Le 3e Millénaire:
l'Eglise rayonnante

par René Lejeune

=> STELLA MARIS 355 SOMMAIRE

Le 21e siècle dont nous venons de franchir le seuil se profile au regard de l’humanité comme une menace plutôt que comme le paradis que l’explosion du savoir scientifique et du savoir-faire technologique pourrait le laisser entrevoir. Et que dire du 3e millénaire? Son évolution, au point où en est arrivé l’homme, est totalement imprévisible.

Vers une civilisation nihiliste?

Les développements au cours du dernier quart de siècle ne laissent plus de doute: une nouvelle civilisation se dessine. S’établira-t-elle sur les fondements de celle qui a marqué le 2e millénaire, imprégnée par la vision judéo-chrétienne de l’existence; ou, au contraire, sur les ruines de celle-ci? Le monde évolue-t-il vers une société nihiliste?

Déjà pour le 21e siècle, l’avenir est opaque. Le temps et l’espace sont abolis par la circulation instantanée et planétaire de l’information. Ce développement prodigieux induit des transformations radicales qui provoquent un véritable ébranlement sismique dans le psychisme individuel et collectif de l’homme des masses. Celui-ci est tout simplement menacé d’être réduit à l’état de robot.
Les masses sont submergées, gavées d’informations et d’images où dominent l’horreur et le sang, la laideur et la provocation, l’éphémère et la désinformation. L’esprit du monde dénoncé par Jésus est souverain dans cette «culture de la mort». «Le meurtrier de l’homme depuis le commencement» (Jn 8,44) est visiblement à l’œuvre, plus puissamment sans doute que jamais. Lui, «le Prince de ce monde» (Jn 14,30), manipule, avec l’éclat de son génie fourbe de l’artifice, des faux-semblants et du bluff, les hommes au seuil des temps nouveaux, avec d’autant plus de facilité qu’en se laissant peu à peu robotiser, ils perdent du même coup leur âme. L’icône de Dieu (Gn 1,27) redevient un primate. La science enseigne d’ailleurs, en substrat d’une nouvelle perception de l’être humain, que plus de neuf dixièmes du patrimoine génétique de celui-ci est identique à celui du chimpanzé. La science détournée de son objet programme désormais le vivant. En manipulant le code génétique, elle est à même de programmer l’évolution des plantes et des hommes. Les gamètes de belles femmes et de hauts Q.I. mâles sont en vente sur Internet. Le clonage pouvant produire en série des intelligences supérieures ou des êtres primaires destinés au rôle d’esclaves figure sur les programmes à court et à moyen terme de laboratoires ultra performants. Pour eux, la déontologie — et encore moins la foi religieuse — sont quantités négligeables dès lors que leurs propres projets sont réalisables et lucratifs. On pourrait multiplier les exemples dans d’autres grands domaines de l’activité humaine. En voici encore deux. Le plus «célèbre» philosophe australien, Peter Singer, vient d’être nommé professeur de bioéthique à la prestigieuse université américaine de Princeton. Singer est un eugéniste radical. Voici ce qu’il écrit dans son livre «Pratical Ethics»: «Les bébés humains n’ont pas conscience de soi à leur naissance. Les animaux par contre possèdent cette conscience… Aussi la vie d’un nouveau-né a moins de valeur que celle d’un cochon, d’un chien ou d’un chimpanzé.» Aussi Singer recommande-t-il de tuer les bébés gravement handicapés jusqu’au 28e jour après la naissance. Cela pour ne pas alourdir les charges pesant sur la société aux ressources limitées. La signature est manifeste: c’est la haine contre l’icône de Dieu du «Père du mensonge». (Jn 8,44)
Second exemple aussi sinistre. Le neurologue américain Robert J. White annonce que la transplantation d’une tête entière sur un autre corps est une opération imminente. Les interventions sur des chiens et des singes sont concluantes. Il ne reste plus qu’une difficulté en train d’être résolue: coupler les moelles épinières. Cette innovation chirurgicale recèle des dérives tragiques. Un homme génial ou simplement riche, devenu vieux, peut faire greffer sa tête sur un corps jeune et vigoureux provenant, par exemple, de cette race d’esclaves génétiquement programmés.
Le glissement d’une civilisation spiritualiste à une civilisation technique sans âme et sans état d’âme était prévisible depuis longtemps par les esprits lucides possédant le don de la foi en Dieu, souverain Maître de l’univers. C’est ainsi qu’en 1938 déjà, Daniel Rops dénonçait cette lente et imperceptible descente en enfer dans «l’Epée de Feu».
Cependant tout ce qu’on a pu prévoir et prédire jusqu’à la décennie 90 est infiniment moins grave que les réalités qui se dévoilent depuis 2 ou 3 ans. Il ne s’agit plus du passage de la civilisation spiritualiste d’essence judéo-chrétienne à une civilisation païenne qui conserve de vagues aspirations spirituelles, mais de la naissance d’une civilisation nihiliste1 purement animale.
Et voici, pour finir, un dernier exemple. Des scientifiques spécialistes de la robotique greffent l’intelligence humaine sur des robots. Là aussi les percées sont spectaculaires. Voici ce que dit l’un des plus fameux; il s’agit de Hugo de Garis, spécialiste de l’intelligence artificielle, un scientifique britannique qui dirige le laboratoire japonais de robotique ATR: «Nous évoluons vers des machines immensément intelligentes, démesurées et contrôlables». Son laboratoire construit un cerveau artificiel s’adaptant à la complexité grâce à des puces programmables comptant 64 millions de cellules artificielles similaires aux neurones du cerveau. Dans trois ans, ils compteront 1 milliard de cellules. Tous les 18 mois, la capacité double. A l’horizon 2015 ils dépasseront les capacités du cerveau humain. C’est dire que ces machines-là seront plus intelligentes que l’homme. Elles réfléchiront et décideront à la vitesse 10 puissance 16. Elles auront leurs préoccupations, leurs intérêts propres. Elles pourraient fort bien décider un jour, vers 2050, que l’espèce humaine est nuisible et qu’il faut la détruire». Je n’entre pas dans le détail de la vision de Hugo de Garis. Elle donne la chair de poule. Cet homme de science jure qu’il ne s’agit nullement de science-fiction… Que penser de tout cela?

