Père James M. Fanna, PIME

Marie,
La nouvelle Eve, la Femme revêtue du soleil

=> STELLA MARIS 372 SOMMAIRE

Pour aborder de manière œcuménique le thème de la Vierge Marie, il est nécessaire de se placer d’un point de vue fermement fondé sur la Bible. La Bible, Parole de Dieu communément reconnue, offre une passerelle d’espérance qui peut unir tous les croyants chrétiens en une compréhension commune de qui est exactement la Vierge Marie, et quelle est sa signification pour nous Chrétiens.

Quand Dieu change le Nom

Comme fond de ce sujet, il est nécessaire de souligner une chose que sait tout étudiant sérieux de la Bible: dans la Bible, un changement de nom a toujours de l’importance. De tous les changements de nom qui se produisent, celui sans doute qui a attiré le plus d’intérêt et de commentaires dans les cercles œcuméniques est la fameuse déclaration de Jésus: «Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise» (Mt 16.18). L’attribution à un homme d’une qualité (pierre, rocher) qui est généralement réservée à Dieu (cf. Ps 18.3s et Ps 62.3s) est regardée par les Catholiques-romains comme indicative du nouveau rôle que saint Pierre devait exercer dans la communauté chrétienne nouvellement formée. Ce changement de nom a suscité d’innombrables articles et ouvrages. Sans examiner ici comment interpréter ce changement de nom, je pense que nul ne le considérera comme dénué d’une quelconque signification.
Un autre changement de nom bien connu, qui a également attiré passablement d’attention, est le changement du nom «Abram» pour «Abraham» (Gn 17.5). Abraham est destiné à être le père d’une multitude de nations et le père des croyants. Je pense que chacun admettra que ce changement de nom a une importance et indique une nouvelle relation qu’il a avec nous en tant que croyants. Il est devenu notre père dans la foi (Gal 3.7).
Je sens toutefois qu’un changement de nom beaucoup plus important émerge lorsque nous reconnaissons que nous avons affaire au nouveau rôle donné à Marie, la Mère de Jésus. C’est un rôle qui n’est pas évident au premier coup d’œil. Je fais allusion au fameux passage où Jésus appelle Sa Mère Marie «femme«. Il appelle Sa Mère «femme» dans Jn 2.4 (les noces de Cana) et au pied de la Croix, lorsqu’Il lui dit «femme, voici Ton fils» (Jn 19.26). Ces circonstances sont toutes deux étranges, si étranges que parfois, elles n’ont même pas été correctement traduites, tellement «femme» est une manière inhabituelle de s’adresser à sa propre mère. C’est inhabituel pour nous, comme c’était inhabituel pour les Grecs et les Hébreux du temps de Jésus, et pourtant, la Parole de Dieu insiste sur ce titre.

