Mirella Pizzioli

Fins dernières, de l'agonie à l'au-delà

=> STELLA MARIS 385 SOMMAIRE

Voici quelques mois, nous avions rencontré Mirella Pizzioli pour recueillir son témoignage sur les fins dernières, c’est à dire les diverses étapes de l’âme, dans son parcours final de la terre au Ciel. Après voir avoir présenté la personne et son charisme, (cf.SM 381-382) ce mois-ci, nous vous proposons un aperçu et une réflexion sur ces moments inconnus et mystérieux que sont les derniers instants de vie sur la terre et spécialement au moment de l’agonie et du «passage» dans l’au-delà.

L’agonie

Mirella, avant de quitter la terre, certaines personnes passent par une agonie. Que pouvez-vous nous en dire?
Dans une maladie, il y a une phase aiguë ou la personne est bombardée de médecine, qu’on ne peut toucher, parce que c’est la phase la plus délicate où la maladie est au paroxysme. Et puis il y a la phase où la personne commence à être déjà mieux, jusqu’à ce qu’elle se sente comme soulevée. L’agonie est déjà une rencontre avec tout ce qui est surnaturel.
– Agonie, veut dire combat.?
Je ne sais, mais je veux dire ceci: J’ai vu des personnes en agonie terriblement agitées. L’une d’entre elles, ma belle-mère, priait beaucoup, elle avait une grande foi. Elle avait eu 9 enfants, c’était une bonne maman. J’ai assisté à son agonie près de son lit avec ses enfants, mes beaux-frères. A un certain moment, j’ai vu ( par charisme) le combat de cette âme contre les forces du mal. Satan la tentait de toutes manières. Elle ne parlait pas, c’était un combat spirituel. Vous auriez vu l’agitation du corps! L’expression du visage! Alors, j’ai demandé à ses enfants, s’ils acceptaient de l’aider dans son agonie… J’ai demandé à l’infirmière d’apporter une cloison, nous avons commencé à prier nos chapelets pour elle. Immédiatement, vous auriez pu voir la tranquillité de ma belle-mère. Nous avons prié avec attention. Par grâce de Dieu, mes beaux-frères m’ont cru… et elle est partie dans la nuit.
Par contre, ma maman, dans le coma durant ses derniers instants était comme un enfant endormi. Elle n’avait rien, pas un sursaut…
J’ai assisté une autre femme âgée, de la famille de mon mari. On a dû lui mettre les barrières de protection, parce qu’en agonie, elle tombait du lit. Et quand elle est partie, les créatures du Ciel m’ont dit que cette personne est au purgatoire et que sa faute, c’était son grand égoïsme et son attachement à l’argent. J’ai dit quelques mots à sa famille, mais ils se sont offensés, disant qu’il n’était pas possible que cette femme de 80 ans puisse être au purgatoire, parce que son purgatoire, elle l’avait déjà fait sur la terre.
Que disent les créatures de leur propre agonie?
Certaines disent qu’elles ont eu très peur parce qu’elles voyaient les démons autour d’elles et qu’elles étaient épouvantées. C’est un combat spirituel, extérieur à la personne, entre les forces du mal et celles du bien. La personne comprend qu’elle en est l’enjeu. Quand elle dépasse sa peur et qu’elle prie, qu’elle invoque Dieu, le combat cesse.
D’autres créatures disent qu’elles étaient comme bercées dans les bras de la maman.
– Que doit faire la famille quand arrive l’agonie?
Elle doit prier, prier, demander pardon au Seigneur pour cette créature. Si elle est catholique, elle doit demander le prêtre pour le sacrement des malades et l’inviter doucement à se confesser. Et si on n’y réussit pas, nous, prions pour elle. Si elle n’accepte pas, on prie discrètement pour elle; il suffit d’aller dans le couloir, et de dire: «Seigneur, miséricorde pour cette personne!», parce que la miséricorde que le Seigneur a pour cette personne, un jour, il l’aura pour nous qui l’avons imploré pour les autres.
– Pour un agonisant, la prière des proches est donc très importante. Libère-t-elle le moribond plus vite?
Je pense que oui. Mais, de toute façon le Seigneur a pitié de cette créature, même si personne ne prie pour elle. Mais, si nous mettons en acte notre foi, nous avons, nous, un bénéfice, qui est toujours réciproque.
Si je prie pour vous, mais sans conviction et sans amour, quelle prière est-ce? Si je prie, je le fais parce que j’ai de l’amour pour vous. J’acquière un bénéfice et je te donne un bénéfice. C’est tout un, donner et recevoir. Le Seigneur est donner et recevoir.