L’heure des chrétiens à l’horloge de l’histoire

Il y aurait quatre remarques à faire:
1. Il s’agit de toute évidence d’une offensive, peut-être sans précédent, de Satan et de ses légions.
2. Cette offensive, comme toutes les précédentes, est vaine et dérisoire. Le Christ nous en donne l’assurance: «Ne craignez pas, j’ai vaincu le monde, j’ai remporté la victoire.» (Jn 16,33)
3. Par conséquent, nulle crainte n’est justifiée, si peu que ce soit, chez les chrétiens.
4. Ce monde basculant visiblement dans l’abîme, offre au contraire une chance extraordinaire à l’évangélisation. Comment évangéliser?
Les victoires présentes et futures sont remportées non pas par les chrétiens, mais par l’Esprit Saint. Mais Dieu a besoin des hommes. C’est Lui qui l’a voulu ainsi. Il a besoin «d’instruments», comme il avait besoin de Saul, le futur apôtre Paul, pour la diffusion de l’Evangile parmi les nations païennes: «Va, c’est lui que j’ai choisi comme instrument.» (AA 9,15)
Il y a mobilisation générale. Tout chrétien fervent est envoyé en première ligne où il doit se battre contre les légions sataniques, selon son charisme propre. Or, le charisme le plus important ce n’est ni l’éloquence, ni la science, ni la capacité d’entraînement des foules, c’est modestement, simplement celui de la prière. Il est donné à tous, si on le demande instamment; il faut implorer le Seigneur de briser le pouvoir de Satan, de dissiper les puissances des Ténèbres.
Ensuite il s’agit d’évangéliser par l’exemple de vie. Celui d’une vie appuyée sur l’amour. Plus que jamais l’un des deux ou trois textes fondamentaux du chrétien en ce temps de crise grave doit absolument être l’hymne à l’amour de l’apôtre des nations. Pour bien faire il faudrait relire «1 Corinthiens 13» tous les dimanches et s’en servir pour faire une relecture de la semaine passée de son propre comportement. S’interroger: ai-je vécu ainsi la loi du Christ dans mes rapports avec mes proches, et le prochain en général, durant les sept jours écoulés? Quel témoignage ai-je donné, quelle erreur ai-je commise? Les paroles ne sont que du vent, les actes, de la gesticulation, s’ils ne découlent pas de la puissante source de l’amour, tel que celui-ci est défini par saint Paul. Dans toute la littérature mondiale il n’y a pas de passage qui vaille la quarantaine de lignes — 13 versets — qui dans la première lettre de saint Paul aux Corinthiens chantent l’amour selon le Cœur de Dieu, tout en définissant la nature royale, d’essence divine, de cet amour.
Avec ces deux puissants leviers sur l’évolution de l’histoire, qui, encore une fois, sont à la disposition de tout disciple du Christ Jésus, la moitié de l’ouvrage est fait. La prière est injection de la puissance de Dieu dans le déroulement de l’histoire des hommes; une prière ardente et insistante.
L’amour, c’est Dieu lui-même qui façonne le cœur des personnes dont nous faisons la conquête, pour Lui et par Lui. L’amour selon 1 Corinthiens 13. Cette première moitié faite en communion profonde et constante avec l’Eglise est, une fois de plus, la mission à la portée de tout chrétien, dont Jésus nous charge à la conquête du monde et à la reconquête d’une multitude d’âmes, anciennement chrétiennes, qui se sont laissé capter par l’esprit du monde et sont passées au paganisme.
Et qu’en est-il de l’autre moitié de l’œuvre d’évangélisation?

