Votre générosité
Chacun se souvient de larticle paru en septembre 2001, relatant notre voyage à Kinshasa pour soutenir lapostolat du Cardinal F. Etsou et son Eglise dont il est président de la Conférence Episcopale. Nous y avions lancé un appel à votre bonté pour que vous puissiez vous aussi participer à cette reconstruction dun pays ravagé par la guerre et la pauvreté, sachant que offrandes et prière sont étroitement liées. Ayant appris à connaître le courage et le dévouement du Cardinal, vous souhaitez savoir ce quil est advenu de cet appel, et la suite de la consécration de lEglise et de la
Nation congolaises à Notre-Dame de la Paix de Fatima, en son nouveau grand sanctuaire de lArchevêché de Kinshasa. Vous venez de lire aussi les lignes relatives au pèlerinage préparatoire de Son Eminence à Paray-le-Monial, peu avant les cérémonies consécratoires que nous avons racontées et qui vous ont touchés. Le moment est venu de vous donner dabord les résultats de lappel lancé.
Outre votre prière, qui nest pas, bien sûr, quantifiable, votre élan de générosité à lécoute des souffrances, des besoins et des attentes du pays, a été magnifique. Cest une somme de plus de 50 000 ¤ qui a été recueillie, jusquici, émanant notamment de Suisse, dAllemagne, de France, de Belgique, du Luxembourg, et dautres pays. Ces dons, adressés aux Editions du Parvis, ont été intégralement versés sur le compte européen du Cardinal. Vous pouvez continuer à y adresser vos offrandes. Le Cardinal est tenu régulièrement au courant de ces dons, qui réjouissent beaucoup son cur de père. Très sensible en effet à cette solidarité de la part des chrétientés européennes à légard de son Eglise, il adresse sa gratitude immense, du plus profond de son cur, dabord à la Direction de Stella Maris, ensuite, à chaque lecteur, personnellement. Soyez assurés que depuis lautel du Sanctuaire de Notre-Dame de la Paix de Fatima (dont vous avez la photo dans le n° 373), il prie tous les jours à vos intentions, et vous bénit spécialement. Sachez que chaque 13 du mois, il célèbre au sanctuaire de Notre-Dame de la Paix, les cérémonies en faveur de telle ou telle activité de sa pastorale diocésaine (son diocèse est le plus peuplé dAfrique, comprenant 7 millions dâmes), avec le concours dune assistance nombreuse, colorée, et fervente; cérémonies dont nous gardons limpérissable souvenir.
Les reliques de Sainte Marguerite-Maire au Congo
Nous voudrions à présent vous relater les suites du pèlerinage du Cardinal Etsou au sanctuaire du Cur de Jésus à Paray-le-Monial, fin juin 2001 (voir page suivante).
Il a été très impressionné par son séjour parodien, même court. Très touché par le recueillement des pèlerins et la venue dune colonie congolaise de la région parisienne, surtout très interpellé par la Présence intime et rayonnante du Cur de Jésus, infiniment vivant en son Eucharistie. Et, sous son inspiration, on peut le penser, il a songé au bien inestimable que ferait ce Cur dont la Miséricorde na pas de frontières, si son témoin privilégié, sa confidente, sainte Marguerite-Marie, venait pérégriner dans son pays.
Ayant exposé son désir au supérieur des chapelains, le Père Edouard Marot (qui y a volontiers accédé), il a obtenu de la supérieure du monastère de la Visitation, la possibilité de pouvoir faire venir une partie des reliques de la Sainte.
Et, courant janvier 2002, le vu du Cardinal se réalisait: le 10, lavion venant de France atterrissait à Kinshasa. Le lendemain, Son Eminence nous disait au téléphone laccueil sans précédent fait par laéroport au reliquaire, amené par le Père Marot pour la première fois hors de chez nous; lattitude respectueuse surprenante des autorités militaires; laccueil extraordinaire réservé par la foule tout au long des 25 km du parcours jusquà lentrée dans la capitale et au sanctuaire de Notre-Dame de la Paix où une messe splendide était célébrée de 17 h à une heure du matin, suivie de ladoration nocturne du Saint-Sacrement, par une foule considérable, animée dune immense ferveur, rappelant celle dont nous avons été les témoins en juillet 2001. Son Eminence était heureuse de nous le dire, à 8000 km de distance. Nous lavons assurée de notre joie profonde et de notre grande union dans la prière, tout au long des 15 jours quallait durer le pèlerinage.
Le Seigneur a fait vraiment des merveilles et plus encore que dans lété précédent. En effet, alors que les cérémonies en lhonneur de Notre-Dame de la Paix navaient eu lieu quà lintérieur de lArchevêché, avec une courte procession venant de lextérieur, sous surveillance policière, les pérégrinations du reliquaire de sainte Marguerite-Marie et du Saint-Sacrement se sont déroulées, non seulement dans et hors des églises, mais aussi dans diverses régions du pays, comme à Lumumbashi, au sud, et en lien avec la communauté éprouvée de Goma, au nord, victime, le 18, dune tragique éruption volcanique.
