Nous nentendons pas parler ici du spiritisme ni des phénomènes paranormaux qui nont rien à voir avec une authentique vision chrétienne, mais bien de toute une série de phénomènes qui, ayant fourni de solides raisons pour accréditer leur origine de lau-delà, sont vus dans une optique catholique, celle de la communion des saints. Ce qui nous laisse supposer que nous nous trouvons face à un nouveau charisme du Saint Esprit.
Le phénomène se présente sous diverses formes: visions et locutions des âmes de défunts, accompagnées de messages qui sont transcrits, souvent très riches de contenu spirituel, en pleine syntonie avec la doctrine de lEglise catholique. Ils sont souvent accompagnés de «signes de reconnaissance» patents: détails sur la vie de la présumée âme lorsquelle était encore sur la terre, remarques destinées aux intimes, parfois totalement inédites, informations dont on constate par la suite lexactitude. Grâce à de tels messages et de telles révélations, de nombreuses personnes, convaincues de la vie après la vie, se sont converties et ont bénéficié dun revirement notable dans leur vie quotidienne spirituelle. Ceci arrive surtout chez des personnes frappées par un deuil, spécialement lorsque des parents perdent un enfant.
Il ny a charisme que si le phénomène tire son origine de Dieu
De nombreux prêtres et théologiens autorisés sont convaincus que nous nous trouvons devant un charisme nouveau. Dautre part, dans tous les cas que nous abordons, il y a toujours lindispensable assistance et accompagnement spirituel dun prêtre.
Sil est vrai quil existe une frontière entre nous les vivants sur la terre et ceux qui ont franchi le seuil du temps et de léternité, lEglise na jamais émis lidée quentre eux et nous il ne pouvait y avoir aucun rapport ni aucun contact. Les cas dapparitions de défunts dans la vie des saints mais aussi dans celle de simples fidèles de toutes les époques ne se comptent plus.
A ce sujet, saint Thomas dAquin écrit:
«Cest un fait qui se vérifie, que les morts apparaissent de quelque façon aux vivants, par dispense spéciale de Dieu duquel il dépend que les âmes des morts se rendent présentes aux vivants: il doit donc sagir dun miracle divin. Ou bien de semblables apparitions surviennent par lintervention des anges, bons et mauvais. Il faut donc toujours se demander si cette manifestation a une origine divine ou satanique. Cest la question essentielle que lon doit se poser pour discerner un charisme. Il ny a charisme que si le phénomène tire son origine de Dieu.»
A propos de lécriture médiumnique, il se véhicule toutes sortes de confusions, préjugés et peurs quil faut clarifier maintenant
Une longue expérience nous enseigne que dans le recours aux interventions médiumniques (écritures ou autres) dans le but de communiquer avec lau-delà, ce sont souvent des «entités» eschatologiques négatives et sinistres, ou des esprits farceurs ou tapageurs, ou encore des esprits humains désincarnés et méchants.
Des actes contraires à la vertu de religion
Cest pourquoi lEglise catholique a toujours alerté les fidèles à ce sujet. En 1992 la Commission Théologique Internationale, avec lautorisation du Cardinal Ratzinger, a publié un document qui précise ce que le Concile Vatican II entendait par le terme d«évocation».«Quelle que soit la méthode par laquelle on cherche à provoquer, par des techniques humaines, une communication sensible avec les esprits et les âmes séparées pour obtenir des informations et des aides diverses». Sont donc condamnées lévocation des esprits et des âmes et la prétention dobtenir des informations et des aides humainement impossibles.
Lévocation, en tant que prétention, implique de la part de celui qui prétend, une attitude de présomption, dorgueil, de pouvoir, de domination par rapport à celui qui est évoqué-provoqué et duquel on se prétend. Cest en quelque sorte une force que lon exerce ou que lon présume dexercer sur des âmes et des esprits de lau-delà. Le Père Guido Sommavilla, théologien, observe que «lobjet de la condamnation est le caractère magique des éventuels contacts avec lau-delà, quil soit vrai ou présumé.» Par «magique», il faut entendre un rapport religieux de force et dinfluence, dans le sens où ce rapport sétablit entre des hommes sur la terre et le supraterrestre ou le supranaturel: âmes et esprits, à la limite, le démoniaque et le divin. Alors des deux côtés, dici et de lau-delà, sétablit une espèce dalliance dintérêts et de malices entre les partenaires, ce qui na rien à voir avec lAlliance biblique damour, de justice et de morale. Lhomme donne pour avoir tandis que de lautre côté, quelque chose ou quelquun de lau-delà donne à son tour, quand cela ne provient pas de sa propre initiative.
Distinguer évocation et invocation
Voici ce que dit le Catéchisme de lEglise catholique au sujet de la divination et de la magie:
«Toutes les formes de la divination sont à rejeter: recours à Satan ou aux démons, évocation des morts ou autres pratiques supposées à tort dévoiler lavenir. La consultation des horoscopes, lastrologie, la chiromancie, linterprétation des présages et des sorts, les phénomènes de voyance, le recours aux médiums recèlent une volonté de puissance sur le temps, sur lhistoire et finalement sur les hommes en même temps quun désir de se concilier les puissances cachées. Elles sont en contradiction avec lhonneur et le respect, mêlé de crainte aimante, que nous devons à Dieu.