Regard sur deux millénaires d’évangélisation

Une rétrospective de deux millénaires d’action de l’Eglise enseigne plus que les spéculations les plus élaborées sur les évolutions futures. L’histoire n’est-elle pas «un éternel recommencement»?
Un regard attentif porté sur les grandes étapes de l’Eglise constitue un inépuisable réservoir d’informations et de formation des chrétiens d’aujourd’hui en vue de la conquête des âmes à leur salut par l’Evangile. A la disposition des disciples, il y a une nombreuse panoplie d’armes quasi invincibles. L’arme la plus puissante, c’est l’Esprit Saint. Voyez la radicale transformation de l’apôtre Pierre; de traître repenti, pendant la Passion, en disciple craintif, après la Résurrection, puis en messager de la Bonne Nouvelle à partir de la Pentecôte; un messager accomplissant sa mission avec une totale assurance, une confiance, une foi sans limites, téméraire, énergique et persévérant. Un éclatant miracle du Saint Esprit qui brûle d’animer de la même manière les disciples d’aujourd’hui.
Puis jetez un regard sur les chrétiens des premières générations, ceux des catacombes, prêts à verser leur sang pour leur foi en Christ. Une multitude d’entre eux l’a fait, devenant, auprès du Christ et avec lui, des médiateurs. Les fidèles se nourrissaient de la Parole de Dieu, des écrits d’apologistes tel saint Justin, et de jeunes pousses apparues dans le jardin des artisans de la sainte doctrine naissante, tel saint Irénée de Lyon. Résultat? Au début du 4e siècle, les fruits tombent à maturité dans le sein de l’Eglise; celle-ci réussit la prodigieuse, l’impossible relève de l’Empire romain par la Croix. Cette relève ouvre les temps nouveaux. Augustin en est le saint le plus illustre.
Survient l’ouragan des Barbares. Les aléas heureux ou dramatiques se relaient sans cesse au long de l’histoire des hommes. La pensée déjà vigoureuse de l’Eglise fait apparaître celle-ci comme l’unique puissance spirituelle et morale capable d’absorber le choc effrayant puis d’opérer la conversion des masses barbares déferlantes. C’est ce qui arriva.
Les invasions ont eu un effet tout à fait inattendu: la manifestation et la montée en puissance d’un pôle ferme dans le monde nouveau: la papauté. Charlemagne, empereur prestigieux de l’Occident, se fait couronner souverain à Rome, dans la nuit de Noël 800.
Aux hauts succèdent les bas. L’aube de l’an mille est douloureuse: les invasions barbares ont repris; l’Eglise est menacée d’être domestiquée par le régime féodal; le Siège romain est livré aux factions; l’Espagne est au pouvoir de l’Islam. L’an mille projette sur neuf à dix siècles d’évangélisation, en dépit de tout, une lueur d’espérance et même de fierté: l’institution chrétienne est sauvegardée, la civilisation occidentale commence à être imprégnée des valeurs de l’Evangile, la vie pour chacun peut se faire chemin de sainteté.