Le passage: un moment de grâce

– Mirella, qu’avez-vous appris de ce moment particulier où l’âme quitte le corps pour s’en aller et entrer dans l’au-delà?
Dans les messages que je reçois, selon ce que disent les créatures de leur passage, c’est un moment sans douleurs. Très souvent, elles disent qu’au moment de partir, elles se sentent comme quand elles étaient petites, serrés dans les bras de la maman.
Arrivées au moment de «la mort», — elles ne disent jamais la mort. La mort pour elles, à un autre sens, pas celui-ci —, après la souffrance, après l’immense lassitude, l’épuisement physique au point de n’en plus pouvoir, alors, elles éprouvent la sensation de rêver, — si souvent elles disent ça, — de se sentir si bien, qu’elles sont convaincues de rêver. Et dans ce rêve conscient, elles se disent: «Je ne veux pas ouvrir les yeux», parce cela faisait longtemps qu’elles ne sentaient pas aussi bien. Elles goûtent la paix en elles-mêmes. Elles ne ressentent plus les douleurs, elles n’entendent plus le bruit. Et elles craignent d’ouvrir les yeux, parce que, après ce temps de souffrances, elles vivent une sensation si belle, qu’elles ont peur, en ouvrant les yeux, de se retrouver malades à l’hôpital.
Et à l’improvise, il arrive toujours quelque chose. Ou elles s’entendent appeler, ou elles sont comme obligées d’ouvrir les yeux. Au moment ou il y a cette ouverture, elles s’aperçoivent que quelque chose est arrivé. Certaines disent qu’elles se sont senties planer, comme une plume qui flotte dans l’air, comme quelque chose qui se balance, mais toujours quelque chose de très agréable.
La mort, telle que nous en parlons, ne comporte pas de souffrances. C’est un moment de grâce, c’est un moment de tendresse.
— Et alors?
Et alors, il y a le contact avec l’autre réalité. Dès qu’elles ouvrent les yeux, elles se rendent compte immédiatement qu’elles sont «mortes», de l’autre côté… que c’est une autre situation où elles n’ont plus rien à faire avec la terre. La terre, elle est fermée! Et là, pour certains, c’est la terreur, pour d’autres la joie. Quand l’âme est détachée du corps, elle acquière la connaissance immédiatement et opère un certain retour, une réflexion profonde sur ce qu’a été sa vie. Sereine et en paix, elle éprouve la sensation d’être arrivée: «Il n’y a plus de problèmes». Elle veut affronter avec courage la purification qui reste nécessaire.
Pour les créatures qui ont vécu de manière indifférente vis à vis de Dieu, ou sans le connaître, celle qui n’ont pas réfléchi, qui n’ont pas encore choisi, lorsqu’elles se trouvent sur le seuil de la Porte, le Seigneur leur donne l’opportunité de comprendre, de voir, d’entendre. Et alors elles se décident à dire oui ou non à Dieu. Le plus grand nombre, au moment du détachement se convertit, demande pardon et est sauvé. Mais il y a des personnes qui malgré tout ne le veulent pas.
Si je pouvais vous raconter tous les messages, reçus ici, dans ce sous-sol, ce serait plein d’écrits, des piles de paquets! Bien que ce soit la même chose, chacun a une sensation différente. Chaque personne est différente d’une autre, différentes dans sa vie sur la terre, différentes dans sa préparation…
C’est merveilleux, vu que chacun vit ce moment d’une manière qui lui est propre. Mais au fond, à ce moment là, c’est toujours un réveil; la créature comprend immédiatement sa situation, avec une très grande lucidité. Personne ne dit: «Mais qu’est-ce que je fais là, où suis-je?» Non, chacun sais ce qu’il lui est arrivé.
Pour certains, j’ai l’impression qu’ils se retournent comme s’ils voulaient revenir en arrière, s’échapper de là. Mais c’est impossible. Ceux qui meurent dans la violence, ceux qui se suicident, qui partent immédiatement dans un accident de la route… et se mettent presque en colère. Ceux qui se suicident, c’est presque de la folie. Ils veulent revenir en arrière, parce qu’ils se disent: «Mais qu’est-ce que j’ai fait? Je n’ai rien compris!» C’est vraiment la perception immédiate de ce qu’ils ont fait.
— Qu’advient-il pour ces personnes qui se suicident?
Le repentir immédiat, et certaines sont désespérées. Vous savez qu’elles me racontent le dernier combat qu’elles ont eu avec Satan. Parce que Satan les induit au suicide. L’esprit devient vraiment obscurci, elles deviennent comme possédées par une force qui les pousse à se faire du mal: «Vas-y, parce que après tu seras bien». C’est un vraiment un imbroglio.
Beaucoup, dans les accidents de la route, restent sur le lieu même des jours durant; je les vois assis sur le trottoir. Et souvent, quand il y a un accident, un autre survient au même endroit…
Il y a des prêtres qui ici ont du bon sens! Je dis les choses pour ce qu’elles sont, tenez-en compte: Il y a des endroits qui sont maléfiques; ils appartiennent à celui là, et là, il y fait se succéder des choses incroyables. Vous voyez un route toute droite, toute rectiligne et un tas de gens s’y tuent. Mais comment est-ce possible? Il n’y a rien? Ou il n’y a qu’un arbre à deux cents mètres et ils vont s’y briser. Les créatures l’expliquent bien… Il faudrait que des prêtres conscients aillent bénir ces lieux. Je connais des prêtres qui ont écouté ces messages, ils sont allés avec foi, sans peur, bénir ces lieux maudits.
Vous comprenez comment les créatures vivent ces émotions pendant le passage, puis, c’est la rencontre, parfois avec une personne chère.

