Apparitions à Ostina-Regello - ItalieRencontre avec Silvana OrlandiPar Christian Parmantier=> STELLA MARIS 416 SOMMAIRE |
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A l’occasion d’un séjour en Italie à la fin de l’hiver 2004, nous nous sommes arrêtés à Ostina, au sud-ouest de Florence. Silvana Orlandi, une mère de famille gratifiée de visites de la Vierge Marie depuis le 10 juillet 19931 a bien voulu se rendre disponible et nous recevoir.
Silvana Orlandi est aujourd’hui une grand-mère heureuse grâce à la Madone:
J’ai demandé à la Madone la grâce d’avoir un petit-enfant et cette grâce est arrivée voilà 9 ans. Maintenant, Tommaso a déjà fait sa communion. Ensuite Andrea est arrivée et deux ans plus tard, Chiara. La Madone nous fait cette grâce, surtout à ces deux jeunes que je voyais tant souffrir et pleurer: Monica, la femme de mon fils Simon, 38 ans, n’arrivait pas à garder son enfant au-delà de la cinquième semaine.
Moi-même, j’ai trois autres enfants, Daniel, Assara et Jacomo, le plus jeune, qui a 16 ans. Dans une grande famille, il y a de belles journées, où nous sommes tous ensemble dans la joie avec les enfants, et il y a aussi des problèmes, mais nous arrivons à les affronter d’une manière tout à fait paisible.
A partir du moment où vous avez reçu ces visites de la Madone, comment votre famille les a-t-elle acceptées?
Je l’ai dit tout de suite à mon mari, puis à Don Emmanuel, notre Curé, puis à Simon, notre aîné. Et quand ils ont été sûrs de ce que je voyais, ils l’ont dit aux autres. Tout s’est passé dans la paix, comme quelque chose de normal. Parfois je descends à Telit, une communauté franciscaine, avec le Père Pancrace, où la Madone (m’)apparaît aussi.
La dernière fois que j’y suis allée avec mon mari, la Madone est apparue. Là-bas, elle ne donne des messages que pour la communauté, alors qu’ici, à Ostina, les messages sont pour tous.
Vous recevez aussi des visites ou des messages personnels?
Non, non, non…
Ce ne sont que des visites de la Madone?
Oui.
Un soir de novembre 2002, en allant fermer les persiennes, il y avait un superbe coucher de soleil, avec des rouges, des roses, des bleus… Et je m’exclamais en moi-même: «Oh, Mon Dieu, comme tu as fait tant de belles choses!» et alors j’ai entendu une voix me dire: «Purifies-toi et tu me verras.» Et j’ai dit: «Père,…» «Je ne suis pas le Père, je suis le Fils, je suis ton frère.» Donc, c’était Jésus. Et au mois de décembre 2002, la Madone est venue avec l’Enfant-Jésus dans les bras.
Vous pensiez, vous, que c’était le Père?
Moi, je pensais au Père, parce que c’est lui le Créateur de toutes ces merveilles; je m’adressais à lui. Au contraire, c’est Jésus qui a parlé.
La voix, vous sauriez nous en dire quelque chose?
C’est une belle voix, masculine, mais c’est difficile à dire…
Comparable à celle de la Madone?
Non, parce que la Madone a une voix… beaucoup plus jeune, 17 ans, pas plus; c’est une toute jeune fille; et tant de fois, quand j’y pense, je me dis, qu’à moi, plus que maman, elle me semble une sœur. Moi, j’ai 58 ans et de la voir âgée de 17 ans, alors que ma fille en a déjà 24!
Bien sûr, je la ressens comme Maman… et entre nous, il y a un dialogue… mais je pourrais être sa maman! Vous comprenez? Habituellement, les apparitions s’adressent à des enfants, des adolescents. Pourtant, je ne me suis jamais interrogée: pourquoi moi, à 47 ans, parce que, je ne croyais pas, je ne priais pas. Je suis née et j’ai vécu à Florence jusqu’à 47 ans, mais ce n’était plus vivable… nous avons décidé d’acheter cette propriété-là, à la campagne. Quand nous sommes venus voir, ici, il y avait des étables. Nous avons fait des travaux d’aménagements.
