Révélation du secret de La SaletteAprès le secret de Fatima, le secret de La Salette est enfin dévoilé!
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Les Pères Michel Corteville et René Laurentin viennent de publier chez Fayard, «Découverte du secret de La Salette, au-delà des polémiques, la vérité sur lapparition et ses voyants». Un livre passionnant! |
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Lunique apparition de La Salette à deux bergers des Alpes, Maximin et Mélanie (19 septembre 1846), fut la première reconnue du XIXe siècle. Elle eut un grand impact, mais à travers des conflits séculaires qui montèrent demblée jusquau Pape et à lEmpereur, et se sont multipliés jusquà ce jour, avec passions, interdits et polémiques sans fin, du fait quon discutait sans fondement sur linconnu, avec la même gratuité que sur le secret de Fatima avant sa révélation le 13 mai 2000. Le livre de Michel Corteville et R. Laurentin pose, éclaire, et résout en bon ordre les questions inextricablement discutées. Les documents nouveaux et adéquats publiés dans ce livre nous situent au-delà des confusions qui opposèrent une partie prédominante du clergé à de grands esprits, comme Claudel, Maritain et Massignon, défenseurs des voyants diffamés. La page est tournée. Valeur du secret de La SaletteLa découverte fondamentale de Michel Corteville, cest le secret officiel. Il fut enregistré et scellé les 3 et 5 juillet 1851 par lévêque de Grenoble, Mgr de Bruillard, et dépêché en mains propres au Pape Pie IX par une délégation exprès... bien avant le Chemin de fer Paris-Rome. Pie IX, ainsi personnellement saisi, encouragea Mgr de Bruillard à reconnaître lapparition, et son successeur à la défendre contre un prêtre contestataire. Depuis lors, le secret avait disparu. Le meilleur spécialiste, le Père Stern, après de multiples investigations, navait pas abouti. Michel Corteville la retrouvé à Rome, où les archives se sont ouvertes, en septembre 1999.Les rédactions ultérieures, faites «de bric et de broc» par les deux bergers de La Salette, étaient considérées par les «doctes» comme extrapolations subjectives. Or, les prétendues «extrapolations» figurent bien dans les rédactions premières et officielles (dont la netteté sestompe au contraire dans les rédactions ultérieures): la chute de lEmpire: la perte de la foi en France vers «lan 2000»; le «Pape» de lavenir: que «personne nattend» ; «on lui tirera dessus pour le mettre à mort, mais on ne lui pourra rien»: formulation plus exacte que le secret de Fatima, où le Pape est tué sur une montagne, parmi dautres martyrs, par une troupe, alors quil fut seulement blessé par un tueur sur la Place Saint-Pierre. Que penser des voyants? Les deux voyants furent critiqués et méprisés: de minables paysans illettrés, incohérents, sans valeur humaine et spirituelle. On avait dit cela dabord de «lignorante» Bernadette de Lourdes, mais elle fut réhabilitée et canonisée. Pour les deux bergers. de La Salette, au contraire, la critique na cessé de se durcir. Elle sest armée de psychologie scientifique pour le centenaire de 1946: Mélanie est «hystérique» et instable: Maximin, lincohérence même, concluait avec dautres le Père Jaouen. Létude intégrale des documents les réhabilite. Ces deux bergers ont une remarquable culture paysanne. Lun et lautre, sans formation scolaire, savent écrire avec une naïveté, une clarté, une frappe de style qui avaient conquis Claudel (longtemps boudé par lAcadémie), autant que Maritain, Massignon, ou, plus tôt, Huysmans et Léon Bloy. Les deux voyants manifestent toute leur intelligence, leur bon sens populaire et leur cohérence quand ils témoignent de lapparition, jusquà la fin de leur vie, vouée sans réserve à leur mission: «Faites-le passer à tout mon peuple». Si leur vie paraît gyrovague, donc incohérente, ce nest pas de leur faute. Cest quils ont été chassés de leur pays natal, de leur milieu, sans autre repère ni attache que leur inexpérience et leurs amis. Le livre détaille tous ces avatars. Maximin fut renvoyé du séminaire sur ordre de Mgr Ginoulhiac. Il échoua au grand Séminaire de Dax, où il hésitait à entrer dans le rang clérical; il se passionna pour la médecine à Paris, mais après deux ans détudes, un de ses professeurs larrêta en disant: Vous êtes connu comme voyant; les clients viendront à vous comme voyant et non comme médecin. Ce serait malsain, voire malhonnête. Ainsi rejeté de partout, il vécut entre charité et misère noire. Pour Mélanie, lexil fut plus radical. Malgré les problèmes de sa vie mystique («redimensionnement» bien décrit par Bergson, sévices du démon, stigmates, bien identifiés par les Surs qui avaient le sens spirituel), elle fut admise aux vux dans leur communauté de la Providence, à lunanimité. Mais Mgr Ginoulhiac récusa la décision. Il envoya Mélanie prendre lhabit ailleurs, à Valence, mais sans vocation pour cet autre ordre estimable. Elle jeta des messages par-dessus le mur pour demander sa légitime libération (ce qui la fit taxer de capricieuse). Lévêque lexpédia alors à Dadington en Angleterre, où, malgré le problème de langue (quelle apprit), elle trouva vite de laide et même des vocations pour réaliser lOrdre que la Vierge «lui demandait de fonder». Mais on interrompit ces contacts en lintroduisant dans la clôture du Carmel. Elle accepta finalement dy faire ses vux, mais avec une restriction mentale, car elle savait devoir rester disponible aux ordres de la Vierge, qui pouvait lentraîner ailleurs, A partir de 1858, elle se sent effectivement appelée à témoigner, envoyant à Pie IX la rédaction complète du secret, En 1860, elle finit par jeter des messages par-dessus le mur pour obtenir sa libération A Marseille, ses aventures furent plus complexes, y compris un nouvel essai au Carmel, et deux années en Grèce, où les Surs de la Compassion lenvoyèrent pour secourir et transférer un orphelinat en perdition: mission réussie, malgré la langue. Au retour, elle enseigne chez les mêmes surs, jamais inactive, toujours serviable. Là, elle fait connaissance de Mgr Petagna, évêque italien qui devient son confesseur. Il linvite en Italie, où elle trouve enfin compréhension, à partir de 1868. Dix ans plus tard, elle est reçue en audience privée par Léon XIII, qui veut la renvoyer à La Salette pour diffuser le message et fonder son Ordre. Mais, très lucide, elle lavertit: «Je ne serai pas acceptée»: Mgr Fava, alors évêque de Grenoble, qui sest rendu à Rome, a en effet dautres projets. (Le livre édite le récit de laudience.) A défaut de fonder son Ordre en France, Mélanie sera recrutée en Sicile, dabord par Giacomo Cusmano, puis par Annibale di Francia, aujourdhui béatifiés. Ce dernier la déclarée cofondatrice de ses religieuses, qui se sont développées. Il fit son panégyrique à Altamura, établit sa tombe dans la chapelle de ses Surs, et souhaitait sa béatification. Alors pourquoi cette élimination des deux voyants?
Mgr Ginoulhiac avait à résoudre un problème politique pour la paix de lEglise sous le régime de Napoléon III. LEmpire avait soutenu sa nomination dévêque contre les réticences de Rome et le promut finalement Primat des Gaules à Lyon. Or le secret de La Salette annonçait la chute de lEmpire: «LAiglon déplumé». (Extrait de «Limpartial», 12, Avenue du Grain dOr, F-49600 Beaupréau) Littérature: |
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