Par Christian Parmantier

Micheline Boisvert:
Don du Père Tout-Puissant

=> STELLA MARIS 379 SOMMAIRE

Au cours de deux voyages en France, Micheline Boisvert a commencé à faire connaître le Cœur d’accueil de Jésus. Nous avons découvert une personne déterminée, totalement donnée, que le Seigneur a pourvue de dons de sagesse, de connaissance, et de discernement pour accomplir sa mission: rendre témoignage de la Lumière dont elle est gratifiée et faire connaître le Cœur d’accueil de Jésus. Elle se distingue par son amour de la vérité, sa grande compassion envers les pauvres et les personnes souffrantes. Le Seigneur lui fait aussi la grâce de participer à sa Passion en intercédant et en réparant, spécialement durant la célébration eucharistique où elle témoigne en sa personne de la présence vivante et réelle de Jésus mort et ressuscité.


Des témoignages de guérisons nous sont déjà parvenus. Voici le cheminement d’une âme en détresse saisie par l’Amour de Dieu. Le premier livre de messages (année 1999) reçus par Micheline Boisvert sortira au mois d’avril, un second à l’automne 2002.

Dieu m’a appelée dès le sein de ma mère

Micheline est née dans une famille québécoise très pauvre, aux relations difficiles. Elle éprouve une immense solitude et ne cesse de penser qu’elle n’est pas aimée mais, dans son cœur d’enfant, elle garde les noms de Jésus et de Marie, car ses parents l’ont fait baptiser; elle a suivi la catéchèse scolaire et a été confirmée.
Deuxième de quatre enfants, dès l’âge de 13 ans, Micheline commence à faire des ménages dans des maisons pour aider sa mère et ses frères. Quelques années plus tard, elle doit quitter le foyer familial et trouver un autre travail pour vivre. Elle travaille d’abord dans des manufactures et ensuite, dans des bars-restaurants.
Micheline éprouve beaucoup de difficulté à s’adapter aux valeurs de ce monde. Inconsciemment, elle recherche l’amour de son père et de sa mère dans la drogue et l’alcool, d’où une autodestruction croissante et une vie remplie de tristesse et de souffrance. Aujourd’hui, elle comprend combien ces fragilités en faisaient une proie facile pour le mal. Cette vie lui devient insupportable, invivable; dans ses nuits d’angoisse, de peur et de culpabilité, Micheline crie souvent vers le Seigneur: «Mon Dieu, viens me chercher!» Après bien des années de souffrances, le Seigneur l’a prise au mot, mais pas comme elle l’entendait!
Un jour — elle a 18 ans —, Micheline réalise qu’elle attend un enfant. Une immense angoisse l’étreint. Dans une telle situation, elle pense n’avoir vraiment rien à offrir à un enfant. A cause de sa blessure de néant (conséquence d’une naissance non désirée), elle n’a encore jamais pu apprécier la beauté et la joie de vivre… quand, pour la première fois, elle sent bouger son enfant dans son sein. C’est une révélation, une visitation. Elle éprouve alors beaucoup d’amour pour cet enfant, en même temps qu’elle reçoit, dans son corps et dans sa chair, la révélation de ce qu’est vraiment «la vie». En prise directe avec la réalité du vrai sens de la vie, tout ce qu’on lui avait médit d’un enfant est balayé. Elle réalise aujourd’hui combien le Seigneur est venu à son secours en lui donnant le goût et une vraie raison de vivre.

Des profondeurs, je crie vers toi Seigneur!

