Les étapes majeures de la vie du Pape Jean Paul IIUn prêtre: Karol WojtylaL'apprentissage
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Pour Jean Paul II, le fondement de son service pétrinien est le sacerdoce. Dès la fin de la guerre, il lexerce dans le diocèse de Cracovie (cest lobjet du présent article), tout en poursuivant sa quête intellectuelle, au point que ses supérieurs lappellent bientôt au professorat, car il semble bien avoir le charisme particulier de former les jeunes. Sa réussite est indéniable, mais à quel prix et pour quel enjeu? La «Splendeur du sacerdoce»Prêtre! Karol Wojtyla naura pas assez de sa vie pour en louer la beauté et en épuiser la sève. De Rome à Ars, par la Belgique: le «laboratoire» de son pastorat (1946-1948)Rome: sa thèse de théologieBien quordonné, Karol nest pas encore lancé dans larène. Il lui reste à faire comme un temps probatoire, destiné à renforcer sa formation théologique: de 1946 à 1948, il prépare sa thèse de doctorat à lAngelicum sur «Le problème de la foi chez saint Jean de la Croix», le grand mystique espagnol. Ses éminents professeurs, notamment français (avec les Pères Garrigou-Lagrange, Philippe ), lui décernent, le 14 juin 1948, les plus hauts éloges pour son remarquable travail. Commencée en Pologne, sous linfluence de Jan Tyranowski, cette thèse dénote chez lui limportance de loraison et de la contemplation comme supports de la foi et fondements de lapostolat sanctificateur. Saisi de prémonition, le Père Philippe dira: «Ainsi, en 1948, le Seigneur préparait létudiant Karol Wojtyla à sa mission de Pasteur de lEglise, quil devait assumer trente ans plus tard.» Ses premiers essais pastoraux; à lécoute du Père CardijnCest à Rome quil a fait ses débuts sacerdotaux, parallèlement à ses études. Certains dimanches, il se lève plus tôt, prend le bus, et sen va aider ses confrères des paroisses romaines, notamment celles des banlieues, ne prenant donc pas les plus faciles. Ses diocésains actuels se doutent-ils quil les connaît depuis plus de 50 ans? Ainsi, garde-t-il le contact avec les couches populaires modestes, en lien avec ses origines cracoviennes. Aumônier en Belgique: la redécouverte et lexpérience du monde ouvrierCest ainsi quaux grandes vacances de 1947, il part sur la recommandation du Cardinal Sapieha accomplir un périple jusquen Belgique, pour se familiariser avec les nouvelles méthodes pastorales en vigueur dans louest européen. Il passe pour la première fois à Lourdes, expérimente la vie paroissiale parisienne (nous sommes au temps du fameux livre: «France, pays de mission?» et de la formation de la Mission de France), puis se fixe quelques semaines en Belgique auprès des mineurs polonais de la région de Charleroi. Il noue de chaleureux contacts et y laisse une profond impression, tandis que reviennent ses souvenirs douvrier et sa sympathie pour les familles méritantes de jadis. Sa première paroisse, Niegowic: lexpérience rurale (1948-49)Une arrivée discrète mais remarquéeIl est temps que le brillant universitaire se frotte plus complètement aux réalités de la pastorale, en expérimentant une vraie vie paroissiale, et cette fois, en milieu rural. Le Cardinal qui veille sur lui de près lenvoie donc dans une bourgade, au surplus animée par un curé de valeur, le Père Buzaka, à Niegowic, au sud de Cracovie. Il surprend tout de suite par ses vertus: sa pauvreté et sa simplicité. Un paysan raconte son arrivée: «Il venait de Gdow à pied. Il avait une soutane et des souliers usés, et une serviette que jaurais eu honte de porter »; sa piété: «Il sen est allé et sest agenouillé devant un oratoire, encore là aujourdhui, puis est reparti.» Arrivé au village en baisant son sol, ce nest pas le presbytère quil visite en premier, mais Jésus, en son église. On remarque vite cette piété quil prend pour base de son ministère: leucharistie, célébrée avec ferveur, son bréviaire et le chapelet quotidiens, lexercice du chemin de croix, au moins chaque vendredi. Il passe de longues heures à prier dans léglise (sans parler de sa chambre). Pour lui, tout est prière. Ainsi féconde-t-il puissamment son apostolat. Et, vicaire soumis, il plaît à son curé par son humilité, son réalisme, son activité éclairée. Un ministère vécu dans le don de soiCar il sest fixé trois objectifs: la pastorale sacramentelle, catéchétique et enfantine. Il passe de longs moments au confessionnal, marie les jeunes couples, baptise leurs enfants, visite les familles, les malades et les mourants; il échange ses services avec ses confrères du voisinage, comme il est dusage, à la veille de certaines grandes fêtes: dans des églises gelées en hiver, il passe des heures à donner, immobile, le sacrement du pardon; il parcourt la campagne, à pied ou en charrette, sa soutane vite plombée par la neige ou la glace qui sy collent
Il enseigne le catéchisme aux enfants, qui sont les mêmes partout: les uns attentifs, les autres turbulents: le «prêtre savant» et patient reste calme, souriant et pédagogue. Il invite les premiers à être plutôt servants de messe, et les seconds à faire du foot
Aussi, personne ne lui résiste, surtout pas le Seigneur. Nous le savons bien, aujourdhui
Bernard BALAYN «Jean Paul II le Grand, |
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