Nous sommes arrivés en 1989. Je demeurais pratiquement seule toute la journée, dans cette grande maison de 17 pièces. Et je m’interrogeais: «Qu’est-ce que je fais ici?» Les enfants allaient à l’école et mon mari au travail. Contrairement à lui, je ne voulais plus rester à Ostina, mais vendre cette maison. A cette époque, l’Eglise, pour moi, c’était les cloches: dong, dong… J’envisageais de retourner chez mes frères et sœurs, parce que je ne supportais pas de rester seule. L’été, c’est très beau, mais l’hiver, c’est différent! Il faut cependant savoir apprécier les saisons; chacune a sa beauté. Je me suis adressée à des agences pour vendre. Personne n’est venu, pas même pour voir si la maison leur plairait! J’ai fait baisser le prix de vente; personne! C’est alors que le 10 juillet 1993, la Madone s’est fait voir. C’est pourquoi on n’a pas pu vendre et quitter Ostina. Cette solitude, c’était une préparation.
Après la visite de la Madone, j’ai commencé à apprécier l’hiver: quand il pleut, quand il neige, quand il grêle, quand il vente et que la pluie bat sur les carreaux… Le printemps… et l’automne ici, c’est vraiment quelque chose de merveilleux. J’ai commencé à goûter énormément le silence et la paix qui règne ici à Ostina; les enfants aussi. Maintenant, plus je suis seule mieux c’est, au contraire d’avant! Avant, je ne priais pas: j’avais besoin de la radio, de la télévision pour avoir une compagnie, j’aimais aller danser. Maintenant, je prie le rosaire ou bien je reste simplement en silence, dans la paix.
Quel changement! Et les enfants, vous suivent-ils?
Ils changent… et ils se rebellent parfois!
Ont-ils tous la foi?
Simon beaucoup. Bien que directeur d’un magasin de chaussures, il se lève à 5h et demie, pour prier le Rosaire jusqu’à 7h moins le quart, avant d’aller au travail. Les autres sont un peu… tièdes. Ils croient, mais… la messe du dimanche…
Mon mari me disait: «Allons au moins à la messe à Noël, à Pâques…» Mais je lui répliquais que je ne voulais pas jouer la comédie! Il écrivait des petits billets qu’il envoyait à Medjugorje par ses collègues pour demander la conversion de Silvana. Et il priait saint Antoine!
Alors c’est votre mari qui a fait venir la Madone! C’est une opération bien réussie, la Gospa a répondu à son appel!
Oui!
Comment voyez-vous la Madone?
D’abord, avant qu’elle arrive, je le ressens en moi, parce que la respiration me manque, puis elle arrive, dans une grande lumière. Elle ne pose jamais les pieds à terre. Ses pieds reposent sur la lumière. Elle est vêtue tantôt de bleu en temps normal, de blanc, pour les fêtes, de marron, comme la dernière fois, puisque nous sommes en carême. Chaque couleur a sa signification. Depuis 2001, elle vient tous les deux mois, le dernier dimanche des mois pairs: février, avril, juin…
Vous ne voyez que sa personne?
Oui, sauf si elle veut me faire voir autre chose. Les deux dernières fois, après les travaux de restauration et la réouverture de l’église, elle est passée dans l’église, et moi, je l’ai suivie. Elle a béni toutes les personnes dans l’église.
Quand vous la suiviez, vous voyiez tout?
Seulement la Madone.
Et vous saviez que vous la suiviez dans l’église?
Oui.
Vous voyiez ses pieds?
Je n’ai jamais vu ses pieds.
Ses mains?
Oui. Elle est vêtue long, et son vêtement est de la même étoffe que son voile.
La seconde fois que je l’ai vue, elle portait une ceinture blanche. Ensuite, non. C’est alors qu’elle m’a donné le premier message, parce que la première fois, elle m’a seulement demandé si j’étais prête à faire ce qu’elle me dirait.
Qu’avez-vous pensé?
Un moment je me suis demandé si j’avais bien tout mon esprit!
Et que lui avez-vous répondu?
Je lui ai dit oui, puisqu’elle est revenue.
C’est un grand plaisir de la voir?
Oui, même maintenant, où moi j’ai vieilli de dix ans, tandis qu’elle, elle est restée la même! C’est une grande joie de la voir. Mais même le jour de l’apparition, je reste la même: je fais mon travail comme les autres jours, les courses, je prépare le repas, et je fais la lessive si besoin… Depuis le début, je vis tout cela dans la sérénité et la tranquillité, tout en sachant que j’ai ce rendez-vous. Je sais qu’à cette heure, je dois me rendre libre pour aller La trouver et recevoir son message.