Habitée depuis toujours par la souffrance, Micheline éprouve de la compassion pour ceux qui souffrent. Aussi aide-t-elle comme elle le peut des malades et des prisonniers qu’elle visite… quand, en 1990, elle est hospitalisée d’urgence et mise sous morphine. Elle réalise alors que tous les murs de protection dont elle s’était entourée pour survivre viennent de s’écrouler: elle se retrouve confrontée à la vie compulsive qu’elle a menée, tant pour se faire aimer que pour faire vivre son fils. Elle sait très bien que c’est cette vie déréglée qui l’a conduite là où elle est présentement. A l’article de la mort, Micheline réalise qu’elle doit s’en remettre à Dieu. Survient dans tout son corps une crise aiguë de sclérose en plaques. Elle crie alors vers ce Dieu auquel, dans son cœur, elle a toujours cru. C’est ainsi que le Seigneur commence à l’attirer plus fort vers Lui, pour la préparer à la grande mission du Cœur d’Accueil.
Son fils de 16 ans qui traîne à son tour de gros problèmes de drogue et d’alcool vient à l’hôpital visiter sa maman. Il la trouve méconnaissable, tant elle a perdu de poids. Choc! Comment accepter ce qu’elle vit, déjà qu’il n’a jamais connu son père?
Sur son lit d’hôpital, Micheline comprend la souffrance intérieure de son garçon bouleversé face à son état. Ses douleurs physiques sont si intenses qu’elle a l’impression que tout son système nerveux se déchire. Simultanément, elle sent qu’elle va mourir et combien son fils a besoin d’elle. Alors des profondeurs de son être, elle s’écrie: «Seigneur, si tu me laisses la vie, je travaillerai pour toi et je pourrai prendre soin de mon fils.»
Et comme elle n’attend plus rien de l’hôpital, elle décide de rentrer chez elle et signe sa feuille de sortie.
Micheline n’a bien sûr pas la moindre idée de la façon dont le Seigneur pourrait la faire travailler pour Lui et n’y pense même pas. Mais Il a entendu le cri de son enfant dans la détresse. Il a vu l’amour de son cœur.

Renaissance et ouverture à l’Église

Pour préparer Micheline à la grande mission de son Cœur d’Accueil, le Seigneur va l’enseigner personnellement, en la visitant Lui et Marie dans sa grande Lumière et en l’unissant à sa Toute-Puissance eucharistique. Ensuite, il va la guider vers son Eglise et ses pasteurs.
De son petit appartement, Micheline va vivre comme une recluse, en retraite. Elle communie à la nature, elle y contemple la vie et y respire Dieu qui patiemment lui rend la santé. Elle lit la Bible et découvre la Lumière dans l’Evangile de saint Jean. Le Seigneur lui fait la grâce de recevoir sa divine Lumière, mais elle n’en dit rien à personne…
Jusque là Micheline a mené sa vie en dehors de l’Eglise. Mais le bon Pasteur part à la recherche de la brebis perdue pour la mettre sur ses épaules, grâce à une voisine qui l’invite dans son groupe de prière. «Mon ouverture à l’Eglise est venue par une jeune fille qui se sentait bien à mon contact et me rendait visite. Elle faisait partie d’un groupe de prière qui se réunissait à deux coins de rue de chez moi. C’est par elle, en février 1997, que le Seigneur m’a attirée pour aller prier avec mes frères et sœurs.
«Lors de la première rencontre avec ce groupe de prière, on a prié pour une jeune fille leucémique qui nous l’avait demandé. Le Seigneur m’a alors saisie1 très fort dans sa Lumière. J’ai ressenti toutes les cellules malades de la jeune fille, dans mon corps, avec beaucoup de souffrance et une grande intensité d’amour. Maintenant cette personne se porte bien.
Après ces événements, on m’a proposé de rencontrer un prêtre et j’ai accepté. C’était ma première rencontre personnelle avec le Père Marcel. Je lui ai parlé de la Lumière que je voyais et il m’a demandé: «Si cette lumière n’est pas de Dieu, consens-tu à ce qu’elle parte?» J’ai dit oui. Il a prié pour que cette lumière me quitte si elle ne venait pas de Dieu. Ensuite, dans une confession libératrice, j’ai ressenti la force du pardon puis j’ai participé à la messe où le Seigneur m’a saisie et m’a unie à sa Toute-Puissance Eucharistique. Il a fait de moi un cœur brûlant de son Amour. J’ai bien pensé mourir. Quand le Seigneur me fait entrer dans sa Lumière, je perds mes forces physiques.
Je n’avais jamais lu ou entendu quoi que ce soit sur les phénomènes mystiques et je n’étais pas familière avec le milieu charismatique. Je ne connaissais même pas ce mot. Avant de rencontrer les personnes de la Maison Jésus-Enseignant2 qui ont pu discerner ce que je vivais, j’ignorais qu’il y avait des personnes qui recevaient des messages du ciel, j’ignorais Medjugorje. Et tout ce que je vivais faisait partie de ma vie quotidienne et était normal pour moi.»
Ensuite, ce même petit groupe de prière propose à Micheline de l’accompagner à la Maison Jésus-Enseignant, là où les membres devaient rencontrer leur directeur spirituel. Micheline accepte et y rencontre le supérieur de la Maison qui l’invite à participer à une session, du 4 au 6 avril 1997. Dans cette session, Sœur Margot est animatrice du groupe. Et c’est de cette façon que le Seigneur met Micheline en contact avec Sœur Margot qui, quelque temps plus tard, devient sa mère spirituelle.
Au cours de cette session, Micheline prend conscience de l’immense grâce dont le Seigneur l’a dotée. Depuis des années qu’elle vivait dans sa paix et dans son amour, seule dans son petit appartement, toutes ces faveurs lui semblaient normales. Pendant une eucharistie, Sœur Margot reçoit la lumière sur la puissante grâce d’Amour Eucharistique que le Seigneur fait vivre à Micheline. A partir de là, le Seigneur unit Sœur Margot et Micheline dans la puissance de l’Esprit Saint.