Après le premier, voici le second millénaire

Le millénaire est à peine entamé d’un siècle que se dessine, ô merveille, une société européenne appelée à porter le beau nom de chrétienté. Vers 1200 la floraison printanière éclate pleinement sur la terre européenne. La foi s’infiltre dans tous les domaines de l’existence. L’homme médiéval est consacré par les sept sacrements; les saints se multipliant, la vision mystique orne ce jardin printanier. Le Christ domine tout, le culte de son humanité s’ajoute à celui de sa divinité. Le péché sous toutes ses formes est ressenti comme une blessure, une agression du cœur, centre vital de l’homme. La religion se fait de plus en plus intérieure. Fêtes et jeûnes ponctuent l’année liturgique. Le peuple croyant se met en marche vers les lieux prestigieux de pèlerinage: Jérusalem, Rome, Compostelle sonnent dans l’âme chrétienne comme un lointain appel à l’effort, la joie, la plénitude. Le nombre des prêtres atteint des sommets imprévisibles. Des moines et des papes d’une densité spirituelle et intellectuelle immense apparaissent dans ce foisonnement. Bernard de Clairvaux dans la vie monastique, Bruno pour la vie érémitique entièrement immergée dans la contemplation. Dominique, véritable athlète de l’esprit, Innocent III, grand pape d’une réforme en profondeur. En effet, comme toujours, l’ivraie se mêle au blé généreusement semé: l’argent est le grand séducteur de maints clercs, la simonie2 se fait source d’enrichissement. Ces taches doivent être éliminées, l’Eglise réformée. C’est alors qu’apparaît la formule restée d’actualité permanente: «Ecclesia semper reformanda» — L’Eglise est à réformer sans cesse —. Les réformes décidées par les Conciles du Latran préparent de nouvelles floraisons, non sans que «le Père du mensonge» (Jn 8,44) n’œuvre perfidement dans l’ombre. Au 14e siècle, il a un instant de triomphe qui provoquera des résonances durables à travers les siècles futurs: l’athéisme réapparaît pour la première fois depuis l’antiquité; la création, dit-on, est sortie du néant; elle y retournera. L’homme n’est que néant.
Le ver est dans le fruit. Une fissure grave et permanente apparaît dans l’esprit et la civilisation de l’Occident. Il y a désormais — comme on dira bien plus tard — d’un côté ceux qui croient au Ciel et, de l’autre, ceux qui n’y croient pas.

La plus cruelle des blessures

Une blessure bien plus cruelle encore va être infligée au Corps du Christ. La tunique sans couture de Jésus est déchirée au début du 16e siècle. Par pans entiers des populations se détachent de l’Eglise de Rome. Ce n’est plus comme le schisme de 1054 où la doctrine avait été maintenue pour l’essentiel; maintenant elle est attaquée de toutes parts et réduite à l’Ecriture. «Chacun devient son pape, la Bible à la main.»
A qui la faute? En grande partie, il faut l’avouer, à la vie scandaleuse menée à la cour pontificale où l’on singeait les fastes et les mœurs des cours princières. Plusieurs papes, tel Alexandre VI, se vautrent dans les délices terrestres. L’Evangile est trahi. L’orgueil et la gaillardise d’un moine scandalisé par les pompes romaines font le reste. Les princes suivent volontiers cet ancien moine qui a épousé une moniale, car dans la rupture avec Rome ils voient l’opportunité de s’approprier les immenses biens de l’Eglise. Un gémissement monte de l’Evangile: «Soyez un comme mon Père et moi sommes un.» (Jn 10,30)
Cette cassure au cœur de l’Eglise favorise l’irruption massive d’un néopaganisme flamboyant. Elle s’exprime par une étonnante efflorescence artistique qui magnifie les mythologies de l’antiquité. La Renaissance, c’est la négation des Béatitudes.
Tout cela est entrecoupé de conflits et de guerres déclenchés pour des raisons dynastiques futiles ou pour des raisons religieuses dues à l’apparition du protestantisme. Ainsi dans la vie des peuples comme dans celle de l’Eglise, le tragique alterne avec le paisible, les œuvres de Dieu avec celles du Prince de ce monde. La sainteté se manifeste partout, mais aussi l’orgueil et la suffisance des «Lumières» qui proclament une radicale autonomie de l’esprit humain face à tout absolu d’essence divine.
Désormais le combat entre le Règne de Dieu et celui de Satan se déroule à visage découvert. La Révolution française ainsi que les révolutions des 19e et 20e siècles sont filles de la philosophie des «Lumières».

