damiano, c’est certainement encore le cas aujourd’hui. Il ne s’agit pas de mettre en concurrence un de ces lieux avec un autre. Chacun de ces lieux a ses particularités. S’ils sont visités par le Ciel, chacun d’eux est le plus important sous un aspect ou sous un autre pour tel ou tel pèlerin.
Je suis aussi d’avis qu’il n’est pas opportun de parler publiquement dans un de ces lieux non encore officiellement reconnus par l’Eglise d’autres lieux qui sont dans la même situation. Si cela se faisait, des promoteurs d’apparitions douteuses, voire fausses pourraient créer de la confusion et compromettre le tout.
Par contre, chez soi chacun peut s’intéresser et s’exprimer sur plusieurs de ces lieux et établir des connexions entre certains éléments de messages de diverses provenances.
Examinons maintenant la question du rythme des prières à San Damiano. Ceux qui désirent un rythme plus lent sont nombreux. C’est le cas de tous les prêtres. Comme on ne peut pas prolonger le temps des prières officielles qui est déjà très important à San Damiano, pour permettre un rythme plus lent, il faudrait alléger le programme de ce qui n’a pas été demandé expressément par le Ciel, mais faisait partie des dévotions personnelles de Mamma Rosa. Elle en était bien consciente, puisqu’un jour elle m’a dit: «Après moi, il faudra veiller à conserver les trois Rosaires (15 mystères) du matin, de midi et du soir, avec l’Angélus, la litanie, et à midi le Chemin de Croix pour la sanctification des prêtres et la consécration à Marie.» Cet allégement se fera lorsque l’Eglise prendra les choses en mains. Il faudra alors veiller à ce que l’essentiel soit maintenu.
Enfin, l’imperméabilité d’une grande partie du clergé à ce genre de phénomène n’est pas nouvelle. Elle existait déjà du temps de Jésus. Il y a plus de trente ans que je dirige la revue Stella Maris. Durant ce laps de temps, il y a eu en ce domaine une légère amélioration. L’opposition virulente a fait place à plus de bon sens.
Tant que nous vivons sur la terre nous sommes soumis à des contingences et la situation considérée comme idéale n’est pas la même pour tous. Il faut donc s’en accommoder. Ce n’est qu’au ciel que nous trouverons une harmonie parfaite.

André Castella


RETOUR EN HAUT DE PAGE


Copyright © 1999 - 2009
Conformément aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle, tous les textes et illustrations sont protégés par le Droit d'Auteur.
EDITIONS DU PARVIS - STELLA MARIS - CH-1648 HAUTEVILLE / SUISSE.
Tél.: 0041 (0)26 915 93 93 FAX: 0041 (0)26 915 93 99 E-MAIL librairie@parvis.ch

PAGE D'ACCUEIL PARVIS // STELLA MARIS