La Femme de la Genèse

Cependant, je crois que le fil directeur vers le mystère de cet étrange titre «femme«, est un changement de nom qui survient dans le livre de la Genèse. Ce changement de nom dans la Genèse apparaît être profondément relié au rôle de Marie dans le Nouveau Testament. Dans Gn 3.2, il est écrit que «l’homme appela sa femme «Eve…» Cela ne présenterait aucun problème si, dans les faits, il ne lui avait auparavant donné dans Gn 2.24 un autre nom: «femme». En fait, nous avons affaire ici à un changement de nom. C’est important parce que dans la Bible, il a été donné à Adam la sagesse ou perspicacité de donner des noms appropriés à chacune des créatures de Dieu (Gn 2.19). Le fait qu’après le péché, Adam change le nom de son épouse de «femme» pour «Eve» est alors important. D’autre part, comme nous l’avons vu plus haut, Jésus donne à Sa Mère le titre de «femme», un titre qui avait auparavant été celui d’Eve; de façon significative, c’était avant qu’elle ait commis le péché qu’elle avait ce titre de «femme». Dans la Bible, Jésus semble désigner Marie comme la nouvelle femme idéale que Dieu avait à l’esprit au moment de la création.
La signification de ce changement de nom est manifestement importante puisque nous avons affaire à la Parole de Dieu, et les lecteurs attentifs de la Bible savent que le Saint Esprit ne permet pas aux paroles d’être utilisées à la légère. Les implications théologiques en sont tout aussi importantes puisqu’elles confirment certains des plus anciens enseignements sur la Vierge Marie que nous trouvons chez les premiers écrivains de l’Eglise. Déjà, au deuxième siècle, plusieurs des écrivains de l’Eglise, tel Irénée de Lyon, proposaient Marie comme la Nouvelle Eve, mais le fondement scriptural de cette doctrine n’était pas indiqué, pas plus que les pleines implications n’en ont été systématiquement développées.
Toutefois, les principaux enseignements concernant Marie qui sont parvenus jusqu’à notre époque et donnent lieu à controverse parmi les Chrétiens, trouvent leur fondement scriptural dans ce changement de nom. D’après ce que nous voyons dans l’Evangile de saint Jean, Marie collabore avec Jésus dans le tout premier «signe» qu’Il accomplit aux noces de Cana (Jn 2 1-12). Non seulement cela, mais c’est grâce à son intercession que le ministère du Christ se trouve en fait hâté dans son accomplissement (Jn 2.5). Après tout, Jésus venait de lui faire remarquer que «Mon heure n’est pas encore venue» (Jn 2.4.), mais cependant, Il accomplit le miracle que la «femme» Lui demande.