Chance et défis pour l’Eglise

Nous voici au passage d’un millénaire à l’autre.3 L’étape est sans précédent. L’histoire s’accélère prodigieusement du fait de l’explosion des connaissances scientifiques et du savoir-faire technologique. L’avenir est impénétrable. Oui, à l’horloge de l’histoire sonne l’heure de la foi, l’heure des chrétiens.
La boussole terrestre s’affole. Il n’y a plus de repères, plus d’objectifs dignes de la vie. Le tout économique est dérisoire pour la soif d’absolu qui habite l’âme de tout être humain.
Le survol de 20 siècles de christianisme montre que les chances d’implantation de l’Evangile croissent avec les défis que lui lance le monde. Nous traversons «les ravins de mort» dont parle le psalmiste (P 15). Le monde y connaît l’angoisse du futur; seul le croyant «ne craint aucun mal», car il suit le Bon Berger; celui-ci le guide vers «les verts pâturages».
Cependant les défis sont grands. Pour convaincre, le chrétien doit vivre, rayonner sa foi. Il ne peut annoncer la Bonne Nouvelle qu’à ce prix. Il doit, en plus, témoigner de la joie qui l’habite, même dans l’épreuve. Foi et joie sont des dons du Saint Esprit. Il faut les demander, les exiger dès lors qu’on a mis sa propre vie en harmonie avec les exigences de l’Evangile. Ces dons manifestent l’absence de toute crainte. «Ne craignez pas, j’ai vaincu le monde.» (Jn 16,33)

Des événements apocalyptiques?

Et les cataclysmes prédits par tant de voyants? S’ils provoquent la peur d’un chrétien, c’est que sa foi est chancelante. «Ne craignez pas…» La sérénité du chrétien ne se trouble jamais. Son attitude est dictée par sa foi uniquement; plus que jamais celle-ci doit se nourrir chaque jour de la Parole de Dieu. Elle nous dit que «nul ne connaît ni l’heure ni le jour, seul le Père…» Continuez paisiblement la tâche entreprise en l’offrant à Dieu. Donc ne pas concentrer son attention sur ces prédictions. Si la catastrophe se produit, se réjouir, car c’est le signe que le retour du Seigneur est proche.
L’histoire enseigne que les hauts et les bas alternent constamment, expressions tangibles de la lutte des Ténèbres contre la Lumière. L’humanité est parvenue à un bas. Des disciples du Christ dépend l’annonce vers un haut nouveau et qui lui aussi pourrait être sans précédent. Leurs mots d’ordre:
– «Priez sans cesse», en offrant au Seigneur toute tâche accomplie ou à accomplir.
– Appeler à l’aide l’Esprit Saint, avec force et sans relâche.
– Construire, par la prière et l’action, la nouvelle société tournée vers Dieu. Y compris par l’action politique. En effet pour le chrétien, la politique peut se faire chemin de sainteté; comme en ont témoigné Robert Schuman et Edmond Michelet.
– Et avant tout, aimer. L’amour manifeste Dieu parmi les hommes, s’il est vécu comme l’apôtre des nations le définit.
Si les multitudes de chrétiens agissent ainsi, le 21e siècle verra une aube nouvelle se lever, celle de l’Eglise rayonnante.

René Lejeune

Notes:
1) Le nihilisme (du latin «nihil»: néant) Philosophie niant tout absolu, d’où négation de toute valeur morale, de tout sens de l’existence humaine. Nietzsche prônait le nihilisme actif du surhomme, repris par la doctrine nazie de la race supérieure germanique. Les exemples cités plus haut font apparaître un nihilisme nouveau dont «la science sans conscience» est l’agent.
2) Simonie: trafic d’objets de piété, de charges ecclésiastiques, de tous biens spirituels.
3) En réalité le 3e millénaire ne commencera que le 1er janvier 2001! De même que la 3e dizaine du chapelet ne commence qu’avec le 21e Ave Maria. L’an 2000 clôt le 2e millénaire comme le 20e Ave finit la 2e dizaine…

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