Veux-tu être guéri?

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Nous arrivons bientôt au jour saint de Noël, que le temps de l’Avent nous aide à préparer dans le recueillement. Jésus le Sauveur vient en notre monde pour nous libérer du mal et nous conduire à la vie éternelle. Il vient pour nous guérir et nous donner sa paix, sa joie. Dans la foi fervente soyons bien déterminés afin d’accueillir les grâces dont il veut nous combler, pour nous transformer dans son Amour.

Accueillir le Sauveur et sa grâce

L’approche de la Nativité nous permet de réfléchir sérieusement sur notre vocation de chrétien, en regardant notre vie, nourris de la Parole de Dieu qui surpasse tout enseignement. Cette Parole de vie, l’Eglise est là pour nous aider à en comprendre la grandeur et en attester la véritable interprétation. C’est à l’écoute du Magistère de l’Eglise, fidèles à son enseignement et au Pape, que le chrétien permet à la Parole de Dieu de se manifester avec plus de force encore. Notre devoir de croyant est enraciné dans cette réalité que Notre Seigneur Jésus a voulue1. Gardons toujours confiance en lui qui vient nous libérer, nous affranchir du poids de nos fautes. Nous voici, comme cet infirme de l’Evangile qui attend depuis longtemps sa guérison (cf. Jn 5, 1-18). Tous, nous sommes infirmes de diverses façons. Nous sommes malades du péché et, seuls, nous ne pouvons nous en sortir (v7). Ecoutons l’Evangile:Jn 5, 5-9: «Il y avait là (sous le portique de la piscine de Bethesda) un homme qui était infirme depuis trente-huit ans. Jésus le voyant étendu et apprenant qu’il était dans cet état depuis longtemps déjà, lui dit: «Veux-tu guérir?»
L’infirme lui répondit: «Seigneur, je n’ai personne pour me jeter dans la piscine, quand l’eau vient à être agitée; et le temps que j’y aille, un autre descend avant moi.» Jésus lui dit: «Lève-toi, prends ton grabat et marche.» Et aussitôt
l’homme fut guéri; il prit son grabat et il marchait.»
Veux-tu guérir? Cette question importante, Jésus l’adresse aussi à chacun de nous, au monde entier. Ce qu’il nous dit présentement peut se résumer ainsi: «Je suis venu dans le monde apporter la vraie lumière, la guérison, le salut pour vous conduire vers le Père, au Paradis. Je vois votre misère, votre infirmité et je m’approche de vous, infirmes, afin de vous relever, de vous rendre libres. Mon cœur saigne pour vous tous et je suis plein de compassion, de miséricorde et de tendresse. Mon enfant, je te vois dans ton affliction et sans moi tu ne peux rien faire. Il n’y a pas d’autre Sauveur que moi qui suis venu pour faire la volonté du Père et répandre l’Esprit Saint à profusion sur tous les hommes. Voici, je t’ouvre mon cœur, la porte du salut et te demande: “Veux-tu être guéri?”».
Comme pour l’infirme de l’Evangile, le Seigneur s’adresse à nous qui sommes libres de l’écouter ou pas, libres de l’accueillir ou pas. Jésus désire que notre volonté soit tournée vers lui et que nous lui fassions totalement confiance, que nous ayons foi en lui le Tout-puissant.

Voulons-nous vraiment être guéris?

C’est-à-dire, voulons-nous en vérité être libérés du péché, et de tout ce qui y conduit, ou sommes-nous encore accrochés aux choses charnelles, matérielles et autres, qui nous attachent au péché? Dans quelle mesure notre vie est-elle ouverte à Dieu et à sa grâce? Quelle place faisons-nous au Seigneur dans nos journées? Comme cet infirme, avons-nous fait réellement le pas de nous approcher de la source de la grâce?
Oh! combien nous sommes misérables et infirmes. Très peu de personnes laissent à Dieu une place dans leur vie. Même parmi les chrétiens. Combien ont ce désir d’aimer toujours plus et d’être agréables à Dieu? Combien s’engagent et marchent sur le chemin de la sainteté? Combien veulent être guéris spirituellement, moralement…? L’homme veut toujours tirer des avantages personnels, égoïstes, pour la vie présente et se rend souvent malade à cause de son incrédulité, de son absence de foi en oubliant Dieu. Il s’accroche aux plaisirs éphémères, aux vaines gloires, aux réussites trompeuses et pense aller vers le bonheur. Sur ce chemin spacieux, il ne peut que rencontrer frustrations, insatisfactions et malheurs grandissants, car il met son espoir dans les choses périssables et non dans le Seigneur. Qui cherche à s’élever ne peut que tomber toujours plus bas dans le péché. Qui veut être supérieur aux autres afin de leur faire sentir son pouvoir, marche sur un chemin de récession spirituelle qui s’accompagne de la chute qui va avec. Alors aujourd’hui plus qu’hier, ne fermons pas notre cœur et écoutons la voix du Seigneur qui nous demande avec amour: «Veux-tu être guéri?».