Le discernement ecclésial

Dès le début de l’accompagnement, Sœur Margot réalise que Micheline a besoin d’entreprendre un chemin de guérison intérieure des nombreuses blessures de sa vie passée pour laisser passer librement la force de l’amour dans tout son être.
A partir d’avril 1997, accompagnée par cette religieuse et deux prêtres, Micheline vit à la fois un chemin de guérison intérieure de ses blessures depuis ses origines et une adaptation progressive à la Toute-Puissance du Père à travers le Cœur d’Accueil de Jésus qui opère en elle: Micheline consent à vivre cette expérience de la Lumière dans la réalité humaine de son corps (avec les luttes concrètes qu’elle doit vivre). Elle accepte les «saisies» puissantes dans la faiblesse de «la chair», passant des heures saisie dans la puissance de lumière de l’Esprit Saint… Elle prend conscience de la réalité de la mission qui se révèle à elle. Elle consent à marcher humblement dans la foi, avec la Puissance du Père Tout-Puissant grâce au Cœur d’Accueil de Jésus: «Par lui (par le Cœur d’Accueil de Jésus), avec lui (avec le Cœur d’Accueil de Jésus), et en lui (en le Cœur d’Accueil de Jésus), à toi Dieu le Père Tout-Puissant, tout honneur et toute gloire». Progressivement, Micheline ajuste sa volonté à la volonté de Dieu, pour l’humanité.
Pendant cette période, une voisine accompagne Micheline à la messe et l’aide à porter les faiblesses de sa nature lors des saisies.
Le 6 octobre 1997, de retour à la maison après avoir entendu la messe, saisie par l’Eucharistie, Micheline reçoit, dans la prière, une prophétie concernant «la purification du Québec», annoncée pour trois mois plus tard, soit le 6 janvier 1998. Une personne près d’elle l’écrit sur un bout de papier. En cherchant dans un vieux missel, elles constatent que l’Epiphanie se fête le 6 janvier. Le lendemain, au téléphone, Micheline demande ce que veut dire «Epiphanie». Après la tempête de verglas qui surviendra le 6 janvier 1998, Micheline prend conscience du don reçu et de son importance. Dès lors, elle communique ce qui lui est dit aux personnes qui la guident.
Le 27 février 1998, la Vierge Marie demande à Micheline de consentir à laisser passer à travers elle tout ce qu’elle veut lui enseigner: «Laissez ma miséricorde passer… Consentez mon enfant à la laisser passer à travers votre cœur comme Il le veut»; et le 23 avril, elle lui demande d’organiser un Cénacle de prière. Ils débuteront le 13 juillet 1998 et à partir de cette date, les messages ont commencé à être plus régulièrement notés et remis aux participants.
Comme Micheline a de la difficulté à être acceptée dans les églises… la messe est parfois célébrée chez elle.
En octobre 1998, lors d’une soirée de prière avec les Pères Marcel et Gratien, Sœur Margot reçoit le discernement que Micheline doit aller vivre chez les Frères du Sacré-Cœur, à la Maison Jésus-Enseignant pour un discernement sur tout ce qu’elle vit: «Ne vous fiez pas à tout esprit, mais éprouvez les esprits pour voir s’ils viennent de Dieu…» (1Jn 4,1)