Le Cardinal a fait, par la suite, dautres commentaires. Près du Christ et près de son troupeau, il veut conduire ce dernier à Jésus en faisant venir Jésus auprès du peuple. Pour lui, rien na changé: seul le Christ, par lintercession du Cur maternel de Marie, peut soulager les maux du pays. Et, concrètement, par lintermédiaire de lEglise qui, seule, également, dans ce pays désorganisé et délabré, peut aller à la rencontre des Congolais, de leurs espoirs et de leurs besoins.
Il raconte les célébrations effectuées dans les églises de Kinshasa, à commencer par celle dédiée au Sacré-Cur; lémouvante rencontre avec les prêtres de la capitale; la visite du Saint-Sacrement auprès des malades, dans les hôpitaux et cliniques aux moyens si précaires; dans les paroisses, les séminaires; lostention des reliques dans tous ces lieux et jusquà lUniversité. Bref, tout le diocèse a été inondé de grâces.
Parmi les moments intenses dont se souvient Son
Eminence, il y a eu celui où la procession eucharistique savance, au centre de Kinshasa, sur la grande place de la Victoire, noire de monde. Là, voyant la cabine réglant la circulation vide, le Père Marot y monte, lostensoir en mains et, de cette chaire improvisée, «Jésus a béni tout mon diocèse et tout le Congo. La population a bien réagi. Tous se sont rassemblés autour du Saint-Sacrement qui les bénissait
», raconte avec joie le Cardinal.
Jésus et Marie veulent donner la Paix au Congo
Chacun le sait: le Congo est un pays meurtri, dans son sol et dans sa chair. Les prières jaillies à lintention de Jésus, lors des passages du Saint-Sacrement, convergent toutes vers le même vu: « Seigneur, accorde-nous la paix!» En quelques années, la guerre civile et la guerre aux frontières ont fait plus de trois millions de morts. Il y a les batailles rangées, la guérilla, les meurtres, toutes sortes de violences, une grande insécurité qui pousse les populations au déracinement, à lerrance, exposées aux dangers de la forêt, le brigandage, le pillage des richesses minières, devenues la proie des puissances étrangères. Avec les reliques de la Sainte de Paray, lostensoir a été porté dans les hôpitaux de fortune où sont soignés, tant bien que mal, tant de blessés du dernier conflit. Jésus veut guérir le pays de la guerre et de ce qui lengendre: le péché. Cest pourquoi, le Cardinal, qui voit les choses comme il convient, ne cesse pas de convier ses compatriotes à la conversion. Il la dit le plus solennellement possible lors de la consécration du Congo au Cur Immaculé de Marie, en juillet 2001, à laide des mêmes termes formulés à Fatima, le 13 mai 1982 par Jean-Paul II:
«O Cur Immaculé! Aide-nous à vaincre la menace du mal, qui senracine si facilement dans le coeur des hommes daujourdhui, et qui, avec ses effets incommensurables, pèse sur notre époque et semble fermer les voies vers lavenir!
De la faim et de la guerre, délivre-nous! De toutes sortes de guerres, délivre-nous! Des péchés contre la vie de lhomme depuis ses premiers moments, délivre-nous! De la haine et de la dégradation des fils de Dieu, délivre-nous!
De tous les genres dinjustice dans la vie sociale, nationale et internationale, délivre-nous! De la facilité avec laquelle on piétine les commandements de Dieu, délivre-nous! De la tentative denterrer dans les curs humains la Vérité même de Dieu, délivre-nous!
O Mère du Christ, accueille ce cri chargé de la souffrance de tous les hommes! Chargé de la souffrance de sociétés entières!
Que lAmour miséricordieux arrête le Mal! Quil transforme les consciences!
»
Son Eminence nagit pas seul: il informe en permanence son ami, le Saint-Père; il associe également on vient de le lire son Eglise à la recherche inlassable de la paix.
Mais, même si le recours à la prière reste prioritaire et indispensable, il ne sen tient pas là; il va sans cesse sur le terrain. Il est allé, ces dernières années, supplier les instances de lONU, les prélats influents nord-américains. En mars de cette année, il sest rendu à la Conférence du Dialogue inter-congolais, en Afrique du Sud; il y est retourné en avril, après les fêtes de Pâques, rappelant avec une grande fermeté chaque délégation à ses devoirs, les adjurant de sentendre, davoir pitié des populations victimes de leurs divisions, de voir combien le Congo était la risée de létranger
La relation en a été faite à Radio-Vatican. Cest animé de ce zèle et de cette charité du Christ que lâme du Congo a parlé du haut de son autorité spirituelle et morale.
Avec le même courage et la même détermination, il est allé, tout dernièrement, conférer avec ses confrères du Rwanda et du Burundi pour que la force des Eglises soit à la racine de la paix.
Oui, comme le dit lArchevêque de Kinsangani, la vocation de lévêque est de porter la souffrance de son peuple. Parce que la croix et la mort sont signe despérance et débouchent sur la résurrection. «La paix soit avec vous! Cest le premier mot du Christ ressuscité à ses disciples», conclut avec vérité le Cardinal Frédéric Etsou.
Bernard et Angélique Balayn
Vos dons pour les uvres du Cardinal peuvent être envoyés aux Editions du Parvis, CH-1648 Hauteville, mention: pour les uvres du Cardinal Etsou. Merci
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