Par Bernard et Angélique BALAYN

Les reliques de Sainte
Marguerite-Marie au Congo

=> STELLA MARIS 383 SOMMAIRE

Chers Amis lecteurs,
Le Congo-RDC n’est pas près de disparaître de l’actualité du monde et de l’Eglise, ni de la sollicitude de notre charité. Au moins pour trois raisons: à cause de votre générosité, de la pérégrination des reliques de sainte Marguerite-Marie, de l’activité inlassable du Cardinal Frédéric Etsou au service de la paix.

Votre générosité

Chacun se souvient de l’article paru en septembre 2001, relatant notre voyage à Kinshasa pour soutenir l’apostolat du Cardinal F. Etsou et son Eglise dont il est président de la Conférence Episcopale. Nous y avions lancé un appel à votre bonté pour que vous puissiez vous aussi participer à cette reconstruction d’un pays ravagé par la guerre et la pauvreté, sachant que offrandes et prière sont étroitement liées. Ayant appris à connaître le courage et le dévouement du Cardinal, vous souhaitez savoir ce qu’il est advenu de cet appel, et la suite de la consécration de l’Eglise et de la
Nation congolaises à Notre-Dame de la Paix de Fatima, en son nouveau grand sanctuaire de l’Archevêché de Kinshasa. Vous venez de lire aussi les lignes relatives au pèlerinage préparatoire de Son Eminence à Paray-le-Monial, peu avant les cérémonies consécratoires que nous avons racontées et qui vous ont touchés. Le moment est venu de vous donner d’abord les résultats de l’appel lancé.
Outre votre prière, qui n’est pas, bien sûr, quantifiable, votre élan de générosité à l’écoute des souffrances, des besoins et des attentes du pays, a été magnifique. C’est une somme de plus de 50 000 ¤ qui a été recueillie, jusqu’ici, émanant notamment de Suisse, d’Allemagne, de France, de Belgique, du Luxembourg, et d’autres pays. Ces dons, adressés aux Editions du Parvis, ont été intégralement versés sur le compte européen du Cardinal. Vous pouvez continuer à y adresser vos offrandes. Le Cardinal est tenu régulièrement au courant de ces dons, qui réjouissent beaucoup son cœur de père. Très sensible en effet à cette solidarité de la part des chrétientés européennes à l’égard de son Eglise, il adresse sa gratitude immense, du plus profond de son cœur, d’abord à la Direction de Stella Maris, ensuite, à chaque lecteur, personnellement. Soyez assurés que depuis l’autel du Sanctuaire de Notre-Dame de la Paix de Fatima (dont vous avez la photo dans le n° 373), il prie tous les jours à vos intentions, et vous bénit spécialement. Sachez que chaque 13 du mois, il célèbre au sanctuaire de Notre-Dame de la Paix, les cérémonies en faveur de telle ou telle activité de sa pastorale diocésaine (son diocèse est le plus peuplé d’Afrique, comprenant 7 millions d’âmes), avec le concours d’une assistance nombreuse, colorée, et fervente; cérémonies dont nous gardons l’impérissable souvenir.

Les reliques de Sainte Marguerite-Maire au Congo

Nous voudrions à présent vous relater les suites du pèlerinage du Cardinal Etsou au sanctuaire du Cœur de Jésus à Paray-le-Monial, fin juin 2001 (voir page suivante).
Il a été très impressionné par son séjour parodien, même court. Très touché par le recueillement des pèlerins et la venue d’une colonie congolaise de la région parisienne, surtout très interpellé par la Présence intime et rayonnante du Cœur de Jésus, infiniment vivant en son Eucharistie. Et, sous son inspiration, on peut le penser, il a songé au bien inestimable que ferait ce Cœur dont la Miséricorde n’a pas de frontières, si son témoin privilégié, sa confidente, sainte Marguerite-Marie, venait pérégriner dans son pays.
Ayant exposé son désir au supérieur des chapelains, le Père Edouard Marot (qui y a volontiers accédé), il a obtenu de la supérieure du monastère de la Visitation, la possibilité de pouvoir faire venir une partie des reliques de la Sainte.
Et, courant janvier 2002, le vœu du Cardinal se réalisait: le 10, l’avion venant de France atterrissait à Kinshasa. Le lendemain, Son Eminence nous disait au téléphone l’accueil sans précédent fait par l’aéroport au reliquaire, amené — par le Père Marot — pour la première fois hors de chez nous; l’attitude respectueuse surprenante des autorités militaires; l’accueil extraordinaire réservé par la foule tout au long des 25 km du parcours jusqu’à l’entrée dans la capitale et au sanctuaire de Notre-Dame de la Paix où une messe splendide était célébrée de 17 h à une heure du matin, suivie de l’adoration nocturne du Saint-Sacrement, par une foule considérable, animée d’une immense ferveur, rappelant celle dont nous avons été les témoins en juillet 2001. Son Eminence était heureuse de nous le dire, à 8000 km de distance. Nous l’avons assurée de notre joie profonde et de notre grande union dans la prière, tout au long des 15 jours qu’allait durer le pèlerinage.
Le Seigneur a fait vraiment des merveilles et plus encore que dans l’été précédent. En effet, alors que les cérémonies en l’honneur de Notre-Dame de la Paix n’avaient eu lieu qu’à l’intérieur de l’Archevêché, avec une courte procession venant de l’extérieur, sous surveillance policière, les pérégrinations du reliquaire de sainte Marguerite-Marie et du Saint-Sacrement se sont déroulées, non seulement dans et hors des églises, mais aussi dans diverses régions du pays, comme à Lumumbashi, au sud, et en lien avec la communauté éprouvée de Goma, au nord, victime, le 18, d’une tragique éruption volcanique.
Le Cardinal a fait, par la suite, d’autres commentaires. Près du Christ et près de son troupeau, il veut conduire ce dernier à Jésus en faisant venir Jésus auprès du peuple. Pour lui, rien n’a changé: seul le Christ, par l’intercession du Cœur maternel de Marie, peut soulager les maux du pays. Et, concrètement, par l’intermédiaire de l’Eglise qui, seule, également, dans ce pays désorganisé et délabré, peut aller à la rencontre des Congolais, de leurs espoirs et de leurs besoins.
Il raconte les célébrations effectuées dans les églises de Kinshasa, à commencer par celle dédiée au Sacré-Cœur; l’émouvante rencontre avec les prêtres de la capitale; la visite du Saint-Sacrement auprès des malades, dans les hôpitaux et cliniques aux moyens si précaires; dans les paroisses, les séminaires; l’ostention des reliques dans tous ces lieux et jusqu’à l’Université. Bref, tout le diocèse a été inondé de grâces.
Parmi les moments intenses dont se souvient Son
Eminence, il y a eu celui où la procession eucharistique s’avance, au centre de Kinshasa, sur la grande place de la Victoire, noire de monde. Là, voyant la cabine réglant la circulation vide, le Père Marot y monte, l’ostensoir en mains et, de cette chaire improvisée, «Jésus a béni tout mon diocèse et tout le Congo. La population a bien réagi. Tous se sont rassemblés autour du Saint-Sacrement qui les bénissait…», raconte avec joie le Cardinal.