Le nouvel Adam et la nouvelle Eve

Dans la Bible, Jésus est présenté comme le nouvel Adam (1 Cor 15.45). Dans l’Evangile de Jean, Jésus (le nouvel Adam) est présenté comme écoutant cette sainte suggestion de la personne à laquelle Il a choisi de donner le nom qui, auparavant, appartenait à la mère de toute l’humanité: «femme». Comme Eve a collaboré avec Satan en provoquant la chute de l’humanité en trompant Adam, Marie, la nouvelle Eve, est montrée ici comme collaborant à la divine miséricorde de Dieu en suggérant à Jésus, le nouvel Adam, qu’Il commence alors ici Sa mission reçue du Père. Marie est clairement en union avec la Volonté du Père car si cela n’avait pas finalement été selon la Volonté du Père, Jésus n’aurait pas procédé au miracle. Cela, Il le dit clairement plus loin dans l’Evangile: «les œuvres que le Père M’a donné à accomplir, ces œuvres que J’accomplis, attestent pour Moi que le Père M’a envoyé» (Jn 5.36). Cette collaboration de la Vierge Marie est trinitaire. Nous le voyons ici manifestement avec le Fils. Nous le voyons avec le Saint Esprit (cf. l’Annonciation, Luc 1.35). Et nous le voyons également avec le Père, comme cela est clairement amené dans le passage où Jésus montre la source de l’ouverture unique de Marie à la Volonté du Père: «celui qui appartient à Dieu entend les Paroles de Dieu» (Jn 8.47).
Comme tant d’autres aspects de la vie de Marie, la Bible la dépeint ici comme le contraire de l’Eve déchue, et comme la restauration de la féminité idéale. Elle est la femme restaurée et rachetée, avant même que son divin Fils ait versé Son Sang purifiant. Comme tous les saints de l’Ancien Testament, sa vie est déjà guidée par la grâce de Dieu avant même que Jésus l’ait mérité sur la Croix: «Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni» (Lc 1.43). Nous voyons déjà l’usage parallèle du mot «béni» en parlant de Jésus et de la Vierge Marie. Cet usage parallèle ne devrait scandaliser aucun lecteur, car la Sainte Bible établit très clairement que ce n’est pas simplement une pieuse exclamation d’une vieille dame, Elisabeth, cousine de Marie. Le texte sacré dit clairement qu’elle parle sous l’emprise du Saint Esprit: «Elisabeth, emplie du Saint Esprit, s’écria d’une voix forte: «tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur?» […] «Bienheureuse es-tu, toi qui as cru que s’accomplirait ce qui t’a été dit par le Seigneur» (Lc 1. 42-45).
La Bible nous dit que la femme déchue a reçu son nom «Eve» parce qu’elle est devenue «la mère de tous les vivants» (Gn 3.20). Mais Marie, en tant que nouvelle femme, ne peut être surpassée comme donneuse de vie. Par Elisabeth, le Saint Esprit la décrit comme «mère du Seigneur» (mère de Dieu), ce qui signifie qu’elle est la Mère de la «Vie» elle-même (cf. «Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie», Jn 14.6). C’est parce que la nature divine de Jésus et Sa nature humaine appartiennent à une seule personne individuelle, le Fils incarné de Dieu, qui est une seule personne à la fois Fils de Dieu et Fils de Marie.
Les anciens écrivains de l’Eglise aimaient placer Marie en contraste avec Eve. Marie fut obéissante et humble (cf. l’Annonciation), tandis qu’Eve fut orgueilleuse et désobéissante. Toutefois, dans la scène des noces de Cana, nous voyons un autre contraste. Comme Eve, Marie fait une proposition, mais la sienne ne vient pas de la désobéissance ni de l’orgueil; sa proposition vient de l’amour, la racine même de la mission du Christ: «car Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné Son Fils unique afin que qui croit en Lui ne périsse point mais ait la vie éternelle» (Jn 3.16).
Nous pouvons alors voir que Marie est présentée dans la Bible comme la nouvelle Mère du Rédempteur, et cela n’est pas étonnant parce que Jésus Lui-Même est présenté dans la Bible comme le «nouvel Adam» ou Père pour l’humanité (1 Cor 15.45). Si l’humanité a chuté par la collaboration pécheresse du mâle et de la femelle, il semble y avoir une divine justice pour nous amener notre salut par la collaboration d’un couple idéal qui soit humble et obéissant: «Je suis la servante du Seigneur. Qu’il me soit fait selon Ta Parole» (Lc 1.38). Etant donné que Jésus est divin et que Marie n’est pas divine, il pourrait être quelque peu surprenant de voir la prééminence que lui donne saint Jean (comme nous allons le voir plus loin), mais une lecture attentive de la Genèse en parallèle au Nouveau Testament confirme l’importance de cette nouvelle femme.
Après le péché, Adam et Eve sont tous deux punis, mais il est intéressant que c’est à Eve (et non à Adam) qu’est faite la promesse du salut. S’adressant au serpent, Dieu dit: «Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, et entre ta descendance et sa descendance; elle te frappera à la tête tandis que tu la frapperas au talon» (Gn 3.15). L’Ecriture poursuit, en disant, à propos de la femme: «j’accroîtrai les souffrances de ta grossesse; tu enfanteras dans la douleur» (Gn 3.16).