Dans les premiers temps, on parlait de choses diverses. Plus maintenant. C’est la différence avec les débuts où initialement, je parlais. Ceux qui m’entendaient disent que j’avais la voix d’une enfant de dix ans. Ils enregistraient tout ce que je disais. Maintenant, non, c’est un dialogue avec le regard, je ne parle plus. Peut-être que c’est aussi juste et beau.
C’est comme dans la prière alors?
Oui. Oui. Ses regards…
Parce que la Madone vous parle avec les yeux?
Dans ses regards, je vois si elle est heureuse ou non. Mais j’entends sa voix, elle entend la mienne, ce que je lui demande, pour les malades, pour tant de choses. Maintenant, personne n’entend plus.
Quand arrive la lumière, c’est alors que vous tombez?
Oui, oui.
La chute est brusque, vous la sentez?
Non, je ne sens rien, bien que je ne fasse pas que vingt kilos! Même après, je ne sens rien à mes genoux.
Donc l’extase commence avec le premier trait de lumière?
Oui, d’abord, il y a cette suffocation, puis la lumière, et la Madone arrive.
Pendant l’extase, comment vous sentez-vous?
Je ne sens rien. Ils pourraient me massacrer. Quand la commission d’enquête est venue, ils m’ont piqué la peau, ils m’ont brûlée avec un briquet. Voyez le résultat: mon doigt, je ne peux plus le plier. Je n’ai rien senti sur le moment, mais je l’ai senti après! Maintenant, ils ne viennent plus.
Une fois, au tout début, Don Emmanuel est venu ici à la maison pour prendre le message. Et je lui ai dit que j’avais mal à mon genou. Et lui m’a répondu: «Je sais pourquoi tu as mal. C’est parce qu’ils t’ont enfoncé une aiguille dans le genou!» Pendant l’apparition, je n’ai éprouvé que des merveilles; ensuite j’ai ressenti la douleur.
Vous avez eu aussi les électrodes?
Les cardiologues m’ont appliqué trois ou quatre fois les électrodes.
Vous connaissez les conclusions?
Non.
La commission les a gardées?
Une fois à l’hôpital, les médecins m’ont fait lire mon électrocardiogramme et ils m’ont montré qu’au moment de l’apparition, tout est plat.
De toute façon, la cause avance.
Voilà deux où trois ans, lors d’une vigile d’apparition, je me trouvais à l’église. Il y avait Don Emmanuel. Il m’a proposé de l’accompagner pour aller à Regello. Quand nous étions dans la voiture, je lui ai demandé où il serait demain.
Il m’a répondu: «Ecoutez, j’espère que c’est la dernière fois!». La confusion le dérange. Le jour suivant, dans le message: «Dis à ton curé que je viendrai encore pour beaucoup de temps!».
Quelle a été sa réaction?
Ça, c’est pour moi!
Il croit à l’apparition?
Oui.
Il fait partie de la commission?
Non. Il n’y en a plus maintenant. Ils ont dit comme à Medjugorje, que selon eux, il ne se passait là rien d’extraordinaire2. Stop.
Mais même l’évêque croit, sinon, il aurait fermé l’église. S’il n’y croyait pas, il m’aurait dit: «Silvana, va chez toi pour recevoir tes apparitions!»
De fait, l’église est ouverte, et le jour de l’apparition, plusieurs prêtres viennent pour confesser et assister les fidèles…
Mais avec mon évêque, j’ai une relation ambivalente.
Est-il venu ici?
A l’église, oui, mais à la maison, non. Je ne le voudrais pas.
Nous nous sommes rencontrés quand je suis montée en vacances à Vallombrosa, où il était; et quand Don Emmanuel lui a dit ce qui m’arrivait, Mgr Giovanetti, évêque de Fiesole, a voulu me connaître. J’y suis allée avec mon mari et notre petit Jacomo. Il m’a posé diverses questions, si je lisais des revues religieuses, si je collectionnais des images pieuses… Auparavant, je n’avais aucun goût pour les choses religieuses… (à suivre).
Notes:
1. «Silvana, es-tu prête à faire ce que je te demanderai? Reviens jeudi 15 avant que la cloche ne sonne.»
2. Selon la formule canonique: “Non constat de surnaturalité”c’est-à-dire que la commission n’a pas constaté la surnaturalité. A distinguer de l’affirmation: «il n’y a pas de surnaturalité» qui l’exclut définitivement.
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