Jésus et Marie veulent donner la Paix au Congo

Chacun le sait: le Congo est un pays meurtri, dans son sol et dans sa chair. Les prières jaillies à l’intention de Jésus, lors des passages du Saint-Sacrement, convergent toutes vers le même vœu: « Seigneur, accorde-nous la paix!» En quelques années, la guerre civile et la guerre aux frontières ont fait plus de trois millions de morts. Il y a les batailles rangées, la guérilla, les meurtres, toutes sortes de violences, une grande insécurité qui pousse les populations au déracinement, à l’errance, exposées aux dangers de la forêt, le brigandage, le pillage des richesses minières, devenues la proie des puissances étrangères. Avec les reliques de la Sainte de Paray, l’ostensoir a été porté dans les hôpitaux de fortune où sont soignés, tant bien que mal, tant de blessés du dernier conflit. Jésus veut guérir le pays de la guerre et de ce qui l’engendre: le péché. C’est pourquoi, le Cardinal, qui voit les choses comme il convient, ne cesse pas de convier ses compatriotes à la conversion. Il l’a dit le plus solennellement possible lors de la consécration du Congo au Cœur Immaculé de Marie, en juillet 2001, à l’aide des mêmes termes formulés à Fatima, le 13 mai 1982 par Jean-Paul II:
«O Cœur Immaculé! Aide-nous à vaincre la menace du mal, qui s’enracine si facilement dans le coeur des hommes d’aujourd’hui, et qui, avec ses effets incommensurables, pèse sur notre époque et semble fermer les voies vers l’avenir!
De la faim et de la guerre, délivre-nous! De toutes sortes de guerres, délivre-nous! Des péchés contre la vie de l’homme depuis ses premiers moments, délivre-nous! De la haine et de la dégradation des fils de Dieu, délivre-nous!
De tous les genres d’injustice dans la vie sociale, nationale et internationale, délivre-nous! De la facilité avec laquelle on piétine les commandements de Dieu, délivre-nous! De la tentative d’enterrer dans les cœurs humains la Vérité même de Dieu, délivre-nous!
O Mère du Christ, accueille ce cri chargé de la souffrance de tous les hommes! Chargé de la souffrance de sociétés entières!
Que l’Amour miséricordieux arrête le Mal! Qu’il transforme les consciences!…»
Son Eminence n’agit pas seul: il informe en permanence son ami, le Saint-Père; il associe également — on vient de le lire — son Eglise à la recherche inlassable de la paix.
Mais, même si le recours à la prière reste prioritaire et indispensable, il ne s’en tient pas là; il va sans cesse sur le terrain. Il est allé, ces dernières années, supplier les instances de l’ONU, les prélats influents nord-américains. En mars de cette année, il s’est rendu à la Conférence du Dialogue inter-congolais, en Afrique du Sud; il y est retourné en avril, après les fêtes de Pâques, rappelant avec une grande fermeté chaque délégation à ses devoirs, les adjurant de s’entendre, d’avoir pitié des populations victimes de leurs divisions, de voir combien le Congo était la risée de l’étranger… La relation en a été faite à Radio-Vatican. C’est animé de ce zèle et de cette charité du Christ que l’âme du Congo a parlé du haut de son autorité spirituelle et morale.
Avec le même courage et la même détermination, il est allé, tout dernièrement, conférer avec ses confrères du Rwanda et du Burundi pour que la force des Eglises soit à la racine de la paix.
Oui, comme le dit l’Archevêque de Kinsangani, la vocation de l’évêque est de porter la souffrance de son peuple. Parce que la croix et la mort sont signe d’espérance et débouchent sur la résurrection. «La paix soit avec vous! C’est le premier mot du Christ ressuscité à ses disciples», conclut avec vérité le Cardinal Frédéric Etsou.

Bernard et Angélique Balayn

Vos dons pour les œuvres du Cardinal peuvent être envoyés aux Editions du Parvis, CH-1648 Hauteville, mention: pour les œuvres du Cardinal Etsou. Merci…

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