Disons oui!

Un oui inconditionnel qui nous engage vraiment à une vie nouvelle, à l’accueil de la grâce de Dieu qui nous guérit. Dieu agit avec nous, avec notre consentement et pour notre bien et celui des autres. Nourrissons en nous le désir et la volonté réelle de nous convertir. Sans la volonté qui est force intérieure, la démarche spirituelle reste à l’état de stagnation. C’est avec détermination, accompagnée de résolutions et d’actes, que nous pourrons avancer et continuer sur le chemin vers Dieu. Cela implique la volonté ferme de suivre une règle spirituelle qui laisse la place à Dieu dans nos vies si encombrées de superflu, de distractions stériles. Tous les chrétiens devraient chaque jour écouter la Parole de Dieu et prier au moins une heure. Depuis des siècles, Dieu, Marie, l’Eglise, les saints… nous invitent à dire chaque jour le Chapelet ou le Rosaire, à fréquenter régulièrement les sacrements de l’Eucharistie, du Pardon… Dans quelle mesure chacun de nous répond-il à tous ces appels unanimes?
Dieu est infiniment bon. Il nous guérit et nous apporte son pardon qui soigne l’âme. C’est une constante dont témoigne l’Evangile2. Ici le Seigneur dira à l’infirme guéri:

Jn 5, 14: «Te voilà guéri; ne pèche plus.»

Oui! Nous avons tous besoin d’une guérison (spirituelle, physique ou morale). Mais pour que Dieu accomplisse la guérison, il est nécessaire qu’il y ait préalablement la foi bien sûr, et la volonté ferme d’être guéri, de la part de la personne malade ou d’une autre personne lorsque le malade est dans l’incapacité de demander pour lui-même (coma, traumatismes, conscience d’esprit diminuée, possession, etc.). La foi et la volonté de l’homme sont indispensables à la réalisation de l’œuvre de Dieu. Mais c’est la volonté de Dieu qui est première (cf. Mt 6, 10; 26, 39)3. Si l’on accepte cela, alors notre volonté s’harmonise à la sienne pour produire des fruits de grâce. Notre volonté, sans celle de Dieu en premier, n’est rien et ne produit rien de bon puisqu’elle est essentiellement égoïste. Seul Dieu permet à notre volonté de rejoindre par la foi et la fidélité, l’universel, le Bien suprême éternel pour nous et tous les hommes. Dieu donne et veut notre bien, l’homme croyant accueille sa grâce, ses bienfaits. Mettons-nous toujours dans une attitude d’accueil, d’attente ouverte en permanence au Seigneur.
En ce temps de la divine nativité, avec Marie pleine de grâce à nos côtés, réalisons intérieurement que Dieu agit, qu’il se donne et nous comble de ses bienfaits.
Dans la paix profonde qui vient de toi, nous te prions Seigneur de tout notre cœur, viens nous guérir de nos infirmités, viens demeurer en nous, viens naître dans tous les cœurs. Amen.

Jacques Magnan

Notes:
1 Qui vous écoute m’écoute. Ecouter l’Eglise, le Pape. Primauté de Pierre (cf. Mt 16, 18s; Jn 21, 15-18; Lc 22, 32; Ac 1, 15s; 2, 14s… Aux tout-petits (cf. Mt 5, 15-16; 11, 25-27; Col 1, 25. 26).
2 (cf. Mc 2, 5; 5, 34; Lc 5, 20. 23. 24; 7, 47-50; Jn 5, 14; 7, 11 etc.).
3 La volonté (theléma.gr) doit être suspendue à la volonté de Dieu (theléma tou Théou) qui montre et nous apprend le véritable bien. La volonté est plus que le désir ou la pensée (nous.gr). Elle est détermination active et implique des renoncements importants, se libérer des chaînes qui nous retiennent captifs au mal, du péché. Pour devenir saint il faut d’abord le vouloir de tout son cœur en vivant dans l’amour de Dieu.


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