La Femme revêtue du soleil

Il y a dans ce passage de la Genèse beaucoup d’éléments qui rappellent à l’esprit une autre scène de la tradition de saint Jean: la femme revêtue du soleil dans le livre de l’Apocalypse, chap. 12. Nous y lisons: «Un grand signe apparut dans le ciel, une femme revêtue du soleil, avec la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles. Elle était enceinte et gémissait dans les douleurs de l’enfantement. Alors, un autre signe parut dans le ciel; c’était un énorme dragon rouge avec sept têtes et sur ses têtes étaient sept diadèmes» (Ap 12. 1-3). Ce passage poursuit en établissant clairement que l’enfant qu’elle porte est Jésus et que le dragon est le démon.
Cependant, ce qui est à noter — et peut facilement échapper à notre attention — est la claire référence à la guerre entre la femme et le serpent telle que prédite dans la Genèse. En fait, dans ce passage de l’Apocalypse, il y a de manifestes références à la Genèse: la femme est revêtue du soleil, avec la lune sous ses pieds, et douze étoiles couronnant sa tête. Dans la Genèse, à l’humanité sans péché est donné le commandement: «Remplissez la terre et dominez-la» (Gn 1.28). En fait, dans Gn 1. 14-19, nous voyons que les luminaires célestes qui sont créés sont ceux-là mêmes qui apparaissent ornant la «femme» En tant qu’être humain, elle est vraiment une «nouvelle création». (2 Cor 5.17). Comme la première Eve (avant son péché), la femme d’Ap 12 est reine dans son domaine qui est l’univers que Dieu a créé comme héritage à l’humanité. De plus, la lune (qui est associée à la nuit et, après le péché, au prince des ténèbres, Satan) est montrée sous ses pieds, ce qui est l’indication de la future victoire de sa descendance sur le pouvoir du démon: «elle te frappera à la tête, tandis que tu la frapperas au talon» (Gn 3.15). La première descendance est bien sûr Jésus (Ap 12.5), mais implique également, dans la bataille en cours, «le reste de sa descendance, ceux qui gardent les commandements de Dieu et portent témoignage à Jésus» (Ap 12.17). En fait, même dans la citation originale de la Genèse sur la victoire de la femme, la victoire appartient à «sa descendance».
Bien que Marie, en tant que fille d’Israël, appartienne au peuple de l’Ancien Testament, peuple que nous voyons comme «épouse» de Yahvé (Is 54.5), Ap 12 souligne son rôle en tant que mère. Cela nous rappelle la scène de l’Evangile au pied de la Croix où quelqu’un du «reste de sa descendance» (Ap 12.17) est saint Jean (Jn 19.22. 26-27).
Dans ce dernier livre de la Bible, le portrait du rôle de l’épouse est réservé à l’Eglise de Dieu (cf. Ap 21. 1-3). En fait, dans le livre de l’Apocalypse, la mission de Marie et de Jésus, qui commence au chap. 12, vient à son glorieux triomphe seulement dans le chap. 20, avec l’ultime défaite de Satan (qui ne commence qu’au chap. 12). Le fait que le chap. 21 traite de l’Eglise (plutôt que du ciel comme certains pourraient le supposer) est rendu clair (parmi d’autres choses) par le fait qu’il s’agit manifestement d’une Eglise missionnaire. En effet, nous avons des phrases telles que: «les nations [les païens] marcheront dans sa lumière et les rois de la terre lui apporteront leurs trésors» (Ap 21.24) et «les feuilles des arbres servent de médecine pour les nations» (Ap 22.2).