La rencontre

– Est-ce à ce moment qu’on parlent de lumière et de tunnel?
Elles me parlent de la lumière, mais pas de tunnels. Elles parlent seulement de leur totale lucidité à comprendre où elles sont.
Très souvent si c’est un fils, Dieu envoie la maman qui s’approche pour consoler. En voyant une maman, on n’a pas peur. Si c’est une personne qui a déjà l’habitude de vivre en Dieu, la sainteté se reflète, et c’est la rencontre proprement dite. Mais je crois que c’est une action immédiate, aussi bien l’une que l’autre, parce qu’il n’est plus question de temps (puisqu’il n’y a plus de matière, il n’y a plus de lieu ni de temps.)
Pour des garçons qui s’en vont dans les accidents de la route, d’autres garçons qui sont déjà au Ciel viennent parler avec cette créature. Et voyant des jeunes, ils se tranquillisent entre eux. Ils plaisantent entre eux; je les vois, avec les jeans, les chaussures de sport toutes défaites, ils rient; puis la personne qui est morte à ce moment, si elle est jeune, très souvent donne des coups de pied à la voiture! Elle est comme en colère après la voiture. Et puis, elle se dit: «C’est ma faute, parce que j’allais trop vite, je savais que je ne devais pas le faire, c’est de ma faute».
– On peut devancer l’heure de Dieu?
Là aussi, il y a beaucoup de choses particulières, parce que ce n’est jamais «le destin». Peut-être le Seigneur… Mais moi je crois, à partir des messages que je reçois, que très souvent, c’est plutôt nous qui décidons. Parce que nous savons que si nous allons en moto à 150 km heures, nous prenons le risque d’une chute mortelle, alors… certains disent: nous verrons bien! Et si je décide de faire ça, c’est moi qui le décide. Ils ont comme la sensation que s’ils n’avaient pas fait ça, peut-être ils auraient pu vivre plus longtemps.
Mais ici, nous abordons une question très délicate, et je suis très attentive à en parler avec les personnes, parce qu’elle n’est pas comprise. Elles me disent: «Mais Mirella, le destin…» C’est une chose si complexe! Je ne suis pas à la hauteur pour l’expliquer. Et pour éviter des confusions, je me tais. Mais je sens que ces créatures se repentent d’avoir pris cette décision. Je ne peux pas dire à une maman que son fils allait trop vite… Récemment, un garçon a dit à sa maman qu’il s’est endormi, à l’aube; il a tout raconté.
Il arrive souvent que les jeunes ont peur de retourner chez eux, peur de devoir affronter le papa et la maman. Et quand je vois les parents dans un tel état d’angoisse, pour eux, c’est terrible. Et quand le Seigneur permet à ces garçons de venir «dialoguer», — c’est le mot qu’ils emploient —, la première chose qu’ils demandent, c’est le pardon pour ce qu’ils ont fait. Il y a le pardon et puis c’est la paix. La famille retrouve la paix.
— Où va-t-on une fois libre de son corps?
Ce n’est pas que l’on va qui sait où, ici ou là…
Les créatures voient leur corps, et elles ne se plaisent jamais! Quand elles se regardent de l’extérieur de leur corps, c’est comme d’enlever un vêtement sale, déchiré… Elles n’ont aucune nostalgie du corps. C’est même un plaisir de se détacher de quelque chose qui a fait souffrir. «C’était si pesant» disent-elles. Certaines m’ont avoué avoir bien ri, malgré le déplaisir de voir leurs parents les pleurer. L’âme est dans la joie, elle sait la promesse des corps glorieux.
– Comment les âmes voient-elles la vie sur terre, vue de l’autre côté?
Elles n’oublient rien de la terre, elles se souviennent de tout. Dans tous les cas, elles viennent nous enseigner à ne pas faire les mêmes erreurs qu’elles ont faites, elles: «Si je n’avais pas fait ceci…» Elles demandent pardon si elles n’ont pas su aimer, elles se repentent de ne pas avoir enseigné l’amour à leurs enfants, de ne pas leur avoir appris à embrasser, à s’embrasser.
Elles disent tous une chose: «Jamais plus sur la terre! Si le Seigneur me demandait un tel sacrifice, je le ferais pour lui, mais, moi, de ma propre volonté, jamais plus sur la terre!» Mais le Seigneur ne le demande pas.
– Comment les âmes voient-elles la mort, vu de l’autre côté?
Elles s’en souviennent comme un moment très doux, le moment le plus important; elles l’appelle la renaissance. C’est pourquoi elles ne fêtent pas le jour de leur anniversaire, mais le jour de leur départ de la terre.
– Comme fait l’Eglise pour les saints.

Littérature:
«Porte ouverte sur l’Au-delà», tome 1 disponible au Parvis, 144 p. E 10.– SFR 15.– // Tome 2 à paraître fin novembre.


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