La mission du Cœur d’Accueil

La Vierge Marie débute alors un enseignement presque quotidien pour former les membres de la petite communauté en l’invitant à accueillir la Toute-Puissance d’Amour et pour que le plan du Père puisse se réaliser: «De toute éternité, ce Plan (du Père) est destiné à toute l’humanité. Et il vous a choisis pour ce Plan! Laissez le Père libre d’agir avec le Cœur d’Accueil de son Fils, quand il le veut, où il le veut, et de la façon qu’il désire.» C’est un temps de conversion-adaptation qui bouscule et dérange bien des habitudes et des façons de faire de la petite équipe: «pour accélérer l’ouverture du Cœur d’Accueil de mon Fils dans cette communauté et dans ses accompagnateurs, vous devez leur donner tous les enseignements que je vous ai apportés. Ce leur sera d’une grande aide…»
Micheline est demeurée quatre mois (jusque fin mars 1999), à la Maison Jésus-Enseignant, «en réclusion dans une chambre, car on m’avait demandé de ne me mêler à personne à cause des phénomènes que le Seigneur me faisait vivre: Des saisies, qui durent trois, quatre, cinq heures. Et, comme saint Jean de la Croix et sainte Thérèse d’Avila le disent, je dois rester détachée des dons de Dieu.
«La sainte messe était célébrée tous les jours, dans un petit salon à côté de ma chambre, avec seulement le petit groupe qui m’accompagnait. Et pendant la sainte messe, le Seigneur me donnait la grâce de vivre son grand mystère d’Amour. Quelques fois, on m’accordait d’aller dans une petite chapelle, seule, devant Jésus Eucharistie, pendant les agapes. Là, le Seigneur me faisait vivre et porter les souffrances de mes frères et sœurs qui vivaient ces agapes, avec beaucoup de pleurs et une grande intensité d’amour.»
C’est durant cet accompagnement privilégié que la Vierge Marie, après avoir uni Micheline au trio de discernement, leur fait connaître la grande mission du Cœur d’Accueil de Jésus. «Marie a supplié notre Père du Ciel de nous accorder ce don pour ces derniers temps des ténèbres.»
Lors de ce même séjour, après une saisie eucharistique, Micheline reçoit, dans la Lumière de l’Esprit Saint, l’image du Cœur d’Accueil de Jésus et la mission de le faire connaître au monde entier. Elle l’annonce au Père Marcel et à Sœur Margot. Un artiste peintre est alors appelé pour reproduire cette image à laquelle sont attachées des grâces de libération, de délivrance, de guérison et de miracles. Ces images circulent depuis juillet 1999 et de nombreuses personnes ont déjà témoigné des grâces reçues.
Le «trio» de discernement aide ainsi Micheline à comprendre et à s’ajuster à la grande mission d’offrir à l’Eglise et aux hommes de ce temps le Cœur d’Accueil de Jésus, don du Père Tout-Puissant. (A suivre)

Christian Parmantier

Note:
1) Forme de repos dans l’Esprit, avec une attraction à la Lumière qui me fait croître dans la connaissance de Dieu et la conduite de sa divine volonté.
2) Centre régional de prière charismatique de ressourcement spirituel et d’agapéthérapie.

Adresses: Association Cœur d’Accueil de Jésus, C.P. 200 Sainte-Thérèse (Québec) Canada J7E-4J2.
Tél: 00 1 450 965 99 42. Fax: 001 450 965 75 39.
Site: www.cœuraccueildejesus.com
Contact en France: 05 45 98 02 46.

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