Conclusions théologiques

Il y a encore bien d’autres choses que l’on pourrait dire à ce sujet mais les points principaux sont clairs. La perte du paradis par l’humanité est le résultat d’un péché dans lequel une femme a cru à la parole de Satan plutôt qu’à celle de Dieu. Par la miséricorde de Dieu, le paradis sera regagné par un acte d’obéissance dans lequel une femme a cru à la parole d’un ange envoyé par Dieu. Quoique le nouvel Adam (Jésus) et le vieil Adam aient joué les rôles critiques dans les deux événements, des femmes ont joué un rôle important également. Si Satan commence son triomphe par une femme, Dieu a fait de même. Dieu est juste, et Satan doit recevoir une humiliation appropriée pour avoir humilié l’humanité. C’est également pourquoi Marie est inspirée de dire: «Il renverse les puissants de leurs trônes; Il élève les humbles» (Lc 1.47), tandis que sa cousine Elisabeth, inspirée par le Saint Esprit, dit: «bienheureuse es-tu, toi qui as cru que s’accomplirait ce qui t’a été dit par le Seigneur» (Lc 1.45). Marie, au contraire de l’Eve déchue, est une femme de foi et d’obéissance.
Alors, en Jésus et Marie, la victoire est totale. Satan ne peut pas les faire pécher comme il l’a fait avec Adam et Eve (cf. la scène de la tentation de Mt 4. 1-11); aussi, Satan ne peut pas leur faire payer le prix (la mort) pour le péché. Parce qu’elle n’a pas péché, Marie ne doit pas connaître la corruption, et ainsi elle est emportée vers Dieu comme Enoch (Gn 5.24 et Ap 12). Quoique Jésus meure, Il meurt comme l’agneau innocent à la place des pécheurs, et alors que Son sacrifice est accepté, Il est élevé aux cieux et vit à jamais: «Il s’est humilié, obéissant jusqu’à la mort, la mort sur une croix. A cause de cela, Dieu l’a grandement exalté» (Phil 2. 8-9).
Dans l’Ancien Testament, la demande divine du sacrifice d’Isaac préfigure le sacrifice de Jésus dans le Nouveau Testament mais le Dieu-homme doit de même être offert comme victime de manière à la fois divine et humaine. Ainsi, Jésus fait la volonté du Père: «Que soit faite non pas ma volonté mais la tienne» (Mt 26.42), mais Il est également offert par Sa Mère au moment de Sa présentation au temple (Lc 2.23). Ainsi, nous pouvons voir Simon prédire que son «âme sera percée par un glaive». Cette même idée d’une mission de sacrifice est reprise par saint Jean dans une sorte de naissance dans laquelle Jésus triomphe des crocs de la mort (Satan) pour être enlevé dans la Résurrection vers Son Père céleste (cf. Ap 12. 4-5). On pourrait ajouter beaucoup d’autres détails, mais dans le cadre de cet article, nous nous limiterons à cela.
Les implications en sont claires. Le titre de «femme» donne de Marie une compréhension établie sur la Bible, en cela que la nouvelle Eve est créée par Dieu sans péché par une grâce qui est traditionnellement appelée l’Immaculée Conception. Cette dignité lui est réservée directement, en relation avec le rôle qu’elle doit avoir comme collaboratrice et compagne intime de Jésus. En fait, comme Eve est miraculeusement tirée du côté d’Adam, Jésus viendra miraculeusement de la Vierge Mère comme la descendance de sa propre chair. C’est de ce couple sans péché que la nouvelle création tire son origine, et tandis que la mort fait partie de l’ancien ordre des choses, Jésus et Marie triomphent tous deux de la mort. Lui triomphe par la Résurrection après que les pécheurs l’aient tué. Marie triomphe parce que Dieu ne lui infligera pas la punition d’Adam et Eve pour leur péché.

