LUNESCO
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A loccasion du 50e anniversaire de la Mission permanente dobservation du Saint-Siège à lUNESCO, le pape Jean Paul II a adressé une lettre, datée du 10 décembre 2002, à Mgr Francesco Follo, observateur permanent du Saint-Siège auprès de lUNESCO dont le bienheureux pape Jean XXIII fut le premier Observateur permanent de cette Mission du Saint-Siège. Extraits:
Pour se donner les moyens de promouvoir la paixCréée immédiatement après le second conflit mondial du XXe siècle, lUNESCO est née du désir des nations de vivre en paix, dans la justice et la liberté, et de se donner les moyens de promouvoir activement cette paix, par une coopération internationale nouvelle, marquée par un esprit dassistance mutuelle et fondée sur la solidarité intellectuelle et morale de lhumanité. Il était naturel que lEglise catholique sassociât à ce grand projet, en raison de la souveraineté spécifique du Saint-Siège, mais surtout en raison du «lien organique et constitutif qui existe entre la religion en général et le christianisme en particulier, dune part, et la culture, dautre part.» LEglise parle et agit en faveur de la paixAu nom de la mission quelle tient de son fondateur dêtre le sacrement universel du salut, lEglise ne cesse de parler et dagir en faveur de la justice et de la paix, invitant les Nations au dialogue et à léchange, sans négliger aucun facteur. Elle rend ainsi témoignage à la vérité quelle a reçue concernant lhomme, son origine, sa nature, sa destinée. Elle sait que cette recherche de la vérité est la quête la plus profonde de toute personne, qui ne se définit pas dabord parce quelle possède mais parce quelle est, par sa capacité de se dépasser elle-même et de grandir en humanité. LEglise sait également quen invitant nos contemporains à chercher avec exigence et passion la vérité sur eux-mêmes, elle sert leur authentique liberté, alors que dautres voix, les entraînant sur les chemins de la facilité, contribuent plutôt à les asservir à la fascination et au pouvoir toujours renaissant des idoles. LEglise sefforce de respecter chaque culture humaineLEglise catholique, envo-yée à tous les peuples de la terre, nest liée elle-même à aucune race ou nation, ni à aucune manière de vivre particulière. Au cours de son histoire, elle a toujours utilisé les ressources des différentes cultures pour faire connaître aux hommes la Bonne Nouvelle du Christ, sachant bien que la foi dont elle est porteuse ne se réduit jamais à un élément de la culture, mais quelle est la source dun salut qui concerne toute la personne humaine et toute son activité. Mais, cest à travers la diversité et la multiplicité des langues et des cultures, ainsi que des traditions et des mentalités, que lEglise exprime sa catholicité et son unité, en même temps que sa foi. Elle sefforce donc de respecter chaque culture humaine parce quelle sattache dans son activité missionnaire et pastorale, à ce que «tout ce qui se trouve comme semence de bien dans le cur et dans lesprit des hommes ou dans les rites et les cultures propres des peuples, non seulement ne se perde pas, mais soit guéri, élevé, achevé pour la gloire de Dieu, la confusion du démon et le bonheur de lhomme». Connaître dautres culturesPour ces raisons, lEglise catholique a une grande estime de la Nation, qui est le creuset où se forge le sens du bien commun, où sapprend lappartenance à une culture, à travers la langue, la transmission des valeurs familiales et ladhésion à la mémoire commune. Mais en même temps, lexpérience multiforme des cultures des hommes qui est la sienne, parce quelle est «catholique», cest-à-dire universelle à la fois dans lespace et dans le temps, lui fait souhaiter aussi le nécessaire dépassement de tout particularisme et de tout nationalisme étroit et exclusif. Nous devons garder conscience que «chaque culture, comme produit typiquement humain et conditionné historiquement, renferme nécessairement des limites». Dès lors, «pour que le sens de lappartenance culturelle ne se transforme pas en fermeture, il y a un antidote efficace: la connaissance sereine, non conditionnée par des préjugés négatifs, des autres cultures». Mettre en commun les richesses de chaque NationCest précisément la noble mission de lUNESCO que de solliciter cette connaissance mutuelle des cultures et de promouvoir leur dialogue institutionnel, par toutes sortes dinitiatives au niveau international, de rencontres, déchanges, de programmes de formation. Construire des ponts entre les hommes, parfois même les reconstruire lorsque la folie de la guerre sest employée à les détruire, constitue un travail de longue haleine, toujours à reprendre, qui engage la formation des consciences et donc léducation des jeunes et lévolution des mentalités. Cest lun des enjeux importants de la mondialisation, qui ne doit pas conduire à un nivellement des valeurs ni à une soumission aux seules lois du marché unique, mais plutôt à la possibilité de mettre en commun les richesses légitimes de chaque Nation au service du bien de tous. Pourquoi un Observateur permanent du Saint-SiègePour sa part, lEglise catholique se réjouit du travail déjà accompli, même si elle en connaît les limites, et elle souhaite continuer à encourager avec détermination la rencontre pacifique entre les hommes, à travers leurs cultures et la prise en compte de la dimension religieuse et spirituelle des individus, qui fait partie de leur histoire. Cest bien le sens quil faut donner à la présence dun Observateur permanent du Saint-Siège auprès de lOrganisation des Nations unies pour lEducation, la science et la culture, témoin attentif depuis cinquante ans de la spécificité catholique de lEglise et de son engagement résolu au service de la communauté des hommes. |
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