Toutes les pratiques de magie et de sorcellerie, par lesquelles on prétend domestiquer les puissances occultes pour les mettre à son service et obtenir un pouvoir surnaturel sur le prochain fût-ce pour lui procurer la santé sont gravement contraires à la vertu de religion. Ces pratiques sont plus condamnables encore quand elles saccompagnent dune intention de nuire à autrui ou quelles recourent à lintervention des démons. Le port des amulettes est lui aussi répréhensible. Le spiritisme implique souvent des pratiques divinatoires ou magiques. Aussi lEglise avertit-elle les fidèles de sen garder. Le recours aux médecines dites traditionnelles ne légitime ni linvocation des puissances mauvaises, ni lexploitation de la crédulité dautrui.» (CEC 2116-2117)
Mais quand une personne se tourne selon un présupposé de révérence religieuse, dans une attitude de confiance envers Dieu et ses saints, sans désir de puissance et sans orgueil
elle ne tombe pas sous le coup de linterdiction. Nous ne nous trouvons plus sous la figure de lévocation/prétention, mais sous celle de linvocation, dune prière de demande.
Ici, il ne faut pas confondre lévocation avec linvocation des saints, des bienheureux et des défunts que nous croyons et espérons vivant en Dieu. Linvocation entre dans le mystère de la communion des saints; elle a toujours été recommandée par lEglise depuis les origines.
Discerner entre un phénomène provoqué et un phénomène spontané
Il faut toujours se demander si les faits ou les messages qui semblent provenir de lau-delà proviennent de linconscient, du diable ou de Dieu, sils ont un caractère naturel, préternaturel ou surnaturel.
Les postulats et les normes du discernement, particulièrement important chaque fois quintervient le thème de lau-delà, sont élaborés et appliqués, en particulier dans les bureaux détude du paranormal au Vatican. En règle générale, on distingue entre phénomènes paranormaux spontanés et provoqués. Ce dernier est négatif en tant quil naît dune attitude prétentieuse et il est particulièrement dangereux. Au contraire, quand il survient spontanément, cest une richesse de lhomme, un don de Dieu. Celui qui a reçu ce don est alors appelé à le mettre au service de Dieu et du prochain. Il devient ainsi un don sacré, un authentique charisme.
Voici quelques critères pour distinguer le charisme du paranormal «provoqué». Avant tout le charisme est toujours spontané; on prie, on demande lintervention de Dieu, mais cela dépend toujours de Lui. «Nous ne pouvons pas induire laction de Dieu», explique le Père Carlos Aldunate, jésuite, professeur des questions paranormales à lUniversité catholique de San Paolo. «Dans le cas dun phénomène provoqué, on accomplit consciemment des actes extérieurs, en partant de dispositions internes pour produire ainsi le phénomène parapsychologique. Dans le charisme, linitiative vient de Dieu (ou à travers celui quil envoie). Cest aussi le cas si cette initiative est humblement invoquée et demandée. Dans le cas purement parapsychologique, au contraire, linitiative vient seulement et orgueilleusement de lhomme. Et vu que la nature des deux est différente, les effets le seront aussi. Le charisme produit de bons effets à court et long terme: amour envers les frères, conscience dun service humble, foi et confiance en Dieu, abandon entre ses mains, désintéressement et gratuité dans luvre.» Nous ajouterons encore conversions et réconfort pour les conjoints laissés sur la terre.
«Le phénomène parapsychologique provoqué, toujours selon le Père Aldunate, produit au contraire de bons effets à court terme, mais les effets à long terme, regardés dans leur totalité, sont habituellement mauvais: dépense et déséquilibre mental, égocentrisme, une certaine aliénation, distanciation davec ce qui est profondément religieux. Le phénomène provoqué se produit en définitive dans un contexte profane et pour une satisfaction humaine.»
Le charisme de la communion des saints
Mais pourquoi aujourdhui, y a-t-il tant de phénomènes médiumniques surtout par lécriture? On dirait un charisme nouveau, insolite, jamais vérifié dans lhistoire de lEglise et du monde. On peut répondre que chaque époque a ses charismes jamais vus avant et surprenants, du moins sous cette forme déterminée.
Le Saint Esprit est une source infinie et intarissable. Du reste il nen est pas moins vrai que ce charisme dont nous parlons et auquel il manque un nom nous pourrions le définir «charisme de la communion des saints» soit nouveau et inédit. Ce qui est nouveau, cest la forme dans laquelle il se manifeste, avec lécriture. Probablement que ce charisme existe depuis lorigine de lEglise. Cest ce que retient le Père Gentile, éminent spécialiste en spiritualité, surtout en ce qui concerne la mystique et les charismes. Comme le Père Sommavilla et tant dautres, ce prêtre salue favorablement (dans notre sens) cette nouvelle expression de la communion des saints. Selon toute probabilité, ce charisme a toujours été présent dans lEglise, mais na pas encore été étudié. Nous savons en effet que ce charisme a été présent dans de nombreuses et grandes figures charismatiques de la chrétienté dhier et daujourdhui. Citons parmi tant dautres, le cas de Catherine Emmerich, en contact quasi permanent avec les âmes du purgatoire, et du paradis, sous forme de visions et de locutions. Nous pensons aussi à Brigitte de Suède qui jouissait spécialement du don de rencontrer les âmes du ciel et du purgatoire sous les mêmes formes. Ceci vaut aussi pour Madre Espérance (+1983) ou Natuzza Evolo, mystique toujours vivante
(que Stella Maris vous présentera prochainement).
On doit aussi tenir compte du fait que la civilisation des mass-media a lavantage de nous faire connaître des couches de population toujours plus vastes, des informations en tous genres, y compris celles concernant les charismes du Saint Esprit. Il arrive ainsi quune personne ayant reçu un tel charisme passe sous les projecteurs de la TV, que son histoire circule dans les journaux, quelle soit invitée
tout ceci comme instrument pour porter les âmes au Seigneur. Et de fait il en ressort un grand nombre de bienfaits spirituels, sans oublier les conversions. (à suivre)
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