Quand Jésus louange sa Mère

Cette théologie quelque peu sèche trouve son expression poétique dans les écrits de nombreux saints au cours des siècles, mais je voudrais conclure par l’expression prophétique et poétique de l’amour filial pour Marie que l’on trouve dans les écrits de la mystique contemporaine Vassula. Elle est une figure éminemment œcuménique dont les écrits sont maintenant publiés en une trentaine de langues. Bien qu’elle soit Grecque-Orthodoxe, ses écrits sont largement suivis dans les cercles catholiques-romains. Son discours au Conseil Œcuménique des Eglises a été publié durant la semaine de l’Unité 1998, comme éditorial de première page, dans l’hebdomadaire catholique indien The Bombay Examiner, établissant magnifiquement le pont entre Protestants, Catholiques et Orthodoxes.
Dans la citation qui suit de Son œuvre, Jésus s’adresse au lecteur pour faire la louange de Sa Mère, la Vierge Marie:
… Viens apprendre: qui M’a le plus exalté? Je vais te dire qui M’a exalté le plus: c’est la Nouvelle Eve. Oui! la Femme ornée du soleil, debout sur la lune, et avec les douze étoiles sur Sa Tête comme couronne. Car Moi qui ai fait le ciel et tout ce qui s’y trouve, et la terre et tout ce qu’elle porte, et la mer et tout ce qu’elle contient, Je L’ai placée au-dessus de toutes ces choses. La Reine du ciel est toujours en présence du trône du Très-Haut. Rien moins que la hauteur du ciel au-dessus de la terre est la grandeur de Son Nom, Son Nom, enveloppé dans une robe de lumière. Que le monde entier ploie ses genoux devant Elle qui porte le Nom Sacré de:
Mère de Dieu.
En Son Sein Immaculé, Elle M’a glorifié en Me recevant, Moi l’Agneau sans défaut, formant un sanctuaire pour le Sanctuaire.
Viens chanter un nouveau cantique en Son honneur. Que tout ce qui vit sur terre révère Son Cœur Immaculé, l’Autel dans lequel J’ai été conçu et où Je suis devenu également Dieu-Homme. Nul ne M’a glorifié autant que la Femme revêtue du soleil. […]
C’est dans ce Cœur, dans cet Abîme de grâce que J’ai exercé Ma puissance. L’Auteur du ciel et de la terre, l’Auteur de la grâce a trouvé Son ciel dans le ciel, Sa grâce dans la grâce, pour parvenir à la condition d’un esclave. Je suis venu à la Prodigieuse Humilité pour servir et non pour être servi. Moi le Rédempteur de toute l’humanité, le Messie promis, Je suis venu à la parfaite image de Mon Sacré Cœur, pour partager les douleurs, les joies, les souffrances, le martyre, les émerveillements, les trahisons, les agonies, la flagellation, le transpercement et la crucifixion; ensemble Nos Cœurs ont expié. Tous les moments que Ma Sainte Mère a passés sur terre furent un parfait hymne d’amour, de charité, d’humilité et de pureté. Un trésor de Mes trésors.
Je suis venu dans ce Saint Cœur, image et ressemblance de Mon Sacré Cœur, pour devenir le Dieu-Homme afin que Je suive Ses pas et que, plus tard, Elle suive les Miens. J’ai dit qu’Elle et Moi avons tout partagé jusqu’à la Croix. Notre Union était si intimement parfaite que Nous n’avions pas besoin de parler, car la seule et unique expression était dans Nos Cœurs; Mes paroles et Mes pensées n’avaient pas besoin de Lui être transmises en Mon absence; dans le suprême pouvoir de Mon Saint Esprit, tout était connu d’Elle; dans Son Cœur virginal, tout était connu d’Elle, puisqu’Elle possédait Dieu et que Dieu La possédait. De cette manière, Sa nourriture quotidienne était la Volonté du Père Eternel. […]
Ce jour où Je fus conçu par le Saint Esprit en Son Sein Virginal, tous les démons furent paralysés de frayeur, alors qu’en même temps, dans le ciel, une grande multitude de l’armée céleste louait Dieu en chantant: «Gloire à Dieu au plus haut du ciel, et paix à l’homme qui jouit de Sa faveur.»
Alors, Je suis descendu du ciel au ciel, de Mon trône à Mon trône… Oui, là où chaque vertu fleurissait, ravissant Mon Sacré Cœur par le parfum de Son parfait Amour. Le Cœur de Ma Parfaite est inégalé et tout à fait aimable… Son Cœur, depuis Son Immaculée Conception, fut une prière incessante, un encens réparateur, une adoration incessante pour Dieu. C’est Mon Vignoble que la Main puissante de Mon Père a cultivé, afin que la Vraie Vigne plonge Ses racines dans ce sol.
Venez vers le Cœur de votre Mère Bénie, qui est aussi lumineux que le jour; venez recevoir Ses grâces qui sont tellement innombrables et qui étincellent en rayons de Ses Mains. Mon Cœur qui est plein de grâce et de vérité fut fait chair dans le Sein virginal plein de grâce et de vérité. Et maintenant, Nos Deux Cœurs, unis en Un Seul, vaincront le Douloureux Fléau, non par la force physique ni par la force des armes, mais par l’amour et le sacrifice.

(Vassula, message du
25 mars 1996, La vraie vie en Dieu, supplément 9, pp. 152-161, Editions du Parvis, CH-1648 Hauteville)

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